Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 14 mars 2020

Suspension des messes - Homélie du Dimanche 15 Mars 2020

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Ensemble Paroissial St Honorat
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Paroisses Catholiques de La Bouilladisse,
La Destrousse, Peypin et Belcodène


Faisant suite aux recommandations gouvernementales ainsi qu’aux recommandations de notre Archevêque S.E. Mgr. Jean-Marc AVELINE, la célébration des messes est suspendue jusqu’à nouvel ordre.
Mon cœur de prêtre s’attriste de cette situation mais sachez que la messe sera célébrée chaque jour à vos intentions, à l’intention de nos paroisses, de notre diocèse, de notre pays et du monde. Que le Seigneur demeure la lumière qui brille dans la nuit.
Comme nous l’enseigne St Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? […] Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ».
Demeurons ferme dans la Foi, l’Espérance et la Charité, fidèle à la prière. Par Amour de Dieu, ayons une Charité inventive envers chacun de nos prochains particulièrement les plus vulnérables.
En vous assurant de ma prière et de ma disponibilité
M. l’abbé VASSEUR Matthias, curé +




Homélie :


Que se passe-t-il ? Quels sont ces évènements que nous sommes en train de vivre ? En Îles de France, les messes dominicales sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, chez nous, la limite de 100 personnes est appliquée et il est recommandé aux personnes de plus de 70 ans de rester chez elle sans pour autant manquer au précepte dominical. Par-delà ces dispositions ecclésiales, c’est toute la société qui, d’un seul coup, semble presque s’effondrer.
Une question que nous pouvons recevoir c’est peut-être ce que cette crise nous révèle de nous-même, de notre société. Aujourd’hui, un éternuement est signe de maladie contagieuse qui rappelle à l’homme qu’il ne fait que passer sur cette terre. Non pas à cause de quelques choses d’énormes mais à cause de quelques gouttelettes semées au vent. Ainsi, aujourd’hui, l’humanité semble reprendre conscience que la mort fait partie de la vie et que la vie est en elle-même particulièrement fragile. De tous temps, les épidémies ont parcouru le monde, la peste à Marseille en fut un exemple des plus dramatiques mais depuis longtemps, nous étions épargnés grâce à notre système de santé et notre richesse alimentaire mais tout ceci est balayé. Et cela doit nous inviter à retrouver une plus grande compassion pour tous ceux qui vivent dans des pays moins riches que le nôtre et qui vivent cette dramatique réalité beaucoup plus souvent que nous. Un prêtre africain avait cette expression : la vie de l’africain est dans la main de Dieu. Marquant ainsi combien cette vie fragile qui est notre lot à tous ne doit trouver comme unique pilier que Dieu Lui-même. Car il nous faut nous le rappeler et les évènements nous y invitent, la valeur de notre vie se trouve dans l’éternité. Dire cela ce n’est pas de la méthode Coué pour se dire que tout va bien même si tout semble tourner au drame, non, c’est retrouvé dans la Foi notre véritable identité, c’est ressaisir combien le Salut obtenu par le Christ demeure la voie de la vie véritable. Cela ne signifie pas non plus que notre vie d’ici-bas n’aurait pas d’importance mais que l’importance de notre vie se mesure à l’aune de l’éternité et donc à l’aune de notre capacité à accueillir pleinement l’amour dont Dieu nous comble.
Ainsi, ne considérons pas que cette épidémie serait une punition divine car rappelons-nous que le Seigneur ne veut pas la mort du méchant mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Considérons bien plus que cette épidémie nous remet à notre place, nous rappelant que la mort appartient à toute vie, que le Salut chrétien est offert à tous si tant est que tous l’accueillent au plus profond de leur être. Ne considérons pas non plus que les dispositions qui sont et qui seront prise par notre Archevêque seraient empreint d’un manque de Foi, rappelons-nous que la prudence demeure une vertu qui nous invite à la charité envers les plus faibles dont nous sommes peut-être sans forcément le savoir. Nous ne sommes pas plus fort qu’un petit virus !!! Et si la Foi nous assure de la présence, du soutien et de la grâce du Christ Sauveur c’est d’abord quant à notre avenir éternel. En ce sens, comme nous le rappelait le Seigneur Jésus au désert en réponse au démon : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Ainsi, vu que ce n’est pas la Foi qui est visée par les dispositions prises au niveau étatique, il convient, en toute prudence et charité, de respecter les indications données par notre Archevêque dans un mouvement de soumission filiale et de confiance sereine. Notre Archevêque reçoit la grâce pour guider le troupeau, dont nous sommes, particulièrement dans l’adversité alors, si nous avons confiance en Dieu, ayons aussi confiance en lui.
Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, gardons pour nous même l’adage africain, remettons notre vie entre les mains de Dieu par la prière fidèle et confiante, par une charité inventive en ces temps difficiles. Remettons notre vie entre les mains de Dieu, aujourd’hui et toujours même lorsque le virus sera chassé car c’est bien là que doit se trouver notre vie, entre ses mains à Lui. Amen.

12 Mars - 2ème Dimanche de Carême


Le récit de la transfiguration marque les esprits dans la manifestation visible de la divinité du Christ. Cette théophanie porte l’affirmation que le Christ n’est pas un sage aussi honorable serait-il, que le Christ n’est pas un réformateur ou bien encore un révolutionnaire, le Christ est vrai homme et vrai Dieu et en ce dimanche, son humanité transpire de sa divinité, en ce jour, la gloire divine se donne à contempler. Et cet évènement visible est encore accentué par l’appel impérieux de Dieu le Père, appel à écouter Dieu le Fils, Dieu fait homme, appel à écouter le Christ.
Et si nous entendons ce récit de la transfiguration en ce deuxième dimanche de Carême c’est pour nous rappeler quelles doivent être les fondations de notre carême mais aussi plus largement, plus essentiellement, quelles doivent être les fondations de nos vies. Et ces fondations reposent sur un unique pilier qu’est celui de la reconnaissance dans la Foi de la personnalité du Christ, dans la Foi en la divinité du Christ qui permet notre rédemption et c’est cette Foi sereine et certaine qui nous conduit à être attentifs, à écouter la Parole que le Seigneur nous adresse et qui traverse les siècles portée par l’Eglise à écouter la Parole que le Seigneur nous adresse et à la mettre en pratique en nos vies.
Car si le Christ est notre unique fondation, notre unique pilier, nous sommes tous appelés à vivre de ce mystère de la transfiguration et il nous faut nous rappeler que nous sommes tous appelés à être transfiguré, transfiguré non par nos efforts ou notre volonté, mais transfiguré par l’acceptation toujours plus entière, toujours plus radicale du Christ Lui-même, nous sommes tous appelés à transpirer le Christ. Et si nous considérons les saints qui peuplent l’histoire de l’Eglise, nombreux sont ceux qui ont vécu cette réalité, nombreux sont ceux qui, par leurs simples présences, permettaient la présence de Dieu tout simplement parce que Dieu habitait leurs vies, habitait leurs cœurs et leurs âmes. Et c’est bien en ce sens que ce que nous donnons à voir de nous-même est un témoignage, notre manière de vivre et d’être est un témoignage et ô combien il nous faut redouter le fait d’être des contres témoignages, combien il nous faut redouter que, par notre faute, certains puissent se détourner du Christ.
Alors attachons-nous à vivre du Christ, à être transfiguré par sa grâce, à être porteur de la joie du Christ, de la paix divine, d’une Foi ardente et contagieuse. Et il nous faut encore le réentendre, cette transformation de nos vies, de nos personnes n’est pas d’abord le fruit d’un volontarisme ou d’efforts surhumains, la transfiguration de nos vies c’est bien le Christ qui l’opèrera si nous le laissons faire. Rappelons-nous à ce sujet ce que disait Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, et recevons pour notre méditation de ce dimanche ce que cette grande sainte, cette docteur de l’Eglise écrivait :
« Moi je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d’un léger duvet. S’envoler comme les aigles, n’est pas en son pouvoir.  Le petit oiseau ne va pas même s’affliger. Avec un audacieux abandon, il veut rester à fixer son Divin Soleil; rien ne saurait l’effrayer, ni le vent, ni la pluie et si de sombres nuages viennent à cacher l’Astre d’Amour, le petit oiseau ne change pas de place, il sait que par-delà les nuages son Soleil brille toujours.
Quel bonheur pour lui de rester là quand même, de fixer l’invisible lumière qui se dérobe à sa foi ! Jésus, jusqu’à présent je comprends ton amour pour le petit oiseau, puisqu’il ne s’éloigne pas de toi…mais je le sais, et tu le sais aussi, souvent, l’imparfaite petite créature tout en restant à sa place se laisse un peu distraire de son unique occupation.
Il prend une petite graine à droite et à gauche court après un petit ver… puis rencontrant une petite flaque d’eau il mouille ses plumes à peine formées, il voit une fleur qui lui plaît, alors son petit esprit s’occupe de cette fleur… enfin, ne pouvant planer comme les aigles, le pauvre petit oiseau s’occupe des bagatelles de la terre. Parfois il est vrai, le cœur du petit oiseau se trouve assailli par la tempête, il lui semble ne pas croire qu’il existe autre chose que des nuages qui l’enveloppent ; c’est alors le moment de la joie parfaite pour le pauvre petit être faible.
Oh ! Jésus, que ton petit oiseau est heureux d’être faible et petit, que deviendrait-il s’il était grand ? S’il était grand, jamais il n’aurait l’audace de paraître en ta présence, de sommeiller devant toi.. oui, c’est là encore une faiblesse du petit oiseau lorsqu’il veut fixer le Divin Soleil et que les nuages l’empêchent de voir un seul rayon; malgré lui ses petits yeux se ferment, sa petite tête se cache sous la petite aile et le pauvre petit être s’endort, croyant toujours fixer son Astre Chéri. À son réveil, il ne se désole pas. Son petit cœur reste en paix, il recommence son office d’amour, il invoque les Anges et les Saints qui s’élèvent comme des Aigles vers le Foyer dévorant, objet de son envie et les Aigles prenant en pitié leur petit frère, le protègent, le défendent et mettent en fuite les vautours qui voudraient le dévorer.
[Et Toi Jésus] Caché sous l’apparence d’une blanche hostie, Aigle éternel, tu veux me nourrir de ta divine substance, moi, pauvre petit être, qui rentrerais dans le néant si ton divin regard ne me donnait la vie à chaque instant… Ô Jésus ! Laisse-moi dans l’excès de ma reconnaissance, laisse-moi te dire que ton amour va jusqu’à la folie…  Comment veux-tu devant cette folie, que mon cœur ne s’élance pas vers toi ?
Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses… et ma folie à moi, c’est d’espérer que ton Amour m’accepte comme victime… Ma folie consiste à supplier les Aigles mes frères de m’obtenir la faveur de voler vers le Soleil de l’Amour avec les propres ailes de l’Aigle divin…
Aussi longtemps que tu le voudras, ô mon Bien-Aimé, ton petit oiseau restera sans forces et sans ailes, toujours il demeurera les yeux fixés sur toi, il veut être fasciné par ton regard divin, il veut devenir la proie de ton Amour… Un jour, j’en ai l’espoir, Aigle Adoré, tu viendras chercher ton petit oiseau et remontant avec lui au Foyer de l’Amour, tu le plongeras pour l’éternité dans le brûlant Abîme de Cet Amour auquel il s’est offert en victime… »
Alors laissons-nous emporter par l’Aigle divin, laissons-nous emporter par le Christ, ne cherchons pas à nous transfigurer mais laissons-le Christ nous transfigurer et cela en gardant nos âmes aux côtés du Seigneur, en l’aimant, en le priant, en le recherchant, en vivant avec Lui.
Amen.

1er Mars - 1er Dimanche de Carême


En ce dimanche, laissez-moi, avec vous, ressaisir l’unité des textes que nous livre la liturgie de ce week-end. Et pour cela, laissez moi vous pouvez la question est-ce que Dieu est bon ? La bonté de Dieu est bien ce qui qualifie particulièrement l’être divin. Mais si maintenant nous nous interrogeons pour savoir si l’homme est bon ? Et bien nous aurions tous assez d’humilité et de réalisme pour reconnaître que l’homme est capable du meilleur mais il est aussi capable du pire. Et pourtant Dieu a créé l’homme, comment se peut-il que de la bonté infinie de Dieu jaillisse une créature et bonne et mauvaise ? Si vous avez un pot de peinture jaune, tout ce que vous pourrez créer sera en jaune, ainsi, tout ce qui doit jaillir de la bonté créatrice qu’est Dieu est totalement bon pourtant l’homme ne l’est pas… C’est à cette constatation que répond le livre de la Genèse particulièrement en ce passage qui nous est livré en ce dimanche. Car oui, même si le livre de la Genèse n’est pas un reportage à l’épaule, il demeure ce récit mythologique qui nous livre la vérité existentielle de notre humanité. Ainsi, Adam et Eve ont été créé totalement bon mais ils ont aussi été créé avec le libre arbitre, avec la capacité de choisir. Et Satan, cet ange déchu qui lui aussi a été créé totalement bon et avec un libre arbitre mais qui s’est opposé à Dieu au point de devenir l’opposé de Dieu. Satan va conduire Adam et Eve à s’élever eux même contre Dieu. En effet, le péché originel, tel que nous l’appelons est certes un péché de désobéissance mais plus foncièrement il est un péché d’orgueil, un péché d’opposition à Dieu. La phrase de Satan, la phrase du serpent : « vous serez comme des dieux » synthétise toute l’essence de ce péché des origines. Et en s’opposant à Dieu, Adam et Eve se sont volontairement coupé de Lui en posant un acte négatif d’une valeur infinie.
Et si nous maintenant, nous nous interrogeons pour savoir si nous pouvons, pour racheter ce péché des origines d’une valeur négative infini, si nous pouvons poser un acte d’une valeur positive infini et bien nous serions contraints de reconnaître que nous ne le pouvons pas, tous les actes que nous posons ont nécessairement un début et une fin. Ainsi Adam et Eve, et l’humanité après eux ne peut pas rétablir l’amitié originelle avec Dieu. Et c’est ici que se manifeste toute la bonté de Dieu en notre encontre.
Car c’est parce que nous n’avons pas la capacité de racheter le péché originel en vue de retrouver l’amitié divine, parce que nous ne pouvons pas poser un acte d’une valeur positive infinie que Dieu s’est fait homme en Jésus Christ. Dieu s’est fait homme en Jésus Christ afin de permettre au Christ qui est pleinement Dieu de poser un acte positif d’une valeur infinie, afin de permettre au Christ qui est pleinement homme d’appliquer ce rachat à l’ensemble de l’humanité qui se confie à Lui. C’est en ce sens que Dieu Lui-même est venu régler la dette du péché et cela en témoignant jusqu’à son dernier souffle de l’Amour infini de Dieu afin de conduire l’humanité à accepter et à vivre de cet Amour divin. C’est ce dont témoigne St Paul en la deuxième lecture. Et le Christ a témoigné de l’infini amour de Dieu par sa passion et par sa mort ; par sa résurrection le Christ nous manifeste que nous sommes faits pour retrouver éternellement l’amitié divine, la béatitude.
Et c’est par le bain du baptême que l’humanité se place sous l’étendard du Christ, se dispose à vivre de se rachat opéré par le Christ. Mais nous le savons, le combat continue même après le baptême et les tentations du Christ le manifeste bien. Même après le baptême demeure ce combat contre nous même, contre notre nature orgueilleuse fruit du péché originel, combat contre le tentateur c'est-à-dire contre Satan et tous les esprits démoniaques qui poursuivent leur œuvre d’opposition à Dieu. Et surtout, ne faisons pas mentir l’Evangile et le Christ en considérant que le Diable, les démons, et l’enfer ne seraient que des illusions, c’est une réalité qui dépasse certes l’ordre appréhendable d’une manière primaire mais qui demeure vrai. Cependant, rappelons-nous toujours que le Christ demeure vainqueur comme nous le rappelle l’évangile de ce dimanche et nous savons alors qu’en Lui, qu’en nous abandonnant totalement à Lui nous sommes également vainqueurs du mauvais et du péché.
            Dès lors, en ce 1er Dimanche du temps de Carême, ressaisissons combien nous avons besoin d’être sauvé par le Christ, que nous avons besoin de sa grâce pour lutter contre le péché en nos vies, que nous avons aussi la nécessité de manifester au monde qu’il court à sa perte en rejetant le Christ qui est l’unique sauveur. Ainsi, avançons dans ce combat contre nous-même et contre l’Adversaire avec les armes de la prière, du jeûne et de la pénitence, avançons aussi en ayant souci de notre mission de permettre au plus grand nombre de vivre dès maintenant de la grâce salvifique du Seigneur en vu d’être établi dans la béatitude. Voilà notre Foi, voilà notre combat, voilà notre mission.
Amen.

2 Février - Fête de la Bienheureuse Mère Marie de Jésus


« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », en entendant cette parole du Seigneur en ce jour, nos esprits ne peuvent que se transporter à quelques pas de cette chapelle pour rejoindre le lieu de l’assassinat de la Bienheureuse Mère Marie de Jésus. Ce lieu qui témoigne certes de la douleur et de la mort, qui témoigne également de la haine de certains contre Dieu et ceux qui Le servent mais ce lieu résonne encore des ultimes paroles de la bienheureuse : « Je lui pardonne pour l’œuvre ».
Alors certes, ces dernières paroles sont déjà bien inaudibles pour le monde assoiffé de vengeance. Pardonner à la main qui me tue, voilà bien là une folie aux yeux du monde qui s’accroche à la vie en pensant ainsi atteindre les sources de la fontaine de jouvence. Mais pour nous, en étant porté par les Paroles même du Seigneur nous pouvons voir plus loin et saisir, dans un réalisme vrai quant à la nature de notre existence humaine destinée à l’éternité bienheureuse, nous pouvons saisir l’enracinement de ce pardon. « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux », cet appel que le Seigneur nous adresse à tous et à chacun prend toute sa profondeur aujourd’hui dans ces dernières paroles de la bienheureuse. Essayons ensemble d’emprunter ce chemin pour nous laisser nous aussi irradier par la grâce.
Porté par la Foi, nous le savons, notre vie d’ici-bas n’est que le tremplin vers l’Eternité, notre vie toute entière ne trouve son sens véritable que dans cette recherche permanente de l’union à Dieu, dans l’offrande de notre être à la présence divine. Et alors que nous rentrons dans ce temps du Carême nous retrouvons ici toute la portée de ce temps liturgique qui doit nous aider à nous abandonner entre les mains de Dieu, nous abandonnant nous même pour laisser toute la place au Seigneur. La Bienheureuse le dit avec force en écrivant : « Sacrifions tout, détruisons tout, écartons tout ce qui gêne l’union intime de nos âmes avec Jésus ! Il en coûte, mais il en coûte encore plus de sentir un mur entre le Bien-Aimé et nos pauvres âmes. Plus rien que Jésus ». Quel magnifique écho à ce cri de Ste Thérèse d’Avila : « Dieu seul suffit ».  Et prenons au sérieux ces paroles : plus rien ! que Jésus ! c'est-à-dire que tout devient second par rapport à Dieu, tout, même notre propre vie que nous recevons d’ailleurs de sa grâce. Et nous voyons là s’opérer un formidable changement de référentiel, nous percevons combien la vie du monde est bien éloignée de la vie de la Foi car la Foi nous donne comme unique trésor, comme unique objet de nos désirs, comme unique fin de notre existence le Seigneur Jésus.
Et vous mes biens chères sœurs, vous nous rappelez cela, séparé du monde que vous portez dans vos prières vous cherchez toujours plus à laisser toute la place au Christ. Et par votre vie vous nous rappelez quel doit être notre vie à tous car c’est bien chacun d’entre nous qui est appelé sur ce chemin, ce chemin de sainteté et de conversion qui demeure un combat. Combat contre nous même, contre notre nature blessée marquée par le péché, combat contre notre orgueil qui nous fait nous illusionner sur nous même en nous faisant croire à notre autosuffisance. Et ne pensons pas que ce combat ne fut pas aussi celui des saints, ne fut pas aussi celui de la bienheureuse Mère Marie de Jésus. Ce combat en faveur du Christ en chacune de nos vies il nous concerne nous tous et la bienheureuse en laisse transparaître une bribe au sujet du sacrement de la confession lorsqu’elle écrit : « Je me confesse à peu près tous les quinze jours […] Croiriez-vous que j’ai, plus que jamais mes vieilles répulsions pour le confessionnal ? C’est une vraie tentation que j’ai la lâcheté de ne pas vaincre, reculant le pas quand il me coûte trop à faire. Voilà un premier point à réformer ; mais il n’est pas commode, car il est impossible de dépeindre mes répugnances ». Ainsi oui, ce combat contre soi-même habite chaque âme humaine mais ne nous égarons pas en pensant qu’il nous faudrait compter sur nos pauvres forces, ce serait encore tomber dans l’illusion de notre soi-disant puissance. Non, ce n’est pas nous qui devons régner sur nous même, mais nous devons permettre au Christ de régner sur nous ! Et comme l’écrit encore la Bienheureuse citant Ste Marguerite Marie : « assurons-nous que, si nous lui sommes fidèles, nous ne manquerons de secours que lorsque Lui-même manquera de puissance ». Ainsi, même et peut-être surtout en notre conversion, comptons uniquement sur le Christ.
C’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous lui permettrons de régner sur nos âmes et nos vies et que nous nous laisserons porter sur le chemin de la sainteté ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que la charité divine embrasera nos âmes d’amour et de pitié pour toutes les âmes errantes de notre temps ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous souffrirons avec Lui des offenses injustes qu’Il subit ; c’est en étant uni toujours plus radicalement au Christ que nous pourrons vivre en chaque instant : Plus rien ! Que Jésus !
Amen.

23 Février - 7ème Dimanche du Temps Ordinaire


En entendant l’évangile de ce dimanche, il nous faut tout d’abord nous rappeler que la fameuse loi du talion donnée par Dieu au peuple d’Israël, le fameux œil pour œil, dent pour dent, est déjà un progrès en ce sens ou cette loi du talion régule la violence et évite l’escalade. Cette loi du talion est donc une première avancée morale pour l’humanité. Mais, comme le Seigneur nous le dit par ailleurs, le Seigneur Jésus n’est pas venu abolir mais accomplir la loi et nous en avons ici un exemple. En effet, le Seigneur n’aboli pas cette loi du talion mais Il invite à la dépasser, à la dépasser et cela par l’amour. C’est en ce sens que nous recevons cette nouvelle Loi : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ».
Et si nous prenons le temps de vraiment considérer cet appel du Seigneur à l’amour des ennemis nous pouvons percevoir combien nous sommes bien loin d’une vision romantique de l’amour, nous sommes bien loin des fleurs bleues où des contes à l’eau de rose. Aimez vos ennemis, il n’y a certainement rien de plus exigeant que cela, rien qui ne touche au plus intime de notre être et qui répugne à notre nature bien plus portée à la vengeance qu’au pardon et encore moins qu’à l’amour.
Mais là encore, rappelons-nous que ce que le Seigneur nous demande, c’est ce que le Seigneur est en Lui-même et que c’est donc aussi ce que le Seigneur vit. Oui, Dieu Lui-même aime ses ennemis. Et heureusement car nous sommes parfois de ses ennemis du Seigneur lorsque nous ne permettons pas à sa grâce d’irradier nos vies, lorsque nous le chassons de notre quotidien, lorsque nous faisons tout simplement œuvre de péché. Alors bien sûr me direz-vous, il y’a plusieurs degrés d’inimitié, plusieurs catégories d’ennemis. C’est vrai. Mais il n’empêche que Dieu malgré nos infidélités continue à nous aimer car ce qui porte la relation de Dieu à notre encontre c’est l’amour et non une vision comptable de nos mauvaises actions. Dieu nous aime et parce qu’Il nous aime Il est enclin à nous faire miséricorde alors que nous ne méritons pas sa miséricorde. Et rappelons-nous le plus bel exemple de la vie du Seigneur Jésus qui manifeste ce pardon de Dieu pour ses ennemis, rappelons-nous que le Seigneur Jésus cloué sur la croix a pardonné à ses bourreaux : « Père pardonne-leur ».
Et bien il doit en être de même pour nous envers nos ennemis. Tout comme le Seigneur, nous sommes invités à faire œuvre de miséricorde. Et même si la miséricorde n’empêche pas la justice, la miséricorde la dépasse. Nul doute que cela est bien le plus difficile à vivre mais c’est bien là, dans cet amour inconditionnel que s’enracine notre Foi que doit se vivre notre Foi. Et il y’a un exemple marseillais qui nous est donné en cette semaine. En effet, nous allons fêter la Bienheureuse Mère Marie de Jésus la fondatrice du monastère de la Serviane. Cette Bienheureuse fut assassinée dans le jardin du monastère par le jardinier anarchiste et ses derniers mots furent : « Je lui pardonne ». Ayons donc à cœur de vivre pleinement de la Foi et faisons œuvre de miséricorde envers nos ennemis. Combien de famille, combien de couple se déchirent à cause d’un pardon refusé, combien d’âme s’aigrisse sur une douleur qu’on leur a infligé par appétit de vengeance…
Alors prenons le temps en cette eucharistie, prenons le temps de considérer nos ennemis, de quelques degrés qu’ils soient, grands ou petits, et demandons au Seigneur la force de leur pardonne et surtout, demandons Lui la force de les aimer.
Amen.

16 Février - 6ème Dimanche du Temps Ordinaire


Bien chers amis, recevons avec gravité la Parole du Seigneur que nous venons d’entendre : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Il nous faut prendre au sérieux cette parole car c’est bien le Ciel que nous désirons, c’est bien la vie en Dieu qui constitue le but essentiel de notre existence d’ici-bas, l’objet premier de notre pèlerinage sur cette terre.
Et si l’expression : « si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens » pourraient nous sembler quelque peu obscur, le Seigneur, par les exemples qu’Il nous donne, nous permet d’en saisir le sens.
Mais avant d’aller plus loin, rappelons-nous que la vertu de justice consiste à rendre à chacun selon son dû. Et si le Seigneur nous parle de la justice des pharisiens c’est bien parce que la justice concerne également le culte que nous devons rendre à Dieu. Rendre un culte au Seigneur cela appartient à la vertu de justice. Mais les pharisiens étaient remarqués, et le Seigneur Jésus s’en fait l’écho dans de nombreuses pages d’évangiles, les pharisiens étaient attachés presque exclusivement à une pratique extérieure de la Loi. C'est-à-dire que les pharisiens se considéraient juste parce qu’ils faisaient ce que la loi juive leur indiquait. Mais cette attitude extérieure, ces actions extérieures de dévotions n’étaient pas accomplies en étant porté par le désir premier de plaire à Dieu. Voilà désigné la fameuse hypocrisie des pharisiens qui paraissent juste extérieurement mais ne le sont pas intérieurement. Gardons toujours à l’esprit la distinction entre l’être et le paraître.
Ceci étant dit, le Seigneur Jésus ne nous invite pas à rejeter cette justice des pharisiens mais Il nous demande de la dépasser. Cette distinction est importante car parfois le chrétien peut avoir la tentation d’évacuer la loi  en se disant que Dieu est Amour et donc la loi n’a plus de sens. Cette vision des choses ne suit pas la Parole du Seigneur de ce dimanche et, par ailleurs, il est souvent oublié que l’Amour a un visage, une identité et donc des règles. Dieu n’est pas informe, son Amour n’est pas informe et donc notre relation à Dieu qui est Amour n’est pas informe.
Mais alors, tout en gardant la Loi, non plus la loi juive des pharisiens mais la loi du Christ et de l’Eglise, comment dépasser la justice des pharisiens ?
Nous l’avons bien compris, faire pour faire, cela n’a qu’un sens extérieur qui peut rassurer notre ego, qui peut même parfois nous faire briller en face des autres qui remarqueront notre dévotion, mais tout cela est trompeur car ces actes ne seraient pas posés pour Dieu mais pour nous même ou pour briller. Ainsi, pour nous, il nous faut toujours chercher à agir d’abord pour Dieu, en sa faveur, en faveur de sa présence en nos vies, en faveur de notre Amour pour Dieu. C’est notre Amour de Dieu qui doit porter notre agir. Nous devons donc respecter la Loi du Christ et de l’Eglise mais non par obligation mais par Amour, avec cet attachement du cœur qui nous conduit à trouver nos délices dans la Loi à cause du chemin vers Dieu qu’elle balise.
Et à ce moment-là, l’orgueil est chassé pour laisser place à une humilité vraie qui nous place à la suite de Dieu et non plus face aux autres ou à nous même. Suivre une Loi que nous recevons, cela fait appelle à l’humilité, la suivre par Amour voilà notre être chrétien.
Et si cela concerne d’une manière particulière toute notre vie spirituelle, considérons également que c’est notre vie toute entière qui doit être gouverné avec ce même principe comme nous l’enseigne par ailleurs St Paul : « Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire à des hommes : vous savez bien qu’en retour vous recevrez du Seigneur votre héritage. C’est le Christ, le Seigneur, que vous servez ».
Ainsi, ayons cette habitude de porter notre regard sur ce que nous faisons pour considérer pourquoi nous le faisons, ou bien plutôt pour qui. Et si Dieu est absent de nos motivations alors, réajustons notre action afin qu’elle soit tournée d’abord vers le bon Dieu et demandons souvent au Seigneur de nous aider à discerner sa volonté à Lui sur ce que nous envisageons de faire dans toutes les composantes de nos vies car le regard divin nous fera parfois, et peut-être souvent, considérer que ce que nous faisons n’est pas pour la gloire de Dieu, n’est pas pour notre bien, n’est pas conforme à la Charité, n’est pas en adéquation avec notre Foi.
Alors bien chers amis, ordonnons notre vie afin que notre vie toute entière soit tendue vers le Ciel, portée par la grâce, enracinée dans la miséricorde et brulante de Foi et de Charité.
Amen.

9 Février - 5ème Dimanche du Temps Ordinaire


En ce dimanche, quelle joie que de pouvoir recevoir la Parole de Dieu qui nous dit qui nous sommes. En effet, nous l’avons entendu, le Seigneur nous dit que nous sommes le sel de la terre, que nous sommes la lumière du monde. Et il nous faut recevoir toute la signification de ces deux appellations.
Tout d’abord nous sommes le sel de la terre. Le sel c’est cet élément que nous utilisons habituellement et qui a deux propriétés essentielles à savoir que le sel déploie la saveur de nos bons petits plats et le sel est également ce qui conserve comme nous l’apprend la pratique de la salaison. Ainsi, nous devons être de ceux qui révèlent la saveur de la vie par la proclamation de la Bonne Nouvelle du Salut, de l’Amour de Dieu. Car une vie sans Dieu est une vie sans perspective qui, dans l’inconsistance du temps qui passe et de la mort réduit la vie à n’être qu’une farce dramatique. Mais ce n’est pas la vie car Dieu est là, car Dieu demeure Celui qui est à l’origine de toute chose et peut-être surtout Celui qui se soucie de nous par amour, Celui qui désire nous donner accès à la béatitude éternelle. Et il nous revient à nous qui vivons dans la grâce de la Foi d’annoncer ce qu’est la vie. Et notre parole elle ne doit pas être un dilué de la vérité de la Foi, nous ne pouvons pas, sans être gravement coupable, proposer aux hommes une autre Parole que celle du Christ et de l’Eglise. Nous ne sommes pas notre propre témoin mais nous sommes les messagers de Dieu, de ce message que Dieu nous délivre, qui nous dépasse mais qui demeure l’unique vérité, l’unique Parole éclairée et déployée par notre sainte mère l’Eglise. C’est bien en ce sens qu’il nous faut constamment approfondir notre Foi, creuser le mystère de la Révélation, la Révélation qui use de ces deux canaux que sont les saintes Ecritures et la Tradition de l’Eglise. Ne soyons pas des brigands de la Foi mais demeurons les fidèles messagers du Christ pour les hommes d’aujourd’hui. Dès lors, nous ne pouvons être le sel de la terre que si nous vivons de la Foi en étant attaché à l’unique vérité du Christ et de l’Eglise et nous savons combien cela est exigeant. Mais cette exigence ne doit pas paralyser notre témoignage car nous le savons, le Seigneur Esprit Saint est Celui qui nous donnera les mots, qui nous donnera la manière de rendre ce témoignage de la vraie Foi. Et c’est cette Bonne Nouvelle du Christ par l’Eglise qui fera œuvre de salaison en ordonnant les hommes au salut et à l’éternité.
Et le Christ nous dit également que nous sommes la lumière du monde. La nature de la lumière c’est d’émettre sa clarté partout où elle est portée et de forcer les ténèbres à disparaître. Or ces ténèbres sont celles du péché, la lumière est donc signe de la grâce et de la miséricorde. Bien sûr, nous ne pouvons être la lumière du monde que si nous sommes unis à L’unique Lumière qui est le Christ, unis à Lui dans la Foi, dans une vie où Dieu a la première place. Mais notre témoignage de Foi ne doit pas devenir un couperet qui blesserai et condamnerai mais il doit être porteur de cette douceur, de cette douce chaleur de la lumière du matin qui réchauffe en douceur. C'est-à-dire que notre témoignage de Foi s’il doit être ancré dans la Vérité doit être également paré de charité, de miséricorde, de douceur. Voilà bien là notre mission. Cette mission d’annonce que nous ne pouvons pas garder sous le boisseau, que nous ne pouvons cacher mais que nous devons manifester par nos paroles, et par notre vie.
Ainsi, en ce dimanche, le Seigneur nous rappelle tout d’abord quelle est notre richesse. En vivant de la Foi, en vivant dans l’amitié avec le Christ, dans la fidélité à l’Eglise notre mère, dans la grâce, nous sommes le sel de la terre, nous sommes la lumière du monde. Mais si nous sommes comblés par Dieu présent en nos cœurs, en nos âmes et en nos vies, nous avons également la nécessité de témoigner, d’annoncer Dieu qui nous fait vivre. Alors, avant tout, rendons grâce au Seigneur pour le don de la Foi, invoquons sa miséricorde pour notre manque de zèle en notre vie spirituelle, en notre quête de la Vérité qu’est le Christ, et malgré notre faiblesse, malgré nos inconséquences, demandons au Seigneur la force de demeurer ses témoins fidèles dans notre monde d’aujourd’hui. Nous sommes le sel de la terre, ne nous affadissons pas ! Nous sommes la lumière du monde, ne nous cachons pas !
Amen.