Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

vendredi 30 mars 2018

11 Mars - 4ème Dimanche de Carême


Alors que nous sommes au cœur de notre carême en ce quatrième dimanche, la seconde lecture nous rappelle quelque chose d’essentiel, St Paul nous le redit : « c’est bien par grâce que vous êtes sauvé », c’est bien par grâce que nous sommes sauvés. St Paul nous rappelle que dans l’ordre de notre salut, dans l’ordre de notre salut éternel nous n’avons aucun mérite, seul la croix du Seigneur Jésus Christ nous ouvre les portes de l’éternité bienheureuse, cela ne vient pas de nous, c’est de l’ordre du don de Dieu.
Ainsi nous pourrions nous demander pourquoi est-ce que, particulièrement durant le temps du carême, pourquoi est-ce que nous produisons des efforts en vue de notre conversion ? Pourquoi recherchons-nous à grandir dans la voie de la sainteté ? Pourquoi est-ce que nous poursuivons le combat en notre vie afin de demeurer ferme dans la Foi en luttant contre tout ce qui lui est contraire ? Et il est certain qu’à la question du pourquoi, aucune réponse ne peut être donnée. Et cela car nos efforts de conversion nous ne devons pas les produire en vue de l’éternité car notre but ce n’est pas l’éternité bienheureuse, notre but n’est pas quelque chose, l’objet de notre vie, de nos efforts, de notre conversion c’est le Christ ! Le Christ seul ! Ce n’est pas par désir du salut que nous travaillons à notre conversion, c’est uniquement par Amour, par désir de vivre dès maintenant uni au Seigneur que nous cherchons à grandir en sainteté. Alors oui bien sûr, cette quête du Christ poursuivie en vérité dans un effort de volonté, d’abnégation, dans une confiance sereine en la miséricorde divine, cette quête du Christ doit nous permettre d’être établi dans l’éternité bienheureuse mais c’est le Christ qu’il nous faut rechercher sans cesse.
Il nous faut donc bien garder à l’esprit que l’union à Dieu dans l’Eternité bienheureuse cela nous est offert par le Christ, cela nous est donné par le don que le Christ fait de Lui-même sur le bois de la croix, cela resplendit par la résurrection du Seigneur. Oui, Dieu nous donne tout ! Et ainsi la vie chrétienne se construit dans la reconnaissance de ce don du Salut qui manifeste l’Amour infini de Dieu pour chacun de nous, la vie chrétienne se construit dans la reconnaissance de ce don infini que Dieu nous fait, dans la reconnaissance de cet Amour comblant que Dieu est en Lui-même, la vie chrétienne c’est en définitive se laisser saisir par ce don, par cet Amour divin et c’est vivre de cet Amour en chaque instant en cherchant sans cesse à correspondre toujours davantage à l’Amour dont Dieu nous comble. Ainsi le moteur de notre conversion, le moteur de notre carême ce n’est pas l’effort sur nous-mêmes mais c’est bien l’Amour de Dieu et c’est l’Amour de Dieu qui nous conduit à l’effort pour l’accueillir et en vivre toujours davantage.
Le mensonge, la médisance, l’adultère, le vol…etc. tous les péchés ne sont des péchés que parce qu’ils contrarient en nous la présence aimante de Dieu parfois jusqu’à faire mourir notre relation à Dieu. Et au contraire, la prière quotidienne, l’eucharistie, la confession, la charité, tout cela nous dispose à vivre de l’Amour divin par Amour de Dieu. Il nous faut donc rechercher ce qui nous rapproche de Dieu et lutter contre ce qui nous en éloigne car si Dieu offre le salut à tous les hommes, tous les hommes sont appelés à accepter ce salut en vivant dès maintenant de la vie même de Dieu. Alors considérons la première partie de notre carême et posons-nous simplement la question : avons-nous favorisé réellement la présence de Dieu en nos journées ? Est-ce que le jeûne, la prière et l’aumône qualifient véritablement chacune de nos journées favorisant ainsi notre accueil de Dieu ? Et quelle que soit notre réponse à ces deux questions, abordons les 3 semaines qui nous restent avant la belle fête de Pâques en nous demandant comment faire pour que ce carême soit, pour nous tous, ce temps de grâce où Dieu a pris une place plus importante en nos vies, comment faire pour favoriser en nos vies le brasier ardent de l’amour divin. Dieu nous donne tout, à nous d’accepter totalement Dieu en nos vies !
Amen.


mercredi 7 mars 2018

4 Mars - 3ème Dimanche de Carême


Les dix commandements qui nous sont rappelés par la première lecture de ce troisième dimanche du temps de carême il nous faut les recevoir dans toute leur actualité. Ces dix commandements ne sont pas uniquement destinés à permettre au peuple d’Israël de grandir dans l’ordre du bien, ces dix commandements demeurent toujours des règles sûre que Dieu nous donne aujourd’hui. Et par exemple, considérant le rejet des idoles, il est certes presque certain que nous n’avons pas la tentation d’adorer un nouveau veau d’or mais si le mot d’idole vient à désigner tout ce qui peut prendre la première place en nos vies, première place qui doit être à Dieu et bien dès lors nous voyons bien combien sont nombreuses les idoles portées par notre temps ? Pensons simplement à l’argent, au pouvoir, à l’hédonisme de notre siècle et nous aurons sous les yeux les idoles de notre modernité. Ces idoles qui sont bien tentante même pour ceux qui ont la Foi. Gardons nous bien de les évacuer de nos radars intérieurs et considérons-les toujours avec une grande prudence. Considérant ensuite l’appel que le Seigneur nous adresse à préserver le jour du Seigneur en l’honorant dans la Foi, nous ne pouvons que considérer notre propre attachement au Dimanche, à la messe du dimanche. Dieu nous rappelle que le Dimanche n’est pas une option de notre emploi du temps mais bien l’élément essentiel autour duquel doit s’organiser le reste de notre semaine. Considérant l’interdit du meurtre, n’oublions pas d’y inclure les développements modernes que soit l’avortement, l’euthanasie ou encore bien d’autres domaines ou la main de l’homme s’empare du lieu sacré de la vie. Et en ce qui concerne l’ensemble des domaines de la convoitise nous pouvons simplement en saisir toute l’actualité.
Mais nous pourrions ressortir de tout cela quelque peu asséché, asséché par l’ensemble de ces interdits. Nous qui avons bien plus en tête le fameux « il est interdit d’interdire », ces commandements, ces interdits peuvent nous laisser un goût amère. Et il est certain que l’interdit pour l’interdit, l’interdit comme expression d’un pouvoir absurde et autoritaire, ces interdits là contraignent l’élan de liberté. Mais tous les interdits n’ont pas la même nature et les interdits, les commandements que Dieu nous donne ne sont pas écrasants, bien au contraire, les commandements que Dieu nous donne constituent comme notre propre mode d’emploi, constituent le chemin de l’épanouissement de l’homme, balisent la voie du bonheur. Tout comme des parents vont interdire à un enfant de mettre les doigts dans la prise non pas pour contraindre sa liberté mais pour le préserver ; de même le bon Dieu nous indique ce qui nous grandit en nous énumérant les principaux dangers pour notre éternité. Il nous faut donc réussir à considérer les commandements divins comme étant bénéfiques, comme favorisant notre plénitude en reconnaissant que si l’homme peut tout et bien tout n’est pas bon pour l’homme. La morale n’est donc pas un domaine de normes écrasants l’élan de l’humanité, la morale chrétienne nous donne les moyens du discernement afin de demeurer dans le bien, ce bien qui fait les bienheureux.
A contrario, il y’a des choses qui ne se font pas, des choses contraires à notre propre humanité et des choses contraire à Dieu. Et ce sont ces choses contraires à Dieu qui vont enflammer le Christ dans l’évangile de ce dimanche. Renversant les bureaux des changeurs, les étales des commerçants, le Christ rappelle à tous que Dieu ne peut être utilisé sans être souillé. Changeurs et commerçants profitent de Dieu pour leurs propres intérêts et cela, le Christ ne peut l’accepter dans le Temple, dans la maison de Son Père. Car ces commerçants ne sont pas aux portes du Temple mais bien à l’intérieur et c’est cela qui est insupportable. Cet épisode va permettre au Seigneur d’adresser à l’ensemble du peuple la prophétie de sa résurrection, et c’est bien par sa résurrection que Dieu le Père va confirmer l’ensemble de la mission du Seigneur, ses actes et ses paroles.
Alors en ce dimanche, en ce temps du carême n’hésitons pas à relire avec un œil nouveau l’ensemble des dix commandements que Dieu nous rappelle, demandons au Seigneur la grâce de recevoir sa Parole comme un bienfait qui nous donne l’orientation de nos vies et surtout demandons au Seigneur le zèle de faire que nos vies soient accordés à sa Parole en nous rappelant que la Charité demeure le résumé de la Loi.
Amen.

25 Février - 2ème Dimanche de Carême


En ce deuxième dimanche du temps du carême, la liturgie de ce jour nous permet de revenir sur cet épisode du sacrifice d’Isaac. Et il est certain qu’en entendant ce récit nous pouvons être saisi par la demande que Dieu adresse à Abraham, en effet comment est-ce que Dieu peut demander à Abraham de sacrifier son propre et unique fils ? Et si nous restions uniquement à cette étape de la demande du sacrifice, nous ne pourrions aucunement comprendre comment la bonté de Dieu s’y exprime. Il nous faut donc prendre en compte cette demande du sacrifice avec l’action de l’ange qui va empêcher l’exécution de ce sacrifice, c’est seulement en ayant cette vision globale que nous pouvons recevoir l’enseignement que Dieu a adressé à Abraham et que Dieu nous adresse à nous tous en ce dimanche. Cet enseignement réside simplement dans le fait de la confiance, la confiance pleine et entière.
En effet, Abraham ne comprend pas la demande de Dieu mais parce que c’est Dieu qui le demande alors il va y répondre. Dieu demande et Abraham s’exécute car Abraham reconnaît que la vision de Dieu est plus large que la sienne, car Abraham reconnaît tout simplement que Dieu est Dieu et que donc il mérite tout sa confiance et son obéissance. Et reconnaissons que cela froisse nos oreilles de modernes si habitué que nous sommes à avoir nos opinions sur tout et n’importe quoi, nos propre jugements dans une autonomie qui va conduire à soupçonner toute autorité fusse-t-elle l’autorité de Dieu Lui-même. Et bien osons l’affirmer en ce dimanche, il nous faut changer notre regard et notre attitude afin de pouvoir recevoir le chemin que Dieu nous dessine à longueur de pages d’évangiles par l’enseignement de notre Seigneur. Et c’est bien cela également tout l’élan du carême qui doit nous amener à quitter nos propres chemins pour emprunter ceux où Dieu nous attends.
Et ce déplacement est vécu par les apôtres dans l’Evangile. Eux qui ont cette grâce immense de voir se manifester dans la personne de Jésus Christ sa nature divine ; eux qui voient de leurs yeux ce que la Foi nous enseigne à savoir que Jésus Christ est pleinement homme et pleinement Dieu, ils désirent établir trois tentes pour le Seigneur Jésus, Elie et Moïse dans la volonté qu’ils ont que cette manifestation divine se poursuive toujours. Mais leur désir va être contrarié car d’un seul coup tout s’arrête et la vie semble reprendre son cours éclairé simplement par l’annonce mystérieuse de la résurrection. Et là encore, les apôtres n’ont pas tout saisi, bien loin de là, il faudra attendre la Pentecôte pour leurs esprits saisissent ce qu’ils ont vécu. Leur désir va être contrarié mais ils poursuivent leur chemin avec le Christ car ils lui font confiance et qu’importe leur incompréhension du moment qu’ils sont en compagnie du Seigneur.
Et bien il nous faut parfois avoir cette attitude humble face à l’enseignement du Christ ou de son Eglise, cette attitude humble qui consiste non pas à dire que le Christ parle pour son temps et que ce temps est révolu contrariant par là la réalité intemporelle de l’enseignement du Christ ; ou encore que l’Eglise ne comprend pas le monde et qu’il nous faut suivre notre propre chemin, ceci c’est de la défiance orgueilleuse. L’attitude humble et confiante consiste à dire que même si nous ne saisissons pas tout, nous savons que nous pouvons faire confiance à l’enseignement du Christ et de l’Eglise et dès lors gouverner nos vies sous son regard. Cette attitude humble est confiante n’est pas négation de notre capacité rationnelle car dans cette attitude humble et confiante il nous faut demander au Seigneur de nous aider à saisir ce qui parfois contrarie notre élan premier. Pour le dire autrement il nous faut avoir une bienveillance confiante envers Dieu et son Eglise et nous défier de notre orgueil.
Alors en ce dimanche, en ce temps du carême, demandons au Seigneur de nous aider à nous laisser enseigner par sa Parole et par la Parole de l’Eglise, demandons au Seigneur de nous aider à ne pas sombrer dans une défiance envers Lui ou son Eglise mais à nous enraciner dans une confiance sereine Lui demandant toujours d’éclairer nos intelligences par l’intelligence de la Foi.
Amen.

14 Février - Mercredi des Cendres


Ca y’est, le temps du carême s’ouvre en ce soir par l’imposition des cendres, par ce signe de pénitence qui nous rappelle que nous sommes poussières et que nous redeviendrons poussières. Et devant ce tas de cendre, si de nombreuses questions existentielles peuvent jaillir en nos esprits, il ne nous faut pas laisser ces cendres faire naître en nous un sentiment de désespérance face à la finitude de l’existence humaine, car ce tas de cendres nous savons que grâce au Christ il va devenir ce lieu de la renaissance, de notre propre renaissance. Ce tas de cendre va laisser germer en son cœur la croix du Seigneur et mêlé au sang de notre Dieu c’est bien la vie qui triomphera. Il nous faut donc vivre la célébration de ce soir dans ces deux temps.
Le premier temps est bien celui de la considération de notre propre finitude, de cette finitude qui peut s’imposer à n’importe quel moment de l’existence et qui scelle dans le trépas la vie d’ici bas. Cette finitude qui doit nous conduire à discerner ce qui est véritablement important, qui doit nous conduire parfois à balayer des rancunes tenaces mais toujours infécondes, qui doit nous conduire à réorienter notre désir afin qu’il tende vers ce qui demeure, qui doit nous conduire à réorganiser notre quotidien en en chassant toutes ces futilités qui nous éloigne du rapport aux autres. Et nous pouvons en ce soir prendre un instant pour considérer la journée qui vient de s’écouler et discerner ce qui était véritablement important, essentiel, oh non pas par rapport aux valeurs passagères de notre temps mais bien dans l’ordre de l’éternité. Combien de journées tendent à s’écouler sans qu’aucun acte d’éternité n’ait été posé… La considération de notre finitude nous rappelle que le temps nous est compté et que le compte à rebours s’égraine inexorablement, tempus fugit ! et si le temps s’enfuie que faisons-nous de ce temps qui nous est donné, qui nous est confié. Il y’a bien un sentiment d’urgence, de cette urgence qui donne du sens à notre vie qui n’est pas appelée à s’écouler mollement jusqu’à son terme mais qui doit être embrasée d’un élan qui transcende le temps. Car si la finitude marque chacune de nos vies, nous savons nous, par la grâce de la Foi, nous savons que notre vie n’est que le marche pied de la vie véritable, de la vie éternelle.
Et aujourd’hui, nous débutons notre marche de quarante jours qui nous conduira jusqu’à la belle fête de Pâques, jusqu’à la célébration de la résurrection du Christ ; résurrection du Seigneur qui nous manifeste que nous sommes tous fait pour cette éternité, qui nous enseigne que le chemin qui conduit à l’éternité bienheureuse est le chemin de la vertu, de la sainteté, de la grâce, de la Foi. Et dès lors oui la finitude nous atteindra mais heureusement car elle est le seuil de notre propre éternité. Un gamin du catéchisme âgé de 11 ans et qui avait si bien saisi cela s’était écrié : le jour de  ma mort sera le plus beau jour de ma vie. Et ô combien nous devrions être à l’aise avec cette belle affirmation, ô combien nous devons tous être portés par une Foi ardente, une Espérance lumineuse afin de croire fermement à la Parole du Seigneur qui nous invite à Le suivre, à vivre de Sa vie pour être reçu dans Sa gloire éternelle.
Nous qui ne sommes que poussières, nous qui ne sommes que ce tas de cendres, nous recevons de Dieu Lui-même cet appel à l’éternité, cet appel qui doit résonner dans nos vies jusqu’à produire en nous des fruits de conversion et de sanctification structurés autour de ces trois pôles que nous livre le Seigneur en l’évangile : l’aumône, le jeûne et la prière. Rendons-nous compte que Dieu aime ce tas de cendres que nous sommes, que Dieu s’est livré en sacrifice pour ce tas de cendre que nous sommes, que Dieu nous poursuit par sa grâce et son amour afin que nous nous laissions sauver en l’accueillant vraiment, pleinement en nos vies.
Alors bien chers amis, débutons ce carême porté par le désir d’accueillir véritablement le Seigneur en nos vies et que pendant quarante jour nous puissions établir nos vies autour de ces trois réalités de l’aumône, du jeûne et de la prière, le chemin nous est donné, à nous de suivre ces trois balises afin que ce carême nous donne de nous rapprocher de Dieu non pas uniquement pour 40 jours mais bien pour l’éternité.
Amen.

11 Février - 6ème Dimanche du Temps Ordinaire


En ce dimanche, c’est bien la maladie de la lèpre qui est au cœur des textes que nous venons d’entendre. La lèpre, si elle demeure encore aujourd’hui une maladie qui conduit celui qui en souffre à être mis au ban de la société pour protéger toute contagion, la lèpre a également été synonyme de tout ce qui déforme l’humanité à savoir le péché. Ainsi on peut tout à fait parler de la lèpre du péché qui atteint le cœur de l’homme et qui peut parfois le conduire à devenir un monstre inhumain comme l’histoire nous l’enseigne. Il nous faut donc recevoir les textes de ce jour dans cette double perspective : physique et spirituelle.
Dans sa réalité physique, l’évangile nous rappelle cette compassion de Dieu à l’égard de l’ensemble de l’humanité. Le Seigneur Jésus va opérer la guérison du lépreux par compassion c'est-à-dire que le Seigneur Jésus souffre avec le lépreux du mal qui l’atteint. Et cette compassion il nous faut constamment nous la rappeler. Dieu ne se réjouit jamais du mal qui atteint l’humanité et combien plus Dieu n’inflige pas le mal ; bien au contraire, Dieu désire toujours rétablir l’homme dans la plénitude de son être en vue de son salut, en vue de l’Eternité.
En ce sens, il peut certes y avoir des maux salutaires, ces maux qui peuvent rappeler à l’homme sa finitude en balayant par les quelques mots d’un diagnostique toute illusion de grandeur, tout orgueil ; mais affirmons le immédiatement Dieu n’est pas à l’origine du mal mais Dieu peut, par grâce, faire jaillir du bien d’un mal subi.
Quoi qu’il en soit, c’est bien la réalité de la compassion divine qui doit éclairer notre considération de Dieu. Mais si Dieu est compatissant envers le genre humain et donc envers chacun de nous, ô combien nous sommes tous invités à vivre également cette réalité de la compassion. Reconnaissons que la compassion n’est pas une valeur de notre temps, notre temps qui voit un homme mourir sur un trottoir alors que les passants continuent de passer, enfermés dans la bulle de leur égoïsme et de leur individualisme. Et bien pour nous chrétien, il ne doit pas en être ainsi et quitte à se faire avoir de temps en temps, il nous faut demeurer des êtres de compassion qui vivent en leur chair ce lien avec tout homme que Dieu désire soulager et sauver. Par amour de Dieu, prendre de son temps, offrir un sandwich ou un sourire, cela ne nous coute pas grand-chose mais ce sont bien là les fruits de la Foi.
Cette réalité physique de la lèpre, de la souffrance et de la maladie côtoie un autre mal qu’est celui de la lèpre du péché, de l’errance spirituelle, de la négation de Dieu.  Cette lèpre spirituelle est plus dangereuse que toute déchéance physique car comme nous le dit le Seigneur Jésus en l’évangile selon St Matthieu : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne ». La déchéance du corps elle est inhérente à notre nature humaine, nous savons que la mort nous cueillera, mais notre âme, elle, notre âme est faite pour l’éternité bienheureuse, chaque âme est faite pour l’éternité bienheureuse. Ainsi, la véritable charité si elle se tourne avec raison vers les besoins physiques elle doit également se tourner vers les besoins spirituels et par notre propre témoignage nous collaborons au salut opéré par le Christ.
Bien chers amis, il faut que nous portions notre regard plus loin, plus loin de ce qui nous est donné de voir ou de sentir en l’autre car il nous faut avoir soucis de son âme et de son salut ! Inutile d’être théologien pour cela car en plus du sandwich que nous pouvons donner pourquoi ne pas y joindre en surplus une image ou une médaille de la Sainte Vierge ; pourquoi en plus du sourire esquissé nous ne pourrions pas en plus assurer de notre prière… Ce sont des petites choses mais ces petites choses sont essentielles dans l’ordre de l’éternité, et ce sont bien souvent les anonymes ancrés dans la Foi qui sont signes de la présence de Dieu.
Et parmi ces anonymes, en ce jour où nous honorons aussi la Très Sainte Vierge Marie apparue à Lourdes, rappelons nous que la Sainte Vierge est apparue non pas au curé du village, ni au maire ou à l’instituteur, la Sainte Vierge elle est apparue à une fille, la petite Bernadette Soubirous, fille d’un meunier déchu devenu manœuvre ayant bien du mal à subvenir aux besoins élémentaires de sa famille. Celle qui est devenue par la suite Ste Bernadette a été choisie par la Sainte Vierge pour manifester au monde la compassion divine si bien représentée en Notre Dame, cette compassion qui continue d’agir encore aujourd’hui attirant les foules au pied de la Très Sainte Vierge Marie intercédant pour chacun et obtenant bien souvent de nombreux miracles physiques mais aussi spirituels. A Lourdes la Sainte Vierge nous rappelle, par Ste Bernadette, l’infinie compassion de Dieu dont elle demeure l’image maternelle et surtout, la Sainte Vierge nous invite à suivre ce chemin de la compassion en puisant dans son intercession la force de grandir en sainteté. De plus, en choisissant Ste Bernadette pour recevoir la visite de Notre Dame le bon Dieu nous rappelle à tous combien Il compte sur chacun de nous, oui, sur chacun d’entre nous.
Alors en ce dimanche, en nous confiant à l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, de Notre Dame de Lourdes, demandons au Seigneur de nous aider à grandir dans l’ordre de la compassion, cette compassion des corps et des âmes blessés, cette compassion qui ne peut procéder que de l’Amour qu’est Dieu, que de l’Amour dont Dieu nous comble et désire combler tous et chacun. Amen.

4 Février - 5ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile », cette parole que nous livre l’apôtre St Paul nous rappelle combien l’annonce de la Bonne Nouvelle, l’annonce du Christ Sauveur demeure un devoir inhérent à tous ceux qui ont la Foi. Et oui, en effet, il nous faut bien prendre cette parole à notre compte, oui, malheur à nous si nous n’annonçons pas l’Evangile.
Mais il nous faut bien comprendre le sens de ce devoir d’annoncer l’Evangile, de ce devoir de proclamer le Christ Sauveur, ce devoir, notre devoir, n’est pas bien sûr à inscrire dans une quelconque conception légaliste, mais ce devoir il s’entend tout simplement dans l’ordre de la Charité. Pourquoi est ce que je vais annoncer le Christ, pourquoi je vais tâcher d’éveiller l’autre à la Foi c’est tout simplement pour permettre à l’autre de vivre de la grâce, de permettre à l’autre de vivre dans cette présence agissante du Seigneur qui comble le cœur croyant et fidèle.
C’est bien ce que St Paul nous dit dans sa lettre aux Ephésiens lorsqu’il affirme : « Celui qui annonce l’Evangile participe à la charité du Christ, qui nous a aimés, et s’est livré pour nous » (cf. Ephésiens 5, 2). Ainsi, comme le disait le Pape Benoît XVI : « C’est l’amour qui doit nous pousser à annoncer à tous les hommes, avec franchise et avec courage, la Vérité qui sauve (cf. Gaudium et Spes, 28). C’est un amour qui doit se répandre partout, et atteindre le cœur de tous les hommes. Les hommes en effet attendent le Christ. Les paroles de Jésus, « Allez donc, et enseignez toutes les nations, les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, en leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé » (Matthieu 28, 19-20), sont toujours un mandat obligatoire pour toute l’Eglise, et pour chaque fidèle du Christ pris en particulier. Cet engagement apostolique est un devoir et aussi un droit auquel on ne peut renoncer » (Benoît XVI, Samedi 17 mai 2008).
Ainsi, bien chers amis, le Christ nous donne à tous et à chacun la mission de porter à temps et à contre temps cette annonce de la Bonne Nouvelle, de manifester au monde notre attachement au Christ.
Mais, parfois, il nous faut d’abord nous même retrouver la chance que nous avons de vivre dans la Foi. En effet, bien souvent, la vie de Foi, la vie chrétienne, est réduite qu’à n’être que la somme d’exigence morale et éthique. Le croyant serait celui qui respecterait la loi de Dieu et de l’Eglise, le croyant serait donc simplement celui qui se plierait à un ordre qui s’imposerait à lui et qui ne serait porté que par une idée de devoir, devoir d’agir conformément à ce que Dieu commanderait. Dans cette perspective là, il est certain que la vie chrétienne ne semble pas des plus épanouissante et cela tout simplement parce qu’elle est dénaturée. En effet, la Foi chrétienne ce n’est pas d’abord suivre des règles, un code ou des commandements, la vie chrétienne c’est d’abord la rencontre avec le Christ ressuscité, c’est d’abord la rencontre avec Dieu vivant, présent et aimant. C’est bien cette rencontre qui est déterminante car elle permet à l’homme de se laisser illuminer par l’être d’Amour qu’est Dieu. L’homme est saisi par l’Amour qu’est Dieu et c’est ensuite, naturellement presque ou bien plutôt amoureusement que l’homme travaillera en sa vie afin de favoriser cet amour divin, il travaillera en sa vie en faisant de sa vie le lieu de la présence de Dieu c'est-à-dire en sanctifiant sa propre vie pour l’établissement du règne de Dieu en son être tout entier.
Alors surtout ne nous y trompons pas la vie chrétienne c’est d’abord une histoire d’Amour avec un grand A ! Et si nous sommes parfois découragés sur le chemin de la vie chrétienne c’est tout simplement parce que nous nous éloignons de cette réalité de la primauté de l’expérience de l’Amour divin, de cette rencontre avec le Christ.
C’est seulement en nous enracinant dans cette rencontre quotidienne avec le Christ dans la prière que notre vie trouvera sa juste orientation : celle de la Foi ardente, de la Charité zélée et de l’Espérance rayonnante. C’est seulement en nous enracinant dans la rencontre avec le Christ que nous vivrons la joie de la Foi, cette joie qui nous donnera l’élan nécessaire pour témoigner de la Foi qui n’est pas un carcan mais qui est bien le lieu de la plénitude de notre être, le lieu du bonheur sans fin car la Foi demeure le lieu de la présence aimante de Dieu.
Alors si notre mission est d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur, tâchons d’abord de vivre de la plénitude de cette annonce afin d’être des témoins véridiques porteur du feu de l’Esprit Saint.
Amen.

dimanche 28 janvier 2018

28 Janvier - 4ème Dimanche du Temps Ordinaire

En ce dimanche, la sainte Eglise notre mère nous entraîne dans la belle et grande considération de la progression de la Révélation. En effet, comme nous l’a rappelé le livre du Deutéronome, l’ensemble de l’histoire du peuple d’Israël a été porté et guidé par de nombreux prophètes qui, tel des relais, tel des messagers, ont été choisi par Dieu pour délivrer à l’ensemble du peuple les orientations droites, parfois même les reproches ou au contraire les encouragements que Dieu lui destinait. Les prophètes ont ainsi été des éléments indispensables à la croissance de ce peuple qui, par la parole des prophètes, a reçu l’annonce de la venue d’un messie, d’un messie qui serait de la maison et de la descendance de David, d’un messie qui viendrait de Bethléem en Judée, d’un messie qui viendrait apporter la libération de son peuple. Sans les prophètes, le peuple d’Israël n’aurait pu accéder à la Parole que Dieu leur destinait, sans les prophètes Israël aurait erré aux grés des vents de la pensée humaine attiré par l’idolâtrie et l’ésotérisme. Les prophètes sont donc ces premiers éléments que Dieu met en place pour faire grandir ce peuple. Mais surtout, les prophètes ont comme mission de préparer la venue du Seigneur, la venue de Dieu Lui-même, la naissance du Christ.
Et il est certain que la venue de Dieu en notre chair, la naissance du Christ, ses actions et ses enseignements demeurent une source inépuisable de la connaissance de Dieu Lui-même. Oui, Dieu nous a parlé par les prophètes mais Dieu a voulu également se faire l’un d’entre nous pour nous parler directement et ce par la personne de Jésus Christ. Et nombreux sont ceux qui, au temps du Seigneur, ne se sont pas trompé sur sa véritable identité, les démons eux-mêmes l’ont reconnu. Et un des éléments permettant cette reconnaissance et qui nous est donné par l’évangile c’est que le Seigneur Jésus parle avec autorité. Il parle avec cette autorité pleine de douceur qui est bien éloigné de l’ombre même de tout autoritarisme car sa Parole n’a pas besoin d’être portée par la menace, le poids de la Parole du Christ c’est tout simplement le poids évident de La Vérité. Le Christ nous donne accès à La Vérité, à cette Vérité unique qu’est Dieu Lui-même, Dieu qui possède en son être tous les secrets de l’univers, qui possède en son être le secret de la plénitude l’humanité et Dieu qui nous y donne accès par pure bonté, porté par l’Amour qu’il est en Lui-même.
Mais cette Parole du Seigneur Jésus elle n’est pas figée, elle n’est pas une lettre morte qui nous parviendrait aujourd’hui tel ces vieux manuscrits antiques. La Parole que le Seigneur a donné est emprunte de sa propre Eternité ainsi la Parole de Dieu elle transcende le temps et l’histoire conservant dès lors toute son actualité, toute la vérité, toute la grâce. Bien chers amis, il nous faut renouveler le regard que nous posons sur la Parole de Dieu afin qu’elle retrouve sa place pleine et entière en chacune de nos vies, que cette Parole soit bien, pour nous tous, la Parole vivante que Dieu nous adresse, cette Parole qui doit nous saisir l’âme et le cœur, cette Parole qui nous invite toujours davantage à plus de radicalité dans notre suite du Christ par l’écoute même du Christ.
Ainsi, même si cela peut parfois nous sembler obscur, il ne nous faut pas hésiter à nous affronter à cette Parole de Dieu qui dépasse notre entendement et qui agira en nous selon la volonté divine. La Parole de Dieu peut nous sembler un peu obscurs parfois comme la seconde lecture que nous avons entendue. Seconde lecture dans laquelle nous recevons cette Parole de l’apôtre St Paul : « Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur ». En entendant cette Parole, pour tous les mariés et ceux qui se préparent au mariage vous pourriez dès lors penser que vous vous êtes trompés car mariés, vous n’auriez pas le souci du Seigneur. Mais remarquons ensemble que ce n’est pas ce que St Paul nous dit, il nous dit simplement que le célibat choisi pour le Seigneur doit conduire la personne a demeurer totalement dans la compagnie du Seigneur ce qui est plus difficile pour celui ou celle qui est marié. St Paul fait l’apologie du célibat choisi, du célibat consacré ou non mais cette apologie, même si elle demeure tout à fait vrai, cette apologie ne doit pas gommer une autre réalité à savoir que le couple lui-même, que la famille toute entière est appelée à être consacré au Seigneur.
Un des plus beaux exemples qui peut nous venir à l’esprit se trouve dans la famille Martin, la famille de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Cette famille dont les parents, Louis et Zélie Martin sont saints, ils ont été canonisés ensemble manifestant ainsi combien le couple doit être le lieu de la présence du Seigneur, cette famille qui compte bon nombre de religieuses et parmi elles Ste Thérèse. Ainsi, quel que soit notre état de vie, que nous soyons marié ou célibataire je dirai qu’importe du moment que le Seigneur demeure toujours le fondement de nos vies et ce ne sont pas là que des mots mais c’est bien cette réalité que nous devons poursuivre. Qu’en toute vie la rencontre avec le Seigneur dans l’intimité de la prière demeure l’essentiel, qu’en toute vie la grâce des sacrements soit toujours recherchée, qu’en toute vie la Parole de Dieu soit écoutée avec l’attention du cœur qui cherche Dieu.
Alors en ce dimanche, rendons grâce au Seigneur pour sa Parole et prenons la résolution de nous mettre plus souvent à l’écoute de la Parole de Dieu par la lecture priante des évangiles et ce quels que soit nos états de vie car le Seigneur a quelque chose à nous dire à tous et à chacun et Il n’attend de nous qu’une chose, que nous prenions le temps de l’écouter dans le silence et le recueillement.

Amen.