Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

vendredi 13 décembre 2019

Les messes de Noël


Les messes de Noël
Mardi 24 décembre :
17h : Messe des familles à 
La Bouilladisse
20h : Messe de la nuit à 
La Destrousse
23h30 : Messe de Minuit à 
La Bouilladisse
Mercredi 25 décembre :
10h45 : Messe du jour de Noël à La Bouilladisse

8 Décembre - 2ème Dimanche de l'Avent - Solennité de l'Immaculée Conception


En ce dimanche, nous entrons dans la deuxième semaine de ce beau temps de l’avent mais aujourd’hui, 8 décembre, nous honorons également la Très Sainte Vierge Marie en son Immaculée Conception. Mais tout d’abord, qu’est ce que l’immaculée conception. C’est le Pape Pie IX qui, en 1854, a formalisé un élément de Foi porté depuis longtemps pour ne pas dire depuis toujours par le peuple chrétien, dans la bulle Ineffabilis Deus, le Pape déclare : « La doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tâche du péché originel, est révélée de Dieu ». Ainsi, la doctrine de l’immaculée conception, nous enseigne que la Très Sainte Vierge Marie a été préservé du péché originel pour lui permettre de devenir la mère du Seigneur Jésus c'est-à-dire la mère de Dieu. Cette doctrine est un dogme c'est-à-dire que cela fait parti des éléments essentiels, des éléments premiers de la Foi catholique. Et nous comprenons bien que, l’affirmation de l’immaculée conception manifeste certes la gloire de la Vierge Marie, gloire qu’elle reçoit de Dieu, mais manifeste aussi et peut-être surtout combien Dieu avait le désir de venir jusqu’à nous par l’incarnation de son Fils. L’immaculée conception de la Vierge Marie c’est la bonté salvifique de Dieu qui resplendit. Et rappelons-nous que c’est également le nom que la Vierge Marie donnera à la petite Bernadette Soubirous le 25 mars 1858 soit 4 ans après la proclamation du dogme lorsque la Ste Vierge dit en patois à Bernadette : « que soy era immaculada councepciou » c'est-à-dire « je suis l’immaculée conception ».
Et c’est une grâce que de pouvoir honorer l’immaculée conception de la Vierge Marie en ce deuxième dimanche de l’avent. Car, comme nous l’a rappelé St Jean Baptiste dans l’évangile : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » c'est-à-dire que le temps de l’Avent est également un temps de conversion, un temps de préparation de nos âmes, de nos vies à recevoir nouvellement le petit enfant Jésus.  Et cette réalité de la conversion de nos âmes, de nos vies la Sainte Vierge nous en donne la clef. En effet, comme nous l’avons vu, la Vierge Marie n’a pas mérité d’être de conception immaculée, elle n’a pas mérité d’être préservé du péché originel comment l’aurait-elle pu alors que cette grâce ineffable lui fut donné dès sa conception. Ainsi, la Vierge Marie nous enseigne que notre conversion est d’abord le fruit de l’action de Dieu en nous. Alors bien sûr, cela ne veut pas dire que le bon Dieu va tout faire à notre place mais cela signifie que notre rôle à nous c’est de ne pas faire obstacle à la grâce mais au contraire, de favoriser l’action de la grâce en nous. Comment faire cela ? et bien là encore, la Vierge Marie nous montre le chemin lors de l’annonciation, le chemin est celui de l’humilité, de la confiance pleine et sereine, de l’abandon : « que tout soit fait selon votre parole », que toute notre vie soit vécue dans la recherche de la volonté divine. Et ne pensons pas que la notion de volonté divine soit trop abstraite à tel point qu’elle serait indéfinissable, non, nous connaissons la volonté de Dieu car le Christ nous dit : « la volonté de mon Père c’est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Dès lors, la volonté de Dieu désigne tout ce qui favorise en nous l’œuvre de salut c'est-à-dire la vie de prière, la vie sacramentelle en particulier la sainte messe et la confession, les œuvres de charité, le don de soi en un mot, la sainteté !
Ainsi, alors que le temps de l’avent s’égrène doucement, prenons le temps pour nous resituer face au Seigneur, prenons le temps de la prière en demandant au Seigneur la grâce de discerner ce que nous pouvons changer en nos vies, ce que nous pouvons faire, ce que nous pouvons changer dans notre manière d’être pour être des saints. Et reconnaissons que le plus difficile ce n’est pas tant de voir où le Seigneur nous attend, le plus difficile c’est de changer pour aller où le Seigneur nous attend car bien souvent nous sommes attachés à notre manière de faire, à notre manière d’être et n’avons pas l’envie ou bien même la force de changer, de nous convertir. Alors n’oublions pas l’enseignement de Marie, donnons au Seigneur l’occasion d’agir en nos vies et c’est Lui qui nous façonnera selon sa grâce. Ce n’est pas nous qui nous ferons saint, c’est Dieu en nous qui nous fera grandir en sainteté.
Alors la route de l’avent est donc toute tracée, apprêtons nos âmes, apprêtons nos vies car le seul cadeau que le Seigneur désire pour son anniversaire c’est nous, simplement nous mais totalement nous.
Amen.

1er Décembre - 1er Dimanche de l'Avent


En ce premier dimanche de l’Avent, nous rejoignons le peuple d’Israël qui attendait la venue du messie, du Sauveur. Cette attente était en elle-même porteuse d’espérance et de confiance. En effet, le peuple d’Israël croyait en la promesse divine de l’évènement du Sauveur. Et c’est bien sur cette réalité qu’il nous faut peut-être nous arrêter en ce dimanche.
Ainsi, oui Dieu a créé cette humanité dont nous sommes. Dieu a voulu cette création, Dieu nous a voulu tous et chacun et sa volonté se manifeste à travers les âges car c’est bien Dieu qui nous maintient dans l’existence. Mais si Dieu nous donne d’exister, ce n’est pas à cause de nos bonnes œuvres, à cause de nos actions héroïques ou bénéfiques car le péché originel a défiguré la création divine par l’intrusion du péché si contraire à Dieu. Mais malgré le fait que la création soit défigurée, Dieu n’a pas cessé de la porter dans l’existence car Dieu n’a pas cessé de l’aimer. La création n’est pas de l’ordre de la nécessité, Dieu n’était pas tenu de nous créer, Il n’y était pas obligé et bien plus, à cause du péché originel et du péché en général nous pourrions considérer que Dieu aurait pu anéantir sa création défaillante. La création n’est pas de l’ordre de la nécessité mais bien de l’ordre de l’Amour. Dieu aime sa création, Dieu aime ses créatures malgré leurs défaillances. Et cet Amour infini s’est déployé dans le remède que Dieu pouvait dispenser pour, en quelque sorte, restaurer l’humanité, pour permettre à l’humanité de retrouver malgré tout l’amitié divine. De retrouver cette amitié divine qui qualifiait l’humanité en son origine. Ce remède, là encore, n’est pas nécessaire dans l’absolu, c’est l’Amour de Dieu qui le rend possible et nécessaire car ce remède c’est Dieu Lui-même.
Dieu vient dans le monde, Dieu se fait homme pour permettre à l’humanité de retrouver son identité foncière qui ne peut se déployer que dans une relation intime, constante et fidèle à Dieu Lui-même. Et ce temps de l’avent dans lequel nous entrons en ce dimanche est ce temps où nous faisons mémoire de ce don que Dieu va faire de Lui-même en se faisant l’un de nous, de ce remède que Dieu est en Lui-même et qu’Il choisit de nous délivrer. Rappelons-nous encore qu’il n’y a pas de nécessité impérative mais que ce remède qu’est Dieu Lui-même, Dieu nous le présente par Amour.
Et l’évangile par les paroles même du Seigneur Jésus nous rappelle combien ce remède constitue l’unique nécessaire que l’homme doit recevoir pour entrer dans la vie véritable. Le Seigneur Jésus nous rappelle combien il est nécessaire de recevoir ce remède qu’Il est en Lui-même car nous ne savons ni le jour ni l’heure, nous ne savons pas quand ce remède sera vital pour nous, nous en savons quand ce remède sera l’unique nécessaire qui nous donnera d’entrer dans la béatitude éternelle. Il y’a bien quelque chose de dramatique dans cette réalité, quelque chose de l’ordre de l’urgence à se tenir prêt, à être disposé à la vie véritable en étant uni dès maintenant au Christ Sauveur.
Refusons ainsi toute indolence coupable qui nous ferait penser que nous avons le temps, que demain ce sera bien. Le peuple d’Israël a vécu cela, ce peuple d’Israël qui n’a pas reconnu Dieu qui venait le visiter en personne, qui ne l’a pas reconnu et qui l’a même condamné, crucifié. Et c’est bien c equi porte les pleurs de Jésus sur Jérusalem alors qu’Il s’exprime en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. ».
Et bien nous, chers amis, soyons tous disposés à reconnaître ce moment où Dieu vient nous visiter, que nous soyons prêts à le reconnaître en ce moment de Noël que nous préparons mais aussi en tous ces moments où Dieu nous visite que ce soit dans la prière, dans la sainte eucharistie, la sainte messe, dans le sacrement de la confession. Dieu est à notre recherche, laissons-nous trouver par Lui afin que pour nous aussi resplendisse la lumière de la vie, la lumière du ressuscité.
Amen.

24 Novembre - Solennité du Christ Roi


« Celui-ci est le Roi des Juifs », cette inscription qui sonne comme une épitaphe couronne la croix du Seigneur agonisant. Quel paradoxe que de voir s’unir ce titre de Roi avec les supplices endurés. Mais ce tableau recèle en son sein toute la vérité de la royauté du Christ. Car la royauté du Seigneur ne se déploie pas dans la multitude des armées, dans les armes de guerres ou autres manifestations du pouvoir coercitif ou d’expansion. La Royauté du Seigneur désigne un tout autre pouvoir qui est totalement porté par la croix. Le pouvoir royal du Christ tient dans ce sacrifice auquel Il consent pour notre salut, pour notre rédemption. Le pouvoir royal du Seigneur Jésus est pouvoir de salut éternel. Et prenons un instant pour bien réaliser combien ce pouvoir de salut éternel est bien plus essentiel que toute autre forme de pouvoir, combien la royauté du Seigneur est bien plus essentielle que toute autre forme de royauté. Ainsi oui, le Christ est Roi mais c’est un Roi humilié, torturé, crucifié pour nous.
Et se déploie alors sous nos yeux le véritable sens de tout exercice du pouvoir à quelques degrés qu’il le soit : dans la famille, l’état ou même l’Eglise. Tout pouvoir doit être porté par le don de soi en faveur de ceux dont nous avons la charge, qui nous sont confiés. Le véritable pouvoir s’établi dans l’ordre du service.
Et le Christ par le don immense du salut de l’humanité, fruit de son sacrifice, demeure le Roi par excellence. Sa couronne n’est pas constituée d’un quelconque métal précieux mais d’épines tressées, son sceptre n’est pas orné de diamant mais il est constitué par la croix, son anneau royal n’est pas en or mais il est de sang, ce sang qu’Il verse pour le salut de tous et pourtant le Christ demeure le Roi par excellence. Quel renversement de valeur.
Considérons celui qui semble avoir le plus de pouvoir militaire, américain ou chinois, considérons celui qui semble avoir le plus de pouvoir monétaire, qu’importe quel grand nom nous vient à l’esprit, considérons la star la plus adulée. Tous ces pouvoirs là ne sont que chimères qui passeront. Et pourtant le monde se construit en recherche de ces biens-là. Quelle folie du monde qui ne se rappelle plus qu’il ne fait que passer et qui trompe les hommes en les arrachant à leur destinée éternelle pour les clouer au sol. Par sa croix, le Christ manifeste pourtant au monde entier que tout cela ne fait que passer en lui donnant accès à l’éternité par sa passion et par sa croix. Le Christ appelle l’humanité à changer d’orientation et à clamer avec le bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi ! ».
Et cela nous rappelle combien nous aussi il nous faut peut-être opérer ce changement de valeur en ne nous laissant pas emporter par l’illusion de ces pouvoirs du monde de l’argent ou de la gloriole humaine, en ne nous laissant pas emporter par l’exercice du pouvoir jusqu’à le dénaturer en en faisant un pouvoir à notre propre service et non pas au service de ceux dont nous avons la charge, en ne nous laissant pas tromper sur le sens même de ce pouvoir qui doit s’exercer dans la recherche des biens éternels. Nous aussi, il nous faut permettre au Christ de régner sur nos âmes, il nous faut nous mettre à genoux devant le Roi des Rois en faisant monter cette humble clameur « Jésus, souviens-toi de moi ».
Amen.

10 Novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire


L’évangile que nous livre la liturgie de ce dimanche se développe en deux temps, le premier porté par les saducéens qui questionnent et le second par le Seigneur Jésus qui leur répond. Et tout d’abord en considérant la réflexion des saducéens, il nous faut remarquer que, pour montrer qu’il n’y aurait pas de résurrection des corps les saducéens vont concevoir un film imaginaire peu probable en soi. Une femme qui épouserait tour à tour les 6 frères de son premier mari, nous n’avons pas de mal à y voir une exagération littéraire qui n’a comme utilité que d’amener le Seigneur là où ils le veulent c'est-à-dire reconnaître qu’il n’y aurait pas de résurrection.
Et bien nous avons parfois la tentation d’agir de la même manière que ces saducéens. En effet, tout comme eux, nous avons parfois la tentation d’imaginer une histoire, auparavant nous aurions dit un cas bien particulier afin d’aller à l’encontre d’une thèse. Et en vous disant cela, je pense par exemple à la question de l’avortement. En effet, ceux qui voudraient amoindrir le mal moral de l’avortement vont produire une histoire à la limite du raisonnable afin de mettre en avant des circonstances particulières qui seraient susceptible de faire que l’avortement serait au moins acceptable. Alors, bien sûr que les circonstances ont leur importance mais cela ne conduit jamais à faire d’un acte mauvais un acte bon. Mais cette manière de faire vaut également pour des choses plus légères car nous avons cette formidable capacité de nous monter des bateaux pour aboutir à ce que l’on veut tout en nous donnant bonne conscience. Nous avons la formidable capacité de nous trouver bien souvent des excuses qui nous dédouanent de toute responsabilité. Mais nous sentons bien que cela n’a pas de consistance même si nous voulons souvent nous tromper nous-mêmes.
Toutefois, en revenant à l’évangile, les saducéens vont donc produire une histoire peu probable qui n’a donc que peu d’importance si ce n’est qu’elle va nous permettre d’entendre la réponse du Seigneur Jésus qui, Lui, nous parle du Ciel. Oui, Jésus nous parle du Ciel en nous donnant quelques éléments sur notre état dans le Paradis. Le Seigneur nous le dit, en Paradis, nous serons semblables aux anges, nous serons pleinement enfant de Dieu, enfant de la résurrection. Voilà la réalité du Ciel, et si nous nous interrogeons pour en savoir un peu plus, il est certain que nous n’en aurons l’expérience que lorsque nous serons nous même entrés dans l’éternité mais j’aime bien faire un parallèle avec une réalité que nous connaissons. Tous, nous avons vécu de ces moments dans nos vies, des moments de bonheur intense au point que nous avons souhaité que cet instant ne s’arrête jamais, souhaitant que cet instant de plénitude demeure. Et bien au Ciel cela se produira, nous serons dans une plénitude totale, totalement ancré en Dieu, contenté par Dieu au point que le temps s’arrêtera, nous serons dans l’éternité, dans la béatitude.
Mais ne croyons pas que le Ciel, que cette béatitude serait déconnectée de notre temporalité, de notre présent. Le Ciel nous le construisons dès maintenant. Et plutôt que de nous raconter des histoires pour nous déresponsabiliser, plutôt que de nous inventer des excuses pour nous donner bonne conscience, nous sommes appelés à admettre nos torts pour en recevoir miséricorde, nous sommes appelés à vivre l’instant en recherchant toujours ce qui nous rapproche du Ciel, nous sommes invités à vivre dès maintenant en compagnie du Seigneur. C’est aujourd’hui que nous construisons notre éternité, ou plutôt, c’est chaque jour que nous laissons le Seigneur se rapprocher de nous jusqu’à nous saisir tout entier. Nous vivons pour le Ciel ! Et c’est par ailleurs cette réalité qui nous donne de recevoir les martyrs évoqués dans la 1ère lecture car sinon le martyr serait incompréhensible. Les martyrs ne meurent pas, ils entrent dans la vie, dans la vie véritable. Ils préfèrent leurs fidélités à Dieu plutôt que de le renier. Les martyrs placent simplement Dieu au-dessus de tout, Dieu premier servi !
Alors bien chers amis, en ce dimanche, demandons au Seigneur de nous aider à ne jamais nous raconter d’histoire, que nous puissions poser sur nous même et sur nos actes un regard vrai afin que nous puissions nous en remettre pleinement à la miséricorde divine et poursuivre le combat de la Foi, de la vertu et de la sainteté. Demandons également au Seigneur de nous faire désirer le Ciel en considérant notre existence d’ici-bas comme une simple étape, comme le marche pied de l’éternité.
Ainsi, posant sur nous même un regard sans complaisance, comptant sur la miséricorde divine, recherchant le Ciel dans tous les actes de nos vies, c’est bien ce qui nous donne de nous en remettre pleinement au Christ qui nous offre son amour, sa grâce et son salut.
Amen.

3 Novembre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu », cette finale de l’évangile de ce dimanche est une révélation du sens de la venue dans la chair de Dieu. Cela nous renseigne sur la volonté de Dieu, sur ce qui a conduit Dieu à se faire l’un de nous en la personne de Jésus. Ainsi, oui, Dieu est venu chercher et sauver ce qui était perdu. C’est une joie que d’entendre cela car nous percevons bien toute la volonté qu’à Dieu de nous rejoindre, Dieu fait tout cela pour nous. Mais est-ce vraiment pour nous ? Ou bien pour poser la question autrement, est-ce que nous sommes perdus ? Est-ce que nous nous considérons perdus ? Car, si ce n’est pas le cas, alors le Christ n’est pas venu pour nous puisqu’il est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu…
            Mais en même temps, vous et moi, nous savons que le Seigneur Jésus est venu et vient encore pour chacun de nous, jadis en son incarnation et aujourd’hui par sa résurrection et sa présence et son action sacramentelle. Et donc si le Christ est venu pour nous, en quoi sommes-nous perdu ?
            Alors, la réponse du catéchisme germe immédiatement en nos esprits, le Christ est venu pour nous sauver de la mort et du péché. Et c’est bien là la bonne réponse, c’est ce en quoi nous sommes perdus, comme en perdition. Mais avons-nous conscience de la réalité que désignent ces quelques mots. Et, en faisant œuvre de fiction, si nous nous disions pour un instant que Dieu ne serait pas venu nous chercher et nous sauver… et bien alors, la réalité serait terrible car nous serions tout simplement condamnés à la géhenne, à la damnation. Reprenons bien conscience qu’alors nous n’aurions aucune capacité et donc aucune possibilité d’entrer dans la béatitude éternelle, le poids du péché originel, le poids de nos propres péchés nous entraînant inexorablement dans les ténèbres. Ainsi c’est bien par le Christ et uniquement par le Christ que nous sommes sauvés. C’est uniquement par la Foi qui nous donne d’être en relation avec le Christ, qui nous donne de vivre de sa grâce et de sa miséricorde que nous sommes ordonnés au Salut. C’est uniquement en produisant des œuvres ancrées dans notre attachement au Seigneur, des œuvres portés par la Foi et embrasées par la Charité que nous nous orientons pleinement vers le Salut.
Redisons-le, sans Dieu nous sommes perdus, Dieu fait tout pour nous si nous reconnaissons la réalité de notre propre perdition, si nous reconnaissons que nous sommes perdus sans le Christ, perdus sans Dieu, que nous nous laissons trouver par Dieu et lui offrons nos âmes et nos vies. Il est urgent de rappeler que celui qui pense se suffire à lui-même s’exclut lui-même de la réalité salvifique. En effet, nous ne pouvons pas nous suffire à nous même car nous n’avons pas la capacité de produire des œuvres de salut, nous dépendons du Christ. Nous dépendons du Seigneur. Et la bonté du Seigneur resplendit en considérant que malgré sa puissance, c’est par l’amour que Dieu désire nous faire entrer dans le salut qu’Il a obtenu par son sang, c’est par sa miséricorde que Dieu nous attire à Lui.
Ainsi, bien chers amis, il nous faut reprendre conscience que nous dépendons du Seigneur, que notre Foi est le plus grand trésor de notre vie car c’est la Foi qui nous donne de nous tourner vers Dieu dans la prière, qui nous donne de vivre de sa grâce par les sacrements, qui nous donne de nous laisser trouver par le Seigneur, de nous laisser sauver par le Seigneur.
Amen

2 Novembre - Commémoraison de tous les fidèles défunts


En ce jour, après avoir célébré tous les saints du Ciel, après avoir célébré tous ceux qui se sont laissé embraser et guider par l’Amour divin, nous nous tournons vers tous les fidèles défunts. Car nous le savons bien, tous les défunts ne sont malheureusement pas des saints, tous les défunts n’ont pas suivi le chemin de l’Amour divin et il est bon de nous rappeler quelles sont les réalités éternelles qui sont celles du genre humain.
Parmi ces réalités éternelles au nombre de trois, il y’a bien sûr le Paradis qui désigne cet état d’union à Dieu qui est celui des saints du ciel. Comment décrire le Paradis ? Cette question pourrait sembler inutile car on pourrait se dire que personne, en dehors du Christ, n’est revenu pour nous le décrire. Mais en réalité, nous pouvons pressentir la réalité du Paradis qui ne peut-être que cet état permanent d’être comblé par Dieu qui est Amour. J’aime employer cette image. En nos vies, nous vivons parfois des moments comblant, ces moments humain ou spirituel qui nous font désirer qu’ils ne s’arrêtent jamais, ces moments de plénitude et de bonheur qui sont tels que nous désirons ne jamais les voir passer. Et bien le Paradis c’est cela, c’est un moment de plénitude éternel qui nous comblera de bonheur, de douceur et de paix, qui nous comblera de Dieu. Ainsi nous n’aurons rien à faire si ce n’est d’être comblé, nous n’aurons rien à penser si ce n’est de nous laisser ravir par la connaissance divine. Le temps sera suspendu et nous serons comblés en Dieu, par Dieu. Et en considérant le Paradis, nous percevons bien que cette douce réalité nous est déjà accessible ici bas lorsque nous sommes ravi en Dieu, lorsque Dieu est source de notre bonheur et de notre joie. Ainsi le Paradis est certes une réalité éternelle mais une réalité que nous côtoyons parfois sans le savoir, une réalité que nous poursuivons en empruntant résolument le chemin de l’Amour divin ici bas sur cette terre.
L’autre réalité, antithèse du Paradis est celle de l’enfer. L’enfer, aujourd’hui beaucoup se disent qu’il n’existe pas mais cette affirmation qui relève de l’opinion rejette bon nombre des enseignements du Seigneur Jésus et rejette l’enseignement de notre Sainte Mère l’Eglise. L’enfer est une réalité et je dirais même une réalité nécessaire. Comprenez-moi bien, le Paradis est l’issue de ce chemin de l’Amour divin mais on ne peut et Dieu ne veut obliger personne à L’aimer car l’amour ne s’oblige pas, ne s’impose pas. Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Ainsi existe cette possibilité du refus de Dieu, refus conscient et volontaire de Dieu qui qualifie ce que nous nommons enfer. « Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : " Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui " [pouvons nous lire en la première lettre de St Jean]. Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot " enfer " »[1]. Ainsi « L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel ". La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire. »[2]. Mais nous savons que Dieu nous a donné le remède au péché mortel qu’est le sacrement de la confession, le sacrement de la miséricorde divine. Et nous percevons combien notre vie d’ici-bas constitue ce préambule orientant notre éternité et c’est nous qui composons ce préambule soit dans le refus de Dieu ou dans la quête de Dieu. Prenons bien conscience que Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin.
Enfer et Paradis s’opposent donc radicalement, les damnés d’un côté qui ont refusés Dieu par leur choix libre ou par leur action ; les bienheureux de l’autres qui ont choisi Dieu et ont cherché à l’aimer en leur vie. Mais entre les damnés et les bienheureux il y’a également « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, [ils] souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés »[3].
Voici donc ces trois réalités éternelles : l’enfer d’un côté, le purgatoire et le paradis de l’autre. Mais considérer ces trois réalités c’est également se rendre compte de l’importance de notre prière. Car notre prière est importante pour tous ceux qui s’éloignent du bon Dieu car par elle nous demandons à Dieu de tout faire afin que cette âme ne se damne pas, cette prière est bien sûr relative à la liberté de la personne que l’on confie au Seigneur mais elle particulièrement importante. Ce pourquoi nous pouvons offrir des messes pour les vivants afin de les confier à la grâce divine. Notre prière est importante pour les défunts, qui est notre prière de ce jour, car par elle nous invoquons les mérites du Christ afin que les âmes de nos défunts qui seraient en purgatoire puissent entrer en Paradis. Ce pourquoi nous sommes invités à offrir des messes pour la délivrance de nos défunts. Notre prière est importante lorsque nous invitons les personnes mourantes à recevoir le sacrement des malades qui les préparent à l’Eternité en les plongeant dans la miséricorde.
Ainsi nous ne sommes pas les spectateurs impuissants ni de notre propre salut, ni de ceux qui nous entourent, ni de ceux qui nous ont précédés par delà la mort. Alors prions, prions avec zèle et confiance pour le repos de l’âme de tous les fidèles défunts, invoquons avec confiance Dieu de miséricorde et prions également le Seigneur afin que nous désirions Lui être uni dans l’éternité et que nous agissions en vue du Royaume céleste.
Amen.



[1] CEC n°1033
[2] CEC 1035
[3] CEC 1030-1031