Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 14 mars 2020

2 Février - Fête de la Bienheureuse Mère Marie de Jésus


« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », en entendant cette parole du Seigneur en ce jour, nos esprits ne peuvent que se transporter à quelques pas de cette chapelle pour rejoindre le lieu de l’assassinat de la Bienheureuse Mère Marie de Jésus. Ce lieu qui témoigne certes de la douleur et de la mort, qui témoigne également de la haine de certains contre Dieu et ceux qui Le servent mais ce lieu résonne encore des ultimes paroles de la bienheureuse : « Je lui pardonne pour l’œuvre ».
Alors certes, ces dernières paroles sont déjà bien inaudibles pour le monde assoiffé de vengeance. Pardonner à la main qui me tue, voilà bien là une folie aux yeux du monde qui s’accroche à la vie en pensant ainsi atteindre les sources de la fontaine de jouvence. Mais pour nous, en étant porté par les Paroles même du Seigneur nous pouvons voir plus loin et saisir, dans un réalisme vrai quant à la nature de notre existence humaine destinée à l’éternité bienheureuse, nous pouvons saisir l’enracinement de ce pardon. « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux », cet appel que le Seigneur nous adresse à tous et à chacun prend toute sa profondeur aujourd’hui dans ces dernières paroles de la bienheureuse. Essayons ensemble d’emprunter ce chemin pour nous laisser nous aussi irradier par la grâce.
Porté par la Foi, nous le savons, notre vie d’ici-bas n’est que le tremplin vers l’Eternité, notre vie toute entière ne trouve son sens véritable que dans cette recherche permanente de l’union à Dieu, dans l’offrande de notre être à la présence divine. Et alors que nous rentrons dans ce temps du Carême nous retrouvons ici toute la portée de ce temps liturgique qui doit nous aider à nous abandonner entre les mains de Dieu, nous abandonnant nous même pour laisser toute la place au Seigneur. La Bienheureuse le dit avec force en écrivant : « Sacrifions tout, détruisons tout, écartons tout ce qui gêne l’union intime de nos âmes avec Jésus ! Il en coûte, mais il en coûte encore plus de sentir un mur entre le Bien-Aimé et nos pauvres âmes. Plus rien que Jésus ». Quel magnifique écho à ce cri de Ste Thérèse d’Avila : « Dieu seul suffit ».  Et prenons au sérieux ces paroles : plus rien ! que Jésus ! c'est-à-dire que tout devient second par rapport à Dieu, tout, même notre propre vie que nous recevons d’ailleurs de sa grâce. Et nous voyons là s’opérer un formidable changement de référentiel, nous percevons combien la vie du monde est bien éloignée de la vie de la Foi car la Foi nous donne comme unique trésor, comme unique objet de nos désirs, comme unique fin de notre existence le Seigneur Jésus.
Et vous mes biens chères sœurs, vous nous rappelez cela, séparé du monde que vous portez dans vos prières vous cherchez toujours plus à laisser toute la place au Christ. Et par votre vie vous nous rappelez quel doit être notre vie à tous car c’est bien chacun d’entre nous qui est appelé sur ce chemin, ce chemin de sainteté et de conversion qui demeure un combat. Combat contre nous même, contre notre nature blessée marquée par le péché, combat contre notre orgueil qui nous fait nous illusionner sur nous même en nous faisant croire à notre autosuffisance. Et ne pensons pas que ce combat ne fut pas aussi celui des saints, ne fut pas aussi celui de la bienheureuse Mère Marie de Jésus. Ce combat en faveur du Christ en chacune de nos vies il nous concerne nous tous et la bienheureuse en laisse transparaître une bribe au sujet du sacrement de la confession lorsqu’elle écrit : « Je me confesse à peu près tous les quinze jours […] Croiriez-vous que j’ai, plus que jamais mes vieilles répulsions pour le confessionnal ? C’est une vraie tentation que j’ai la lâcheté de ne pas vaincre, reculant le pas quand il me coûte trop à faire. Voilà un premier point à réformer ; mais il n’est pas commode, car il est impossible de dépeindre mes répugnances ». Ainsi oui, ce combat contre soi-même habite chaque âme humaine mais ne nous égarons pas en pensant qu’il nous faudrait compter sur nos pauvres forces, ce serait encore tomber dans l’illusion de notre soi-disant puissance. Non, ce n’est pas nous qui devons régner sur nous même, mais nous devons permettre au Christ de régner sur nous ! Et comme l’écrit encore la Bienheureuse citant Ste Marguerite Marie : « assurons-nous que, si nous lui sommes fidèles, nous ne manquerons de secours que lorsque Lui-même manquera de puissance ». Ainsi, même et peut-être surtout en notre conversion, comptons uniquement sur le Christ.
C’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous lui permettrons de régner sur nos âmes et nos vies et que nous nous laisserons porter sur le chemin de la sainteté ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que la charité divine embrasera nos âmes d’amour et de pitié pour toutes les âmes errantes de notre temps ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous souffrirons avec Lui des offenses injustes qu’Il subit ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous pourrons vivre en chaque instant : Plus rien ! Que Jésus !
Amen.

23 Février - 7ème Dimanche du Temps Ordinaire


En entendant l’évangile de ce dimanche, il nous faut tout d’abord nous rappeler que la fameuse loi du talion donnée par Dieu au peuple d’Israël, le fameux œil pour œil, dent pour dent, est déjà un progrès en ce sens ou cette loi du talion régule la violence et évite l’escalade. Cette loi du talion est donc une première avancée morale pour l’humanité. Mais, comme le Seigneur nous le dit par ailleurs, le Seigneur Jésus n’est pas venu abolir mais accomplir la loi et nous en avons ici un exemple. En effet, le Seigneur n’aboli pas cette loi du talion mais Il invite à la dépasser, à la dépasser et cela par l’amour. C’est en ce sens que nous recevons cette nouvelle Loi : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ».
Et si nous prenons le temps de vraiment considérer cet appel du Seigneur à l’amour des ennemis nous pouvons percevoir combien nous sommes bien loin d’une vision romantique de l’amour, nous sommes bien loin des fleurs bleues où des contes à l’eau de rose. Aimez vos ennemis, il n’y a certainement rien de plus exigeant que cela, rien qui ne touche au plus intime de notre être et qui répugne à notre nature bien plus portée à la vengeance qu’au pardon et encore moins qu’à l’amour.
Mais là encore, rappelons-nous que ce que le Seigneur nous demande, c’est ce que le Seigneur est en Lui-même et que c’est donc aussi ce que le Seigneur vit. Oui, Dieu Lui-même aime ses ennemis. Et heureusement car nous sommes parfois de ses ennemis du Seigneur lorsque nous ne permettons pas à sa grâce d’irradier nos vies, lorsque nous le chassons de notre quotidien, lorsque nous faisons tout simplement œuvre de péché. Alors bien sûr me direz-vous, il y’a plusieurs degrés d’inimitié, plusieurs catégories d’ennemis. C’est vrai. Mais il n’empêche que Dieu malgré nos infidélités continue à nous aimer car ce qui porte la relation de Dieu à notre encontre c’est l’amour et non une vision comptable de nos mauvaises actions. Dieu nous aime et parce qu’Il nous aime Il est enclin à nous faire miséricorde alors que nous ne méritons pas sa miséricorde. Et rappelons-nous le plus bel exemple de la vie du Seigneur Jésus qui manifeste ce pardon de Dieu pour ses ennemis, rappelons-nous que le Seigneur Jésus cloué sur la croix a pardonné à ses bourreaux : « Père pardonne-leur ».
Et bien il doit en être de même pour nous envers nos ennemis. Tout comme le Seigneur, nous sommes invités à faire œuvre de miséricorde. Et même si la miséricorde n’empêche pas la justice, la miséricorde la dépasse. Nul doute que cela est bien le plus difficile à vivre mais c’est bien là, dans cet amour inconditionnel que s’enracine notre Foi que doit se vivre notre Foi. Et il y’a un exemple marseillais qui nous est donné en cette semaine. En effet, nous allons fêter la Bienheureuse Mère Marie de Jésus la fondatrice du monastère de la Serviane. Cette Bienheureuse fut assassinée dans le jardin du monastère par le jardinier anarchiste et ses derniers mots furent : « Je lui pardonne ». Ayons donc à cœur de vivre pleinement de la Foi et faisons œuvre de miséricorde envers nos ennemis. Combien de famille, combien de couple se déchirent à cause d’un pardon refusé, combien d’âme s’aigrisse sur une douleur qu’on leur a infligé par appétit de vengeance…
Alors prenons le temps en cette eucharistie, prenons le temps de considérer nos ennemis, de quelques degrés qu’ils soient, grands ou petits, et demandons au Seigneur la force de leur pardonne et surtout, demandons Lui la force de les aimer.
Amen.

16 Février - 6ème Dimanche du Temps Ordinaire


Bien chers amis, recevons avec gravité la Parole du Seigneur que nous venons d’entendre : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Il nous faut prendre au sérieux cette parole car c’est bien le Ciel que nous désirons, c’est bien la vie en Dieu qui constitue le but essentiel de notre existence d’ici-bas, l’objet premier de notre pèlerinage sur cette terre.
Et si l’expression : « si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens » pourraient nous sembler quelque peu obscur, le Seigneur, par les exemples qu’Il nous donne, nous permet d’en saisir le sens.
Mais avant d’aller plus loin, rappelons-nous que la vertu de justice consiste à rendre à chacun selon son dû. Et si le Seigneur nous parle de la justice des pharisiens c’est bien parce que la justice concerne également le culte que nous devons rendre à Dieu. Rendre un culte au Seigneur cela appartient à la vertu de justice. Mais les pharisiens étaient remarqués, et le Seigneur Jésus s’en fait l’écho dans de nombreuses pages d’évangiles, les pharisiens étaient attachés presque exclusivement à une pratique extérieure de la Loi. C'est-à-dire que les pharisiens se considéraient juste parce qu’ils faisaient ce que la loi juive leur indiquait. Mais cette attitude extérieure, ces actions extérieures de dévotions n’étaient pas accomplies en étant porté par le désir premier de plaire à Dieu. Voilà désigné la fameuse hypocrisie des pharisiens qui paraissent juste extérieurement mais ne le sont pas intérieurement. Gardons toujours à l’esprit la distinction entre l’être et le paraître.
Ceci étant dit, le Seigneur Jésus ne nous invite pas à rejeter cette justice des pharisiens mais Il nous demande de la dépasser. Cette distinction est importante car parfois le chrétien peut avoir la tentation d’évacuer la loi  en se disant que Dieu est Amour et donc la loi n’a plus de sens. Cette vision des choses ne suit pas la Parole du Seigneur de ce dimanche et, par ailleurs, il est souvent oublié que l’Amour a un visage, une identité et donc des règles. Dieu n’est pas informe, son Amour n’est pas informe et donc notre relation à Dieu qui est Amour n’est pas informe.
Mais alors, tout en gardant la Loi, non plus la loi juive des pharisiens mais la loi du Christ et de l’Eglise, comment dépasser la justice des pharisiens ?
Nous l’avons bien compris, faire pour faire, cela n’a qu’un sens extérieur qui peut rassurer notre ego, qui peut même parfois nous faire briller en face des autres qui remarqueront notre dévotion, mais tout cela est trompeur car ces actes ne seraient pas posés pour Dieu mais pour nous même ou pour briller. Ainsi, pour nous, il nous faut toujours chercher à agir d’abord pour Dieu, en sa faveur, en faveur de sa présence en nos vies, en faveur de notre Amour pour Dieu. C’est notre Amour de Dieu qui doit porter notre agir. Nous devons donc respecter la Loi du Christ et de l’Eglise mais non par obligation mais par Amour, avec cet attachement du cœur qui nous conduit à trouver nos délices dans la Loi à cause du chemin vers Dieu qu’elle balise.
Et à ce moment-là, l’orgueil est chassé pour laisser place à une humilité vraie qui nous place à la suite de Dieu et non plus face aux autres ou à nous même. Suivre une Loi que nous recevons, cela fait appelle à l’humilité, la suivre par Amour voilà notre être chrétien.
Et si cela concerne d’une manière particulière toute notre vie spirituelle, considérons également que c’est notre vie toute entière qui doit être gouverné avec ce même principe comme nous l’enseigne par ailleurs St Paul : « Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire à des hommes : vous savez bien qu’en retour vous recevrez du Seigneur votre héritage. C’est le Christ, le Seigneur, que vous servez ».
Ainsi, ayons cette habitude de porter notre regard sur ce que nous faisons pour considérer pourquoi nous le faisons, ou bien plutôt pour qui. Et si Dieu est absent de nos motivations alors, réajustons notre action afin qu’elle soit tournée d’abord vers le bon Dieu et demandons souvent au Seigneur de nous aider à discerner sa volonté à Lui sur ce que nous envisageons de faire dans toutes les composantes de nos vies car le regard divin nous fera parfois, et peut-être souvent, considérer que ce que nous faisons n’est pas pour la gloire de Dieu, n’est pas pour notre bien, n’est pas conforme à la Charité, n’est pas en adéquation avec notre Foi.
Alors bien chers amis, ordonnons notre vie afin que notre vie toute entière soit tendue vers le Ciel, portée par la grâce, enracinée dans la miséricorde et brulante de Foi et de Charité.
Amen.

9 Février - 5ème Dimanche du Temps Ordinaire


En ce dimanche, quelle joie que de pouvoir recevoir la Parole de Dieu qui nous dit qui nous sommes. En effet, nous l’avons entendu, le Seigneur nous dit que nous sommes le sel de la terre, que nous sommes la lumière du monde. Et il nous faut recevoir toute la signification de ces deux appellations.
Tout d’abord nous sommes le sel de la terre. Le sel c’est cet élément que nous utilisons habituellement et qui a deux propriétés essentielles à savoir que le sel déploie la saveur de nos bons petits plats et le sel est également ce qui conserve comme nous l’apprend la pratique de la salaison. Ainsi, nous devons être de ceux qui révèlent la saveur de la vie par la proclamation de la Bonne Nouvelle du Salut, de l’Amour de Dieu. Car une vie sans Dieu est une vie sans perspective qui, dans l’inconsistance du temps qui passe et de la mort réduit la vie à n’être qu’une farce dramatique. Mais ce n’est pas la vie car Dieu est là, car Dieu demeure Celui qui est à l’origine de toute chose et peut-être surtout Celui qui se soucie de nous par amour, Celui qui désire nous donner accès à la béatitude éternelle. Et il nous revient à nous qui vivons dans la grâce de la Foi d’annoncer ce qu’est la vie. Et notre parole elle ne doit pas être un dilué de la vérité de la Foi, nous ne pouvons pas, sans être gravement coupable, proposer aux hommes une autre Parole que celle du Christ et de l’Eglise. Nous ne sommes pas notre propre témoin mais nous sommes les messagers de Dieu, de ce message que Dieu nous délivre, qui nous dépasse mais qui demeure l’unique vérité, l’unique Parole éclairée et déployée par notre sainte mère l’Eglise. C’est bien en ce sens qu’il nous faut constamment approfondir notre Foi, creuser le mystère de la Révélation, la Révélation qui use de ces deux canaux que sont les saintes Ecritures et la Tradition de l’Eglise. Ne soyons pas des brigands de la Foi mais demeurons les fidèles messagers du Christ pour les hommes d’aujourd’hui. Dès lors, nous ne pouvons être le sel de la terre que si nous vivons de la Foi en étant attaché à l’unique vérité du Christ et de l’Eglise et nous savons combien cela est exigeant. Mais cette exigence ne doit pas paralyser notre témoignage car nous le savons, le Seigneur Esprit Saint est Celui qui nous donnera les mots, qui nous donnera la manière de rendre ce témoignage de la vraie Foi. Et c’est cette Bonne Nouvelle du Christ par l’Eglise qui fera œuvre de salaison en ordonnant les hommes au salut et à l’éternité.
Et le Christ nous dit également que nous sommes la lumière du monde. La nature de la lumière c’est d’émettre sa clarté partout où elle est portée et de forcer les ténèbres à disparaître. Or ces ténèbres sont celles du péché, la lumière est donc signe de la grâce et de la miséricorde. Bien sûr, nous ne pouvons être la lumière du monde que si nous sommes unis à L’unique Lumière qui est le Christ, unis à Lui dans la Foi, dans une vie où Dieu a la première place. Mais notre témoignage de Foi ne doit pas devenir un couperet qui blesserai et condamnerai mais il doit être porteur de cette douceur, de cette douce chaleur de la lumière du matin qui réchauffe en douceur. C'est-à-dire que notre témoignage de Foi s’il doit être ancré dans la Vérité doit être également paré de charité, de miséricorde, de douceur. Voilà bien là notre mission. Cette mission d’annonce que nous ne pouvons pas garder sous le boisseau, que nous ne pouvons cacher mais que nous devons manifester par nos paroles, et par notre vie.
Ainsi, en ce dimanche, le Seigneur nous rappelle tout d’abord quelle est notre richesse. En vivant de la Foi, en vivant dans l’amitié avec le Christ, dans la fidélité à l’Eglise notre mère, dans la grâce, nous sommes le sel de la terre, nous sommes la lumière du monde. Mais si nous sommes comblés par Dieu présent en nos cœurs, en nos âmes et en nos vies, nous avons également la nécessité de témoigner, d’annoncer Dieu qui nous fait vivre. Alors, avant tout, rendons grâce au Seigneur pour le don de la Foi, invoquons sa miséricorde pour notre manque de zèle en notre vie spirituelle, en notre quête de la Vérité qu’est le Christ, et malgré notre faiblesse, malgré nos inconséquences, demandons au Seigneur la force de demeurer ses témoins fidèles dans notre monde d’aujourd’hui. Nous sommes le sel de la terre, ne nous affadissons pas ! Nous sommes la lumière du monde, ne nous cachons pas !
Amen.

2 Février - Chandeleur


En entendant la Parole de Dieu, nous pouvons tout à fait nous interroger au sujet de l'origine de cette scène. En effet, cet épisode de la vie du Seigneur Jésus est provoqué par l'obéissance de St Joseph et de la Très Sainte Vierge Marie, obéissance par rapport aux prescriptions de la Loi porté par la livre de l'Exode et par le livre du lévitique. En effet, d’après la loi juive, après l'accouchement, la femme doit se rendre au temple pour être purifiée et tout premier né doit être présenté au Seigneur. L'obéissance aux prescriptions de la Loi divine est, bien entendue, toujours bonne mais dans le cas de la Vierge Marie, elle qui est l'immaculée conception, elle n'a pas besoin d'être purifiée et quant au Seigneur Jésus inutile de dire qu'Il n'a pas besoin d'être présenté à Dieu car sinon on présente Dieu à Dieu. Dès lors, comment recevoir cet épisode de la vie du Seigneur si ce n’est qu’à travers lui, le Seigneur nous rappelle combien il nous faut, nous aussi, obéir aux commandements divins qui certes diffèrent de ceux de la Loi juive mais qui doivent cependant charpenter notre être de Foi. La loi divine qui s'exprime également dans la Loi de l'Eglise notre mère qui est une Loi d'Amour qui nous dessine le chemin de la vie chrétienne.
Mais je voudrais m'arrêter davantage avec vous sur l'hymne de Syméon. Syméon était un homme de Foi qui attendait la réalisation de la promesse c'est à dire de la Parole de Dieu. Sa Foi le conduisait chaque jour au temple porté par la belle espérance. Sa vie toute entière était une recherche de Dieu. Et c'est bien là que nous le rejoignons en premier lieu. Nous aussi, nous devons être constamment en quête de Dieu, chacune de nos journées doit être porté par cette attention à Dieu, attention à ce que Lui veut plutôt qu'à ce que nous nous voulons, attention à ces motions intérieures de l'Esprit Saint qui nous invite à agir au-delà de nos prévisions, attention à la Parole de Dieu qui nous enseigne et qui nous guide.
Mais Syméon nous rappelle autre chose d'essentiel, de primordial. Voyant puis recevant le Seigneur Jésus, il exulte en disant : "maintenant tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix selon Ta Parole". Rendons-nous compte, Syméon nous dit, tout simplement, qu'il peut maintenant mourir. C'est à dire que la vie de Syméon n'était portée que par une seule réalité : la recherche de Dieu. L'ayant trouvé, sa vie peut s'arrêter car il a accompli l'objet de sa vie. Et bien Syméon nous rappelle à tous ce qui doit qualifier notre vie, non pas une part de notre vie mais notre vie toute entière à savoir : la recherche de Dieu jusqu'à la vision Die, vision qui pour nous s'établira dans le Royaume des Cieux ; cela doit qualifier notre vie !
Pourquoi sommes-nous ici-bas sur cette terre ? notre vie professionnelle prendra fin avec la retraite, notre maison même si elle nous survie finira comme un tas de pierre, toutes les réalités matérielles sans parler des financières s'évaporeront dans leurs inconsistances. Et notre famille me direz-vous. Et bien notre famille elle ne trouve elle aussi son sens que dans l'amitié divine, dans l'Eternité. Que vous ayez des enfants brillants ou non, qui réussissent ou non qu'importe car cela est éphémère, que vous ayez des enfants qui vivent de Dieu voilà ce qui est essentiel. Nous sommes faits pour Dieu et uniquement pour Lui. Alors oui, Dieu seul suffit comme nous l’enseigne Ste Thérèse d’Avila, Dieu SEUL suffit car Dieu demeure l'unique essentiel. Ainsi, il nous faut vivre en compagnie du Christ, vivre en compagnie des saints et des anges c'est à dire leur donner une place véritable en nos vies. Mais attention, il ne nous faut pas accueillir le Christ mais nous laisser accueillir par Lui car ce n'est pas le Christ qui nous suit mais nous qui devons suivre le Christ ; il ne nous faut pas accueillir la Vierge Marie mais laisser son intercession nous rejoindre afin de lui laisser la guidance de nos vies, de même avec les saints et les anges. Ce n'est pas nous qui allons à Dieu mais nous laissons Dieu faire irruption dans nos vies jusqu'à Lui laisser toute la place, j'ai bien dit toute la place.
Et lorsque nous vivrons véritablement cela, et bien, nos autres activités ne seront plus les nôtres mais celle de Dieu à qui nous nous serons abandonnés. Et là, en ce sens, vous voulez être un bon père de famille et bien laissez Dieu l'être par vous et quelle joie pour l'enfant de voir transparaître en son père terrestre son Père céleste. Vous voulez être une bonne mère et bien laissez la Vierge Marie l'être à travers vous. Vous voulez être un bon chef d'entreprise juste dans l'ordre humain et commercial, et bien laissez le Christ gérer à travers vous... etc.… vous l'aurez compris, quelle que soient les activités de notre vie nous ne perdons rien en les abandonnant entre les mains de Dieu.
Vidons-nous de nous-même, de notre suffisance et laissons le Seigneur régner sur nos vies en nous laissant emporter par sa présence, son Amour et sa grâce et alors nous aussi, nous partirons en paix vers la maison de Dieu.
Amen.

26 Janvier - 3ème Dimanche du Temps Ordinaire - Dimanche de la Parole de Dieu


Notre St Père, le Pape François, a voulu que le troisième Dimanche dans lequel nous sommes, soit celui de la Parole de Dieu. Et, si le Pape l’a voulu, c’est bien pour nous permettre de ressaisir, particulièrement en ce dimanche, la place essentielle que doit avoir la Parole de Dieu dans chacune de nos vies. Pourquoi ? Et bien tout simplement par ce que c’est la Parole de Dieu c'est-à-dire que ce n’est pas un livre de sagesse, un roman ou un conte philanthropique, non c’est la Parole de Dieu, Dieu nous parle en sa Parole. Et notons au passage, que Dieu nous parle en sa Parole et non pas en son livre car nous ne sommes pas une religion du livre mais bien la religion de la Parole, Parole vivante, Parole portée par Dieu, par le Christ hier, aujourd’hui et demain.
Dès lors, en prenant cette réalité de la Parole de Dieu au sérieux, nous ne pouvons pas faire comme si Dieu se taisait, Dieu nous parle à tous et à chacun et cela, par sa Parole, sa Parole écoutée par une âme attentive et aimante, sa Parole reçue dans la grâce de l’Esprit Saint reçu le jour de notre baptême et de notre confirmation, sa Parole reçue aussi dans la grande Tradition de notre sainte mère l’Eglise qui nous empêche de sombrer dans des écueils d’interprétations erronées.
Dieu nous parle en sa Parole mais trop souvent nous ne lui permettons pas d’ouvrir la bouche et nous laissons notre Bible prendre la poussière sur une étagère, la considérant parfois comme un livre mystérieux, comme un livre compliqué bien plus difficile à lire que Gala ou point de vue image du monde. C’est vrai, la Bible est plus complexe que ces magazines, ce n’est pas bien dur me direz-vous, mais la complexité de la Bible se trouve non pas dans son vocabulaire, non pas dans son style d’écriture, la complexité de la Bible se trouve dans la réalité de conversion qu’elle possède. Car on ne peut lire la Parole de Dieu sans voir ce qui, dans chacune de nos vies, est appelé à grandir, à être sanctifié. Et c’est peut-être ce mouvement de changement, de sanctification qui fait peur le plus souvent. Alors, comme on ne veut pas bouger et bien on ne laisse pas le Seigneur nous parler. Mais cette manière de considérer la Parole de Dieu, cette manière de considérer notre propre conversion, est totalement erronée car cette manière oublie de considérer que la Parole de Dieu possède en elle-même un pouvoir de transformation car par en nous mettant véritablement à l’écoute de la Parole Dieu nous laissons Dieu nous venir jusqu’à nous, nous laissons l’être d’amour qu’est Dieu faire irruption dans notre vie et c’est alors que notre âme est appelée à suivre Dieu qu’elle aime, c’est alors que notre charité trouve un exemple dans la Charité même du Christ et se laisse embraser par la grâce de la présence divine, c’est alors que notre Foi se déploie pour avancer dans la considération amoureuse de l’être divin, c’est alors que notre Espérance trouve son but qui est celui d’être tout à Dieu qui est Amour. Ainsi, vous laurez compris, devenir un familier de la Parole de Dieu c’est en définitive devenir un familier de Dieu et n’est ce pas là notre vocation à tous que de devenir des familiers de Dieu.
Alors je nous propose tous et à chacun, que nous réservions une place à la Parole de Dieu en chacune de nos journées. Ne commençons pas par l’Ancien Testament, mais attachons-nous déjà au Nouveau Testament, aux 4 évangiles. Que chaque jour nous puissions prendre le temps de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu dans le silence et le calme d’un moment privilégié. Dieu a quelque chose à nous dire, alors, surtout, écoutons-le !
Amen.

19 Janvier - 2ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », c’est par ces mots qu’au lendemain du Baptême du Seigneur, St Jean-Baptiste révèle la véritable personnalité du Seigneur Jésus. Certes, lors du baptême du Seigneur Jésus nous avons vu se manifester la Trinité Sainte, la voix de Dieu le Père résonna, le Seigneur Esprit Saint se manifesta sous la forme d’une colombe. L’identité du Christ se laissait quelque peu saisir mais se posait alors la question du pourquoi ? Pourquoi est-ce que Dieu le Fils s’est-il fait l’un de nous en la personne de Jésus ? Et bien c’est St Jean Baptiste qui nous en donne la réponse en nommant le Seigneur Jésus comme étant l’agneau de Dieu et en manifestant également sa mission, le Seigneur Jésus étant Celui qui enlève le péché du monde.
Mais pour recevoir toute la densité de cette nomination il nous faut revenir au chapitre douzième du livre de l’exode, il nous faut revenir à cet ordre donné par Dieu au peuple d’Israël alors détenu par Pharaon ; ordre antique de sacrifier un agneau sans tâche et sans défaut dont le sang appliqué sur les linteaux des maisons préserva du fléau mortifère. Cet agneau de l’exode est donc offert en sacrifice pour permettre de demeurer dans la vie, pour échapper aux griffes de la mort.
Et c’est bien en ce sens que le Christ est l’agneau car, nous le savons et St Jean-Baptiste le prophétise ainsi, le Christ va s’offrir pour permettre à la famille humaine de parvenir au salut. Et si le Christ a ce pouvoir, si le sacrifice du Christ a cet effet en faveur de l’ensemble de l’humanité c’est bien parce qu’Il n’est pas simplement figure d’un agneau quelconque mais bien parce qu’Il est l’agneau de Dieu, parce que Dieu se fait agneau pour nous, parce que Dieu s’offre librement en sacrifice afin de conduire l’humanité jusqu’à la béatitude. En effet, c’est parce que le Christ est pleinement homme qu’Il peut s’offrir en faveur de l’humanité et c’est parce qu’Il est pleinement Dieu que Son Sacrifice revêt une valeur infinie. C’est ainsi que l sacrifice du Christ s’opère une fois pour toute et pour tous.
De plus, St Jean-Baptiste précise que le sacrifice du Christ qui ouvre les portes du salut s’opère en enlevant le péché du monde ou, pour user de la prochaine formule du missel romain qui sera en vigueur en fin d’année, en enlevant les péchés du monde ou encore, comme le dira St Pierre en sa première épître, le Christ est bien Celui qui efface tous les péchés du monde (1P2). C'est-à-dire que le sacrifice de l’agneau de Dieu, le sacrifice du Christ, enlève la réalité de rupture entre l’homme et Dieu, cette rupture qui marque notre humanité depuis le péché d’Adam et Eve, cette rupture qui est portée par l’humanité dans ses propres œuvres, cette rupture qui marque également chacune de nos vies lorsque nous nous détournons de Dieu ; cette rupture c’est l’œuvre du péché.
Dès lors, grâce au sacrifice du Christ, le péché perd de son pouvoir puisqu’il est potentiellement racheté par l’unique sacrifice du Christ qui désire déverser sur l’ensemble l’humanité ses fruits de grâce et de miséricorde, ses fruits de salut.
Et nous le savons bien, cette nomination de St Jean-Baptiste elle est au cœur de chacune des célébrations eucharistiques, au cœur de la messe. En cet instant où le prêtre montre au peuple de Dieu l’hostie consacrée et, agissant comme St Jean-Baptiste, manifeste aux yeux du monde la réalité toute divine qui se cache sous une apparence commune. Cette hostie consacrée n’est plus simplement du pain mais cette hostie consacrée est Dieu, Dieu qui vient jusqu’à nous pour nous apporter le Salut. Et face à Dieu présent, nous reconnaissons ensemble que nous avons besoin d’être racheté par Lui : « Seigneur je ne suis pas digne de Te recevoir » et que nous comptons sur son Amour et sa Miséricorde : « mais dis seulement une Parole et je serai guéri ». Et cette Parole qui nous guérit, c’est le Verbe de Dieu, c’est le Christ Lui-même, cette Parole qui est Dieu qui s’est faite l’un de nous en Jésus Christ, qui s’est offerte en sacrifice et qui désire nous combler de ces grâces et de sa miséricorde. Cette Parole qui nous guérit c’est le Christ Lui-même, Parole divine qui ne cesse de résonner et qui ne cessera de résonner jusqu’à la fin des temps.
Ainsi en ce dimanche, accueillons pleinement la révélation que St Jean Baptiste nous fait de l’identité du Christ et de sa mission, ressaisissons en un instant toute la mission du Seigneur Jésus, de son incarnation à sa résurrection en en recevant toute la manifestation de la bonté et de l’amour de Dieu pour nous, pour chacun de nous. Et tout en rendant grâce au Seigneur présentons nous à Lui afin de nous offrir à Lui en notre âme, en notre cœur, en notre vie car nous ne pouvons alors plus vivre que comme chrétien c'est-à-dire comme des hommes rachetés par l’Amour infini de Dieu, cherchant à vivre en sa présence portés par la grâce des sacrements de l’eucharistie et de la confession, comme des témoins du don de salut que Dieu nous fait.
Amen.