Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 21 juillet 2018

15 Juillet - 15ème Dimanche du Temps Ordinaire


L’ensemble des textes des Saintes Ecritures, que nous livre la liturgie de ce dimanche, est porteur d’une même thématique à savoir : l’envoi en mission.
En effet, Amos a été choisi par le Seigneur et il est envoyé pour devenir prophète en Israël. St Paul, de son côté, se fait l’écho du choix de Dieu qui se pose sur tous ceux qui se laissent sauver par le Christ et qui deviennent témoin du Salut éclairé par l’Esprit Saint. Et enfin dans l’Evangile, le Christ a choisi les douze apôtres afin qu’ils annoncent au monde entier la venue de Dieu jusqu’à eux.
Le prophète Amos, St Paul, les apôtres, tous sont des personnages exceptionnels, exceptionnels par la mission qui leur est confié mais aussi exceptionnels par leurs saintetés. Et il en est de même pour les saints du ciel que nous connaissons, c’est toujours leur exceptionnalité qui nous est manifesté et que nous retenons. Les prophètes, les apôtres, les saints, tous sont des personnes exceptionnelles, c’est vrai, mais il nous faut faire attention car à trop vouloir le dire et le remarquer, nous nous excluons insidieusement du fait d’être nous même des personnes exceptionnelles. Alors redisons le nous tous en ce dimanche, nous sommes des personnes exceptionnelles ! Nous sommes tous des personnes exceptionnelles !
Nous sommes des personnes exceptionnelles peut-être en puissance et pas encore en acte, c'est-à-dire que nous sommes des personnes exceptionnelles en devenir mais la réalité est bien là !
Et nul orgueil là dedans, car gardons bien à l’esprit que si nous évoquons les grandes figures des prophètes d’antan, des apôtres du Seigneur ou encore des saints du ciel, tous ne sont devenus exceptionnels que par grâce, et uniquement par grâce. C’est la grâce c'est-à-dire Dieu Lui-même qui les a conduits à devenir ses témoins empli de grâce et de sainteté. Et je nous le dis à chacun d’entre nous, Dieu désire faire exactement la même chose avec chacun de nous. Dieu désire nous envoyer en nous établissant dans sa grâce et sa sainteté, Dieu désire faire de chacun de nous des personnes exceptionnelles, exceptionnelles par le don de la grâce et de la sainteté dont Dieu désire nous combler.
Mais reconnaissons le, bien souvent nous avons peur, peur de ne pas être à la hauteur et c’est bien vrai mais alors laissons Dieu nous élever et nous placer là où Il le désire. Nous avons peur de devoir changer de vie et c’est parfois nécessaire alors laissons le Seigneur émonder notre vie afin qu’elle soit digne d’être appelée une vie chrétienne. Nous avons peur de parler du Christ et il est certain que l’époque ne nous aide pas si tant est qu’il y’ait eu des époques plus faciles en ce domaine, alors demandons au Seigneur de venir parler en nous. Nous avons peur de nous abandonner au Seigneur alors demandons Lui la croissance de notre confiance en son Saint Nom. Toute peur disparaît, lorsque Dieu agit !
Ainsi oui, nous avons tous un grand destin dans le dessein de Dieu, un grand destin qui sera peut-être caché au plus intime de nos âmes mais un grand destin tout de même constitué de Dieu Lui-même, de Son Amour, de Son Salut et de Sa Grâce. Ne laissons pas la peur de quoi que ce soit nous clouer au sol jusqu’à nous empêcher de parcourir le chemin sur lequel le bon Dieu nous attend et nous appelle. Ne laissons pas la peur de nous même nous couper les ailes de la grâce et nous détourner de la voie sainte. Ne faisons pas de la sainteté une réalité qui ne serait pas pour nous car dès lors nous empêcherions Dieu d’agir en nos âmes, nous empêcherions Dieu de nous attirer à Lui, de nous embraser de son Amour qui est l’unique source de toute sainteté. Ne faisons pas du bonheur divin une réalité réservée à quelques uns car Dieu Lui-même désire illuminer nos vies et Il se réjouit lorsqu’une âme se laisse éclairée par sa présence aimante.
Dieu peut tout, Dieu peut tout en nous ! Avons-nous véritablement conscience de cela ? Dieu peut tout en nous jusqu’à faire de nous des saints ! Dieu peut tout en nous si nous Le laissons faire et si nous nous abandonnons entre ses mains. Dieu peut tout en nous si nous nous laissons conduire par sa grâce en évacuant de nos esprits toutes les prévisions que nous avons pu élaborer. Dieu peut tout en nous et ce que Dieu désire c’est de demeurer pleinement en chacune de nos âmes, ce que Dieu désire c’est de nous établir en sa grâce et en sa sainteté, c’est de nous envoyer afin que nous soyons ses témoins.
Alors en ce dimanche, laissons-nous embraser par la présence divine, laissons-nous nourrir par Dieu Lui-même et demandons au Seigneur de nous aider à vivre en sa présence chaque instant, de nous aider à vivre de son Amour à chaque battement de notre cœur. Demandons au Seigneur de faire de nous des saints en nous abandonnant entre ses mains et en lui faisant une place véritable en chacune de nos journées. Que Sa force soit notre force, que Sa grâce soit notre grâce afin que nous soyons embrasés du Christ et que nous témoignions de son Amour et de son Salut à tous. Dieu peut tout en nous, laissons-nous faire en nous abandonnant pleinement à Lui.
Amen.

8 Juillet - 14ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Un prophète n’est méprisé que dans son pays », cette parole du Seigneur dans l’évangile de ce dimanche est une constatation, constatation qui concerne notre nature humaine blessé par le péché, blessé en la confiance et en l’espérance qui nous font bien souvent défaut. Car que ce soit pour les gens de l’époque du Christ ou que ce soit pour nous aujourd’hui près de deux mille ans plus tard, nous pouvons constater que la nature humaine demeure essentiellement la même. Hier comme aujourd’hui la parole du Seigneur est toute à fait vraie : « un prophète n’est méprisé que dans son pays ».
Pourquoi, pourquoi ce mépris ? Et bien tout simplement car nous confondons bien souvent le message et le messager. Si nous connaissons le messager, si nous le connaissons en ces défauts et en ses faiblesses, si nous connaissons ses erreurs de jadis et bien dès lors, tout ce que ce messager pourra dire sera entaché de son histoire défaillante c'est-à-dire de son histoire humaine. Ainsi, quelle que soit la nature du message, le messager est inaudible à cause de ses errements passés.
Et cela va même plus loin car en revenant en l’évangile et en considérant le Christ comme messager, nous ne pouvons trouver dans la personne du Christ aucune défaillance, aucun péché, aucun errements mais pourtant, sa parole est rejetée tout simplement parce que les gens pensent le connaître. Les gens connaissent ses parents, sa famille ainsi le Christ ne peut surprendre car il appartient à une lignée et ne peut s’en extraire, ne peut étonner, ne peut pas porter une parole qui dépasse cette réalité d’appartenance.
Ce que montre cette réalité c’est ce défaut inhérent à notre propre fonctionnement, ce défaut qui consiste à mettre chaque personne dans une case bien définie, qui consiste à faire de la personne quelqu’un que nous cernons et qui ne peut dépasser les frontières que nous lui avons subjectivement fixées. Ce défaut est une erreur en de nombreuses dimensions. Tout d’abord, réduire la personne à ce que nous en connaissons cela revient tout d’abord à considérer que notre jugement quel qu’il soit est juste, totalement juste. Je pense que telle personne est comme ceci alors tout est dit. Et c’est ici, dans ce jugement péremptoire que va naître la médisance, la médisance qui naît au moment où l’on va partager le jugement que l’on a posé sur telle ou telle personne. La médisance qui est bien une maladie de notre humanité dans le déballage de jugement à l’emporte pièce qui alimente tous les commérages possibles et bien souvent sans aucune réalité objective. Mon jugement de l’autre s’établi sur ce que je pressens, sur ce que je ressens, je proclame mon ressenti qui se transforme peu à peu en ressentiment condamnant l’autre, ressentiment qui se propage et condamne l’autre dans le microcosme qui est le mien.
 Allons même plus loin, j’ai vue telle personne volée dès lors cette personne est une voleuse, un point c’est tout. Un acte est posé et cet acte devient qualifiant de l’ensemble de la personne qui l’a posé. Dans l’ordre de la justice et de la responsabilité c’est vrai, mais nous ne sommes pas de ceux qui devons rendre la justice qui ne se rend d’ailleurs que dans un prétoire. Pour nous, comme pour le juge d’ailleurs il nous faut essayer de rechercher les circonstances d’un tel acte, circonstances qui ne seront peut-être pas à la décharge de celui qui l’a posé, mais circonstances qui permettront de saisir le mouvement éthique de l’acte c'est-à-dire l’élan qui a conduit à un tel acte. Rien que ça, combien de fois prenons nous réellement le temps de le faire alors qu’il est si pratique de montrer un certain pouvoir en condamnant ouvertement un tel ou un tel.
Quoi qu’il en soit de tout cela, le Christ nous invite à une autre vision de la réalité, à une autre vision de la personne humaine. En effet, dans le respect de la justice et de la prise en compte de la responsabilité, nous sommes tous invités à condamner le péché sans condamner le pécheur, je répète, nous sommes tous invités à condamner le péché sans condamner le pécheur. Condamner le péché, pas de souci de ce côté-là, un acte est mauvais si sa matière est mauvaise, si les circonstances ne le dédouanent pas de son poids moral, si la volonté était claire, si la liberté était sauvegardée. Déterminer qu’un acte est mauvais cela requiert un certain discernement mais reste relativement aisé. Ainsi, après avoir effectué ce discernement nous pouvons considérer qu’un acte est mauvais mais cela ne doit pas nous conduire à une condamnation sans possibilité de rédemption. C'est-à-dire qu’il nous faut toujours garder à l’esprit qu’une personne ne se réduit pas aux actes qu’elle pose, garder à l’esprit que toute personne peut changer, garder à l’esprit que la conversion demeure une réalité de notre identité humaine.
Prenons un exemple en la personne de St Paul ? St Paul lui qui avait participé à l’assassinat de St Etienne, lui qui persécutait les chrétiens, il aurait très bien pu être condamné pour cela et pourtant il devint un des plus zélés apôtres du Seigneur allant jusqu’à livrer sa propre vie !
Ainsi il ne s’agit pas de considérer qu’aucun acte est mauvais, nous ne sommes pas au pays des bisounours, il ne s’agit pas non plus de considérer que la justice ne doive pas s’exercer dans son pouvoir de coercition, il s’agit tout en reconnaissant la gravité des actes posés, en laissant la justice faire son œuvre, il s’agit de permettre à la personne de retrouver le chemin du Bien, permettre à la personne de découvrir son Seigneur et Sauveur et dès lors de s’enraciner dans la vertu. La miséricorde se moque du jugement en ce sens où la miséricorde rejoint la personne dans sa réalité et l’appelle à changer de vie dans la reconnaissance du Christ Sauveur.
Et pour des matières plus légères dans l’ordre de la médisance, il s’agit de ne pas prêter foi à nos propres jugements qui sont bien souvent emprunt de nos propres forces et de nos propres faiblesses, ne pas prêter foi à nos propre jugement et rejoindre l’autre dans ses défaillances pour le soutenir dans le chemin de la vertu et de la sainteté. La médisance condamne et invite la société à faire de même, le chrétien lui rejoint l’autre dans sa grandeur, ses potentialités et son mystère, pour le relever, l’aider à avancer et à progresser.
Le jugement péremptoire condamne l’autre en le réduisant à n’être que ce que nous en percevons, conduit à placer l’autre dans une case, l’espérance permet à l’autre d’exister par delà ce que j’en comprends et en saisi, certain que chaque personne humaine peut devenir expression de la présence de Dieu qui me dépasse et dépasse toute chose.
Et pour revenir à l’Evangile, le manque de discernement peut évacuer le message en considérant les faiblesses du messager ; la Foi, quant à elle, voit au-delà des apparences et perçoit la grandeur du message malgré les faiblesses du messager.
Alors bien chers amis, il ne nous reste plus qu’une chose à faire, demandons au Seigneur de nous faire devenir véritablement chrétien c'est-à-dire  que notre Foi nous conduise à chasser de nos vies tout jugement péremptoire, tout jugement à l’emporte pièce, à chasser de nos vies toute médisance, et que notre Foi nous conduise à vivre porté par la volonté d’aider toute personne à être relevée par la miséricorde et à vivre du Christ Sauveur, à voir en chaque personne humaine un être aimé de Dieu qui désire le rejoindre et le sauver car c’est bien en cette manière d’agir et de vivre que nous serons véritablement chrétien. La Foi nous enseigne que Dieu ne nous a pas condamné mais qu’Il nous a sauvé à notre tour, ne condamnons pas mais conduisons chaque personne à se laisser sauver par le Christ.
Amen.


3 Juillet - St Thomas - OESSJ


En ce jour de fête où nous honorons St Thomas, apôtre, il est certain que c’est bien la vertu de Foi qui s’impose à notre prière. St Thomas a manqué de Foi en Notre Seigneur, il n’a pas conçu en son esprit par là trop humain le pouvoir de Dieu qui touche toutes réalités même cette réalité implacable qu’est la mort. Et il est certain que la résurrection n’appartenait pas à la réalité de pensée des apôtres aux premiers instants, il est donc tout à fait compréhensible que cette réalité ne peut que s’ancrer dans un acte de Foi véritable.
Pour nous tous, c’est quelque peu différent. La résurrection nous savons l’expliquer mais il nous faut craindre que cette réalité ne demeure que trop au simple stade de l’idée. Le Christ est ressuscité c'est-à-dire que le Seigneur a vaincu la mort et qu’Il est entré vivant dans la gloire divine le saint jour de l’ascension, très bien. Mais cette réalité de la résurrection du Seigneur elle doit nous accompagner chaque jour car le Christ vivant demeure l’hôte très doux de nos âmes, demeure vivant pour chacun de nous. Le Christ vivant nous accompagne, nous soutient, nous relève, nous comble de ses grâces et de ses dons.
Alors oui le Christ est ressuscité mais cette réalité n’appartient pas à un passé glorieux déconnecté de notre quotidien, le Christ est ressuscité pour nous, Il est vivant pour nous, Il est présent pour nous. Et c’est bien en ce sens que nous sommes chaque jour appelés à poser un acte de Foi en la présence agissante du Seigneur en nos vies et nous le faisons à chaque fois que nous accueillons le Seigneur dans la prière ; la prière qui doit demeurer le cœur de chacune de nos journées.
De plus, dans cette discussion entre le Seigneur et St Thomas notons que le Seigneur fait de nous tous des bienheureux ! En effet, le Seigneur dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » et c’est bien de nous dont il s’agit car nous n’avons pas vu le Seigneur ressuscité, oh bien sûr le Seigneur se manifeste à nous de bien d’autres manières mais nous n’avons pas vu ni touché le Christ ressuscité et nous posons dès lors un acte de Foi à chaque fois que nous nous tournons vers Lui. Et il nous faut peut-être nous le redire, nous sommes heureux d’avoir la Foi ; nous sommes heureux car le Christ est vivant en nous et pour nous.
Et pour nous, membres en puissance ou en acte de l’ordre du St Sépulcre, cet acte de Foi que nous posons envers le Christ ressuscité doit également ancrer notre espérance, certes notre espérance dans les réalités surnaturelles mais aussi dans les réalités historiques, politiques et humaines. C'est-à-dire que nous pouvons poser sur le monde, sur la société, sur l’état de notre France et surtout de la terre Sainte, nous pouvons poser un regard critique, relevant les injustices, les erreurs et les manœuvres malhonnêtes et politiciennes mais notre regard critique doit également être ancré dans la Foi, c'est-à-dire dans la certitude que quoi qu’il se passe, le Christ demeure vainqueur de toutes réalités. Oh bien sûr cela ne doit pas nous conduire à nous désengager de toutes ces luttes en faveur de la justice, de la vérité et de la probité mais tout en agissant autant qu’on le peut, il nous faut tout abandonner entre les mains du bon Dieu. Et en ce sens, que cela soit pour les évènements et leurs évolutions en Terre Sainte, chez nous et même dans notre propre vie nous pouvons garder à l’esprit ce que disait un disciple de St Ignace de Loyola à savoir : il nous faut agir comme si tout dépendait de nous en se rappelant que tout dépend de Dieu.
Ainsi que ce soit dans la situation des chrétiens en Terre Sainte, que ce soit dans l’ordre, que ce soit dans les évolutions politiques et même dans notre propre vie, agissons du mieux que nous pouvons mais laissons nous surtout guider par le Christ qui seul détient la victoire. Plaçons sous l’étendard du Christ et œuvrons à la propagation de la Foi et de l’Espérance dans une Charité immense, travaillons pour la gloire de Dieu.
Et pour conclure cette homélie, je voudrais attirer notre attention sur l’exclamation de St Thomas, lui qui proclame en voyant le Christ ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et bien cette exclamation je nous invite à la faire notre en chaque eucharistie, qu’au moment où le prêtre élève le très saint Corps du Seigneur, élève Son précieux Sang nous puissions intérieurement nous exclamer dans la Foi : « Mon Seigneur et mon Dieu », car c’est bien Lui, le Christ vivant et présent qui se donne à nous à chaque communion et ô combien il nous faudrait à chaque fois tomber à genoux devant un si grand mystère de Dieu qui s’abaisse jusqu’à notre petitesse pour se livrer à nous sous les espèces consacrées… Ô combien nous sommes bienheureux de vivre de Dieu.
Amen.

1er Juillet - 13ème Dimanche du Temps Ordinaire


En ce dimanche, j’aimerai revenir avec vous sur la deuxième lecture tirée de la lettre de St Paul aux Corinthiens. Dans ce passage St Paul évoque le don et même plus, il évoque le don généreux. Au premier abord, en entendant ces termes nous aurions déjà la main sur le portefeuille pour soutenir par un billet telle ou telle action charitable, mais reconnaissons ensemble que St Paul ne parle pas d’argent. En effet, St Paul nous invite à donner généreusement ce que nous avons tous reçu en abondance à savoir : la Foi, la Parole de Dieu ainsi que la connaissance de Dieu.
Et il peut être bon en ce début d’été de nous remettre dans le référentiel chrétien qui va à l’encontre de celui que nous propose le monde. Pour le monde, l’essentiel consiste en ces biens matériels qui auraient soi-disant le pouvoir de combler l’homme et de le rendre heureux. Ce modèle social fondé sur un matérialisme a outrance demeure le modèle de notre société même si nombreux sont ceux qui ont bien conscience de la vanité des choses. Pour nous chrétiens, catholiques, notre existence doit être fondée sur l’Eternité, sur le Salut obtenu par le Christ. Ainsi, même si nous soutenons matériellement les œuvres bonnes et justes, ce que nous pouvons donner ne se résume pas à notre compte en banque et je dirai même plus que ce qu’il nous faut chercher à donner c’est d’abord un témoignage digne du Christ avant tout autre chose. Pour nous, avant même que de mettre la main à la poche il nous faut livrer notre Foi.
Et vous serez très certainement d’accord avec moi qu’il est bien plus facile de donner une pièce que de témoigner de notre Foi, c’est vrai mais la pièce ne durera qu’un temps alors que notre témoignage lui résonnera dans l’Eternité. Même si nous sommes millionnaires, tout du moins si vous êtes millionnaires, la réalité qui a le plus de valeur c’est bien le Christ Lui-même, c’est notre Foi qui nous donne de nous tourner vers l’Eternité et de nous y laisser conduire par la grâce. Et c’est bien la Foi qu’il nous faut annoncer afin de permettre au plus grand nombre de recevoir le véritable sens de la vie, de recevoir, le véritable bonheur, la joie inextinguible qui nous vient de la rencontre avec le Christ présent et agissant en nos vies.
Sans nous conduire à de la mauvaise conscience, nous pourrions nous interroger pour savoir combien de fois nous avons parlé du Christ en dehors de la paroisse ? Combien de fois ?
Et peut-être que la question qu’il nous faut recevoir en ce dimanche c’est de savoir comment manifester notre attachement au Christ ? Les signes extérieurs sont importants même s’ils ne permettent qu’une prise de contact mais, par exemple, un crucifix autour du cou est signe de notre attachement au Christ et peut permettre d’engager une conversation de Foi. Notre témoignage de vie, notre joie, notre paix, notre vision éclairée par le Christ des difficultés du monde et formulée avec une charité immense, voilà d’autres points à rechercher. Mais quels que soient les moyens, ne nous taisons pas mais annonçons le Christ à temps et à contre temps pour le Salut du monde.
Amen.


24 Juin - St Jean Baptiste


Aujourd’hui nous fêtons la naissance de St Jean Baptiste. Et nous pouvons nous arrêter avec bonheur sur cette belle figure, charnière entre l’Ancien et le Nouveau testament, charnière entre l’ancienne et la nouvelle Alliance. Et si nous connaissons St Jean Baptiste, les éléments livrés par les écritures sont peu nombreux mais ils manifestent clairement la personnalité de St Jean Baptiste.
Et il nous faut revenir au moment de la visitation, à ce moment où la Vierge Marie ayant appris de l’ange que sa cousine était enceinte se rend auprès d’elle pour l’accompagner en sa grossesse. Et lorsque Marie et Elisabeth se rencontrent alors l’évangile nous dit que l’enfant a tressailli dans le sein d’Elisabeth. St Jean-Baptiste, à peine conçu, St Jean-Baptiste embryon dans le sein de sa mère mais véritable personne humaine, choisi, a déjà reconnu dans le sein de la Vierge Marie son Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Ainsi, la visitation n’est peut-être pas d’abord la visite de la Vierge Marie enceinte du Seigneur Jésus et de Ste Elisabeth enceinte de St Jean Baptiste mais elle est certainement la première rencontre du Christ avec St Jean-Baptiste. Et c’est comme si cette rencontre antérieur à la naissance avait fondé la mission, la vocation de St Jean Baptiste. Car durant de longues années, les écritures ne nous disent rien sur St Jean Baptiste jusqu’au moment où débute l’activité d’annonce du Seigneur Jésus. Le Christ débute sa prédication de l’identité divine et St Jean-Baptiste de son côté appelle à la conversion et à l’attente du Messie. Il y’a une véritable coordination mystique mais tout du moins réelle entre la mission du Seigneur Jésus et celle de St Jean Baptiste.
Puis St Jean Baptiste s’efface pour laisser le Christ prendre sa véritable place de Dieu fait homme mais St Jean-Baptiste demeure attacher à la vérité, demeure attacher aux appels du Seigneur allant jusqu’à dénoncer le péché du roi ce qui le conduira à être décapité en prison par fidélité à Dieu.
Et aujourd’hui, en fêtant la naissance de St Jean Baptiste nous célébrons ce moment de l’histoire humaine qui s’apprêtait à recevoir la naissance  du Christ. Nous célébrons le choix que Dieu a posé sur St Jean-Baptiste en le constituant précurseur du Seigneur Jésus. Nous célébrons la fidélité qui caractérise St Jean Baptiste qui n’hésita pas à perdre la vie par amour et par fidélité au Seigneur.
Alors en cette eucharistie, demandons au Seigneur par l’intercession de St Jean Baptiste la grâce de la fidélité, demandons également la grâce de pouvoir nous aussi être pour nos frères des témoins du Seigneur en les aidant à accueillir le Christ. Que la prière de St Jean Baptiste nous accompagne et nous obtienne les grâces dont nous avons besoin.
Amen.

24 Juin - 10 ans d'ordination


10 ans, déjà 10 ans que j’ai été ordonné prêtre en notre cathédrale de Marseille. Que le temps est passé vite depuis cette grâce que le Seigneur m’a fait ; que de lieux où j’ai pu exercer mon ministère de l’Egypte au Caire, en passant par la Suisse et Fribourg pour revenir en France à Allauch et enfin à vos côtés sur nos paroisses de La Bouilladisse, La Destrousse, Peypin et Belcodène ; que de rencontres et de sacrements… Et lors de cet anniversaire de dizaine, j’aurai peut-être la tentation d’établir une belle synthèse sous la forme de bilan/perspective… Mais en réfléchissant quelque peu, le bilan de ces 10 années m’échappe totalement, oh bien sûr il y’a de nombreuses grâces qui sont visibles, il y’a de nombreux clin d’œil du bon Dieu qui ont ponctués toutes ces années, mais ce bilan ne pourrait prendre en compte tout ce que le Seigneur a véritablement accompli, tout ce qui est passé inaperçu tout en étant essentiel. C’est ainsi qu’en regardant en arrière je ne peux que rendre grâce d’une manière large et généreuse tout en me rendant compte que la méthode bilan/perspective ne peut s’appliquer. Alors c’est peut-être davantage sous le plan de la prière qu’il me faut considérer le temps écoulé, sous ce plan habituel du : pardon – merci – s’il te plaît.
            Pardon, oui pardon Seigneur pour tous mes propres manquements, pour mes résistances à l’action de Ta grâce. Le prêtre est ordonné pour le service de Dieu et de l’Eglise mais il demeure, lui aussi, sur le chemin de la conversion personnelle, il demeure inscrit dans ce combat en faveur de la grâce. Le St curé d’Ars disait que le prêtre est quelque chose de grand, et c’est vrai de par le pouvoir et la mission qui lui sont confiées mais le prêtre est toujours appelé à correspondre davantage à la grâce reçu et que de progrès à faire dans l’ordre de l’abandon total…
            Pardon – Merci ; Merci, oui, merci Seigneur de m’avoir appelé à Te suivre dans le sacerdoce, pour m’avoir appelé à Te servir et à servir ceux que Tu me confies. Le prêtre participe humblement à la mission de Salut opéré par le Christ en dispensant les sacrements particulièrement ceux de la confession et de l’eucharistie. Quel mystère qui me dépasse, qui nous dépasse, comment saisir qu’une simple créature ait le pouvoir de convoquer Dieu sur l’autel à chaque messe ? Comment saisir qu’une simple créature ait le pouvoir d’appliquer aux autres le pardon divin ? Cela est infini et pourtant cela est confié à de simples hommes qui sont appelés à devenir les instruments de la grâce et de l’Amour divin… Et ma mission de prêtre a reçu une dimension supplémentaire dans la mission de curé qui m’a été confié, et, le 1er septembre prochain, cela fera 5 années que je suis à vos côtés. 5 ans déjà ! aussi ! Et par cette charge de curé, par cette charge de gouvernance, de sanctification et d’enseignement que le Seigneur m’a confié, je me dois aussi de vous dire merci à vous. Sous la conduite du Seigneur c’est bien ensemble que nous avons travaillé à l’œuvre paroissial. Près de 300 familles accompagnées dans la perte d’un proche, plus de 400 baptêmes, plus de 75 mariages, toutes ces personnes réconciliés dans la grâce de la confession, toutes ces premières communions, ces professions de Foi et confirmations, toutes les œuvres de restauration de nos paroisses, et bien d’autres choses encore, tout cela c’est aussi grâce à vous, grâce à chacun, grâce à votre propre implication, grâce à votre soutient personnel et matériel, grâce à votre amitié ; grâce aussi à mes parents que je me dois d’honorer en ce jour, qui m’ont accompagné et continue de le faire ici-bas ou du haut du ciel. Oh combien je me rends compte que si le prêtre est au service de Dieu en étant au service de la communauté, la communauté elle-même, vous tous, demeurez participant essentiel de mon propre sacerdoce.
Pardon – Merci – s’il te plaît : « Que le Seigneur achève en vous ce qu’Il a commencé », ces mots que l’Archevêque a prononcé lors de mon ordination constituent ma demande au Seigneur en ce jour. Que sera demain ? je ne le sais et je ne veux faire aucun pronostic. Ce que je désire c’est de me laisser conduire par Toi, Seigneur, me laisser guider par l’Esprit Saint sur tes chemins à Toi, assumant du mieux possible la mission que tu me confies et me confieras, soutenu en cela par ta grâce sans laquelle je ne peux rien faire et soutenu aussi par le peuple chrétien. Car ma demande vous concerne également, tous et chacun, car cette mission, quelle qu’elle soit, c’est bien ensemble que nous sommes appelés à l’assumer dans l’unité de l’Eglise, Corps du Christ, dans cette communion de prière et d’action en faveur de l’annonce de la Bonne Nouvelle, en faveur du salut du monde pour la plus grande Gloire de Dieu.
Alors oui, 10 ans déjà, mais aussi seulement 10 ans, que le Seigneur me donne de Le servir toujours plus intensément, toujours plus passionnément, aussi longtemps qu’Il le voudra. Que le Seigneur achève en moi ce qu’Il a commencé et en ce jour, je me confie humblement à vos prières.
Amen.

24 Juin - St Jean Baptiste - 10 ans de Sacerdoce


En cette solennité de  la nativité de St Jean-Baptiste, nous honorons bien sûr l’œuvre de Dieu qui s’est inscrite dans le temps des hommes mettant à part celui qui annoncerait la venue de Dieu, reconnaissant et dévoilant aux yeux du monde la véritable identité du Seigneur Jésus, vrai homme et vrai Dieu.  Et en ce jour, c’est la figure de Zacharie qui demeure au cœur de l’Evangile. Zacharie, lui qui n’avait pas cru aux dires de l’ange, lui qui n’avait pas cru l’annonce de la naissance prochaine de son fils Jean Baptiste ; Zacharie fut contraint au silence, son manque de Foi fut réprimandé par le Seigneur qui le rendit muet. Mais le mutisme de Zacharie cessa avec les premiers cris de son Fils nouveau-né, son mutisme dû à son manque de Foi cessa lorsqu’il put voir l’action de Dieu qui s’était accompli, lorsqu’il put constater le miracle réalisé.
Et bien, en ce dimanche, alors que j’ai la joie de fêter mes dix ans de sacerdoce avec vous tous, je ne peux que moi aussi constater l’action de Dieu. Dix ans durant lesquelles j’ai tâché de servir le bon Dieu malgré mes propres insuffisances, dix ans marqués par la célébration de tant de sacrements, marqué par des confessions extraordinaires, marqué par des rencontres lumineuses. Ce sont de nombreux évènements qui ont ponctués ces dix années mais je ne serais pas juste avec le Seigneur si je ne gardais que les évènements exceptionnels car le quotidien de la grâce n’est pas forcément tissé de fait exceptionnellement visible et j’ose croire avec certitude que le quotidien fut bien plus riche que ces évènements remarquables. Ce quotidien qui fut porté par des décisions qui m’ont échappé, envoyé la première année en Egypte au Caire dans l’incertitude de ce pays mais qui m’a donné la joie de fonder une aumônerie avec les étudiants de science politique sur place, les accompagnants dans une croissance spirituelle que l’éloignement de la France favorisait. Cette grave maladie qui me conduisit à rejoindre la France rapidement et qui fit craindre à Mgr. PONTIER qu’il allait enterrer un prêtre qu’il venait d’ordonner. Mais ce n’était pas mon heure… Puis ce fut un séjour à St Julien  avant un départ pour la Suisse, à l’université de Fribourg. Et là encore, par delà les études si nécessaires, quelle richesse de rencontres et de vies paroissiales, que d’amitié. Et enfin ce fut la paroisse d’Allauch où je fis mes premières armes comme vicaire. Tant de belles choses saupoudrées de difficultés qui donnent du piquant à l’existence.
Ces 5 premières années m’ont ensuite conduit à vos côtés, et oui cela fera déjà 5 ans le 1er septembre prochain. Déjà, le mot n’est pas pris à la légère car oui le temps passe vite et en même temps que de choses accomplies. Tant de choses accomplies, oui, mais je ne suis pas seul bien au contraire. Et c’est peut-être ça que je pourrais retenir de cet anniversaire, c'est-à-dire qu’au début du ministère, tout feu tout flamme, on veut changer le monde et on se croit assez fort pour le faire tout seul, illusion de la jeunesse qui est appelée à murir oh non pas pour ne plus rêver mais pour se rendre compte qu’on ne fait pas grand-chose tout seul. Et en considérant ces 5 années à vos côtés je ne peux que rendre grâce pour vous, pour nous car c’est ensemble que nous avançons, c’est ensemble que nous avançons bien sûr dans la voie de la grâce et de la sanctification de nos vies, c’est ensemble aussi que nous avançons dans les œuvres paroissiales et en bien d’autres lieux.
Mais bien sûr, ensemble nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers, satisfait de ce qui a été accompli pourquoi pas mais considérant surtout tout ce qui reste à faire pour que l’ensemble de nos villages puisse reconnaître dans le Seigneur Celui qui les aime, qui les sauve et qui les accompagne. Car notre mission elle est là ! Et si le temps passe vite comme nous le constatons chacun et bien considérons que nous n’avons pas de temps à perdre !
Pour conclure, je ne peux vous demander qu’une seule chose, c’est de continuer à prier pour moi, c’este ce que je vous avais demandé lors de mon installation il y’a 5 ans et je suis certain que vous avez déjà répondu à cette demande, alors surtout continuez ! Que le prêtre que je suis puisse être toujours davantage donné au Seigneur pour être toujours plus digne d’être à votre service. Que le prêtre que je suis puisse grandir en sainteté pour témoigner du Christ à chacun. Que le prêtre que je suis se dépense sans compter aux œuvres du Seigneur. Que le prêtre que je suis soit toujours plus digne du don du sacerdoce qui m’a été fait il y’a maintenant 10 ans.
Alors surtout, priez pour moi et continuons ensemble à suivre la voie sur laquelle le Christ nous appelle ! Merci à vous pour ce temps écoulé et à venir et surtout, et surtout merci Seigneur, Toi qui m’a appelé à te suivre, garde moi toujours fidèle à la grâce reçue, affermis ma volonté pour qu’elle soit semblable à la tienne, éclaire mon intelligence pour discerner ta présence agissante, embrase mon âme d’amour pour Toi et conforme moi toujours à Toi, Seigneur, Toi, l’unique Pasteur.
Amen.