Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 15 février 2014

Dimanche 9 février - 5ème Dimanche du Temps Ordinaire



Dans l’évangile de ce dimanche, le Seigneur Jésus nous compare, nous tous, à deux éléments que nous connaissons bien à savoir le sel et la lumière.
Dans l’ancien temps peut-être plus qu’aujourd’hui, le sel était utilisé pour conserver les aliments, de nos jours il est davantage utilisé pour déployer toute la saveur de nos petits plats. Ces deux propriétés du sel celui de la conservation et de révélateur de saveur, ces deux propriétés nous qualifient selon le Seigneur. En effet, nous sommes appelés à conserver les aliments que le Seigneur nous a donné, nous sommes appelés à conserver la Révélation qui nourrit nos âmes en nous révélant l’identité divine ; conserver sans corrompre ; conserver l’intégralité de ce qui nous a été donné pour transmettre à tous la Vérité qu’est le Christ Lui-même ; conserver sans corrompre c'est-à-dire sans transformer le visage du bon Dieu ce qui n’en ferait qu’un dieu de théâtre or seul un attachement humble et fidèle à l’enseignement de l’Eglise permet de ne pas corrompre le visage du Seigneur. Cette conservation du message évangélique doit permettre également d’en déployer toute la saveur, d’en recevoir toute la richesse qu’elle contient pour la communiquer à ceux qui nous entourent.
Mais il y’ a une propriété du sel que j’ai passé sous silence c’est que le sel a la capacité de stopper les infections. Appliquer sur une plaie il immobilise les bactéries mais le seul inconvénient c’est que ça pique. Et cette propriété du sel peut elle aussi être une belle image de notre mission de chrétien à savoir que nous sommes appelés à stopper la prolifération du mal dans le monde en étant pleinement les disciples du Seigneur tout en sachant que cela va piquer jusqu’à parfois conduire le monde à des réactions violentes. Pour nous en convaincre il nous suffit de considérer les martyrs du siècle dernier pour voir combien la simple présence chrétienne pleine et entière peut conduire à la persécution jusqu’au don ultime de sa vie. Et bien chers amis, nous sommes appelés à piquer en rappelant à temps et à contretemps la vérité évangélique, nous sommes appelés à piquer en étant simplement ce que nous sommes à savoir les disciples du Seigneur. Et comme le disait George Orwell : « En ce temps de tromperie, dire la vérité revient à poser un acte révolutionnaire ». Et bien 2000 ans après le Christ, l’évangile appelle toujours à une transformation du monde, à une transformation de chacun, à une révolution copernicienne.
Il nous faut donc conserver la Révélation divine sans la corrompre pour en recevoir toute la saveur inhérente et pour l’annoncer au monde afin de stopper la prolifération du mal même si cela doit piquer, même si cela doit déranger.
La deuxième comparaison que le Seigneur utilise est celle de la lumière, nous, je dis bien nous, nous sommes la lumière du monde. Ne nous y trompons pas nous ne sommes pas la source de la lumière, le Christ en est la source mais comme disciples du Seigneur, comme ayant reçu la Foi le jour de notre baptême nous rayonnons de la présence même du Seigneur et nous sommes appelés à rayonner toujours plus intensément. Or une lumière ne rayonne pas lorsque sa diffusion est empêchée et il nous faut démasquer tout ce qui empêche la présence du Seigneur en nos âmes de rayonner comme par exemple la dissimulation de la lumière c'est-à-dire la dissimulation de notre attachement au Seigneur, le voile jeté sur la lampe c'est-à-dire le péché qui macule la lampe en emprisonnant la lumière ou encore le contre témoignage qui va défigurer la lumière.
Par ces deux comparaisons le Seigneur nous montre toute la grandeur dont Il nous comble en chaque instant car c’est par notre Foi que la vie trouve toute sa saveur en étant orientée vers l’éternité, c’est par notre Foi que les ténèbres de nos vies laissent place à la lumière du Christ. Ô combien nous avons besoin de retrouver tout ce que nous apporte notre Foi au Seigneur Jésus, ô combien nous avons besoin de retrouver la grandeur du titre de chrétien, grandeur humble car grandeur au service de la mission du Seigneur. Mais notre grandeur nous conduit également à essayer d’être à la hauteur de notre stature de chrétien, d’être de dignes disciples du Seigneur, d’être le sel de la terre qui conserve le vraie visage de Dieu pour en recevoir toute la douceur et le communiquer au monde, d’être la lumière du monde qui rayonne du Christ et chasse les ténèbres.
Alors en ce dimanche, soyons fiers d’être chrétiens et demandons au Seigneur la grâce d’être toujours davantage digne de notre titre de disciple du Seigneur.
Amen.

samedi 8 février 2014

Dimanche 2 février - Présentation au Temple



Les évènements merveilleux entourant la naissance du Seigneur se poursuivent. Alors qu’il y’a maintenant un mois nous étions blotti en cette grotte de Bethléem pour y voir la naissance de Notre Seigneur, alors que nous y avions vu arriver les bergers accompagnés des saints anges, alors que nous y avions vu les rois mages offrir leurs présents au Roi du monde, nous pouvions nous demander la cause de tout ceci, oh bien sûr nous connaissons la suite de l’histoire et nous aurions pu apporter nous même une réponse immédiate à cette question. Mais cette réponse s’est inscrite dans le temps que Dieu a voulu embrasser en se faisant l’un de nous. Et aujourd’hui nous retrouvons le Seigneur encore tout jeune, encore enfant, nous le retrouvons accompagné de ses parents au Temple de Jérusalem. Et c’est par prophétie que Dieu va exprimer le destin fabuleux de celui qui pourtant ne laisse encore rien présager dans sa jeunesse. Syméon le premier va exprimer par cet hymne que nous venons d’entendre et qui est repris chaque jour par les religieux du monde entier à la fin de chaque jour. Cet hymne exprime la reconnaissance de l’identité de celui qui n’est alors qu’un enfant, cet enfant est reconnu comme étant le salut de son peuple, comme étant la lumière des nations païennes, comme étant la gloire d’Israël. Autant d’affirmation qui ne cache que cette affirmation centrale de notre Foi à savoir que Jésus Christ est Dieu. Mais Syméon va plus loin, il annonce également que l’enfant sera un signe de division, division qui n’est que le produit de la Foi, division de ceux qui auront cru au Seigneur et de ceux qui le rejetteront, qui le rejetteront jusqu’à la croix. Et la Vierge Marie reçoit une terrible prophétie car un glaive transpercera son cœur immaculée.
Nous pouvons retirer un bel enseignement de cette prophétie de Syméon, prophétie qui se réalisera comme nous le savons. En effet, le Christ va accomplir sa mission de salut et d’annonce mais sa mission aussi magnifique soit-elle, aussi bénéfique pour le genre humain soit-elle, sa mission va le conduire à l’adversité et ce jusqu’au don ultime de sa vie sur le bois de la croix. Ainsi, nous ne devons pas être étonné nous-mêmes si nous rencontrons l’adversité dans nos vies lorsque nous agissons pour le bien, ne sombrons jamais dans le découragement car Dieu est passé par ce chemin avant nous, Dieu a été accablé, bafoué, injurié, crucifié et pourtant Il n’a pas cessé d’être fidèle à sa mission de salut. Il nous faut donc imiter le Seigneur en nos vies en demeurant fidèle au bien malgré tout. Cela vaut bien entendu pour notre vie spirituelle balayé par les flots du monde moderne,  par les flots de nos passions, par les flots des tentations diverse et variés, ne baissons jamais les bras mais suivons avec abnégation la voie tracée par le Seigneur. Cela vaut également pour notre vie personnelle qui ne peut que s’appuyer sur notre vie spirituelle pour avancer dans la vie le front haut, les yeux au ciel et les pieds sur terre pour accomplir ce qui est bon, pour accomplir ce que nous devons.
Et il y’a un petit proverbe que l’évangile de ce jour balaie, petit proverbe que vous avez trsè certainement entendu ou même proférer il s’agit du fameux : « qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ». En effet, qu’a fait la Vierge Marie pour mériter de voir son cœur transpercé d’un glaive de douleur, qu’a fait Notre Seigneur pour être ainsi assassiné. Ne faisons jamais de Dieu le bourreau de nos existences car Dieu n’est pas un bourreau, Il est bien celui qui nous accompagne et nous porte lors de nos difficultés. Et en ce dimanche, laissons-moi conclure par un poème brésilien que vous connaissez certainement mais que vous aurez, comme moi, plaisir à réentendre :
« Comme je marchais sur la plage, au soir de ma vie, avant de m'enfoncer dans l'océan de Dieu, je me suis retourné et j'ai vu sur le sable l'empreinte de mes pas. Chaque pas, était un jour de ma vie, et ils étaient tous là, aussi loin que pouvait monter mon regard. Je les ai tous comptés et je les ai tous reconnus, les jours de joie et les jours d'angoisse, les pas assurés et ceux qui trébuchent. Du plus loin que j'ai vu, à côté de mes traces s'imprimait une trace jumelle, et qui m'accompagnait jusqu'à mes derniers pas. C'était les pas de Dieu qui marchait côte à côte comme Il l'avait promis tout au long de ma vie. Comme un Père accompagne son enfant, Il avait marché à mon pas. Et comme je regardais ce long ruban de nos traces parallèles, il me sembla voir qu'à certains endroits il se rétrécissait, et que seule une empreinte se lisait sur le sable. C'était l'empreinte des jours les plus noirs, ces jours de larmes, de souffrances et de deuil, lorsqu'on se sent très seul et abandonné. Seigneur, ai-je crié, où étais-tu lorsque j'ai tant pleuré ? Pourquoi ne marchais-tu plus à mes côtés ? Et le Seigneur m'a répondu : "Mon enfant bien-aimé, l'unique trace que tu vois est la mienne, car à ces moments-là, Moi, Je te portais dans mes bras !" », « "Mon enfant bien-aimé, l'unique trace que tu vois est la mienne, car à ces moments-là, Moi, Je te portais dans mes bras !" ».
Amen.

Dimanche 26 janvier



C'est aujourd'hui la fin de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, et c'est en ce dimanche où nous sommes particulièrement invité à prier pour cette unité.
Notre prière pour l'unité s'inscrit pleinement dans cet appel criant de St Paul dans la 2nde lecture: "Le Christ est-il divisé ? je vous exhorte, qu'il n'y ait pas de divisions entre vous". Aujourd'hui, en dressant un état des lieux de la chrétienté nous ne pouvons que constater la multiplicité des communautés ecclésiales chrétiennes avec entre autre le mouvement protestant qui est multiple avec les luthériens, les calvinistes et l'ensemble des mouvances évangélistes, la fraternité St Pie X de Mgr. Lefebvre, les Eglises orthodoxes..etc. Et pourtant toute cette multiplicité se réclame d'appartenir au Christ mais le Christ serait-il divisé ? Non nous le savons comme l'affirme St Paul, le Christ est un, Il est unique, Il est la Vérité.
Mais en abordant cette considération il y'a une tentation qui demeure, celle de considérer que nous sommes tous chrétiens et que les différences sont négligeables, qu'il faudrait nier les oppositions pour construire une unité illusoire. La question fondamentale qui porte tout cela est relative à la question de La Vérité. Qui est davantage dans la Vérité ? Il ne s'agit donc pas de poser la question en fonction de l'élan de foi qui habite les chrétiens car il est raisonnable de penser que tous les chrétiens ont foi en Jésus Christ, il s'agit de poser la question de la vérité du contenu de Foi. Et pour répondre à cette question nous ne pouvons le faire qu'en nous appuyant sur notre Sainte Mère l'Eglise et particulièrement sur le concile Vatican II qui s'attache à recevoir du Seigneur le sens de l'unité. Je cite le concile : "Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des objectifs principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. Une seule et unique Église a été fondée par le Christ Seigneur. Et pourtant plusieurs communions chrétiennes se présentent aux hommes comme le véritable héritage de Jésus Christ. Tous certes confessent qu’ils sont les disciples du Seigneur, mais ils ont des opinions différentes. Ils suivent des chemins divers, comme si le Christ lui-même était divisé. Il est certain qu’une telle division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature." et plus loin : "ces Églises et communautés séparées, bien que nous croyions qu’elles souffrent de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique".
L'unité des chrétiens est donc à  rechercher dans l'unité catholique car l'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise catholique car l'Eglise du Christ est l'Eglise catholique. Mais peut-être que cette affirmation froissent vos oreilles car il y'a un certain complexe pour les catholiques que nous sommes, complexe à affirmer que l'Eglise catholique est l'Eglise du Christ et donc que l'Eglise catholique est la plus proche de la Vérité qu'est le Christ Lui-même, le Christ étant la tête de l'Eglise.
Or il nous faut bien comprendre que cette affirmation n'est pas une affirmation orgueilleuse qui serait utilisable pour fanfaronner mais bien plus, il nous faut percevoir l'exigence qui est la nôtre de témoigner par notre vie de notre appartenance à l'Eglise du Christ. En effet, c'est dans la reconnaissance humble et sincère de notre appartenance à l'Eglise du Christ que nous devons travailler pour être les dignes disciples du Christ. Ô combien l'Eglise souffre de voir ses disciples, clercs ou laïcs, présenter au monde un témoignage bien loin de l'Evangile et de la Tradition de l'Eglise, l'Eglise souffre de cela comme la redit notre Pape François mais malgré ces faux témoins l'Eglise demeure l'Eglise du Christ, demeure dépositaire de la grâce des sacrements, demeure dépositaire de la Révélation.
Alors en cette eucharistie, demandons au Seigneur une grâce pour chacun de nous celle de devenir les véritables disciples du Christ qui témoigne de sa présence par une vie de Foi de charité et d'Espérance, demandons au Seigneur une grâce pour l'Eglise catholique celle qu'elle puisse rayonner toujours davantage dans le monde, et demandons au Seigneur de porter par sa grâce le dialogue entre les différentes confessions chrétiennes afin que la division ne demeure pas et que l'unité se fasse dans la Vérité qu'Il est Lui-même.
Amen.

mercredi 22 janvier 2014

Dimanche 19 janvier - 2ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », cette parole de St Jean Baptiste à l’adresse du Seigneur Jésus est riche de significations prophétiques. Par ces quelques mots, St Jean-Baptiste reconnaît l’identité du Seigneur Jésus vrai homme et vrai Dieu, il reconnaît son innocence, sa pureté immaculée. Et dans un même temps, St Jean Baptiste perçoit, par grâce, la finalité de la venue dans la chair du Verbe de Dieu, il reconnait la finalité de la mission du Seigneur Jésus qui est certes venu pour nous révéler l’infini amour du Père mais qui est surtout venu dans la chair pour la racheter, pour racheter ce péché qui sépare l’humanité de Dieu, pour réconcilier l’humanité avec Dieu par son sacrifice de la Croix. Et pourtant, extérieurement, rien ne pouvait laisser supposer un tel destin pour le Seigneur Jésus, St Jean Baptiste reçoit par Révélation l’ensemble de cette prophétie qui constitue le fil directeur de la vie du Sauveur. Par-delà ce qui est visible, par-delà la simple réalité extérieure la grâce révèle à St Jean Baptiste la véritable personnalité de cet homme, révèle à St Jean-Baptiste l’identité divine de Jésus de Nazareth.
Et comme vous l’aurez très certainement remarqué, cette phrase de St Jean Baptiste est reprise au cœur de nos célébrations eucharistiques. Elle est reprise par le prêtre au moment où il présente au monde l’hostie consacré. Et là encore, la liturgie use de cette parole pour nous conduire à voir plus loin que la simple réalité extérieure. Le prêtre prend en cet instant la place de St Jean-Baptiste et il annonce la présence du Seigneur Jésus, il annonce que la réalité dépasse ce qui est visible, il annonce que Dieu est réellement présent sous le voile du pain.
Ainsi la personne de Jésus de Nazareth est présence pleine et entière de Dieu, tout comme l’hostie consacrée est présence pleine et entière de Dieu.
Et tout cela nous permet bien entendu d’affermir notre Foi en la personne de Jésus Christ, d’affermir notre Foi en la présence réelle de Dieu dans le sacrement de l’eucharistie et c’est déjà une très bonne chose mais il nous faut aller un peu plus loin pour percevoir ce qui porte ces deux réalités.
Pourquoi est-ce que Dieu s’incarne, pourquoi est-ce que Dieu se fait homme, pourquoi est-ce que Dieu se donne à nous dans le sacrement de l’eucharistie ? Ces deux réalités sont portées par une seule et unique chose à savoir l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous. C’est par amour que Dieu se fait homme, c’est par amour que Dieu se fait homme pour nous sauver, pour nous permettre de le retrouver dans l’éternité, c’est par amour que Dieu se fait pain pour nous nourrir de sa vie divine, pour nous aider à poursuivre ce chemin qui nous conduira jusqu’en l’éternelle béatitude. L’amour de Dieu est le moteur de toute l’histoire de notre rédemption et cet amour infini qui s’exprime dans ces dons ineffables doit résonner en nous jusqu’à nous donner la joie de pouvoir aimer Dieu, de pouvoir nous laisser aimer par Dieu.
C’est bien ce que soulignait le Pape Benoit XVI qui nous rappelait que : « à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un évènement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive… Comme Dieu nous a aimés le premier, l’amour n’est plus seulement un « commandement » mais il est la réponse au don de l’amour par lequel Dieu vient à notre rencontre ». La Foi constitue l’adhésion personnelle à la révélation de l’amour gratuit et passionné que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ.
Alors de grands cœurs, reconnaissons les manifestations de l’amour de Dieu qui nous rejoint particulièrement en cette eucharistie, laissons-nous envahir par l’amour ardent du Seigneur pour chacun de nous, fondons notre Foi sur cet amour car il est prémices de l’éternité6
Amen.

Dimanche 12 janvier - Fête du baptême du Seigneur

Célébrer le Baptême du Seigneur c’est retrouver le fondement de ce sacrement du baptême qui s’inscrit dans la grande tradition juive de la purification extérieure qui manifeste une purification intérieure. Mais le sacrement de baptême dépasse cette simple purification rituelle, le baptême procure de nombreuses grâces qu’il nous convient de nous rappeler en ce jour. Le baptême par le simple geste de l’eau accompagné des paroles « je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » rachète du péché originel, rachète de ce péché d’Adam et Eve qui a marqué notre humanité en la blessant de cette blessure du péché, il rétablie dans l’amitié et la communion avec Dieu et il oriente vers l’union à Dieu dans l’éternité bienheureuse. Le simple geste du baptême cache donc de nombreux trésors de grâces et c’est lui qui nous permet d’appeler Dieu Notre Père car nous devenons par lui enfant de Dieu, c’est lui qui nous établit sous l’étendard du Christ nous permettant de profiter pleinement des mérites du Seigneur.
En considérant tout cela, nous pouvons percevoir la grande grâce que font les parents lorsqu’ils demandent le baptême pour leurs enfants. Et je voudrais avec vous revenir sur une petite phrase que nous entendons bien souvent dans la bouche de certains parents : « nous ne demandons pas le baptême pour notre enfant car il choisira quand il sera plus grand ». En entendant cette phrase, je perçois un certain respect de la liberté de l’enfant ce qui pourrait être tout à fait respectable mais en réalité, lorsque des parents disent cela c’est qu’ils n’ont pas perçu toute la grandeur de ce sacrement, il le considère plus comme la carte d’un parti politique c'est-à-dire que le baptême identifiera leur enfant comme chrétien, comme catholique, ils ne perçoivent pas toute la grâce qu’induit, que procure le sacrement. Et d’autre part, est-ce que les parents attendent avant de nourrir leurs enfants, est-ce qu’ils attendent de savoir s’ils préfèrent les haricots aux courgettes, ils n’attendent pas, ils nourrissent leurs enfants en essayant leur donner le meilleur. Est-ce qu’ils attendent avant d’apprendre la langue française à leurs enfants car ils pourraient très bien préférer parler l’anglais ou le zoulou, ils n’attendent pas car en leur donnant d’apprendre le français ils permettent à leurs enfants de s’établir en société et de communiquer. Il y’aurait tant d’exemples à donner sur les choix que font les parents pour leurs enfants, des choix qui sont portés par la raison, par la logique et surtout qui sont portés par le fait que les parents désirent toujours ce qu’il y’a de mieux pour leurs enfants. Mais et le baptême, est-ce que le sacrement de baptême ne fait pas parti de ce meilleur à transmettre, est-ce que la Foi catholique n’en fait pas parti également ? Dès lors, si les parents désirent transmettre le meilleur à leurs enfants et bien la Foi devrait en faire partie et cela ne contrarie pas la liberté. En effet, combien parmi vous, parents ou grands-parents regrettent que leurs enfants, petits-enfants ne suivent pas le chemin de la Foi alors qu’ils ont tout fait pour le leur transmettre. Mais même s’ils semblent que vos enfants, petits-enfants aient pris des voies de traverses, le don de la Foi que vous leur avez fait continue de les habiter et peut-être qu’un jour ils découvriront la joie de l’Evangile, peut-être qu’un jour ils retrouveront le vraie chemin de la Foi. Ce qui a été donné, a été donné il suffit simplement que le don soit parfois redécouvert.
Pour chacun d’entre nous, le baptême est un élément fondateur de notre être, de notre personne, il nous appartient et nous définit car il nous donne de pouvoir être appelé enfant de Dieu mais vivons-nous vraiment de la grâce de notre baptême ? Le baptême est un point de départ, point de départ de notre vie spirituelle, de notre vie avec le bon Dieu et le baptême que nous avons reçu il y’a de nombreuses années est appelé à devenir le fondement d’un édifice magnifique qu’est celui d’une vie véritablement vécue avec le bon Dieu, d’un édifice couronnée par la sainteté.
Alors en ce dimanche où nous célébrons le baptême du Seigneur, prions pour tous ceux qui n’ont pas reçu le baptême afin qu’ils se laissent attirer par le Seigneur qui désire faire de chacun d’eux ses enfants, et prions également pour tous les baptisés et donc pour chacun d’entre nous afin que nous soyons toujours davantage fidèle à la grâce de notre baptême et qu’aujourd’hui nous réentendions Dieu le Père nous appeler ses enfants.
Amen.

Dimanche 5 janvier - Fête de l'Epiphanie

Que d’évènements, que d’évènements autour de ce petit enfant né dans une étable. Evènements merveilleux et surprenant qui ont vu les bergers s’approcher humblement de ce lieu accompagné des chœurs angéliques chantant la gloire de Dieu, qui ont vu briller cet étoile resplendissante qui illumine l’intimité de la crèche de ses doux rayons et qui attirent jusqu’auprès de l’enfant trois personnages, trois mages venus de contrées lointaines. Ces mages sont des scientifiques, scrutant le ciel ils ont aperçu cette étoile du berger qui illumine encore aujourd’hui notre voûte céleste, ils ont vu se lever cette étoile et ils se sont mis en route. Pourquoi se sont-ils mis en route, nul ne le sait mais ils ont dû être portés par un besoin impérieux, par la certitude que cet astre leur indiquait le plus grand trésor de l’humanité. Melchior, Gaspard et Balthasar, tels sont les noms que la Tradition leur a attribué car ils appartiennent aujourd’hui à l’histoire de l’humanité qui aujourd’hui célèbre leur arrivée au terme de leur voyage, leur arrivée auprès du plus grand trésor de l’humanité qui se repose, emmailloté, bercé par sa mère et réchauffé par le souffle puissants des bêtes voisines. Ils ont dû être étonné, ils quittaient un palais celui d’Hérode et ils pensaient très certainement retrouvés le même faste au pied de leur étoile mais l’écrin du trésor n’est constitué que de pailles protégées d’un toit de bois et de chaumes. Mais leurs âmes ont dû être saisies par la grâce car malgré la pauvreté du lieu ils ont déposé auprès de l’enfant Dieu ces présents qu’ils lui destinaient sans le savoir : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Et il nous faut prêter attention à ce qui met en route ces mages, à ce qui va les conduire auprès de Dieu. C’est la science qui va conduire ces mages. Petit signe ancien qui tend à nous montrer que la science ne s’oppose pas à la Foi mais que, bien plus, la science peut être un véritable chemin de Foi. Comme le disait Louis Pasteur : « Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène » car l’ordonnancement du monde ne peut que conduire à reconnaître l’existence d’un ordonnateur, la bonté intrinsèque à notre monde malgré ses déficiences ne peut que conduire à reconnaître la bonté du créateur qui se déploie avec force et douceur dans les babillages de cet enfant honoré à la crèche. La science n’est bien souvent érigée comme ennemi de la Foi que lorsqu’elle est elle-même soumise à une idéologie qui ne s’extasie pas devant la beauté du monde mais qui désire le contrôler et l’asservir car comment reconnaître Dieu si l’on veut prendre sa place… Et cela est bien vrai aujourd’hui avec les tendances eugénistes de la recherche scientifique, avec la négation du mystère de la vie bafouée par la recherche embryonnaire, il est certain que cette science-là ne peut reconnaître Dieu car en définitive elle ne reconnaît même pas l’homme.
Les mages quant à eux se sont laissés porté par leurs sciences et ce jusqu’à rendre hommage à un bambin qui cache en sa personne la vraie présence de Dieu. Et à travers leurs visites nous pouvons déjà discerner l’universalité du message que vient délivrer au monde, que vient délivrer à l’ensemble de l’humanité Dieu lui-même véritablement présent dans la personne de ce petit être emmailloté de langes. Dieu est venu en notre temps dans cette terre de Palestine, au milieu de ce peuple d’Israël que Dieu avait choisi et préparé depuis Abraham, Dieu est venu d’abord pour ce peuple d’Israël mais Il est aussi venu pour tous, pour tous les hommes, de tous les temps, de tous les lieux. Et les mages manifestent déjà cette dimension universelle de la venue dans la chair de Dieu Lui-même. Par leurs présents nous pouvons reconnaître l’accueil que fait le monde à ce petit enfant, le monde honore l’incarnation divine à travers la venue de ces mages.
Alors aujourd’hui, en ce dimanche, honorons nous-même notre Seigneur et offrons Lui en nos cœurs en nos âmes nos humbles présents que sont nos bonnes résolutions spirituelles pour l’année à venir et prions afin que les scientifiques puissent se laisser guider par leurs étoiles jusqu’à rendre hommage à Dieu qui leur tend les bras. Amen.

Homélie du 29 décembre - Fête de la Sainte Famille

La sainte Vierge Marie, St Joseph et le Seigneur Jésus, tels sont les membres de la sainte Famille que nous honorons aujourd’hui. Et il nous faut tout d’abord relever les particularités de cette sainte Famille si exceptionnelle. La mère n’étant autre que la Ste Vierge Marie, d’immaculée conception, elle qui a enfanté un Fils, fruit unique de l’Esprit Saint. Le père n’étant autre que St Joseph, cet homme juste et pieu qui protégea sa famille grâce à sa confiance en Dieu. L’enfant n’étant autre que Dieu Lui-même.
Et il est heureux de pouvoir constater combien Dieu a désiré respecter l’ordre humain. En effet, Dieu aurait déjà très bien pu se passer de la Vierge Marie et s’incarner seul selon d’autres modalités que celles que nous avons contemplées à la crèche. Dieu aurait pu écarter St Joseph en accompagnant des saints anges la Vierge Marie. Dieu aurait pu agir de nombreuses autres manières et pourtant, et pourtant Dieu a choisi et voulu que tout se déroule comme nous le connaissons. Dieu a voulu prendre chair en la Vierge Marie, Dieu a voulu être adopté par St Joseph, Dieu a voulu respecter l’ordre humain de la génération qui s’entend idéalement au sein d’un couple uni et amoureux, au sein d’un couple empli de foi et de charité. En choisissant de s’incarner dans le couple que forme St Joseph et la Vierge Marie Dieu a respecté son propre enseignement de la genèse : « l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un », prescription originelle qui fonde l’unité du couple et qui donne à l’enfant naissant la meilleure structure pour sa croissance et son développement.
Et si Dieu a agi ainsi, c’est bien pour nous montrer l’idéal de la famille. Ainsi, en se faisant homme en Jésus Christ, Dieu nous montre notre véritable humanité, et en se faisant homme dans une famille, Dieu nous montre le véritable ordre familial. Et en recevant cet enseignement du Seigneur nous ne pouvons dès lors qu’essayer de construire chaque famille selon ce modèle. Or la sainte Famille ne brille pas par des avantages sociaux, la sainte Famille ne brille pas par une quelconque gloriole humaine, ce qui fait la grandeur de la sainte Famille c’est Dieu Lui-même, Dieu présent en la Foi de St Joseph, Dieu présent en la Foi immaculée de la Vierge Marie, Dieu réellement présent en Jésus Christ. C’est donc pour toutes les familles une invitation à la Foi, à la Foi pleinement vécue, une invitation à faire de Dieu le participant essentiel de la vie de famille. Et rendre Dieu participant de la famille c’est permettre à Dieu d’agir au sein de la famille, c’est permettre à Dieu de la protéger, de la guider et de la sauvegarder.
Mais nous pourrions nous poser la question de savoir comment rendre Dieu participant de la famille et, s’il est certain que la prière en famille est un élément essentiel il n’en demeure pas moins que cette participation de Dieu est relative à la sainteté de chacun des membres de la famille. C’est la sainteté personnelle qui peut rayonner sur la sainteté familiale. Nous ne sommes donc pas dans l’ordre du faire mais bien dans l’ordre de l’être, de l’être avec Dieu, de l’être en Dieu. C’est en effet la sainteté personnelle qui permettra d’appréhender les différentes difficultés inhérentes à la vie familiale dans un véritable esprit de charité enclin à la miséricorde, c’est la sainteté personnelle qui permettra de construire le futur en y recherchant l’accomplissement de chacun dans une référence fondamentale à l’ordre divin. Mais attention, ne tombons pas dans ce travers qui peut concerner également la vie familiale même s’il la déborde, ne tombons pas dans ce travers qui consiste à voir les déficiences des autres en s’excusant des siennes car si nous pouvons travailler à la sainteté des autres ce ne sera qu’à travers notre enracinement personnel dans la grâce sanctifiante du Seigneur. Ne jugeons pas ceux qui nous entourent car ils pourraient être meilleurs si nous l’étions nous-mêmes. Si cela est vrai dans la vie de tous les jours combien plus cela se vérifie dans le cocon familial. Ne jugeons pas ceux qui nous entourent car ils pourraient être meilleurs si nous l’étions nous-mêmes.
Alors en ce jour, contemplons la sainte famille, nourrissons nos âmes de sa sainteté afin que nous puissions discerner le chemin qui nous fera grandir personnellement sur la voie de la sainteté, afin que nous puissions discerner le chemin qui fera de nos familles des imitations de la sainte famille.
Amen.