Blog des paroisses de La Bouilladisse, La Destrousse, Peypin et Belcodène.
Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène
samedi 11 août 2018
5 Août - 18ème Dimanche du Temps Ordinaire
La
première lecture nous donne de nous remettre en mémoire un épisode de
l’histoire d’Israël que nous connaissons bien et qui demeure un exemple des
plus significatifs de notre humanité. En effet, le peuple d’Israël, éprouvé par
l’esclavage demande au Seigneur la délivrance. Moïse accomplit au nom du
Seigneur cette délivrance et la fuite du peuple. Mais, le peuple d’Israël va
ensuite récriminer contre le Seigneur à cause du manque de nourriture et Dieu
va leur répondre en leur donnant la manne et les cailles. Par delà cet épisode
de l’histoire, il nous faut nous laisser enseigner par le Seigneur car même si
cela fait plusieurs milliers d’année que cela s’est passé, nous agissons bien
souvent de la même manière avec le bon Dieu.
En
effet, nous tous, nous avons cette joie et cette grâce d’avoir accueilli le
Seigneur en nos cœur et en nos âmes le saint jour de notre Baptême et, bon an
mal an, nous tâchons de vivre en compagnie du Seigneur combattant nos
défaillances et recherchant la vertu. Ainsi, nous pouvons dire que nous avons
été libérés du péché le saint jour de notre baptême à l’image du peuple
d’Israël libéré de l’esclavage. Et tout comme lui, nous sommes en marche vers
la Terre Promise qui n’est rien d’autre pour nous que le Paradis. Tout comme le
peuple d’Israël, nous avons aussi parfois cette fâcheuse habitude oh peut-être
pas de regretter le baptême reçu qui nous a établi dans la compagnie divine
mais de regretter que nos vies ne soient pas toujours un long fleuve
tranquille.
En
effet, en compagnie du Seigneur nous nous attendons bien souvent à ce que nos
vies soient épargnées de tout souci, de tout tracas et de toutes difficultés.
Mais notre passage ici-bas, notre temps sur cette terre, notre temps de vie est
bien comparable à la traversée du désert du peuple d’Israël et nous y éprouvons
la faim de la présence divine, la soif du ciel et de la sainteté, nous sommes
parfois harassé par le chemin que nous parcourons nous demandant quant est-ce
qu’il pourra bien prendre fin. Notre vie d’ici bas n’est pas comparable à une
croisière tout confort mais elle est belle et bien un pèlerinage. Et lorsque
les choses tournent mal, lorsque notre existence sombre dans les difficultés,
il nous faut bien nous retenir pour ne pas nous tourner vers le bon Dieu afin
de maugréer, afin de lui adresser des reproches. Car le bon Dieu ne nous a
jamais promis que notre vie d’ici bas serait préservée de tout, notre vie
d’ici-bas elle se construit dans le monde avec ses forces et ses faiblesses,
elle se construit dans cette existence marquée par le péché qui cause toute
sorte de mauvaises choses, elle se développe dans cette nature imparfaite. Le
bon Dieu ne nous a pas promis que notre vie d’ici bas serait préservé de tout
mais le bon Dieu nous a promis l’Eternelle béatitude qui doit être bien plus
désirable que toute autre chose.
En
ce sens, il y’a un concept spirituel qu’il nous faut remettre à l’honneur et
qui fait horreur à notre modernité c’est celui de l’ascèse. L’ascèse que nous
pouvons bien sûr rechercher volontairement afin de nous débarrasser de tout le
superflu de nos existences pour ne nous préoccuper que de Dieu et de Dieu seul.
C’est une part de l’ascèse. Une autre part consiste à assumer les difficultés
de nos vies dans la Foi et la confiance en usant même des difficultés de nos
vies pour forger notre Foi, pour l’épurer et la fonder sur Dieu et sur Dieu
seul. En ce sens, l’ascèse manifeste également notre attachement au Seigneur,
notre Amour de Dieu.
En
effet, supporter les difficultés de nos vies en les présentant au Seigneur et
en Lui demandant force et courage pour traverser ces épreuves voilà bien la
manifestation de la Foi véritable qui s’enracine dans une confiance infinie
dans le Seigneur. A l’inverse maugréer dans les difficultés en reprochant au
Seigneur ce qui nous arrive est bien loin de la Foi et de la confiance. Mais ne
nous y trompons pas, si nous traversons des difficultés dans la Foi, Dieu ne
nous enlèvera pas les difficultés mais Il nous donnera de les affronter en sa
compagnie. A l’image du peuple d’Israël qui n’a pas été transporté
immédiatement en dehors de ce désert dans lequel il errera pendant près de 50
ans, Dieu ne l’a pas soulagé du désert mais Dieu a donné au peuple d’Israël les
moyens de traverser ce temps. Et Dieu agi de même avec nous, le bon Dieu ne
nous enlèvera pas les difficultés mais Il nous donnera des les affronter avec
Lui si nous nous remettons en sa grâce dans la Foi.
Alors
bien chers amis, ayons tous un esprit d’ascèse dans la Foi qui soit juste et
véritable afin que nos difficultés ne nous éloignent pas du bon Dieu mais qu’au
contraire, elles nous permettent de nous enraciner toujours plus profondément
dans une confiance infinie et une Foi ardente. Dieu nous accompagne et tel un
ami Il nous invite à nous appuyer sur Lui alors surtout n’accusons jamais le
bon Dieu mais demandons Lui toujours son soutient.
Amen.
29 Juillet - 17ème Dimanche du Temps Ordinaire
La
dignité de notre humanité réside dans le Sauveur que Dieu le Père a désiré lui
donner en son Fils Jésus Christ. Mais si Dieu est notre Sauveur, consentant à
se livrer Lui-même en sacrifice pour notre propre Rédemption, Dieu ne s’est pas
ensuite échappé de notre histoire humaine. Tout comme Il a agi jadis, Dieu agit
de même encore aujourd’hui et cela avec chacun de nous.
Et
nous le voyons bien dans l’Evangile de ce dimanche, Dieu se soucie même des
besoins primaires de notre humanité. Alors oui bien sûr, le plus grand désir de
Dieu c’est que nous Le choisissions, que nous Le reconnaissions et que nous
L’aimions de tout notre cœur, de toute notre âme, Dieu se souci d’abord de
notre salut mais Dieu se soucie d’abord de nous dans tout ce que nous sommes, dans
tout ce que nous vivons. Je nous le redis encore en ce dimanche, ne
restreignons pas le Seigneur à la sphère spirituelle de nos existences car Dieu
n’est pas venu sauver notre dimension spirituelle, Dieu est venu et vient nous
sauver, nous, notre personne. Dieu a jadis donner du pain et des poissons à
ceux qui en avaient besoin et Dieu désire agir de la même manière avec nous.
C’est ainsi qu’il nous faut considérer que toute chose, toute réalité est
appelé à être présenté au Seigneur, des besoins primaires aux secondaires, des
besoins spirituelles aux autres plus communs.
En
ce sens là ce n’est pas uniquement notre vie de Foi qui doit être confiée et
présentée au Seigneur mais bien tout ce qui fait notre vie. Et pour les adeptes
de la plage en cette période estivale, on peut dire qu’il y’a une manière
chrétienne d’aller à la plage, et oui, on peut aller à la plage avec le Christ
en faisant que ce moment comme tous les autres soit présidé par le Christ, vécu
dans la Charité, la Foi et l’Espérance et cela vaut aussi pour ceux qui
préfèrent la montagne. Lorsque les vacances se termineront, il y’a bien aussi
une manière d’être chrétien au travail, en faisant nos courses..etc.
La
multiplication des pains et des poissons nous rappelle que rien de ce qui fait
notre vie n’est étranger au Seigneur alors permettons au Seigneur d’être
présent en tout ce qui fait notre vie afin que nous soyons tout entier à Lui,
vivant chaque instant en sa présence, uni à Lui en chaque moment dans
l’intimité de nos âmes, voilà ce que doit être notre vie, voilà ce qu’est la
vie chrétienne.
«
Si vous prenez l’habitude de vous tenir en présence de Dieu, vous l’aurez enfin
partout avec vous ! », disait sainte Thérèse d’Avila. Voici quelques conseils
pratiques pour vivre continuellement en présence de Dieu.
Croire
et imaginez que Jésus est près de nous ! Jésus, nous ne Le voyons pas,
nous ne Le touchons pas comme toutes les autres personnes, mais nous savons par
la foi que le Christ ressuscité est vivant et nous accompagne sur le chemin de
la vie. Comme l’aveugle perçoit la présence d’une autre personne à ses côtés,
de même nous sentons et sommes sûr de la présence de Dieu près de nous. Nous
savons qu’Il nous écoute. Nous croyons que nous l’avons toujours eu à nos côtés
et en nous, et que, à présent même, Il est ici. Nous pouvons « l’emmener » avec
nous partout, nous entretenir familièrement avec Lui, Lui demander lumière et
force, demeurer en sa compagnie.
Regarder
chaque instant avec un regard de Foi car avec un regard de Foi, tout révèle la
présence de Dieu, tout. Les choses, les évènements et les personnes.
Faire
chaque jour un examen de conscience empreint de gratitude car Dieu Providence
est présent dans l’histoire et dans nos histoires personnelles, celle de chaque
jour. Si tous les jours, en fin de journée, nous nous réservons un temps pour
découvrir la façon dont Dieu s’est fait présent dans nos vies et pour Le
remercier, nous userons par-là d’un moyen d’une grande efficacité pour cultiver
l’habitude de la présence de Dieu.
Avoir
recours aux petites phrases répétées tout au long de la journée telle que
« Jésus j’ai confiance en Toi » c'est une prière très brève, un cri
du cœur qui s’élance vers Dieu.
Faire
des visites au saint sacrement
Prier
avant toutes les activités quotidiennes
Et
encore tant et tant de moyens, soyons imaginatifs afin que chaque instant soit
vécu avec le Seigneur, afin que notre cœur Lui soit toujours attentif et
aimant.
Amen.
22 Juillet - 16ème Dimanche du Temps Ordinaire
« Ils
étaient comme des brebis sans berger », cette foule de l’évangile suscite
la compassion du Seigneur qui la voit désemparée, cherchant le chemin de la Foi
et de la Sainteté. Oh bien sûr cette foule suit le Seigneur mais comme à
tâtons. Cette foule attend du Christ qu’Il leur indique la voie à emprunter
pressentant que c’est bien le Christ qu’il faut suivre mais en même temps
rejetant aussi souvent toute radicalité comme nous le signifient d’autres
passages des évangiles. Cette foule suit le Christ pour ses belles paroles de
consolation et de miséricorde, pour ses miracles mais bien souvent cette foule
refuse de se remettre en question et renâcle à mettre en pratique ce que le
Seigneur Lui enseigne.
Et
nous le savons bien cette foule représente clairement l’ensemble de l’humanité
car tout homme recherche le sens à donner à sa vie, tout homme désire s’établir
dans la miséricorde par rapport à lui-même, tout homme attend d’être consolé et
soutenu sur le chemin de la vie. Et dans un même temps, la nature humaine
blessée par le péché a du mal à se laisser guider sur des chemins qui ne sont
pas les siens. D’un côté, l’humanité veut bien se laisser combler par l’Amour
de Dieu mais de l’autre elle refuse de se laisser transformer par cet Amour
divin. D’un côté, l’humanité veut bien se laisser combler par le Christ mais,
de l’autre, refuse d’emprunter les chemins que le Christ lui indique préférant
suivre ses propres voies.
Nous
voyons bien là se dessiner un paradoxe qui nous rejoint également. En effet,
comment l’homme peut-il désirer recevoir du Christ grâce et miséricorde et dans
un même temps refuser de se laisser conduire à une conversion véritable et
radicale. Comment l’homme peut-il désirer recevoir du Christ grâce et
miséricorde et dans un même temps suivre de ces autres bergers si nombreux qui
l’éloignent du Christ et que l’on peut discerner dans le pouvoir, l’argent, la
luxure, l’égocentrisme et tant d’autres choses encore. Comme nous le dit le
Seigneur par ailleurs, on ne peut avoir deux maîtres à la fois, on ne peut
avoir deux guides, deux bergers à la fois.
Et
face à cette réalité, ne pensons pas que le Seigneur sombre dans la colère
envers cette humanité qui le recherche sans vouloir le suivre, ne pensons par
que le Seigneur s’irrite envers cette humanité qui désire recevoir l’Amour de
Dieu sans pour autant en vivre. Le Christ s’est livré Lui-même pour cette
humanité ingrate et, porté par son Amour, le Christ ne peut que poser sur notre
humanité un regard empli de compassion et de tristesses.
Comme je nous le disais dimanche dernier, nous
sommes des merveilles car Dieu s’est offert en sacrifice pour notre Rédemption
et notre Salut mais ce que nous sommes doit encore s’établir et rayonner, ce
que nous sommes nous invite à suivre le Christ comme notre unique berger.
Suivre le Christ véritablement en vivant à ses côtés, en lui parlant comme un
ami parle à un ami, en lui parlant de ce qui fait nos vies, nos joies et nos
peines, nos victoires et nos défaites, en vivant avec le Seigneur qui nous
appelle constamment à nous laisser guider par Lui, par son enseignement et par
l’enseignement de son Eglise. Vivre avec le Seigneur pour vivre dans le
Seigneur voilà le chemin que nous indique l’unique berger notre Seigneur
Jésus Christ. Et pour toute notre vie, nous pouvons garder à l’esprit cette
petite question aidant toujours au discernement des situations et des actions
que l’on doit poser : « qu’est ce que le Seigneur aurait fait à ma
place ? » ou bien plutôt en nous adressant au Seigneur Lui-même en
notre âme : « Seigneur, qu’est ce que tu ferais à ma
place ? ». Et cette question s’il nous faut bien souvent l’adresser
au Seigneur, il nous faut surtout demander au Seigneur de nous aider à suivre
sa volonté à Lui, de nous donner la force de suivre la voie que le Christ Lui-même
nous aura indiquée. Et pour toutes ces situations qui échappent à notre
contrôle, dans la maladie d’un proche par exemple, et bien établissons-nous
dans la confiance en demandant au Seigneur d’être l’unique berger de cette
personne et en témoignant du Christ auprès d’elle.
Vivre
avec le Christ c’est bien cela c’est impliquer le Christ dans tout ce qui fait
notre vie des choses les plus importantes aux plus insignifiantes, je dis bien
même les choses les plus insignifiantes. Et pour faire un parallèle, l’été
étant propice à cela, nous passons bien souvent des moments agréables en
compagnie d’amis échangeant sur tout et sur rien goûtant simplement le plaisir
d’être ensemble et bien pourquoi ne pas agir ainsi avec le Seigneur ?
Vivre avec le Seigneur c’est aussi cela, c’est parler au Seigneur en lui disant
ce qui fait toute notre vie, évoquant ces paysages aperçus et ces émotions
ressenties. Parfois nous restreignons notre relation au Seigneur uniquement
pour les choses graves et importantes comme si nous avions peur de déranger le
Seigneur avec d’autres futilités. Quelle erreur ! Quelle erreur car
l’amour du Seigneur concerne toute notre personne et toute notre vie, non pas
juste une part de notre existence mais tout ce que nous sommes, tout ce que
nous pensons, tout ce que nous vivons ou ressentons. Ne restreignons pas notre
relation au Seigneur mais permettons au contraire au Seigneur d’être présent à
chaque moment, des plus graves aux plus légers en le rejoignant bien souvent
dans l’intimité de nos cœurs et de nos âmes.
Voilà
aussi ce qui doit constituer notre prière. Notre prière qui doit être vécue
comme l’est notre vie avec ces moments de gravité et ces moments plus légers.
Et en agissant ainsi nous vivrons avec le Seigneur non pas uniquement dans ces
temps de prières essentiels, qu’il nous faut conserver fidèlement, mais
également dans ce quotidien qui est le nôtre. En agissant ainsi nous serons
toujours unis au Seigneur qui peu à peu nous guidera sur ses chemins à Lui, et peu
à peu nous nous laisserons guider par le Christ dans tout ce qui fait notre vie
et notre personne.
Le
Christ est vivant, présent à nos côtés, prenons ces paroles au sérieux et
vivons en compagnie du Christ le retrouvant bien souvent en nos cœurs et en nos
âmes, conversant avec Lui en chaque instant, Lui demandant bien souvent
« Seigneur qu’est ce que tu ferais à ma place ». Voilà la vie
chrétienne, la vie avec le Christ notre unique berger.
Amen.
samedi 21 juillet 2018
15 Juillet - 15ème Dimanche du Temps Ordinaire
L’ensemble
des textes des Saintes Ecritures, que nous livre la liturgie de ce dimanche,
est porteur d’une même thématique à savoir : l’envoi en mission.
En
effet, Amos a été choisi par le Seigneur et il est envoyé pour devenir prophète
en Israël. St Paul, de son côté, se fait l’écho du choix de Dieu qui se pose
sur tous ceux qui se laissent sauver par le Christ et qui deviennent témoin du
Salut éclairé par l’Esprit Saint. Et enfin dans l’Evangile, le Christ a choisi
les douze apôtres afin qu’ils annoncent au monde entier la venue de Dieu
jusqu’à eux.
Le
prophète Amos, St Paul, les apôtres, tous sont des personnages exceptionnels,
exceptionnels par la mission qui leur est confié mais aussi exceptionnels par
leurs saintetés. Et il en est de même pour les saints du ciel que nous
connaissons, c’est toujours leur exceptionnalité qui nous est manifesté et que
nous retenons. Les prophètes, les apôtres, les saints, tous sont des personnes
exceptionnelles, c’est vrai, mais il nous faut faire attention car à trop vouloir
le dire et le remarquer, nous nous excluons insidieusement du fait d’être nous
même des personnes exceptionnelles. Alors redisons le nous tous en ce dimanche,
nous sommes des personnes exceptionnelles ! Nous sommes tous des personnes
exceptionnelles !
Nous
sommes des personnes exceptionnelles peut-être en puissance et pas encore en
acte, c'est-à-dire que nous sommes des personnes exceptionnelles en devenir
mais la réalité est bien là !
Et
nul orgueil là dedans, car gardons bien à l’esprit que si nous évoquons les
grandes figures des prophètes d’antan, des apôtres du Seigneur ou encore des
saints du ciel, tous ne sont devenus exceptionnels que par grâce, et uniquement
par grâce. C’est la grâce c'est-à-dire Dieu Lui-même qui les a conduits à
devenir ses témoins empli de grâce et de sainteté. Et je nous le dis à chacun
d’entre nous, Dieu désire faire exactement la même chose avec chacun de nous.
Dieu désire nous envoyer en nous établissant dans sa grâce et sa sainteté, Dieu
désire faire de chacun de nous des personnes exceptionnelles, exceptionnelles
par le don de la grâce et de la sainteté dont Dieu désire nous combler.
Mais
reconnaissons le, bien souvent nous avons peur, peur de ne pas être à la
hauteur et c’est bien vrai mais alors laissons Dieu nous élever et nous placer
là où Il le désire. Nous avons peur de devoir changer de vie et c’est parfois
nécessaire alors laissons le Seigneur émonder notre vie afin qu’elle soit digne
d’être appelée une vie chrétienne. Nous avons peur de parler du Christ et il
est certain que l’époque ne nous aide pas si tant est qu’il y’ait eu des
époques plus faciles en ce domaine, alors demandons au Seigneur de venir parler
en nous. Nous avons peur de nous abandonner au Seigneur alors demandons Lui la
croissance de notre confiance en son Saint Nom. Toute peur disparaît, lorsque
Dieu agit !
Ainsi
oui, nous avons tous un grand destin dans le dessein de Dieu, un grand destin
qui sera peut-être caché au plus intime de nos âmes mais un grand destin tout
de même constitué de Dieu Lui-même, de Son Amour, de Son Salut et de Sa Grâce.
Ne laissons pas la peur de quoi que ce soit nous clouer au sol jusqu’à nous
empêcher de parcourir le chemin sur lequel le bon Dieu nous attend et nous
appelle. Ne laissons pas la peur de nous même nous couper les ailes de la grâce
et nous détourner de la voie sainte. Ne faisons pas de la sainteté une réalité
qui ne serait pas pour nous car dès lors nous empêcherions Dieu d’agir en nos
âmes, nous empêcherions Dieu de nous attirer à Lui, de nous embraser de son Amour
qui est l’unique source de toute sainteté. Ne faisons pas du bonheur divin une
réalité réservée à quelques uns car Dieu Lui-même désire illuminer nos vies et
Il se réjouit lorsqu’une âme se laisse éclairée par sa présence aimante.
Dieu
peut tout, Dieu peut tout en nous ! Avons-nous véritablement conscience de
cela ? Dieu peut tout en nous jusqu’à faire de nous des saints ! Dieu
peut tout en nous si nous Le laissons faire et si nous nous abandonnons entre
ses mains. Dieu peut tout en nous si nous nous laissons conduire par sa grâce
en évacuant de nos esprits toutes les prévisions que nous avons pu élaborer.
Dieu peut tout en nous et ce que Dieu désire c’est de demeurer pleinement en
chacune de nos âmes, ce que Dieu désire c’est de nous établir en sa grâce et en
sa sainteté, c’est de nous envoyer afin que nous soyons ses témoins.
Alors
en ce dimanche, laissons-nous embraser par la présence divine, laissons-nous
nourrir par Dieu Lui-même et demandons au Seigneur de nous aider à vivre en sa
présence chaque instant, de nous aider à vivre de son Amour à chaque battement
de notre cœur. Demandons au Seigneur de faire de nous des saints en nous
abandonnant entre ses mains et en lui faisant une place véritable en chacune de
nos journées. Que Sa force soit notre force, que Sa grâce soit notre grâce afin
que nous soyons embrasés du Christ et que nous témoignions de son Amour et de
son Salut à tous. Dieu peut tout en nous, laissons-nous faire en nous
abandonnant pleinement à Lui.
Amen.
8 Juillet - 14ème Dimanche du Temps Ordinaire
« Un
prophète n’est méprisé que dans son pays », cette parole du Seigneur dans
l’évangile de ce dimanche est une constatation, constatation qui concerne notre
nature humaine blessé par le péché, blessé en la confiance et en l’espérance
qui nous font bien souvent défaut. Car que ce soit pour les gens de l’époque du
Christ ou que ce soit pour nous aujourd’hui près de deux mille ans plus tard,
nous pouvons constater que la nature humaine demeure essentiellement la même.
Hier comme aujourd’hui la parole du Seigneur est toute à fait vraie :
« un prophète n’est méprisé que dans son pays ».
Pourquoi,
pourquoi ce mépris ? Et bien tout simplement car nous confondons bien
souvent le message et le messager. Si nous connaissons le messager, si nous le
connaissons en ces défauts et en ses faiblesses, si nous connaissons ses
erreurs de jadis et bien dès lors, tout ce que ce messager pourra dire sera
entaché de son histoire défaillante c'est-à-dire de son histoire humaine.
Ainsi, quelle que soit la nature du message, le messager est inaudible à cause
de ses errements passés.
Et
cela va même plus loin car en revenant en l’évangile et en considérant le
Christ comme messager, nous ne pouvons trouver dans la personne du Christ
aucune défaillance, aucun péché, aucun errements mais pourtant, sa parole est
rejetée tout simplement parce que les gens pensent le connaître. Les gens
connaissent ses parents, sa famille ainsi le Christ ne peut surprendre car il
appartient à une lignée et ne peut s’en extraire, ne peut étonner, ne peut pas
porter une parole qui dépasse cette réalité d’appartenance.
Ce
que montre cette réalité c’est ce défaut inhérent à notre propre
fonctionnement, ce défaut qui consiste à mettre chaque personne dans une case
bien définie, qui consiste à faire de la personne quelqu’un que nous cernons et
qui ne peut dépasser les frontières que nous lui avons subjectivement fixées.
Ce défaut est une erreur en de nombreuses dimensions. Tout d’abord, réduire la
personne à ce que nous en connaissons cela revient tout d’abord à considérer
que notre jugement quel qu’il soit est juste, totalement juste. Je pense que
telle personne est comme ceci alors tout est dit. Et c’est ici, dans ce
jugement péremptoire que va naître la médisance, la médisance qui naît au
moment où l’on va partager le jugement que l’on a posé sur telle ou telle
personne. La médisance qui est bien une maladie de notre humanité dans le
déballage de jugement à l’emporte pièce qui alimente tous les commérages
possibles et bien souvent sans aucune réalité objective. Mon jugement de
l’autre s’établi sur ce que je pressens, sur ce que je ressens, je proclame mon
ressenti qui se transforme peu à peu en ressentiment condamnant l’autre,
ressentiment qui se propage et condamne l’autre dans le microcosme qui est le
mien.
Allons même plus loin, j’ai vue telle personne
volée dès lors cette personne est une voleuse, un point c’est tout. Un acte est
posé et cet acte devient qualifiant de l’ensemble de la personne qui l’a posé.
Dans l’ordre de la justice et de la responsabilité c’est vrai, mais nous ne
sommes pas de ceux qui devons rendre la justice qui ne se rend d’ailleurs que
dans un prétoire. Pour nous, comme pour le juge d’ailleurs il nous faut essayer
de rechercher les circonstances d’un tel acte, circonstances qui ne seront
peut-être pas à la décharge de celui qui l’a posé, mais circonstances qui
permettront de saisir le mouvement éthique de l’acte c'est-à-dire l’élan qui a
conduit à un tel acte. Rien que ça, combien de fois prenons nous réellement le
temps de le faire alors qu’il est si pratique de montrer un certain pouvoir en
condamnant ouvertement un tel ou un tel.
Quoi
qu’il en soit de tout cela, le Christ nous invite à une autre vision de la
réalité, à une autre vision de la personne humaine. En effet, dans le respect
de la justice et de la prise en compte de la responsabilité, nous sommes tous
invités à condamner le péché sans condamner le pécheur, je répète, nous sommes
tous invités à condamner le péché sans condamner le pécheur. Condamner le
péché, pas de souci de ce côté-là, un acte est mauvais si sa matière est
mauvaise, si les circonstances ne le dédouanent pas de son poids moral, si la
volonté était claire, si la liberté était sauvegardée. Déterminer qu’un acte
est mauvais cela requiert un certain discernement mais reste relativement aisé.
Ainsi, après avoir effectué ce discernement nous pouvons considérer qu’un acte
est mauvais mais cela ne doit pas nous conduire à une condamnation sans
possibilité de rédemption. C'est-à-dire qu’il nous faut toujours garder à l’esprit
qu’une personne ne se réduit pas aux actes qu’elle pose, garder à l’esprit que
toute personne peut changer, garder à l’esprit que la conversion demeure une
réalité de notre identité humaine.
Prenons
un exemple en la personne de St Paul ? St Paul lui qui avait participé à
l’assassinat de St Etienne, lui qui persécutait les chrétiens, il aurait très
bien pu être condamné pour cela et pourtant il devint un des plus zélés apôtres
du Seigneur allant jusqu’à livrer sa propre vie !
Ainsi
il ne s’agit pas de considérer qu’aucun acte est mauvais, nous ne sommes pas au
pays des bisounours, il ne s’agit pas non plus de considérer que la justice ne
doive pas s’exercer dans son pouvoir de coercition, il s’agit tout en
reconnaissant la gravité des actes posés, en laissant la justice faire son
œuvre, il s’agit de permettre à la personne de retrouver le chemin du Bien,
permettre à la personne de découvrir son Seigneur et Sauveur et dès lors de
s’enraciner dans la vertu. La miséricorde se moque du jugement en ce sens où la
miséricorde rejoint la personne dans sa réalité et l’appelle à changer de vie
dans la reconnaissance du Christ Sauveur.
Et
pour des matières plus légères dans l’ordre de la médisance, il s’agit de ne
pas prêter foi à nos propres jugements qui sont bien souvent emprunt de nos
propres forces et de nos propres faiblesses, ne pas prêter foi à nos propre
jugement et rejoindre l’autre dans ses défaillances pour le soutenir dans le
chemin de la vertu et de la sainteté. La médisance condamne et invite la société
à faire de même, le chrétien lui rejoint l’autre dans sa grandeur, ses
potentialités et son mystère, pour le relever, l’aider à avancer et à
progresser.
Le
jugement péremptoire condamne l’autre en le réduisant à n’être que ce que nous
en percevons, conduit à placer l’autre dans une case, l’espérance permet à
l’autre d’exister par delà ce que j’en comprends et en saisi, certain que
chaque personne humaine peut devenir expression de la présence de Dieu qui me
dépasse et dépasse toute chose.
Et
pour revenir à l’Evangile, le manque de discernement peut évacuer le message en
considérant les faiblesses du messager ; la Foi, quant à elle, voit
au-delà des apparences et perçoit la grandeur du message malgré les faiblesses
du messager.
Alors
bien chers amis, il ne nous reste plus qu’une chose à faire, demandons au
Seigneur de nous faire devenir véritablement chrétien c'est-à-dire que notre Foi nous conduise à chasser de nos
vies tout jugement péremptoire, tout jugement à l’emporte pièce, à chasser de
nos vies toute médisance, et que notre Foi nous conduise à vivre porté par la
volonté d’aider toute personne à être relevée par la miséricorde et à vivre du
Christ Sauveur, à voir en chaque personne humaine un être aimé de Dieu qui
désire le rejoindre et le sauver car c’est bien en cette manière d’agir et de
vivre que nous serons véritablement chrétien. La Foi nous enseigne que Dieu ne
nous a pas condamné mais qu’Il nous a sauvé à notre tour, ne condamnons pas
mais conduisons chaque personne à se laisser sauver par le Christ.
Amen.
3 Juillet - St Thomas - OESSJ
En
ce jour de fête où nous honorons St Thomas, apôtre, il est certain que c’est
bien la vertu de Foi qui s’impose à notre prière. St Thomas a manqué de Foi en
Notre Seigneur, il n’a pas conçu en son esprit par là trop humain le pouvoir de
Dieu qui touche toutes réalités même cette réalité implacable qu’est la mort.
Et il est certain que la résurrection n’appartenait pas à la réalité de pensée
des apôtres aux premiers instants, il est donc tout à fait compréhensible que
cette réalité ne peut que s’ancrer dans un acte de Foi véritable.
Pour
nous tous, c’est quelque peu différent. La résurrection nous savons l’expliquer
mais il nous faut craindre que cette réalité ne demeure que trop au simple
stade de l’idée. Le Christ est ressuscité c'est-à-dire que le Seigneur a vaincu
la mort et qu’Il est entré vivant dans la gloire divine le saint jour de
l’ascension, très bien. Mais cette réalité de la résurrection du Seigneur elle
doit nous accompagner chaque jour car le Christ vivant demeure l’hôte très doux
de nos âmes, demeure vivant pour chacun de nous. Le Christ vivant nous
accompagne, nous soutient, nous relève, nous comble de ses grâces et de ses
dons.
Alors
oui le Christ est ressuscité mais cette réalité n’appartient pas à un passé
glorieux déconnecté de notre quotidien, le Christ est ressuscité pour nous, Il
est vivant pour nous, Il est présent pour nous. Et c’est bien en ce sens que
nous sommes chaque jour appelés à poser un acte de Foi en la présence agissante
du Seigneur en nos vies et nous le faisons à chaque fois que nous accueillons
le Seigneur dans la prière ; la prière qui doit demeurer le cœur de
chacune de nos journées.
De
plus, dans cette discussion entre le Seigneur et St Thomas notons que le
Seigneur fait de nous tous des bienheureux ! En effet, le Seigneur
dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » et c’est bien
de nous dont il s’agit car nous n’avons pas vu le Seigneur ressuscité, oh bien
sûr le Seigneur se manifeste à nous de bien d’autres manières mais nous n’avons
pas vu ni touché le Christ ressuscité et nous posons dès lors un acte de Foi à
chaque fois que nous nous tournons vers Lui. Et il nous faut peut-être nous le
redire, nous sommes heureux d’avoir la Foi ; nous sommes heureux car le
Christ est vivant en nous et pour nous.
Et
pour nous, membres en puissance ou en acte de l’ordre du St Sépulcre, cet acte
de Foi que nous posons envers le Christ ressuscité doit également ancrer notre
espérance, certes notre espérance dans les réalités surnaturelles mais aussi
dans les réalités historiques, politiques et humaines. C'est-à-dire que nous
pouvons poser sur le monde, sur la société, sur l’état de notre France et
surtout de la terre Sainte, nous pouvons poser un regard critique, relevant les
injustices, les erreurs et les manœuvres malhonnêtes et politiciennes mais
notre regard critique doit également être ancré dans la Foi, c'est-à-dire dans
la certitude que quoi qu’il se passe, le Christ demeure vainqueur de toutes
réalités. Oh bien sûr cela ne doit pas nous conduire à nous désengager de
toutes ces luttes en faveur de la justice, de la vérité et de la probité mais
tout en agissant autant qu’on le peut, il nous faut tout abandonner entre les
mains du bon Dieu. Et en ce sens, que cela soit pour les évènements et leurs
évolutions en Terre Sainte, chez nous et même dans notre propre vie nous
pouvons garder à l’esprit ce que disait un disciple de St Ignace de Loyola à
savoir : il nous faut agir comme si tout dépendait de nous en se rappelant
que tout dépend de Dieu.
Ainsi
que ce soit dans la situation des chrétiens en Terre Sainte, que ce soit dans
l’ordre, que ce soit dans les évolutions politiques et même dans notre propre
vie, agissons du mieux que nous pouvons mais laissons nous surtout guider par
le Christ qui seul détient la victoire. Plaçons sous l’étendard du Christ et
œuvrons à la propagation de la Foi et de l’Espérance dans une Charité immense,
travaillons pour la gloire de Dieu.
Et
pour conclure cette homélie, je voudrais attirer notre attention sur
l’exclamation de St Thomas, lui qui proclame en voyant le Christ
ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et bien cette
exclamation je nous invite à la faire notre en chaque eucharistie, qu’au moment
où le prêtre élève le très saint Corps du Seigneur, élève Son précieux Sang
nous puissions intérieurement nous exclamer dans la Foi : « Mon
Seigneur et mon Dieu », car c’est bien Lui, le Christ vivant et présent
qui se donne à nous à chaque communion et ô combien il nous faudrait à chaque
fois tomber à genoux devant un si grand mystère de Dieu qui s’abaisse jusqu’à
notre petitesse pour se livrer à nous sous les espèces consacrées… Ô combien
nous sommes bienheureux de vivre de Dieu.
Amen.
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