Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

lundi 5 juin 2017

21 Mai - 6ème Dimanche du Temps Pascal

« Moi je prierai le Père et Il vous donnera un autre Défenseur », cette phrase du Seigneur Jésus dans l’Evangile de ce dimanche pourrait nous interroger. En effet, pourquoi aurait-on besoin d’un Défenseur ? Dans la certitude que le Seigneur Jésus œuvre pour notre Bien le meilleur nous pouvons nous demander de quoi avons-nous besoin d’être défendu, pourquoi avons-nous besoin d’être défendu par l’Esprit Saint ?
Et il est vrai que ce questionnement va bien à l’encontre de notre pensée moderne car d’une manière habituelle nous oublions combien notre vie d’ici-bas demeure un combat, un combat pour l’Eternité. Ô de temps en temps nous nous le rappelons particulièrement dans les moments difficiles, dans les évènements malheureux de notre histoire lorsque nous perdons un proche par exemple. Mais en dehors de ces moments là, l’éternité semble demeurer une simple éventualité probable, notre propre mort elle-même est classée parmi ces éventualités probables ou si lointaines qu’on aura bien le temps de s’en préoccuper le moment venu. Et dès lors, notre vie s’écoule portée par le quotidien, mû par l’instant sans prise en compte réelle de notre destinée éternelle. Et bien en ce dimanche, le Seigneur nous le rappelle à tous et à chacun notre vie est un combat, combat général du bien contre le mal, combat particulier pour le salut de nos âmes. Et il nous faut très certainement retrouver la réalité de l’importance de ce combat, il nous faut très certainement retrouver l’importance d’œuvrer dès maintenant à notre éternité, à notre salut.
Pour nous chrétiens, le plus grand danger est celui de tomber dans une certaine mièvrerie, une certaine tiédeur qui nous ferait considérer notre salut comme étant acquis presque malgré nous, qu’importe ce que nous sommes ou ce que nous faisons, Dieu nous sauve alors pourquoi essayer de changer… Certes cette expression est quelque peu abrupte mais elle nous montre combien la vie chrétienne est parfois réduite à une simple option intellectuelle, à une simple opinion tenue raisonnablement. Or la vie chrétienne n’est véritablement chrétienne que si le Christ est pleinement accueilli en la vie, que si l’attachement au Seigneur conduit à livrer un réel combat pour Dieu, pour Dieu en nos vies. Ce combat livré contre toutes formes de malices est un combat qui est rude et difficile et pour s’en rendre compte il suffit simplement de considérer ces défauts qui sont les nôtres et contre lesquels nous avons bien du mal à lutter ou encore ces défauts que nous avons fini par accepter. Et bien en ce dimanche, il nous faut peut-être nous réveiller afin de reprendre le combat, afin de rejeter toute acceptation de ces défauts qui nous accompagnent, afin de chasser toute malice, toute duplicité en nos vies. Et ce que nous rappelle le Seigneur en ce Dimanche c’est bien que ce combat Dieu l’a livré pour nous et que Dieu est déjà vainqueur ; ce que nous rappelle le Seigneur en ce dimanche c’est bien que ce combat nous ne sommes pas appelé à le livrer seul mais que nous pouvons compter sur un allié de poids, sur un défenseur divin, sur la personne de l’Esprit Saint. Et fort de l’Esprit Saint nous savons que nous remporterons ces batailles contre nous même, contre la malice de nos vies, nous savons que cela nous conduira à la victoire finale jusqu’aux portes du Paradis.
            Ainsi en ce dimanche il nous faut tout d’abord reprendre conscience que nous ne sommes pas déjà sauvés mais que nous avons la capacité d’être sauvé par le Christ si nous l’accueillons en nos vies, si nous luttons en nos vies en compagnie de notre défenseur, l’Esprit Saint. Et pour reprendre conscience de l’urgence de ce combat, pour reprendre conscience de l’importance de notre destinée éternelle, pensons que nous pourrions être damnés, engloutis dans l’enfer pour l’éternité, séparés de Dieu à tout jamais. Alors oui, choisissons le Seigneur, choisissons de suivre le Christ, de l’imiter en nos vies, choisissons de l’aimer toujours davantage et livrons le combat afin que le Christ triomphe en nous et nous ouvre les portes de l’Eternité. Et le Christ nous le dit, nous remporterons le combat de notre vie si nous aimons le Seigneur et si nous gardons ses commandements. Prenons les paroles du Seigneur Jésus au sérieux, prenons notre salut au sérieux, aimons le Seigneur et vivons de Sa vie.

Amen.

14 Mai - 5ème Dimanche du Temps Pascal

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », cette parole du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce dimanche va bien au-delà d’une simple description quelque peu mystérieuse de la personne même du Seigneur Jésus. En effet, le Seigneur Jésus y affirme avant toute chose sa divinité et ce par le simple « Je suis », ce « Je suis » fait en effet écho à tout esprit juif au nom même que Dieu s’est donné lors de l’épisode du buisson ardent, ainsi, pour un esprit judaïsant, le Seigneur Jésus affirme avant toute chose qu’Il est Dieu, pleinement Dieu, vraiment Dieu. L’affirmation de la divinité du Seigneur conditionne en réalité l’acception des autres adjectifs dont le Seigneur Lui-même se qualifie. L’affirmation de la divinité du Seigneur Jésus détermine l’unicité du chemin, de la vérité et de la vie. Et nous pouvons prendre conscience de cela en considérant les chemins de sagesse qui ont pu émerger au cours de l’histoire humaine et si le Christ n’était pas Dieu, le chemin qu’Il proposerait ne serait qu’un chemin parmi tant d’autres mais, comme Jésus est Dieu dès lors son chemin devient Le chemin, le chemin unique que Dieu révèle à l’ensemble de l’humanité. Ce chemin divin qui surpasse toute sagesse humaine. Et nous pourrions nous demander comment définir ce chemin divin et pour le faire nous pourrions simplement garder à l’esprit le commandement que le Seigneur nous a laissé à savoir l’amour de Dieu et du prochain.
Mais gardons bien à l’esprit que s’il est facile de définir ce chemin divin comme étant celui de l’amour de Dieu et du prochain, reconnaissons qu’il est difficile de le parcourir pleinement tant le poids de nos errements semble nous écraser, tant nos manquement à l’amour de Dieu et du prochain ponctuent chacune de nos vies. Mais, même s’il nous semble avancer en zigzaguant en nos existences, dans la Foi nous tâchons de donner une direction à chacune de nos vies, cette direction constituée par la mise en œuvre en nous de l’amour de Dieu par une vie toujours plus tournée vers le Seigneur, par la mise en œuvre en nous de l’amour du prochain par une charité recherchée en chaque instant. C’est ainsi que nous parcourrons le chemin divin.
Ce chemin divin nous reconnaissons donc dans la Foi qu’il nous est révélé par Dieu et dès lors nous reconnaissons qu’il est vrai, car Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper, car Dieu est La vérité. Là encore, Dieu n’est pas une vérité parmi tant d’autres mais Il est La vérité, La vérité de la création, La vérité de l’homme, de toute chose créée, de toute réalité visible et invisible. Il nous faut donc prendre au sérieux l’ensemble de l’enseignement du Seigneur Jésus en récusant tout relativisme et en recevant la radicalité évangélique comme expression de La Vérité qu’est Dieu, en nous laissant enseigner et guider par Dieu.
Mais dans notre esprit moderne, nous pourrions penser que Dieu exerce sur nous un certain autoritarisme, contraignant notre illusion de liberté Dieu nous donne un seul chemin, Dieu nous donne la vérité. Dans notre esprit moderne, nous pourrions ainsi penser que Dieu nous emprisonne, qu’Il va à l’encontre de nos aspirations et pourquoi pas même que Dieu ne nous respecte pas dans nos individualités. Toutes ces réflexions étayées par notre modernité marquent bien la distance qui demeure entre les chemins du monde et le chemin de Dieu. Les chemins du monde ont récusé Dieu depuis longtemps et ils placent l’homme au cœur de sa propre destinée ainsi c’est l’homme qui se fait et qui se fait sans Dieu, c’est l’homme qui est sa propre mesure, c’est l’homme qui détermine ce qui est bon et ce qui ne l’est pas… Voilà une belle illusion de notre modernité car l’homme en se plaçant au centre rejette son origine et se condamne au néant. Cette illusion moderne récuse la vérité de la présence divine. Or dans la Foi nous le savons, Dieu est à l’origine de la personne humaine, la maintenant dans l’existence Dieu l’appelle à l’aimer en lui offrant le salut, Dieu l’accompagne par son Amour infini qui désire faire entrer chaque personne dans l’éternelle béatitude. Ainsi oui il n’y a qu’un seul chemin divin mais Dieu nous accompagne tous et chacun de la manière qui convient à son individualité. Ainsi oui il n’y a qu’une vérité car Dieu est un et qu’Il désire nous enseigner le véritable sens de l’existence. Et si Dieu fait tout cela c’est bien sûr par amour pour chacun de nous, par cet amour divin qui nous invite à la vie véritable, à la vie bienheureuse, à la vie éternelle.
Prenons un exemple pour cerner la réalité de l’action Dieu à notre encontre. Imaginons que nous sommes coincés dans un labyrinthe et que, devant nous, se trouve une multitude de porte. Nous savons qu’une seule de ces portes nous délivrera de ce labyrinthe tandis que les autres nous y condamneront. La question est alors laquelle choisir ? Et bien perdu au milieu de ce choix cornélien, Dieu nous montre la bonne porte. Nous connaissons le chemin qui nous conduira à cette porte salvatrice, nous savons que Dieu nous indique cette porte en vérité, nous savons que cette porte nous délivrera mais que faisons-nous ?
Et bien chers amis il en est de même en nos vies, dans la Foi nous connaissons le chemin divin qu’est le Christ Lui-même, nous avons accès à la Vérité que nous révèle le Seigneur, nous savons que le Seigneur nous appelle à la vie éternelle mais que faisons-nous ? Et bien choisissons le Seigneur, reconnaissons qu’Il est le chemin, la vérité et la vie et que cela transforme nos vies jusqu’à nous en la vie bienheureuse, en la vie éternelle.

Amen.

7 Mai - 4ème Dimanche du Temps Pascal

A travers la parabole que nous livre l’évangile de ce Dimanche, le Seigneur Jésus nous enseigne à tous et à chacun qu’Il est Lui seul la porte des brebis, c'est-à-dire que le Christ est l’unique médiateur entre nous et l’éternelle béatitude, Il est l’unique chemin qui conduit au Ciel éternel, en d’autres termes, Lui seul est le Sauveur.
Et il peut-être bon de se le rappeler en ce dimanche d’élection car dès lors notre sauveur n’est pas un homme ou une femme providentiel qui jaillirait de notre génération, notre Sauveur c’est le Christ et Lui seul. Ainsi, s’il nous faut réfléchir en conscience pour orienter notre vote, ne plaçons pas trop d’espérance en un changement à venir mais gardons notre cœur dans la paix, dans cette paix qui nous est donnée par la certitude de la victoire du Christ, par la certitude de la présence du Seigneur car seul le Christ nous ouvre les portes de l’éternité, Lui seul nous ouvre les portes du Salut, Lui seul nous donne accès à la miséricorde divine.
Quoi qu’il en soit de cette contingence, cette affirmation que le Christ est l’unique Sauveur, il nous faut la recevoir dans toute son amplitude car le Seigneur étant l’unique Sauveur nous ne pouvons tout d’abord que rendre grâce pour nous même parce que nous Le connaissons, nous ne pouvons que rendre grâce parce que nous avons été réconcilié avec Dieu par les eaux sacrés du Baptême, parce que nous avons été établi en son amitié. Oh bien entendu, dans un même temps nous ne pouvons que reprendre conscience de la nécessité pour nous de faire une place toujours plus réelle, toujours plus véridique au Seigneur Jésus ; nous ne pouvons que reprendre conscience combien notre Amour du Seigneur Jésus doit orienter nos vies. Mais, nous avons reconnu le Seigneur et par grâce nous sommes établis sur ce chemin de conversion qui est chemin du Salut.
Dans un même temps, la certitude que le Christ est l’unique Sauveur doit produire en nous un formidable élan envers tous ceux qui ne vivent pas encore dans l’amitié avec le Christ, envers tous ceux qui ne connaissent pas encore le Sauveur. Oui, nous devons oser annoncer le Seigneur !
Affirmons-le en ce dimanche, bien chers amis, il nous faut avoir le souci de chaque âme humaine et cela à l’image du Christ Lui-même qui a donné sa vie pour la multitude. Dès lors, bien avant de condamner ceux qui ne connaissent pas le Seigneur et même avant de condamner ceux qui rejettent le Seigneur parfois ouvertement, il nous faut demeurer dans cette charité exigeante qui nous invite à tout faire pour attirer chaque âme au plus près du Seigneur Jésus, voilà la charité mis en œuvre !
Oui, notre Foi exclue tout individualisme, toute indifférence par rapport à ceux qui nous entourent. Notre Foi nous convie à demeurer les témoins du Seigneur, à devenir nous-mêmes les instruments d’annonce de la Bonne Nouvelle, instruments que le Seigneur pourra utiliser pour se révéler au monde.
Alors en ce dimanche ayons ce double mouvement, le premier mouvement celui de l’action de grâce pour nous tous qui connaissons le Seigneur et qui désirons en vivre toujours plus radicalement, le second mouvement celui de la prière pour tous ceux que nous connaissons et qui n’ont pas encore accueilli le Seigneur en leurs vies et n’hésitons pas à les confier nommément au Seigneur car Dieu est là, présent, attentif, et Dieu nous redit et redit au monde : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance ». Vivre du Christ Sauveur et L’annoncer, voilà notre mission à tous et à chacun !

Amen.

mardi 2 mai 2017

30 Avril - 3ème Dimanche de Pâques

Ô combien le récit des disciples d’Emmaüs devrait nous pousser à avoir les yeux toujours ouvert car peut-être avons-nous, nous aussi, côtoyé le Seigneur Jésus à l’image de cette rencontre de l’Evangile, peut-être avons-nous croisé le Seigneur sans pour autant Le reconnaître. Pourquoi cette interrogation ne pourrait-être légitime dans la certitude que le Seigneur est vivant et qu’Il peut se manifester à nous selon sa volonté propre. Et déjà en un sens, nous avons peut-être tous eu dans nos vies des rencontres providentielles ou tout du moins éclairantes, rencontres inattendues qui portaient en elle-même quelque chose de plus que la simple rencontre entre deux personnes, rencontre parfois décisive dans une vie. Et ces rencontres là nous pouvons bien sûr y percevoir cette attention que Dieu nous porte, cette attention qui peut passer à travers de simples personnes. Mais je ne veux pas réduire à cela le questionnement de cette rencontre avec le Seigneur Jésus que j’évoquais, car, je nous le redis, peut être avons-nous déjà croisé le Seigneur sans le reconnaître. Et ce n’est pas tant l’extraordinaire de cette rencontre possible qu’il nous faut garder à l’esprit mais bien la certitude que le Seigneur Jésus demeure ce compagnon de route qui nous accompagne à chaque instant et qui nous guide, qui nous interpelle, qui vient à notre rencontre pour nous permettre de Le rencontrer véritablement, pour nous permettre de vivre de sa vie.
Ainsi oui, bien chers amis, il nous faut avoir les yeux bien ouverts et surtout considérer chacune de nos rencontres comme étant porteuses de cette possibilité car dès lors nos rencontres diverses et variées seront éclairées par la grâce et nous serons toujours attachés à rechercher en l’autre le meilleur de lui-même, ou plutôt cette trace de Dieu qui subsiste en chacun. Ainsi notre vie toute entière sera portée par cette recherche du Seigneur qui ne sera pas circonscrite aux moments religieux de nos vies mais qui embrasseront chaque instant.
Voilà bien là, le premier enseignement de l’Evangile, le second concerne bien entendu cette affirmation de la présence réelle du Seigneur dans le sacrement de l’eucharistie. Remarquons bien que le Seigneur disparaît aux yeux des disciples d’Emmaüs juste après la consécration du pain, non pas que le Seigneur abandonne ces deux disciples mais bien parce que le Seigneur change de mode de présence. Le Seigneur Jésus leur était tout d’abord apparu comme un compagnon de route puis le Seigneur demeure dans le pain consacré. Jésus est toujours là mais différemment sous le voile du pain consacré. Et voilà bien la manifestation la plus explicite de la réalité de chaque messe, de chaque eucharistie, la manifestation que le Seigneur est bien présent sous le voile du pain consacré et cela à chaque messe, oui Jésus est là, Jésus vivant, Jésus miséricordieux, Jésus ressuscité nous rejoint à chaque eucharistie. Quelle richesse, quelle bonté, quel mystère !
Alors en ce dimanche, en quittant cette Eglise ne nous disons pas que nous laissons le Seigneur prisonnier du tabernacle mais rappelons-nous que sur les chemins de nos vies le Seigneur est également présent, présent par les autres ou présent par Lui-même, et surtout avant de quitter cette église, lorsque nous recevrons le très saint corps du Seigneur en communion, reprenons bien conscience que c’est le Christ Lui-même que nous recevons, non pas une image, non pas une idée ou un souvenir, mais le Christ Lui-même qui se donne à nous, qui nous nourrit de sa vie.

Alors oui nourrissons-nous du Seigneur par la sainte communion avec Foi et déférence et ensuite vivons notre vie avec Lui, car le Christ nous rejoint et nous enjoint à Le suivre. Amen.

23 Avril - Miséricorde Divine

            C’est aujourd’hui, en ce dimanche, que le Christ Lui-même par l’intermédiaire de Ste Faustine, c’est aujourd’hui que le Christ nous demande célébrer Sa Divine Miséricorde et il nous faut reconnaître que nous avons bien du mal à saisir la réalité de la miséricorde du Seigneur car nous tentons de mesurer la miséricorde divine à l’aune de notre propre capacité à faire miséricorde. Alors que notre propre capacité à pardonner apparaît insignifiante face à la miséricorde infinie du Seigneur. Il nous faut donc chercher à pénétrer ce mystère de la miséricorde divine et si le Christ nous demande de la célébrer le 1er Dimanche après Pâques c’est bien pour nous signifier combien sa passion, sa mort et sa résurrection sont des œuvres de miséricorde, combien sa passion, sa mort et sa résurrection sont portés par le désir d’apporter le salut, la rédemption, le pardon à l’ensemble de l’humanité. En effet, pourquoi le Christ s’avance t’il dans Jérusalem alors qu’Il sait bien quel sera son sort si ce n’est par amour pour nous, si ce n’est pour nous manifester l’Amour infini du Père, si ce n’est pour nous obtenir miséricorde ? Pourquoi le Christ laisse t’Il Juda quitter la cène, son dernier repas où Il se donne à nous dans l’eucharistie si ce n’est pour que s’accomplisse l’œuvre pour laquelle Il s’est fait homme cette œuvre qui est celle de notre salut qui procède de Sa miséricorde ? Pourquoi le Christ se laisse t’il arrêter, malmener, flageller, couronner d’épines si ce n’est pour faire de chacune de ses souffrances, de ses douleurs un hymne à l’Amour divin, une manifestation du prix auquel Il consent pour racheter l’humanité ? Pourquoi le Christ se laisse t’il crucifier laissant dès lors la mort l’enserrer de ses griffes jusqu’à son dernier souffle si ce n’est par désir de donner Sa vie, par désir de se livrer tout entier pour notre rédemption, pour régler la dette du péché et nous ouvrir à la miséricorde ? Pourquoi le Christ ressuscite si ce n’est pour nous manifester à tous que l’œuvre est accomplie, que la miséricorde divine est à la portée du monde ?
            Ainsi, oui, la miséricorde porte en définitive l’ensemble de la vie du Seigneur Jésus et transparaît d’une manière admirable en sa passion et cela même envers celui qui l’a trahit, Juda, et cela même envers ses bourreaux. A ce sujet, le Bienheureux Claude La Colombière écrivait : « [Il est certain que la trahison de Judas, l’abandon des Apôtres, les auteurs même de sa persécution] il est certain que tout cela ne fut pas capable d’exciter en Jésus le moindre ressentiment de haine ou d’indignation, [il est certain] que cela ne diminua nullement l’amour que Jésus avait pour ses disciples et pour ses persécuteurs, [il est certain] que Jésus s’affligea extrêmement et de bonne foi du tort qu’ils se faisaient à eux-mêmes, et que ce qu’il souffrait, bien loin de le troubler, adoucissait en quelque sorte sa douleur, parce que Jésus voyait que ses douleurs pourraient être un remède aux maux de ses ennemis. Je me représente donc ce cœur sans fiel, sans aigreur, plein d’une véritable tendresse pour ses ennemis, que nulle perfidie, nul mauvais traitement ne peut émouvoir à la haine ». Voilà la réalité de la miséricorde divine, voilà la réalité du Sacré-Cœur du Christ qui enduraient chacune des douleurs de la passion et qui les enduraient pour ceux là même qui les lui infligeaient. La miséricorde divine n’est donc pas une mièvrerie de pieux dévots déconnectés de la réalité du monde, la miséricorde divine s’est manifestée dans le sang du Seigneur qui lui donne toute sa valeur.
Et bien chers amis, cela est également vrai pour chacun de nous, lorsque nous nous éloignons du Seigneur, lorsque nous l’écartons de nos vies, lorsque nous choisissons une autre voie que celle de l’évangile, lorsque nous préférons notre propre volonté à celle que le Seigneur nous révèle, en un mot, lorsque nous péchons, Dieu nous poursuit pour nous faire miséricorde voilà la réalité de la miséricorde divine, voilà ce que le Seigneur a voulu rappeler au monde par ces âmes choisies que furent Ste Marguerite Marie, le Bienheureux Claude La Colombière ou encore bien sûr Ste Faustine. Ainsi oui, redisons le en ce dimanche, aucun homme n’est exclue de la miséricorde divine et toute âme qui se tourne volontairement vers le Seigneur portée par une contrition extrême et réelle obtiendra miséricorde. Et l’Evangile nous le rappelle, la miséricorde divine ne s’applique pas d’une manière désordonnée mais Dieu a voulu qu’elle soit portée par le sacrement de la confession et ainsi, par décret divin si j’ose dire, le sacrement de la confession devient le moyen pour recevoir la miséricorde divine c’est ce que rappelle le Seigneur Jésus à Ste Faustine lorsque le Seigneur lui dit :
« Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal. Je ne fais que me cacher derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici, la misère de l'âme rencontre le Dieu de Miséricorde. Dis aux âmes qu'à cette source de Miséricorde elles ne puisent qu'avec le vase de la confiance. Lorsque leur confiance est grande, il n'y a pas de borne à mes largesses. Les torrents de ma grâce inondent les âmes humbles. Les orgueilleux seront toujours dans la misère et la pauvreté car ma grâce se détourne d'eux pour aller vers les âmes humbles ».
Voilà la belle réalité du sacrement de la confession, réalité qui rappelle au prêtre que je suis qu’il n’est qu’un instrument de la miséricorde divine, réalité qui rappelle au peuple chrétien combien ce sacrement doit être célébré souvent. Mais la contemplation de la miséricorde divine est également pour nous tous un criant appel à devenir, nous tous, des disciples de miséricorde. Ô combien il est affligeant de voir des âmes meurtries par la rancune et par la haine alors que leur délivrance se trouve dans un acte de miséricorde. Ô combien il est affligeant de voir des âmes s’exclure elle-même du sacrement de la confession par opinion erronée, par orgueil insensé ou par fausse humilité alors qu’il demeure le remède à tous les maux de l’âme et le fondement de la vie spirituelle.
Ainsi en ce dimanche, laissons-nous ravir par la miséricorde divine, approchons ce mystère insensé qui nous montre le Seigneur sous son vrai visage qu’est celui de l’Amour fou, de l’Amour fort qui s’exprime dans cette miséricorde infinie qu’Il veut nous appliquer, laissons nous ravir par la miséricorde divine et en implorant pour nous même la miséricorde du Seigneur prenons l’engagement solennel de recourir souvent au sacrement de la confession afin d’y puiser les forces nécessaires qui ferons de nous tous des disciples de miséricorde en nos vies. Dieu veut nous faire miséricorde afin que nous soyons nous même miséricordieux.

Amen.

16 Avril - Pâques

Que d’évènements depuis l’accueil du Christ à Jérusalem entouré de ces palmes et des hosanna de la foule. Que d’évènements sanglants trouvant leurs apogée sur le mont Golgotha, trouvant leur point culminant en cette croix dressée entre ciel et terre suspendant le Seigneur agonisant jusqu’à son dernier souffle. Le tombeau était prêt et il accueillit le corps sans vie du Seigneur. Mais la mort n’a pas pu exercer son pouvoir, le néant a été anéanti pour laisser resplendir la lumière de la résurrection du Seigneur. Oui, le Christ est vivant, la mort a été vaincue, le tombeau s’est ouvert laissant jaillir l’Eternité de ses entrailles ; le tombeau s’est ouvert laissant s’établir la Vérité du Christ vivant hier, aujourd’hui et toujours. Le Christ est vivant et sa victoire écrasante sur la mort nous manifeste à nous tous en ce jour que si le Christ a voulu vivre tout cela, si le Christ s’est fait homme, s’Il a voulu connaître la faim et la soif, s’Il a enseigné La Vérité, s’Il a manifesté La bonté de Dieu, s’Il a voulu connaître la passion et la mort le Christ a fait tout cela pour nous, pour nous révéler l’Amour de Dieu pour chacun car c’est bien cet Amour divin et éternel qui porte la résurrection du Seigneur.
Oui le Christ est vivant, attardons-nous en ce jour sur cette belle affirmation qui souffre parfois de l’habitude des mots et de la pensée chrétienne. Le Christ est vivant aujourd’hui, maintenant ; Il n’est plus prisonnier du tombeau et de la mort, Il n’est pas non plus prisonnier du Ciel mais Il est vivant présent au milieu de nous, hôte très doux de nos âmes.
Le Christ vivant n’est donc pas une idée de bonté éternelle, Il n’est pas une idée d’un Amour infaillible ; le Christ vivant demeure cette personne côtoyé jadis sur les routes de Galilée et qui désire entrer en relation avec chacun de nous. Oui, le Christ est vivant et Il se tient à la porte de nos vies attendant que nous comptions sur Lui, attendant que nous Le prenions au sérieux en Lui donnant nos vies, nos âmes et nos cœurs. La résurrection du Seigneur n’est donc pas une information à recevoir parmi tant d’autres, la résurrection du Christ nous permet d’être contemporain du Christ, la résurrection du Christ nous permet de côtoyer le Christ comme jadis ses disciples et ses apôtres, la résurrection du Christ nous invite à recevoir chacune de ses Paroles pour y fonder notre vie, la résurrection du Christ nous donne de vivre dès maintenant de la vie même de Dieu.
Affirmons le en ce jour, le Christ est ressuscité, le Christ est vivant en nous, plus proche de nous que nous même. Et si nous prenons le temps de retrouver le Seigneur dans l’intimité de la prière nous entendrons le Seigneur nous dire combien nous sommes chers à son Sacré Cœur ; nous entendrons le Seigneur nous inviter à Le suivre en chaque instant de nos vies ; nous entendrons le Seigneur nous demander de Le laisser faire, de nous abandonner entre ses mains, de suivre le chemin qu’Il nous indique, de nous laisser saisir par son Amour infini.
Et peut-être qu’en ce dimanche sommes nous invités à faire un petit effort en laissant le Christ ressuscité en nos vies c'est-à-dire à laisser le Christ être notre compagnon de chaque instant, à laisser le Christ être notre guide, à laisser le Christ être Dieu en nos vies, en nos cœurs, en nos âmes. Bien chers amis, le Christ doit être la fondation de nos vies, le cœur de nos existences et avec Lui nous pourrons tout affronter car nous savons qu’Il est le grand vainqueur du temps et de l’histoire, car nous savons qu’Il est celui qui nous ouvre les portes de l’Eternité, car nous savons qu’Il est celui qui nous aime et nous fais miséricorde au-delà de ce qui est concevable à notre pauvre esprit humain. En ce dimanche, laissons le Christ ressusciter en nos vies en lui donnant la première place. Qu’importe les mouvements du monde et de la société, nous pouvons tout affronter, tout supporter, tout souffrir même, car le Christ est ressuscité et Il nous convie à l’Eternité de son Amour ardent.

Amen.

15 Avril - Veillée Pascale

Après la trahison de Juda, l’arrestation au jardin de Gethsémani, les injures les crachats et les railleries des gardes et des soldats, après la flagellation et le couronnement d’épines, après le portement de cette croix écrasante jusqu’en haut du Golgotha, après la crucifixion liant ses mains et ses pieds à cette croix mortifère, le dernier souffle du Seigneur semblait marquer la victoire de la mort et la fin de l’aventure, engloutissant dans les ténèbres chaque miracle, chacune des paroles enseignées. La pierre du tombeau a été roulée, emprisonnant en son sein le corps sans vie du Seigneur, du messie. Un silence de mort s’est emparé du monde et dans le cœur des disciples la honte de l’abandon côtoyait l’hébétude de l’instant. Durant trois jours, un silence assourdissant égrena chaque minute, le tombeau s’imposant toujours davantage.
Mais le troisième jour, l’impossible advint, le Christ s’est relevé d’entre les morts, le Christ est vivant portant sur son corps glorieux les marques de sa passion. Le Christ est vainqueur de la mort et par sa victoire éclatante le Christ a manifesté au monde son identité divine. Vainqueur des ténèbres le Christ certifie par sa résurrection que chacune de ses paroles, chacun de ses miracles sont bien paroles et actions divines. Jaillissant du tombeau, le Christ permet au monde d’entrer dans la belle espérance, dans la certitude de l’Eternité que le Seigneur nous a acquise par son sang. Cette Eternité à laquelle le Christ ressuscité invite chacun. Voilà la réalité de ce jour, voilà le nouveau monde qui naît de ce tombeau vide.
Le monde ancien perclus de certitudes humaines, abandonné à l’anéantissement de la mort, désespéré de ne pas se savoir aimé à l’infini, ce monde ancien est anéanti par la victoire du crucifié qui permet au monde de renaître, qui permet au nouveau monde de s’établir en se nourrissant de l’enseignement divin délivré par le Seigneur, en reconnaissant l’Amour divin qui désire rejoindre chaque homme, en prenant conscience de la réalité de l’Eternité.
Et bien chers amis, nous appartenons à ce nouveau monde et il nous faut chasser de nos esprits et de nos réflexions tout relan de l’ancien monde ; car oui, Dieu Lui-même nous enseigne à chaque page d’Evangile dessinant par ses paroles le chemin qui doit être le nôtre dans la radicalité de la vie chrétienne ; car oui, Dieu nous manifeste son Amour pour chacun de nous, cet Amour qui transparaît dans le don du sacrifice de la croix, cet Amour infini qui transcende le temps et l’histoire par la résurrection ; car oui, Dieu nous montre que l’Eternité s’ouvre à nous et que nous y entrerons en nous confiant à la miséricorde infinie fruit de l’Amour divin.
Voilà ce que le Christ vivant et présent au milieu de nous désire nous enseigner en cette sainte nuit. Alors laissons nous ravir par la victoire du crucifié qui est certes un évènement d’il y’a plus de 2 000 ans mais cet évènement nous rejoint nous tous en ce soir, le Christ vivant désire nous rejoindre nous tous en ce soir.
Et pour cela, chassons de nos âmes les ténèbres du doute et du péché, chassons de nos vies toute prétention orgueilleuse, chassons de nos intelligences toutes ses opinions qui vont à l’encontre de l’enseignement du Christ et de l’Eglise, chassons de nos cœurs tout attachement désordonné qui ne permettent pas au Seigneur de prendre la place qui doit être la sienne en chaque instant de nos vies. Ne faisons pas de nos vies des tombeaux que les contingences de la vie mondaine ne cessent de vouloir établir en nos âmes. Ressuscitons avec le Christ, laissons le Christ nous ressusciter en nous faisant vivre de sa vie, accueillons le Seigneur non pas avec parcimonie, non pas avec la crainte de nous perdre nous même ou de perdre l’illusion de notre toute puissance, accueillons le Christ totalement en nos cœurs en nous laissant saisir par l’Amour divin dont le Seigneur désire nous combler, accueillons le Christ totalement en nos intelligences en nous laissant enseigné par Lui et par l’Eglise, accueillons le Christ totalement en nos âmes en nous fixant sur l’Eternelle béatitude. Car oui, le Christ est ressuscité pour nous donner à tous de ressusciter c'est-à-dire de vivre de sa vie.
Et en ce soir, deux parmi nous vont faire ce pas décisif, deux parmi nous vont s’avancer pour dire à la face du monde leur choix du Christ en recevant le don ineffable du baptême. Mais nous le savons tous, le baptême n’est que le début du chemin, de ce chemin de la vie chrétienne qui est faite d’abandon en Dieu, qui est faite de combat spirituel pour que le Christ ressuscité règne en nos vies, qui est portée par cette joie sereine de se savoir enfant de Dieu, qui est relevée par la miséricorde infini du Seigneur, qui est faite pour l’Eternité. Bien cher Aude, bien cher Patrice, ce chemin de vie avec le Christ va s’inaugurer pleinement en ce soir et dès lors, comme nous tous, faites une place réelle au Seigneur en vos vies, demeurez fidèle aux sacrements, à la messe du dimanche, à la confession régulière. Le Christ va habiter vos âmes, gardez-lui la première place. Et pour nous tous, que leurs baptêmes nous rappelle également que toute notre vie chrétienne n’est que le fruit de la grâce divine et que nous tous nous devons avoir à cœur de vivre du Christ, Lui qui est notre vie.
Amen.