Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 11 août 2018

Messe du 15 août

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Mercredi 15 août
Solennité de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie
Messe solennelle en l'église de La Bouilladisse à 10h45


5 Août - 18ème Dimanche du Temps Ordinaire


La première lecture nous donne de nous remettre en mémoire un épisode de l’histoire d’Israël que nous connaissons bien et qui demeure un exemple des plus significatifs de notre humanité. En effet, le peuple d’Israël, éprouvé par l’esclavage demande au Seigneur la délivrance. Moïse accomplit au nom du Seigneur cette délivrance et la fuite du peuple. Mais, le peuple d’Israël va ensuite récriminer contre le Seigneur à cause du manque de nourriture et Dieu va leur répondre en leur donnant la manne et les cailles. Par delà cet épisode de l’histoire, il nous faut nous laisser enseigner par le Seigneur car même si cela fait plusieurs milliers d’année que cela s’est passé, nous agissons bien souvent de la même manière avec le bon Dieu.
En effet, nous tous, nous avons cette joie et cette grâce d’avoir accueilli le Seigneur en nos cœur et en nos âmes le saint jour de notre Baptême et, bon an mal an, nous tâchons de vivre en compagnie du Seigneur combattant nos défaillances et recherchant la vertu. Ainsi, nous pouvons dire que nous avons été libérés du péché le saint jour de notre baptême à l’image du peuple d’Israël libéré de l’esclavage. Et tout comme lui, nous sommes en marche vers la Terre Promise qui n’est rien d’autre pour nous que le Paradis. Tout comme le peuple d’Israël, nous avons aussi parfois cette fâcheuse habitude oh peut-être pas de regretter le baptême reçu qui nous a établi dans la compagnie divine mais de regretter que nos vies ne soient pas toujours un long fleuve tranquille.
En effet, en compagnie du Seigneur nous nous attendons bien souvent à ce que nos vies soient épargnées de tout souci, de tout tracas et de toutes difficultés. Mais notre passage ici-bas, notre temps sur cette terre, notre temps de vie est bien comparable à la traversée du désert du peuple d’Israël et nous y éprouvons la faim de la présence divine, la soif du ciel et de la sainteté, nous sommes parfois harassé par le chemin que nous parcourons nous demandant quant est-ce qu’il pourra bien prendre fin. Notre vie d’ici bas n’est pas comparable à une croisière tout confort mais elle est belle et bien un pèlerinage. Et lorsque les choses tournent mal, lorsque notre existence sombre dans les difficultés, il nous faut bien nous retenir pour ne pas nous tourner vers le bon Dieu afin de maugréer, afin de lui adresser des reproches. Car le bon Dieu ne nous a jamais promis que notre vie d’ici bas serait préservée de tout, notre vie d’ici-bas elle se construit dans le monde avec ses forces et ses faiblesses, elle se construit dans cette existence marquée par le péché qui cause toute sorte de mauvaises choses, elle se développe dans cette nature imparfaite. Le bon Dieu ne nous a pas promis que notre vie d’ici bas serait préservé de tout mais le bon Dieu nous a promis l’Eternelle béatitude qui doit être bien plus désirable que toute autre chose.
En ce sens, il y’a un concept spirituel qu’il nous faut remettre à l’honneur et qui fait horreur à notre modernité c’est celui de l’ascèse. L’ascèse que nous pouvons bien sûr rechercher volontairement afin de nous débarrasser de tout le superflu de nos existences pour ne nous préoccuper que de Dieu et de Dieu seul. C’est une part de l’ascèse. Une autre part consiste à assumer les difficultés de nos vies dans la Foi et la confiance en usant même des difficultés de nos vies pour forger notre Foi, pour l’épurer et la fonder sur Dieu et sur Dieu seul. En ce sens, l’ascèse manifeste également notre attachement au Seigneur, notre Amour de Dieu.
En effet, supporter les difficultés de nos vies en les présentant au Seigneur et en Lui demandant force et courage pour traverser ces épreuves voilà bien la manifestation de la Foi véritable qui s’enracine dans une confiance infinie dans le Seigneur. A l’inverse maugréer dans les difficultés en reprochant au Seigneur ce qui nous arrive est bien loin de la Foi et de la confiance. Mais ne nous y trompons pas, si nous traversons des difficultés dans la Foi, Dieu ne nous enlèvera pas les difficultés mais Il nous donnera de les affronter en sa compagnie. A l’image du peuple d’Israël qui n’a pas été transporté immédiatement en dehors de ce désert dans lequel il errera pendant près de 50 ans, Dieu ne l’a pas soulagé du désert mais Dieu a donné au peuple d’Israël les moyens de traverser ce temps. Et Dieu agi de même avec nous, le bon Dieu ne nous enlèvera pas les difficultés mais Il nous donnera des les affronter avec Lui si nous nous remettons en sa grâce dans la Foi.
Alors bien chers amis, ayons tous un esprit d’ascèse dans la Foi qui soit juste et véritable afin que nos difficultés ne nous éloignent pas du bon Dieu mais qu’au contraire, elles nous permettent de nous enraciner toujours plus profondément dans une confiance infinie et une Foi ardente. Dieu nous accompagne et tel un ami Il nous invite à nous appuyer sur Lui alors surtout n’accusons jamais le bon Dieu mais demandons Lui toujours son soutient.
Amen.

29 Juillet - 17ème Dimanche du Temps Ordinaire


La dignité de notre humanité réside dans le Sauveur que Dieu le Père a désiré lui donner en son Fils Jésus Christ. Mais si Dieu est notre Sauveur, consentant à se livrer Lui-même en sacrifice pour notre propre Rédemption, Dieu ne s’est pas ensuite échappé de notre histoire humaine. Tout comme Il a agi jadis, Dieu agit de même encore aujourd’hui et cela avec chacun de nous.
Et nous le voyons bien dans l’Evangile de ce dimanche, Dieu se soucie même des besoins primaires de notre humanité. Alors oui bien sûr, le plus grand désir de Dieu c’est que nous Le choisissions, que nous Le reconnaissions et que nous L’aimions de tout notre cœur, de toute notre âme, Dieu se souci d’abord de notre salut mais Dieu se soucie d’abord de nous dans tout ce que nous sommes, dans tout ce que nous vivons. Je nous le redis encore en ce dimanche, ne restreignons pas le Seigneur à la sphère spirituelle de nos existences car Dieu n’est pas venu sauver notre dimension spirituelle, Dieu est venu et vient nous sauver, nous, notre personne. Dieu a jadis donner du pain et des poissons à ceux qui en avaient besoin et Dieu désire agir de la même manière avec nous. C’est ainsi qu’il nous faut considérer que toute chose, toute réalité est appelé à être présenté au Seigneur, des besoins primaires aux secondaires, des besoins spirituelles aux autres plus communs.
En ce sens là ce n’est pas uniquement notre vie de Foi qui doit être confiée et présentée au Seigneur mais bien tout ce qui fait notre vie. Et pour les adeptes de la plage en cette période estivale, on peut dire qu’il y’a une manière chrétienne d’aller à la plage, et oui, on peut aller à la plage avec le Christ en faisant que ce moment comme tous les autres soit présidé par le Christ, vécu dans la Charité, la Foi et l’Espérance et cela vaut aussi pour ceux qui préfèrent la montagne. Lorsque les vacances se termineront, il y’a bien aussi une manière d’être chrétien au travail, en faisant nos courses..etc.
La multiplication des pains et des poissons nous rappelle que rien de ce qui fait notre vie n’est étranger au Seigneur alors permettons au Seigneur d’être présent en tout ce qui fait notre vie afin que nous soyons tout entier à Lui, vivant chaque instant en sa présence, uni à Lui en chaque moment dans l’intimité de nos âmes, voilà ce que doit être notre vie, voilà ce qu’est la vie chrétienne.
« Si vous prenez l’habitude de vous tenir en présence de Dieu, vous l’aurez enfin partout avec vous ! », disait sainte Thérèse d’Avila. Voici quelques conseils pratiques pour vivre continuellement en présence de Dieu.
Croire et imaginez que Jésus est près de nous ! Jésus, nous ne Le voyons pas, nous ne Le touchons pas comme toutes les autres personnes, mais nous savons par la foi que le Christ ressuscité est vivant et nous accompagne sur le chemin de la vie. Comme l’aveugle perçoit la présence d’une autre personne à ses côtés, de même nous sentons et sommes sûr de la présence de Dieu près de nous. Nous savons qu’Il nous écoute. Nous croyons que nous l’avons toujours eu à nos côtés et en nous, et que, à présent même, Il est ici. Nous pouvons « l’emmener » avec nous partout, nous entretenir familièrement avec Lui, Lui demander lumière et force, demeurer en sa compagnie.
Regarder chaque instant avec un regard de Foi car avec un regard de Foi, tout révèle la présence de Dieu, tout. Les choses, les évènements et les personnes.
Faire chaque jour un examen de conscience empreint de gratitude car Dieu Providence est présent dans l’histoire et dans nos histoires personnelles, celle de chaque jour. Si tous les jours, en fin de journée, nous nous réservons un temps pour découvrir la façon dont Dieu s’est fait présent dans nos vies et pour Le remercier, nous userons par-là d’un moyen d’une grande efficacité pour cultiver l’habitude de la présence de Dieu.
Avoir recours aux petites phrases répétées tout au long de la journée telle que « Jésus j’ai confiance en Toi » c'est une prière très brève, un cri du cœur qui s’élance vers Dieu.
Faire des visites au saint sacrement
Prier avant toutes les activités quotidiennes
Et encore tant et tant de moyens, soyons imaginatifs afin que chaque instant soit vécu avec le Seigneur, afin que notre cœur Lui soit toujours attentif et aimant.
Amen.

22 Juillet - 16ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Ils étaient comme des brebis sans berger », cette foule de l’évangile suscite la compassion du Seigneur qui la voit désemparée, cherchant le chemin de la Foi et de la Sainteté. Oh bien sûr cette foule suit le Seigneur mais comme à tâtons. Cette foule attend du Christ qu’Il leur indique la voie à emprunter pressentant que c’est bien le Christ qu’il faut suivre mais en même temps rejetant aussi souvent toute radicalité comme nous le signifient d’autres passages des évangiles. Cette foule suit le Christ pour ses belles paroles de consolation et de miséricorde, pour ses miracles mais bien souvent cette foule refuse de se remettre en question et renâcle à mettre en pratique ce que le Seigneur Lui enseigne.
Et nous le savons bien cette foule représente clairement l’ensemble de l’humanité car tout homme recherche le sens à donner à sa vie, tout homme désire s’établir dans la miséricorde par rapport à lui-même, tout homme attend d’être consolé et soutenu sur le chemin de la vie. Et dans un même temps, la nature humaine blessée par le péché a du mal à se laisser guider sur des chemins qui ne sont pas les siens. D’un côté, l’humanité veut bien se laisser combler par l’Amour de Dieu mais de l’autre elle refuse de se laisser transformer par cet Amour divin. D’un côté, l’humanité veut bien se laisser combler par le Christ mais, de l’autre, refuse d’emprunter les chemins que le Christ lui indique préférant suivre ses propres voies.
Nous voyons bien là se dessiner un paradoxe qui nous rejoint également. En effet, comment l’homme peut-il désirer recevoir du Christ grâce et miséricorde et dans un même temps refuser de se laisser conduire à une conversion véritable et radicale. Comment l’homme peut-il désirer recevoir du Christ grâce et miséricorde et dans un même temps suivre de ces autres bergers si nombreux qui l’éloignent du Christ et que l’on peut discerner dans le pouvoir, l’argent, la luxure, l’égocentrisme et tant d’autres choses encore. Comme nous le dit le Seigneur par ailleurs, on ne peut avoir deux maîtres à la fois, on ne peut avoir deux guides, deux bergers à la fois.
Et face à cette réalité, ne pensons pas que le Seigneur sombre dans la colère envers cette humanité qui le recherche sans vouloir le suivre, ne pensons par que le Seigneur s’irrite envers cette humanité qui désire recevoir l’Amour de Dieu sans pour autant en vivre. Le Christ s’est livré Lui-même pour cette humanité ingrate et, porté par son Amour, le Christ ne peut que poser sur notre humanité un regard empli de compassion et de tristesses.
Comme  je nous le disais dimanche dernier, nous sommes des merveilles car Dieu s’est offert en sacrifice pour notre Rédemption et notre Salut mais ce que nous sommes doit encore s’établir et rayonner, ce que nous sommes nous invite à suivre le Christ comme notre unique berger. Suivre le Christ véritablement en vivant à ses côtés, en lui parlant comme un ami parle à un ami, en lui parlant de ce qui fait nos vies, nos joies et nos peines, nos victoires et nos défaites, en vivant avec le Seigneur qui nous appelle constamment à nous laisser guider par Lui, par son enseignement et par l’enseignement de son Eglise. Vivre avec le Seigneur pour vivre dans le Seigneur voilà le chemin que nous indique l’unique berger notre Seigneur Jésus Christ. Et pour toute notre vie, nous pouvons garder à l’esprit cette petite question aidant toujours au discernement des situations et des actions que l’on doit poser : « qu’est ce que le Seigneur aurait fait à ma place ? » ou bien plutôt en nous adressant au Seigneur Lui-même en notre âme : « Seigneur, qu’est ce que tu ferais à ma place ? ». Et cette question s’il nous faut bien souvent l’adresser au Seigneur, il nous faut surtout demander au Seigneur de nous aider à suivre sa volonté à Lui, de nous donner la force de suivre la voie que le Christ Lui-même nous aura indiquée. Et pour toutes ces situations qui échappent à notre contrôle, dans la maladie d’un proche par exemple, et bien établissons-nous dans la confiance en demandant au Seigneur d’être l’unique berger de cette personne et en témoignant du Christ auprès d’elle.
Vivre avec le Christ c’est bien cela c’est impliquer le Christ dans tout ce qui fait notre vie des choses les plus importantes aux plus insignifiantes, je dis bien même les choses les plus insignifiantes. Et pour faire un parallèle, l’été étant propice à cela, nous passons bien souvent des moments agréables en compagnie d’amis échangeant sur tout et sur rien goûtant simplement le plaisir d’être ensemble et bien pourquoi ne pas agir ainsi avec le Seigneur ? Vivre avec le Seigneur c’est aussi cela, c’est parler au Seigneur en lui disant ce qui fait toute notre vie, évoquant ces paysages aperçus et ces émotions ressenties. Parfois nous restreignons notre relation au Seigneur uniquement pour les choses graves et importantes comme si nous avions peur de déranger le Seigneur avec d’autres futilités. Quelle erreur ! Quelle erreur car l’amour du Seigneur concerne toute notre personne et toute notre vie, non pas juste une part de notre existence mais tout ce que nous sommes, tout ce que nous pensons, tout ce que nous vivons ou ressentons. Ne restreignons pas notre relation au Seigneur mais permettons au contraire au Seigneur d’être présent à chaque moment, des plus graves aux plus légers en le rejoignant bien souvent dans l’intimité de nos cœurs et de nos âmes.
Voilà aussi ce qui doit constituer notre prière. Notre prière qui doit être vécue comme l’est notre vie avec ces moments de gravité et ces moments plus légers. Et en agissant ainsi nous vivrons avec le Seigneur non pas uniquement dans ces temps de prières essentiels, qu’il nous faut conserver fidèlement, mais également dans ce quotidien qui est le nôtre. En agissant ainsi nous serons toujours unis au Seigneur qui peu à peu nous guidera sur ses chemins à Lui, et peu à peu nous nous laisserons guider par le Christ dans tout ce qui fait notre vie et notre personne.
Le Christ est vivant, présent à nos côtés, prenons ces paroles au sérieux et vivons en compagnie du Christ le retrouvant bien souvent en nos cœurs et en nos âmes, conversant avec Lui en chaque instant, Lui demandant bien souvent « Seigneur qu’est ce que tu ferais à ma place ». Voilà la vie chrétienne, la vie avec le Christ notre unique berger.
Amen.

samedi 21 juillet 2018

15 Juillet - 15ème Dimanche du Temps Ordinaire


L’ensemble des textes des Saintes Ecritures, que nous livre la liturgie de ce dimanche, est porteur d’une même thématique à savoir : l’envoi en mission.
En effet, Amos a été choisi par le Seigneur et il est envoyé pour devenir prophète en Israël. St Paul, de son côté, se fait l’écho du choix de Dieu qui se pose sur tous ceux qui se laissent sauver par le Christ et qui deviennent témoin du Salut éclairé par l’Esprit Saint. Et enfin dans l’Evangile, le Christ a choisi les douze apôtres afin qu’ils annoncent au monde entier la venue de Dieu jusqu’à eux.
Le prophète Amos, St Paul, les apôtres, tous sont des personnages exceptionnels, exceptionnels par la mission qui leur est confié mais aussi exceptionnels par leurs saintetés. Et il en est de même pour les saints du ciel que nous connaissons, c’est toujours leur exceptionnalité qui nous est manifesté et que nous retenons. Les prophètes, les apôtres, les saints, tous sont des personnes exceptionnelles, c’est vrai, mais il nous faut faire attention car à trop vouloir le dire et le remarquer, nous nous excluons insidieusement du fait d’être nous même des personnes exceptionnelles. Alors redisons le nous tous en ce dimanche, nous sommes des personnes exceptionnelles ! Nous sommes tous des personnes exceptionnelles !
Nous sommes des personnes exceptionnelles peut-être en puissance et pas encore en acte, c'est-à-dire que nous sommes des personnes exceptionnelles en devenir mais la réalité est bien là !
Et nul orgueil là dedans, car gardons bien à l’esprit que si nous évoquons les grandes figures des prophètes d’antan, des apôtres du Seigneur ou encore des saints du ciel, tous ne sont devenus exceptionnels que par grâce, et uniquement par grâce. C’est la grâce c'est-à-dire Dieu Lui-même qui les a conduits à devenir ses témoins empli de grâce et de sainteté. Et je nous le dis à chacun d’entre nous, Dieu désire faire exactement la même chose avec chacun de nous. Dieu désire nous envoyer en nous établissant dans sa grâce et sa sainteté, Dieu désire faire de chacun de nous des personnes exceptionnelles, exceptionnelles par le don de la grâce et de la sainteté dont Dieu désire nous combler.
Mais reconnaissons le, bien souvent nous avons peur, peur de ne pas être à la hauteur et c’est bien vrai mais alors laissons Dieu nous élever et nous placer là où Il le désire. Nous avons peur de devoir changer de vie et c’est parfois nécessaire alors laissons le Seigneur émonder notre vie afin qu’elle soit digne d’être appelée une vie chrétienne. Nous avons peur de parler du Christ et il est certain que l’époque ne nous aide pas si tant est qu’il y’ait eu des époques plus faciles en ce domaine, alors demandons au Seigneur de venir parler en nous. Nous avons peur de nous abandonner au Seigneur alors demandons Lui la croissance de notre confiance en son Saint Nom. Toute peur disparaît, lorsque Dieu agit !
Ainsi oui, nous avons tous un grand destin dans le dessein de Dieu, un grand destin qui sera peut-être caché au plus intime de nos âmes mais un grand destin tout de même constitué de Dieu Lui-même, de Son Amour, de Son Salut et de Sa Grâce. Ne laissons pas la peur de quoi que ce soit nous clouer au sol jusqu’à nous empêcher de parcourir le chemin sur lequel le bon Dieu nous attend et nous appelle. Ne laissons pas la peur de nous même nous couper les ailes de la grâce et nous détourner de la voie sainte. Ne faisons pas de la sainteté une réalité qui ne serait pas pour nous car dès lors nous empêcherions Dieu d’agir en nos âmes, nous empêcherions Dieu de nous attirer à Lui, de nous embraser de son Amour qui est l’unique source de toute sainteté. Ne faisons pas du bonheur divin une réalité réservée à quelques uns car Dieu Lui-même désire illuminer nos vies et Il se réjouit lorsqu’une âme se laisse éclairée par sa présence aimante.
Dieu peut tout, Dieu peut tout en nous ! Avons-nous véritablement conscience de cela ? Dieu peut tout en nous jusqu’à faire de nous des saints ! Dieu peut tout en nous si nous Le laissons faire et si nous nous abandonnons entre ses mains. Dieu peut tout en nous si nous nous laissons conduire par sa grâce en évacuant de nos esprits toutes les prévisions que nous avons pu élaborer. Dieu peut tout en nous et ce que Dieu désire c’est de demeurer pleinement en chacune de nos âmes, ce que Dieu désire c’est de nous établir en sa grâce et en sa sainteté, c’est de nous envoyer afin que nous soyons ses témoins.
Alors en ce dimanche, laissons-nous embraser par la présence divine, laissons-nous nourrir par Dieu Lui-même et demandons au Seigneur de nous aider à vivre en sa présence chaque instant, de nous aider à vivre de son Amour à chaque battement de notre cœur. Demandons au Seigneur de faire de nous des saints en nous abandonnant entre ses mains et en lui faisant une place véritable en chacune de nos journées. Que Sa force soit notre force, que Sa grâce soit notre grâce afin que nous soyons embrasés du Christ et que nous témoignions de son Amour et de son Salut à tous. Dieu peut tout en nous, laissons-nous faire en nous abandonnant pleinement à Lui.
Amen.

8 Juillet - 14ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Un prophète n’est méprisé que dans son pays », cette parole du Seigneur dans l’évangile de ce dimanche est une constatation, constatation qui concerne notre nature humaine blessé par le péché, blessé en la confiance et en l’espérance qui nous font bien souvent défaut. Car que ce soit pour les gens de l’époque du Christ ou que ce soit pour nous aujourd’hui près de deux mille ans plus tard, nous pouvons constater que la nature humaine demeure essentiellement la même. Hier comme aujourd’hui la parole du Seigneur est toute à fait vraie : « un prophète n’est méprisé que dans son pays ».
Pourquoi, pourquoi ce mépris ? Et bien tout simplement car nous confondons bien souvent le message et le messager. Si nous connaissons le messager, si nous le connaissons en ces défauts et en ses faiblesses, si nous connaissons ses erreurs de jadis et bien dès lors, tout ce que ce messager pourra dire sera entaché de son histoire défaillante c'est-à-dire de son histoire humaine. Ainsi, quelle que soit la nature du message, le messager est inaudible à cause de ses errements passés.
Et cela va même plus loin car en revenant en l’évangile et en considérant le Christ comme messager, nous ne pouvons trouver dans la personne du Christ aucune défaillance, aucun péché, aucun errements mais pourtant, sa parole est rejetée tout simplement parce que les gens pensent le connaître. Les gens connaissent ses parents, sa famille ainsi le Christ ne peut surprendre car il appartient à une lignée et ne peut s’en extraire, ne peut étonner, ne peut pas porter une parole qui dépasse cette réalité d’appartenance.
Ce que montre cette réalité c’est ce défaut inhérent à notre propre fonctionnement, ce défaut qui consiste à mettre chaque personne dans une case bien définie, qui consiste à faire de la personne quelqu’un que nous cernons et qui ne peut dépasser les frontières que nous lui avons subjectivement fixées. Ce défaut est une erreur en de nombreuses dimensions. Tout d’abord, réduire la personne à ce que nous en connaissons cela revient tout d’abord à considérer que notre jugement quel qu’il soit est juste, totalement juste. Je pense que telle personne est comme ceci alors tout est dit. Et c’est ici, dans ce jugement péremptoire que va naître la médisance, la médisance qui naît au moment où l’on va partager le jugement que l’on a posé sur telle ou telle personne. La médisance qui est bien une maladie de notre humanité dans le déballage de jugement à l’emporte pièce qui alimente tous les commérages possibles et bien souvent sans aucune réalité objective. Mon jugement de l’autre s’établi sur ce que je pressens, sur ce que je ressens, je proclame mon ressenti qui se transforme peu à peu en ressentiment condamnant l’autre, ressentiment qui se propage et condamne l’autre dans le microcosme qui est le mien.
 Allons même plus loin, j’ai vue telle personne volée dès lors cette personne est une voleuse, un point c’est tout. Un acte est posé et cet acte devient qualifiant de l’ensemble de la personne qui l’a posé. Dans l’ordre de la justice et de la responsabilité c’est vrai, mais nous ne sommes pas de ceux qui devons rendre la justice qui ne se rend d’ailleurs que dans un prétoire. Pour nous, comme pour le juge d’ailleurs il nous faut essayer de rechercher les circonstances d’un tel acte, circonstances qui ne seront peut-être pas à la décharge de celui qui l’a posé, mais circonstances qui permettront de saisir le mouvement éthique de l’acte c'est-à-dire l’élan qui a conduit à un tel acte. Rien que ça, combien de fois prenons nous réellement le temps de le faire alors qu’il est si pratique de montrer un certain pouvoir en condamnant ouvertement un tel ou un tel.
Quoi qu’il en soit de tout cela, le Christ nous invite à une autre vision de la réalité, à une autre vision de la personne humaine. En effet, dans le respect de la justice et de la prise en compte de la responsabilité, nous sommes tous invités à condamner le péché sans condamner le pécheur, je répète, nous sommes tous invités à condamner le péché sans condamner le pécheur. Condamner le péché, pas de souci de ce côté-là, un acte est mauvais si sa matière est mauvaise, si les circonstances ne le dédouanent pas de son poids moral, si la volonté était claire, si la liberté était sauvegardée. Déterminer qu’un acte est mauvais cela requiert un certain discernement mais reste relativement aisé. Ainsi, après avoir effectué ce discernement nous pouvons considérer qu’un acte est mauvais mais cela ne doit pas nous conduire à une condamnation sans possibilité de rédemption. C'est-à-dire qu’il nous faut toujours garder à l’esprit qu’une personne ne se réduit pas aux actes qu’elle pose, garder à l’esprit que toute personne peut changer, garder à l’esprit que la conversion demeure une réalité de notre identité humaine.
Prenons un exemple en la personne de St Paul ? St Paul lui qui avait participé à l’assassinat de St Etienne, lui qui persécutait les chrétiens, il aurait très bien pu être condamné pour cela et pourtant il devint un des plus zélés apôtres du Seigneur allant jusqu’à livrer sa propre vie !
Ainsi il ne s’agit pas de considérer qu’aucun acte est mauvais, nous ne sommes pas au pays des bisounours, il ne s’agit pas non plus de considérer que la justice ne doive pas s’exercer dans son pouvoir de coercition, il s’agit tout en reconnaissant la gravité des actes posés, en laissant la justice faire son œuvre, il s’agit de permettre à la personne de retrouver le chemin du Bien, permettre à la personne de découvrir son Seigneur et Sauveur et dès lors de s’enraciner dans la vertu. La miséricorde se moque du jugement en ce sens où la miséricorde rejoint la personne dans sa réalité et l’appelle à changer de vie dans la reconnaissance du Christ Sauveur.
Et pour des matières plus légères dans l’ordre de la médisance, il s’agit de ne pas prêter foi à nos propres jugements qui sont bien souvent emprunt de nos propres forces et de nos propres faiblesses, ne pas prêter foi à nos propre jugement et rejoindre l’autre dans ses défaillances pour le soutenir dans le chemin de la vertu et de la sainteté. La médisance condamne et invite la société à faire de même, le chrétien lui rejoint l’autre dans sa grandeur, ses potentialités et son mystère, pour le relever, l’aider à avancer et à progresser.
Le jugement péremptoire condamne l’autre en le réduisant à n’être que ce que nous en percevons, conduit à placer l’autre dans une case, l’espérance permet à l’autre d’exister par delà ce que j’en comprends et en saisi, certain que chaque personne humaine peut devenir expression de la présence de Dieu qui me dépasse et dépasse toute chose.
Et pour revenir à l’Evangile, le manque de discernement peut évacuer le message en considérant les faiblesses du messager ; la Foi, quant à elle, voit au-delà des apparences et perçoit la grandeur du message malgré les faiblesses du messager.
Alors bien chers amis, il ne nous reste plus qu’une chose à faire, demandons au Seigneur de nous faire devenir véritablement chrétien c'est-à-dire  que notre Foi nous conduise à chasser de nos vies tout jugement péremptoire, tout jugement à l’emporte pièce, à chasser de nos vies toute médisance, et que notre Foi nous conduise à vivre porté par la volonté d’aider toute personne à être relevée par la miséricorde et à vivre du Christ Sauveur, à voir en chaque personne humaine un être aimé de Dieu qui désire le rejoindre et le sauver car c’est bien en cette manière d’agir et de vivre que nous serons véritablement chrétien. La Foi nous enseigne que Dieu ne nous a pas condamné mais qu’Il nous a sauvé à notre tour, ne condamnons pas mais conduisons chaque personne à se laisser sauver par le Christ.
Amen.


3 Juillet - St Thomas - OESSJ


En ce jour de fête où nous honorons St Thomas, apôtre, il est certain que c’est bien la vertu de Foi qui s’impose à notre prière. St Thomas a manqué de Foi en Notre Seigneur, il n’a pas conçu en son esprit par là trop humain le pouvoir de Dieu qui touche toutes réalités même cette réalité implacable qu’est la mort. Et il est certain que la résurrection n’appartenait pas à la réalité de pensée des apôtres aux premiers instants, il est donc tout à fait compréhensible que cette réalité ne peut que s’ancrer dans un acte de Foi véritable.
Pour nous tous, c’est quelque peu différent. La résurrection nous savons l’expliquer mais il nous faut craindre que cette réalité ne demeure que trop au simple stade de l’idée. Le Christ est ressuscité c'est-à-dire que le Seigneur a vaincu la mort et qu’Il est entré vivant dans la gloire divine le saint jour de l’ascension, très bien. Mais cette réalité de la résurrection du Seigneur elle doit nous accompagner chaque jour car le Christ vivant demeure l’hôte très doux de nos âmes, demeure vivant pour chacun de nous. Le Christ vivant nous accompagne, nous soutient, nous relève, nous comble de ses grâces et de ses dons.
Alors oui le Christ est ressuscité mais cette réalité n’appartient pas à un passé glorieux déconnecté de notre quotidien, le Christ est ressuscité pour nous, Il est vivant pour nous, Il est présent pour nous. Et c’est bien en ce sens que nous sommes chaque jour appelés à poser un acte de Foi en la présence agissante du Seigneur en nos vies et nous le faisons à chaque fois que nous accueillons le Seigneur dans la prière ; la prière qui doit demeurer le cœur de chacune de nos journées.
De plus, dans cette discussion entre le Seigneur et St Thomas notons que le Seigneur fait de nous tous des bienheureux ! En effet, le Seigneur dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » et c’est bien de nous dont il s’agit car nous n’avons pas vu le Seigneur ressuscité, oh bien sûr le Seigneur se manifeste à nous de bien d’autres manières mais nous n’avons pas vu ni touché le Christ ressuscité et nous posons dès lors un acte de Foi à chaque fois que nous nous tournons vers Lui. Et il nous faut peut-être nous le redire, nous sommes heureux d’avoir la Foi ; nous sommes heureux car le Christ est vivant en nous et pour nous.
Et pour nous, membres en puissance ou en acte de l’ordre du St Sépulcre, cet acte de Foi que nous posons envers le Christ ressuscité doit également ancrer notre espérance, certes notre espérance dans les réalités surnaturelles mais aussi dans les réalités historiques, politiques et humaines. C'est-à-dire que nous pouvons poser sur le monde, sur la société, sur l’état de notre France et surtout de la terre Sainte, nous pouvons poser un regard critique, relevant les injustices, les erreurs et les manœuvres malhonnêtes et politiciennes mais notre regard critique doit également être ancré dans la Foi, c'est-à-dire dans la certitude que quoi qu’il se passe, le Christ demeure vainqueur de toutes réalités. Oh bien sûr cela ne doit pas nous conduire à nous désengager de toutes ces luttes en faveur de la justice, de la vérité et de la probité mais tout en agissant autant qu’on le peut, il nous faut tout abandonner entre les mains du bon Dieu. Et en ce sens, que cela soit pour les évènements et leurs évolutions en Terre Sainte, chez nous et même dans notre propre vie nous pouvons garder à l’esprit ce que disait un disciple de St Ignace de Loyola à savoir : il nous faut agir comme si tout dépendait de nous en se rappelant que tout dépend de Dieu.
Ainsi que ce soit dans la situation des chrétiens en Terre Sainte, que ce soit dans l’ordre, que ce soit dans les évolutions politiques et même dans notre propre vie, agissons du mieux que nous pouvons mais laissons nous surtout guider par le Christ qui seul détient la victoire. Plaçons sous l’étendard du Christ et œuvrons à la propagation de la Foi et de l’Espérance dans une Charité immense, travaillons pour la gloire de Dieu.
Et pour conclure cette homélie, je voudrais attirer notre attention sur l’exclamation de St Thomas, lui qui proclame en voyant le Christ ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et bien cette exclamation je nous invite à la faire notre en chaque eucharistie, qu’au moment où le prêtre élève le très saint Corps du Seigneur, élève Son précieux Sang nous puissions intérieurement nous exclamer dans la Foi : « Mon Seigneur et mon Dieu », car c’est bien Lui, le Christ vivant et présent qui se donne à nous à chaque communion et ô combien il nous faudrait à chaque fois tomber à genoux devant un si grand mystère de Dieu qui s’abaisse jusqu’à notre petitesse pour se livrer à nous sous les espèces consacrées… Ô combien nous sommes bienheureux de vivre de Dieu.
Amen.