Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mardi 10 septembre 2019

18 Août - 20ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division », cette parole du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce dimanche pourrait nous laisser sans voix… Comment est-ce que le Seigneur peut-il affirmer qu’Il vient mettre la division alors qu’Il nous révèle le vrai visage de Dieu qui est Amour, alors qu’Il nous invite à la Foi, à l’Espérance et à la Charité ?
Et bien tout d’abord il nous faut affirmer que le Christ ne désire pas mettre la division, ce n’est pas l’objet de sa mission que de diviser le monde, mais le Seigneur Jésus sait qu’en dévoilant la Vérité, en révélant les vérités éternelles, Il sait que les hommes vont devoir se situer par rapport à elles dans un pour ou contre qui produira la division. Soit on reconnaît le Christ Jésus vrai homme et vrai Dieu soit on ne le reconnaît pas. Soit on reconnaît l’appel à la sainteté et à la vertu dans la fuite du péché soit on ne le reconnaît pas. Soit on reconnaît la place unique de l’Eglise et donc des sacrements soit on ne le reconnait pas.
Et bien plus que de parler de conviction, il s’agit bien ici de parler de Foi. Bien chers amis, nous devons être ferme dans la Foi, nous devons défendre la Foi et pour cela il nous faut tout d’abord être nourri par la Foi, dans la grande Tradition de l’Eglise. Face à la Foi, il y’a une erreur portée par notre époque relativiste, cette erreur c’est celle de la concession. Car si l’on peut et doit faire des concessions dans de nombreux domaines, on ne peut en faire dans l’ordre de la Foi. Pourquoi ? Et bien tout simplement car faire des concessions dans l’ordre de la Foi reviendrait à amputer la Vérité d’une part de sa réalité à tel point que la Vérité elle-même se transformerait en erreur.
Une autre erreur, plus insidieuse encore, serait de nier la contradiction en l’enveloppant d’un linceul de miséricorde. Pour le dire autrement et dans l’ordre pratique ce serait : fais ce que tu veux, de toute manière Dieu te pardonnera. Alors bien sûr la miséricorde de Dieu nous poursuit mais la miséricorde divine ne doit jamais devenir un prétexte au péché, à l’éloignement de Dieu, à la déresponsabilisation.
En ce sens, rendons-nous compte bien chers amis, que si le Christ a produit malgré Lui la division et bien il en est et en sera de même pour chacun de nous. Et même, allons plus loin en recevant cette autre parole du Seigneur Jésus en l’évangile selon St Luc : « Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! ». Pourquoi serait ce un malheur si tous les hommes disent du bien de nous et bien parce que pour pouvoir plaire à tout le monde il faut être comme une girouette allant dans le sens de l’un puis de l’autre qu’importe si le sens est contraire. Ainsi pour nous, il ne doit pas en être ainsi ! Uni au Christ nous devons rester fidèle à la Foi de notre baptême, témoignant dans une charité absolue de la Vérité telle que l’Eglise nous l’enseigne sans nous soucier de plaire ou de déplaire au monde en nous souciant uniquement de rendre témoignage à la Vérité.
Je sais bien que cela est très facile à dire et qu’en notre monde il est très difficile de témoigner de l’Amour de Dieu qui se déploie dans le sacrifice de la Croix, de rappeler la réalité du péché et d’inviter à la vertu et à la sainteté tout comme à vivre de la miséricorde divine, de rappeler que l’avortement c’est éliminer quelqu’un pour reprendre les termes de notre St Père le Pape, d’affirmer quant à l’euthanasie que : « Nous pouvons et devons toujours prendre soin des vivants, sans raccourcir leur vie de nous-mêmes mais sans non plus résister à leur mort » pour reprendre encore les mots du Pape François. Toutes ces questions là et de nombreuses autres encore n’admettent pas le consensus. Mais rappelons-nous toujours que, par-delà ces questions importantes et existentielles, la Foi doit nous conduire à permettre la rencontre de Dieu pour le plus grand nombre. Dieu est Amour, c’est vrai et c’est là le fondement de notre Foi et ce qui doit être le moteur de notre vie et parce que Dieu est Amour, l’Amour revêt alors son véritable visage qui se déploie dans la Vérité de la morale et de l’éthique. Comme le disait le Pape émérite Benoît XVI : « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive ». Nous qui rencontrons le Christ dans l’intimité de la prière et dans la sainte communion, faisons que notre vie soit décisive pour ceux qui nous entoure et pour le monde en nous abandonnant à la Grâce dans la proclamation de la Foi, une Espérance sereine et une Charité absolue.
Amen

mardi 13 août 2019

11 Août - 19ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra », cette finale de l’évangile de ce dimanche nous rappelle une vérité somme toute commune mais que nous avons tous tendance à oublier, à mettre de côté. En effet, le Seigneur nous rappelle que la fin du monde qui marquera le retour du Christ Sauveur ou la fin de notre vie ici-bas n’est pas prévisible.
Et il est bon de nous rappeler que nous sommes dans ce temps de l’attente, l’attente du retour du Christ. Comme nous le disons dans le « je crois en Dieu », nous croyons que le Christ reviendra pour juger les vivants et les morts et que son règne n’aura pas de fin. Ainsi nous devons attendre le Seigneur dans l’impatience de son retour et non pas dans la crainte de voir la réalité que nous connaissons disparaître. En effet, notre Foi nous fait désirer a ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte, notre Foi nous fait désirer la cité de Dieu. Car c’est bien le bon Dieu que nous attendons alors notre attente ne peut-être que portée par la paix, par la joie, éclairée par la Foi, transportée par la belle espérance. Il nous faut pouvoir dire avec impatience : « Seigneur viens vite ! Viens restaurer ton Royaume de paix, d’Amour, de justice et de miséricorde ». Ainsi, nous ne pouvons pas avoir peur de la fin du monde car cette fin inaugurera le règne du Christ !
Or cette fin, quelle qu’elle soit, qu’elle soit portée par le retour du Christ ou qu’elle soit celle de notre propre vie d’ici-bas, cette fin peut intervenir aujourd’hui, demain, dans 10 ans ou dans avenir encore plus lointain. Nous ne le savons pas mais ce que nous savons c’est que la fin s’imposera à nous que nous le voulions ou pas, que nous soyons riches ou pauvres, que nous soyons comme ceci ou comme cela, la réalité de l’existence c’est bien que la naissance conduit l’homme à sa mort. En disant cela, on pourrait avoir l’impression d’être pessimiste, d’avoir une vision ténébreuse de la vie alors, qu’en fait, c’est bien la réalité, notre réalité.
Mais cette vision de la vie qui considèrerait la mort serait pessimiste ou ténébreuse seulement si nous n’avions pas Foi en notre Seigneur et Sauveur. Car si la mort demeure tout de même quelque chose que l’on peut appréhender car c’est une réalité que nous ne connaissons pas, c’est une réalité que nous n’avons pas expérimentée, nous savons malgré tout que la mort demeure ce passage vers l‘Eternité et donc vers le bon Dieu et rappelons-nous qu’il n’y a pas de plus grand bonheur que d’être reçu en la gloire du Ciel.
Ainsi, une nouvelle fois, le Seigneur Jésus nous invite à changer notre référentiel, Il nous invite à changer notre manière de voir le monde, de considérer la vie, de conduire notre existence. Dimanche dernier le Seigneur nous rappelait que ce monde passera et que la réalité matérielle qui le constitue passera avec lui : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? », et aujourd’hui, le Seigneur nous invite à vivre notre existence en nous fondant sur ce qui demeure à savoir Dieu Lui-même, à savoir notre relation à Dieu : cette nuit même on va te redemander ta vie, choisi dès maintenant de vivre pour l’éternité, de vivre pour l’Eternel ton Dieu. Amen

4 Août - 18ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Vanité des vanités, tout est vanité », cette phrase du prophète Qohélet pourrait être, à première vue, celle d’un dépressif au bout du rouleau considérant que la vie n’est qu’évanescence pure et simple, que la réalité de l’existence n’est qu’un brouillard sans consistance… Et nous serions dès lors tenté de penser que cette phrase relèverait presque de la folie.
Mais où se trouve réellement la folie ? Ne serait-ce pas de la folie que de passer son existence à rechercher les honneurs du monde, la richesse alors que ces honneurs et cette richesse de quelques natures qu’elles soient nous ne les emmèneront pas à travers la mort ? Ne serait-ce pas de la folie que de vivre notre existence en nous attachant avant toute autre chose à ce que nous avons plutôt qu’à la manière dont nous vivons ou encore en nous attachant au pouvoir que l’on aurait sur les autres plutôt qu’à l’amitié et à l’amour fruits des relations simples ? A contrario, ne serait ce pas de la clairvoyance que de vivre sa vie en recherchant ce qui demeure, de vivre sa vie en pariant sur l’Eternité, de vivre sa vie avec le Seigneur qui nous ouvres son cœur et nous tend la main pour nous faire dès à présent goûter des réalités éternelles, de sa présence, de son Amour ?
Mais aujourd’hui, dans notre temps, la folie est devenue la norme. Aujourd’hui, dans la pensée commune, une vie réussie correspond à : richesse, maison, voiture, honneur, gloire, pouvoir. Si aujourd’hui nous affirmions qu’une vie réussie est une vie sainte, la plupart nous regarderait de travers en pensant que nous avons un grain ou que nous sommes embrigadé dans une secte qui nous aurait lessivé le cerveau… Et bien, chers amis, c’est bien en ce sens que nous devons vivre à contre-courant, c’est bien en ce sens que notre Foi nous invite à considérer le monde, le temps qui passe, les réalités matérielles comme étant simplement des outils secondaires qui doivent nous permettre de nous approcher du seul but qui compte, à savoir notre Salut, notre union à Dieu. Comme le dit si bien le Seigneur en l’évangile selon St Matthieu : « Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? ». Ce que nous possédons n’a pas de sens face à l’éternité car comme nous le dit le Seigneur en l’évangile de ce dimanche : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. ».
Alors oui, nous avons besoin de certaines choses pour vivre décemment mais combien de choses non nécessaires peuplent également notre existence, combien d’attachement nous mettons parfois pour des choses dont nous pourrions tout à fait nous passer sans dommage, combien d’énergie nous perdons à désirer le non nécessaire par effet de mode, d’envie ou de jalousie. Notre société de consommation fonctionne ainsi comme si l’avoir était l’essentiel, quelle folie, folie dont nous sommes tous plus ou moins contaminée.
Alors en ce dimanche, considérons notre quotidien, considérons notre maison, considérons ce que nous avons et interrogeons-nous pour savoir si cela nous aide à vivre en Dieu, si cela nous aide à vivre dans la Foi, dans l’Espérance et dans la Charité ? Si la réponse n’est pas un oui franc, peut-être sommes nous invité à nous dépouiller quelque peu pour retrouver le véritable sens de la vie qui n’est pas dans l’avoir mais dans l’être avec Dieu, qui n’est pas dans ce qui passe mais dans ce qui demeure, qui n’est pas dans l’accumulation mais bien dans le don. Vivons en vue de l’éternité et dès lors, même si nous sommes fous aux yeux du monde qu’importe, viendra le temps où l’Eternité s’imposera, où la vérité s’imposera, où le Christ s’imposera. Amen.

28 Juillet - 17ème Dimanche du Temps Ordinaire


La première lecture que nous venons d’entendre, extraite du livre de la Genèse nous montre Abraham en train de négocier avec le bon Dieu. La ville de Sodome et Gomorrhe a mauvaise réputation et ses actions mauvaises appellent, en toute justice, réparation. Alors certes la réparation peut nous apparaître quelque peu radicale car il s’agit de la destruction. S’engage alors ce marchandage entre Dieu et Abraham, ce dernier mettant dans la balance de la justice les comptes des justes. 50, 45, 30, 20 et même seulement dix justes empêcherait la destruction. Ce marchandage possède en lui-même un double enseignement.
Tout d’abord cela nous rappelle combien la prière, notre prière est importante même essentielle. Lorsque nous prions pour quelqu’un, lorsque nous implorons miséricorde pour quelqu’un, notre prière est entendue. Tout comme Abraham qui n’a rien à voir avec la ville de Sodome et Gomorrhe obtient du Seigneur une certaine miséricorde, de même, nous tous, lorsque nous implorons le Seigneur pour telle ou telle chose, notre prière est également entendue. Ainsi n’hésitons jamais à prier les uns pour les autres, n’hésitons jamais à nous confier à al prière des saints du Ciel car toute prière est reçue par le Seigneur et c’est bien là faire œuvre de charité que de demander au Seigneur pour autrui.
Le deuxième enseignement de ce passage de la Genèse est bien plus lié au Christ. En effet, Dieu dit à Abraham que même pour 10 justes Il ne fera pas œuvre de justice mais bien plus de miséricorde et bien, nous tous, nous sommes dans la même situation que la ville de Sodome et Gomorrhe. Nous sommes en effet tous pécheur et notre nature blessé par le péché originel n’est pas digne en tant que telle d’entrer dans la béatitude, n’est pas digne de Dieu. Gardons bien à l’esprit que nous méritons la condamnation, que nous méritons tous la destruction pour faire un parallèle avec la lecture. Or, nous le savons grâce au psaume, aucun vivant n’est juste devant le Seigneur. Ainsi, en notre humanité nous ne pourrions trouver 50, 45, 30, 20 et même pas seulement dix justes, même pas un seul juste pour apaiser l’œuvre de justice. Ainsi, nous étions voués à la destruction. Mais, mais Dieu s’est fait l’un de nous en Jésus Christ afin qu’en notre humanité puisse se trouver un juste qui apaiserai certes la justice mais qui surtout ouvrirait les flots de miséricorde. C’est bien grâce au Christ Seigneur et uniquement grâce à Lui que nous pouvons nous orienter vers le Ciel sans craindre la destruction car comme nous l’a rappelé admirablement St Paul en la seconde lecture : « Vous étiez des morts, parce que vous aviez commis des fautes […] Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes nos fautes. Il a effacé le billet de la dette qui nous accablait en raison des prescriptions légales pesant sur nous : il l’a annulé en le clouant à la croix ». Dieu par le Christ nous a remis notre dette et nous permet de nous orienter vers Lui en espérant d’être établi dans la béatitude éternelle. Quelle joie que de nous rappeler tout ce que Dieu a fait pour nous, quelle joie que de nous rappeler tout ce que Dieu fait pour nous. Alors confions-nous à Lui dans la joie, laissons-nous guider par le Seigneur qui nous accompagne et cela en prêtant attention à notre vie de prière, en recherchant la grâce que nous délivre les sacrements, en vivant chaque instant avec le Christ Seigneur.
Amen.

21 Juillet - 16ème Dimanche du Temps Ordinaire


Cet épisode que nous rapporte l’évangile de ce dimanche nous le connaissons bien. Nous l’imaginons tout à fait. Voyant Jésus assis au milieu de ce que l’on appellerait aujourd’hui le salon avec, à ses pieds, Marie, assise, qui serait en train de boire chacune de ses paroles et Marthe qui ne cesserait d’aller et venir, préparant ceci et cela, jetant très certainement des regards noirs à Marie ne comprenant pas pourquoi c’est elle qui doit se coltiner tout le travail alors que elle, elle reste assise comme un rond de flan. Cette scène nous l’imaginons tout à fait.
Et, d’une manière habituelle, la parole du Seigneur dans cet évangile « Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée », cette parole du Seigneur sert d’un côté, à louer la vie de prières et de contemplations que représente Marie qui est assise aux pieds du Seigneur et, de l’autre côté, à critiquer la vie active qui serait représentée par Marthe. Ainsi, ceux qui parmi nous sont plus contemplatifs seraient comblés, alors que pour les autres, cet évangile serait plutôt une réprimande.
Mais cette lecture, même si elle a été portée de manière habituelle se révèle être quelque peu simpliste ou tout du moins, manque de nuance.
En effet, imaginons-nous recevoir une personne importante. Nous ferions tout ce qui est possible pour que tout soit prêt, que, matériellement parlant, tout soit déployé pour recevoir dignement cet hôte. Et pendant la soirée, les plats chasseraient les autres pour que tout se déroule idéalement. A priori, nous agirions donc de la même manière que Marthe en nous activant pour que tout se passe pour le mieux.
Mais maintenant, imaginons que nous soyons chez nous, prêt à passer à table et que le Seigneur Jésus Lui-même sonne à notre porte. Alors là, tout serait différent, je pense que nous tous nous serions alors captivés par la présence du Seigneur et nous ne serions plus qu’à Lui, Lui parlant, l’écoutant, l’interrogeant. Tout le reste en cet instant n’aurait plus absolument aucune importance. Dans ce cas-là, nous serions comme Marie, absorbé par la présence du Seigneur Jésus. Mais le temps passerait, la faim se ferait sentir et nous aurions alors tôt fait de tout apprêter sans pour autant perdre une miette de ce que dirait le Seigneur. Et, soit dit en passant, je suis même certain que le Seigneur nous donnerait un coup de main.
Et bien, en réalité, l’erreur de Marthe dans l’évangile, ce n’est pas d’agir, ce n’est pas de préparer, de s’activer pour tout préparer, son erreur nous est dévoilée par une petite phrase de l’évangile : « Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service ». C'est-à-dire que Marthe ne pense qu’à une chose, la dimension matérielle de l’accueil et elle en oublie, de fait, l’hôte qu’elle reçoit. Elle pense à la soupe, à la manière dont il faut la servir, aux plats à sortir mais elle oublie Celui à qui elle va la servir. L’erreur de Marthe c’est de ne pas travailler en compagnie du Seigneur, en étant attentive au Seigneur. Et cela nous rappelle, heureusement pour nous qui sommes pour la plupart actifs dans nos vies, cela nous rappelle que nous ne devons pas nous laisser accaparer par quoi que ce soit mais que nous devons tout vivre, nous devons tout faire toujours en compagnie et en présence du Seigneur. Notre vie ne doit pas nous couper du Christ mais nous devons vivre avec le Christ. Voilà ce à quoi nous invite la parole du Seigneur. Il n’y a donc pas d’opposition entre la vie contemplative et la vie active car aussi bien l’une que l’autre, elles doivent être vécues en présence du Seigneur, en compagnie du Christ.
Et si cela est vrai pour notre vie quotidienne, cela concerne également notre vie spirituelle. En effet, il existe une tentation, celle de considérer notre âme avant que de considérer la présence du Seigneur. C'est-à-dire de considérer qu’il est plus important que tout que notre vie soit en ordre, que notre âme soit purifiée de tout ce qui pourrait l’entacher afin, ensuite, de pouvoir accueillir le Seigneur dignement. Mais c’est là une belle erreur tout d’abord car nous ne pouvons pas rendre notre âme immaculée et surtout, parce que le Seigneur est déjà là, présent. Ainsi, surtout, n’attendons pas d’être parfait pour accueillir plus radicalement le Seigneur en nos vies mais au contraire, accueillons le Seigneur plus radicalement en nos vies afin que le Seigneur Lui-même nous sanctifie.
Alors en ce dimanche, demandons au Seigneur la grâce de vivre toujours en sa compagnie, que nous ne nous laissions jamais accaparer par quoi que ce soit qui nous éloignerait de Lui et demandons aussi au Seigneur de nous aider à L’accueillir plus radicalement en nous abandonnant à Lui et en Lui permettant d’agir en nos vies.
Amen.

14 Juillet - 15ème Dimanche du Temps Ordinaire


Cette parabole du bon Samaritain nous la connaissons bien. Cet homme roué de coups laissé à moitié mort qui n’est secouru que par un bon samaritain après que de nombreuses personnes aient passées leur chemin. Et même si la parabole ne va pas jusque-là, nous pouvons supposer que l’homme se remit et poursuivit sa vie. Et bien cette parabole, nous la recevons alors que, dans notre pays, en France, nous avons laissé une personne handicapée certes, nous avons laissé une personne mourir de faim et de soif. Son agonie a duré 9 jours.
Vous avez compris que je parle du cas de Vincent LAMBERT. Cet homme qui suite à un accident de voiture et suite peut-être à un acharnement thérapeutique initiale s’est trouvé très lourdement handicapé, pour employer les termes adéquats tétraplégique pauci-relationnel c'est-à-dire que Vincent LAMBERT était dans un état de conscience minimale avec une certaine conscience de lui-même et de son environnement. Il n’a pas de traitement médicamenteux particulier, il est aidé pour manger et pour boire ayant aussi très certainement un accompagnement de khiné. Et bien il y’a un peu plus d’une semaine, il a été décidé non pas qu’on « laisse partir Vincent » car il n’est pas en train de mourir ; non pas non plus qu’on « cesse de le maintenir en vie » car il est en vie, sans soins ou traitements particuliers mais bien qu’on le tue. Il a donc été décidé qu’une vie, celle de Vincent Lambert en l’occurrence ne valait pas la peine d’être vécue, que sa vie était indigne.
Mais interrogeons-nous, où se situe la dignité de la personne humaine ? Si cette dignité repose sur les capacités de chacun alors certes les personnes handicapées peuvent être assassinées, les vieillards séniles avec eux et tous ceux qui ne correspondent pas à une norme de capacité que nous fixerions. Allons jusqu’au bout en incluant également toutes les personnes qui ne représentent pas une richesse pour la société. Dès lors, une personne malade représentant un coût pour la société sans produire aucune richesse peut dès lors être évacuée. Ne pensez pas que ce que je dis là soit un délire personnel, tout cela a été théorisé de manière sérieuse en Angleterre et aux Etats Unis notamment. Avec cette vision des choses, on peut aller très loin. Et sans même forcer le trait, nous nous rendons bien compte que nous faisons fausse route. Qui peut dire que telle personne peut vivre et telle autre doit mourir ? Et pour encourager tout cela on va nous parler du droit à mourir dans la dignité c'est-à-dire, en forçant grossièrement le trait, le droit de mourir en bonne santé pour éviter les désagréments de l’âge et ou l’écueil de la maladie.
Mais pour nous ce que nous enseigne le Christ, la Foi, l’Eglise, c’est que la dignité de la personne humaine ne repose pas sur ses capacités mais sur son humanité, sur sa capacité à aimer et à être aimé. L’homme est digne parce qu’il est homme et non parce qu’il est capable d’agir librement car sinon un petit enfant serait dépourvu de dignité. Et en fait, le droit à mourir dans la dignité que chacun plus ou moins consciemment revendique, c’est plus exactement le droit de mourir dans l’amour, c’est-à-dire à n’être pas abandonné malgré les réelles diminutions physiques et mentales qui laissent intacte l’éminente capacité d’aimer et d’être aimé. C’est ainsi qu’il nous faut réussir à tenir d’un côté le refus de tout acharnement thérapeutique et de l’autre le refus de l’euthanasie et cela par respect de la personne humaine encourageant dans un même temps le développement des soins palliatifs.
Et pour rejoindre la parabole du bon samaritain, tâchons d’accompagner ceux qui souffrent sans les ignorer ni les abandonner mais au contraire en leur permettant d’être touché par la charité vraie.
Amen.

7 Juillet - 14ème Dimanche du Temps Ordinaire


« La croix de Notre Seigneur Jésus Christ est ma seule fierté », cette parole de St Paul que nous avons entendu dans la seconde lecture, cette parole, il nous faut la recevoir dans toute sa plénitude. La seule fierté de St Paul c’est la croix du Seigneur c'est-à-dire que ce qui illumine la vie de St Paul c'est le salut obtenu par le Christ, c'est l’Amour de Dieu qui s’exprime paradoxalement dans le sacrifice de la croix, c’est l’Eternité qui s’ouvre par la croix du Seigneur. Ainsi, St Paul a saisi que dans cette vie présente, dans cette vie d’ici-bas où toutes choses ne font que passer et même la chaleur elle-même finira par passer, dans cette vie ou tout finit par passer, où toutes nos victoires tout comme nos défaites d’ailleurs, toutes nos constructions ou plan de carrière seront engloutis par la mort, seule la croix du Christ demeure la réalité qui embrasse le temps et l’histoire et qui ouvre à l’Eternité. Face à l’éphémère, seule l’Eternité importe or seule la croix du Christ ouvre à l’Eternité, seule la croix du Christ demeure l’essentiel.
Mais St Paul va plus loin que cette simple constatation, ce simple attachement à l’Eternité et donc à l’Eternel ; St Paul ne constate pas seulement que seule la croix du Seigneur demeure inscrite dans l’Eternité, St Paul la qualifie également comme étant sa seule fierté !
C'est-à-dire que St Paul ne va pas se prévaloir de ses propres qualités, de ses propres réussites mais il ne veut se prévaloir que d’une réalité qui n’est pas la sienne, d’une réalité dont il vit et qu’il a reçu à savoir la croix du Seigneur. Et si St Paul met en la croix sa seule fierté c’est bien parce qu’il a conscience que c’est par la croix du Christ qu’il est lui-même sauvé, que c’est par la croix du Christ qu’il devient enfant de Dieu, c’est par la croix du Christ que Dieu lui a manifesté son amour, c’est par la croix du Christ que toutes les réalités difficiles qu’il doit affronter en cette vie ne sont que poussière face au rayonnement de la croix du Seigneur. Et tout cela constitue bien une belle et forte définition du fait d’être chrétien. Ainsi, nous tous, nous aussi, nous devrions pouvoir affirmer que la croix du Seigneur est notre seule fierté, que notre plus beau titre c’est celui d’être au Christ même si nous passons notre vie à essayer de Lui être uni toujours plus radicalement. Et en effet, de quoi pourrions-nous être fier si ce n’est de ce qui nous permet d’être sauvé, de vivre dans la grâce, d’être porté par l’Amour divin, d’être toujours relevé par la miséricorde divine ? Seule le Christ nous offre tout cela et cela, par sa croix. C’est bien en considérant cette réalité que la croix que nous portons autour du cou n’est pas un artifice de mode mais bien l’expression de notre propre attachement, de notre propre lien existentiel avec le Seigneur, avec la croix du Seigneur.
Et c’est également en considérant cette réalité de l’importance première de la croix du Seigneur que des hommes et des femmes sont appelés à devenir des témoins de toute cette réalité de salut et d’amour exprimé par la croix. C’est bien ce qui a conduit le Seigneur à lancer la première mission d’évangélisation afin de permettre au monde de connaître l’unique réalité qui se manifesta pleinement dans la croix. Le Seigneur a appelé et envoyé des disciples pour cela, pour annoncer la venue du règne Dieu. Et pour nous en ce dimanche, recevons cette page d’évangile comme étant un appel à prier pour les vocations sacerdotales et religieuses. Gardons bien à l’esprit que Dieu Lui-même a voulu, Dieu a choisi et voulu que sa grâce passe par ces instruments de salut que sont les prêtres. Sans prêtre, nous serions coupés de la grâce des sacrements, nous aurions donc bien plus de difficultés à être uni au Seigneur toujours plus radicalement, nous aurions bien plus de difficulté à vivre des fruits de grâce et de salut qui jaillissent de la croix du Sauveur. Alors surtout, n’oublions jamais de prier pour les vocations tout en faisant de la croix du Seigneur notre seule fierté et en vivant toujours davantage de la grâce pour être uni toujours plus radicalement au Christ. Soyons chrétiens ! et demandons au Seigneur de nous attirer toujours davantage à Lui, à vivre pleinement de son Amour et de son Salut.
Amen.