Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

dimanche 19 novembre 2017

12 Novembre - 32ème Dimanche du Temps Ordinaire

« La cigale et la fourmis » voilà comment La Fontaine a traduit en un conte pour enfant la réalité de la parabole de ce dimanche. La finale de ce conte que nous connaissons tous donne en substance ceci : « La Cigale, ayant chanté tout l'Été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. [..] Elle alla crier famine chez la Fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelque grain pour subsister […] « Que faisiez-vous au temps chaud ? dit [la fourmi] à cette emprunteuse. « Nuit et jour à tout venant je chantais, ne vous déplaise ». « Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant ». Tout comme pour la parabole, l’insouciance n’est pas récompensée et bien au contraire, elle est renvoyée à sa propre inconsistance.
Ainsi, le Seigneur Lui-même nous averti contre cette insouciance qui peut saisir et qualifier une vie qui n’attend qu’une chose : que le temps passe et qui ne se préoccupe que de profiter de l’instant, vivant dans un carpe diem qui ne voit pas plus loin que le jour. Et quand la vie arrive à son terme, un regard en arrière suffit pour constater la simple inconsistance de cette existence vécue dans une insouciance volontaire. A ce sujet, c’est bien à notre vie spirituelle qu’il nous faut appliquer cet avertissement du Seigneur. En effet, dans l’ordre matériel nous ne sommes pas pour la plupart parmi ces insouciants, nous prévoyons et si telle dépense nous prend de court et bien c’est au régime de pâte que nous aurons droit. Mais dans l’ordre spirituel, force est de constater que d’une manière habituelle, l’insouciance est plutôt de mise, la nécessité de la messe du dimanche est bien facilement écarté pour tout autre projet, la confession est elle-même repoussée au mieux jusqu’à Noël si ce n’est jusqu’à Pâques sans parfois préciser l’année, la prière quotidienne est, elle aussi, bien souvent remise à cet éternel demain. Oh bien sûr, me direz-vous, nous avons bien des excuses et il est certain que nous sommes bien souvent passé maître dans cette capacité à nous trouver des excuses qui même si elles sont bien souvent bancales nous suffisent à garder un semblant de bonne conscience.
Et bien chers amis, en ce dimanche, il nous faut rejeter cette insouciance spirituelle, ne soyons pas des cigales de l’existence mais soyons de ces fourmis qui font de cette vie le tremplin de l’Eternité. La cigale spirituelle à la fin de sa vie se trouvera bien dépourvue et face à l’infini Amour de Dieu elle ne pourra que présenter ses regrets de n’avoir pas pris sa vie au sérieux. La fourmi spirituelle à la fin de sa vie se trouvera également bien dépourvue mais face à l’Amour divin elle pourra tout de même compter sur toutes les œuvres de Salut qu’elle aura accompli, œuvres qui la porteront au plus prés du Seigneur.
Ainsi, évacuons de nos vies cette insouciance spirituelle, reprenons conscience que notre vie d’ici bas est le prélude à notre Eternité, reprenons conscience que nous pouvons aimer Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser aimer par Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser combler de toutes les grâces que le bon Dieu nous destine si nous  nous disposons à les recevoir.
Notre salut, notre Eternité se construit dès maintenant alors prenons au sérieux la Parole du Seigneur qui nous redis avec force : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Alors veillons, gardons nos âmes auprès du bon Dieu afin que si notre vie devait s’arrêter en cet instant nous ayons simplement la joie de retrouver le Seigneur que nous aurons aimé et servi au long de notre vie.
Amen.


samedi 11 novembre 2017

5 Novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », voilà transcrit dans ce que l’on pourrait nommer comme un proverbe commun, voilà transcrit l’enseignement du Seigneur Jésus dans l’Evangile de ce Dimanche. Et, à ce sujet, il est toujours appréciable de noter que certains enseignements évangéliques, certaines paroles du Christ sont passés dans le langage courant.
« Ils disent et ne font pas », « Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », par delà les mots, c’est bien une réalité sur laquelle il nous faut être attentif car c’est bien souvent ce que l’on reproche aux chrétiens. En effet, les chrétiens vont à la messe, manifestant leur attachement au Seigneur et aux valeurs évangéliques et pourtant, et pourtant certains vont reprocher à certains chrétiens de ne pas être de meilleurs personnes que les autres, de ne pas être porteur de la joie évangélique, de poser des actes qui vont bien à l’encontre du Christ et de l’Evangile. Et il nous faut reconnaître avec un brin d’humilité que c’est bien vrai et même pour nous même, tout du moins pour ceux qui parmi nous ne sont pas encore saints…
Et oui, il est vrai que les chrétiens ne sont pas parfaits. Mais cette constatation ne devrait pas nous désarçonner car le premier élan de la vie chrétienne n’est pas porté par une perfection morale, le premier élan de la vie chrétienne est porté par la rencontre avec le Christ ressuscité, rencontre qui change notre vie tout en nous rejoignant dans nos faiblesses et nos difficultés. Si pour être chrétien il fallait être parfait, et bien nous pourrions refermer nos missels et partir nous terrer chez nous. Ce qui nous fait chrétien c’est donc la rencontre avec le Christ ressuscité et il est certain que cette rencontre nous conduit à rechercher sans cesse notre propre conversion en nous laissant transformer par l’amour de Dieu.
Tout cela pour dire qu’il nous faut dénoncer deux erreurs. La première est celle portée par la Parole même du Seigneur Jésus « Ils disent et ne font pas » en ce sens où nous ne sommes pas les annonciateurs d’une morale, d’une éthique nous sommes les annonciateurs de la Foi en Jésus Christ et donc lorsque nous disons, lorsque nous parlons ce doit être d’abord pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et si cela nous amène à dénoncer une pratique dans l’ordre moral, il nous faut toujours le faire avec une charité immense, avec une charité qui est portée par la volonté de condamner le péché sans jamais condamner le pécheur. Car notre parole ne doit pas être d’abord une parole de condamnation de l’autre comme si nous lui étions supérieurs, mais notre parole doit toujours être un appel à la conversion et cela dans la reconnaissance que nous sommes nous même aux prises avec notre propre conversion.
La deuxième erreur est celle de la vision habituelle du monde sur la réalité chrétienne. Bien souvent le monde ne voit dans l’Eglise qu’un opposant réactionnaire condamnant et fustigeant à tout va, l’Eglise n’est bien souvent vue que comme gardienne d’une morale alors que l’Eglise est d’abord porteuse de la mission de l’annonce de la Foi. Oh bien sûr il ne s’agit absolument pas d’opposer foi et moral mais de considérer le principe de la réalité ecclésiale qui est bien la Foi. Dans cette vision erronée du monde, si l’Eglise est considérée comme gardienne d’une morale il est certain que tout écart du peuple chrétien est perçu comme un élément décrédibilisant l’ensemble de l’Eglise mais surtout, si l’Eglise est vue uniquement comme gardienne d’une morale tout ceux qui sont éloignés de cette morale se considèrent éloignés du message de l’Eglise et donc du Christ Lui-même et cet éloignement constaté peut conduire jusqu’à la lutte contre l’Eglise, contre l’illusion de ce dogme moral condamnant.
Ces deux erreurs, il nous faut bien les garder à l’esprit afin de parfois changer notre rapport avec le monde afin que notre parole ne soit pas d’abord une parole de morale mais qu’elle soit toujours une parole de Foi et d’annonce du Christ ressuscité Lui qui est venu non pas pour les bien portants mais pour les malades, Lui qui est venu non pas pour les justes mais bien pour les pécheurs. Et il est certain que si le peuple chrétien redevient d’abord cet annonciateur de la Bonne Nouvelle et bien peu à peu la considération du monde changera et verra peu à peu en l’Eglise non pas une structure moralisante condamnante mais bien plutôt cet hôpital de campagne qui désire rejoindre tous et chacun afin de leurs permettre cette rencontre unique du Christ ressuscité qui changera leurs vies et les fera peu à peu grandir sur le chemin de la vie chrétienne.
Alors en un mot soyons chrétien, véritablement chrétiens, travaillant à notre propre conversion avec humilité et cherchant à imiter le Seigneur Jésus dans toutes nos rencontres. Que le Christ soit notre vie, notre appui et l’unique objet de nos proclamations.

Amen.

2 Novembre - Commémoraison des Fidèles Défunts

Hier, nous honorions dans la joie la foule immense de tous les saints du Ciel et, pour beaucoup, à cette occasion, nous avons honoré nos défunts hier, allant sur leurs tombes déposer quelques fleurs et prier pour eux face à ces stèles de marbre. Et pourtant c’est aujourd’hui que nous sommes invités à prier pour nos défunts, à prier pour les défunts. Et certains pourraient se dire que c’est aujourd’hui et non hier qu’il fallait se rendre sur la tombe de nos défunts comme si nous avions fêté un anniversaire avec un jour d’avance. Et bien pour ma part, j’ai toujours pensé que si les défunts étaient honorés le jour de la Toussaint c’est porté par la belle espérance que nos défunts se trouvent déjà unis à la foule immense de tous les saints du ciel et qu’ils ne sont pas enfermés dans les ténèbres de la mort. Nous voulons que nos défunts soient en Paradis et nous manifestons notre désir en les honorant avec tous les saints du ciel. Oh bien sûr, nous savons que nos défunts n’étaient pas parfaits mais nous comptons sur la miséricorde divine, nous comptons sur Dieu Lui-même, sur son Amour et sur sa grâce.
Et bien voilà comme mise en œuvre l’espérance chrétienne, cette espérance qui s’enracine dans l’enseignement du Seigneur Jésus, qui s’enracine dans la résurrection du Christ et qui nous fait poser sur la mort elle-même un regard différent. Car oui nous le savons et nous en avons fait l’expérience ayant tous connus le décès d’un prochain, nous savons que la mort demeure ce drame irrémédiable qui enserre dans le froid et les ténèbres les corps de ceux qui l’ont croisée. La mort terrifiante car soudaine, s’imposant à tous des plus jeunes aux plus vieux, la mort qui tel le couperet d’une guillotine semble mettre un point final à l’existence humaine. Tout cela c’est l’expérience qui nous l’apprend et cette expérience purement humaine n’est portée que par la douleur et par les larmes et elle nous rappelle à tous que notre quotidien peut s’arrêter d’un claquement de doigt, d’un claquement de mort, elle nous rappelle la vacuité de l’existence et en définitive cette expérience nous porterait à la désespérance, elle nous porterait à la désespérance si Dieu Lui-même n’avait pas soulever ce voile de la mort et s’Il ne nous avait pas révéler cet après qui nous attend, cet après qui donne sens et poids à notre vie d’ici-bas.
Grâce à Dieu nous savons que la mort a été vaincue, vaincue non dans cet étape de l’existence qui demeure le lot de tout être humain, la mort a été vaincue car elle n’est plus qu’une étape, une porte qui s’ouvre vers l’éternité. La mort est cette étape décisive, implacable mais une étape seulement. Et dans cet instant de la mort, le jugement s’établira : l’enfer, le purgatoire ou le paradis. L’enfer, état terrifiante et perpétuel de l’âme qui s’est séparé de Dieu s’en privant pour l’Eternité, état de souffrance car état de l’absence de Dieu. L’enfer n’est pas une fable pour faire peur aux enfants, mais bien cette réalité, cette géhenne de feu qui rend brûlant l’absence de Dieu. Rappelons-nous que « Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin » (CEC 1037). Contraire absolu de l’enfer : le Paradis, cet état de l’âme qui demeure uni à Dieu dans l’Eternité, plongée dans l’Amour divin l’âme est établie dans une plénitude de bonheur et de joie. Vous le savez, pour parler du Paradis, il nous faut simplement nous rappeler ces instants de bonheur que nous avons pu vivre ici-bas, ces instants de bonheur qui nous ont fait exprimer le désir que cela ne s’arrête jamais, ce bonheur plein et entier, ce bonheur comblant, voilà le Paradis mais à la hauteur du degrés de puissance de l’Amour divin. L’enfer et le paradis sont des états éternels contrairement au purgatoire qui est un état passager. Le purgatoire, la sainte Eglise notre mère nous enseigne que : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel ». Le purgatoire est donc cet état de purification de l’âme qui s’apprête à entrer en Paradis. Antichambre du Paradis, le purgatoire est un lieu de souffrance en ce double sens de l’impatience de l’âme qui désire être uni à Dieu et dans un même temps du regret, de la contrition ardente pour ses imperfections. Et bien si en ce jour nous prions pour nos défunts, nous prions pour ceux qui ne sont pas encore entré dans la gloire du Paradis, pour ceux qui demeurent en purgatoire. St Jean Chrysostome y invitait d’une manière ardente : « Portons-leur secours et faisons leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (cf. Jb 1, 5), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux ». Oui, en ce soir, n’hésitons pas à prier pour nos défunts afin qu’ils soient établis dans la béatitude éternelle, prions pour eux en ce soir et ne les oublions pas au long de l’année. Et nous le savons, la plus grande et belle prière est celle que le Christ a offert Lui-même dans le sacrifice de la Croix, cette belle et unique prière du Christ, l’Eglise l’offre à chaque eucharistie, à chaque messe et c’est bien en ce sens que lorsque nous offrons une messe pour nos défunts, nous unissons notre prière à l’unique prière du Christ par son Eglise. Offrir une messe pour un défunt c’est bien le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire, tout comme nous avions pour eux de nombreuses attentions de leurs vivants, portés par l’espérance et la miséricorde divine, nous présentons à Dieu par la victoire du Christ ressuscité nos défunts en leur appliquant d’une manière particulière les mérites du sacrifice du Christ.
Alors oui en ce soir, prions avec ardeur pour chacun de nos défunts, prenons quelques instants pour les nommer intérieurement, pour les confier au Seigneur en cette eucharistie, en ce soir, et tout au long de notre vie.

Amen.

1er Novembre - Solennité de la Toussaint

En ce jour, solennellement, nous honorons tous les saints du ciel, nous honorons ces saints connus tels ceux qui ornent notre église de Ste Anne au St Curé d’Ars en passant par Ste Thérèse ou encore St Antoine, ces saints nous les connaissons et nous les honorons en nous confiant bien souvent à leurs intercessions, en nous laissant guider par leurs vies à eux, par leurs expériences de Dieu, par leurs paroles, leurs exemples. Et il est certain que bien souvent, en considérant ces grandes et belles figures de sainteté nous nous considérons éloignés d’eux dans le quotidien de nos vies, éloignés de leur foi ardente, de leurs actions toutes empreintes de Dieu. Et il y’a un risque à cela, c’est de nous considérer quelque part comme étant incapable nous même de suivre leur chemin, de parcourir à leur suite le chemin de la sainteté. Et bien la fête de ce jour est faite pour nous. Car si nous honorons tous les saints que nous connaissons, en ce jour nous honorons également tous les saints inconnus, ces saints inconnus qui n’ont peut être pas accomplis de grandes choses aux yeux des hommes, ces saints qui sont passés inaperçus à nos yeux mais pas aux yeux de Dieu.
Et aujourd’hui nous sommes invités à changer notre propre regard sur la sainteté car la sainteté ne s’enracine pas d’abord dans des actions merveilleuses ou fructueuses, elle ne se manifeste pas d’abord dans des actions éclatantes ou dans des fondations d’ordres religieux, la sainteté ne s’enracine pas dans le faire mais la sainteté s’enracine dans l’être et dans l’être avec Dieu, dans l’être pour Dieu. La sainteté n’est pas relative à telle ou telle personne et pour nous en rendre compte il suffit de percevoir combien les saints sont différents les uns des autres. Ste Thérèse disait à ce sujet : « Dieu a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux Lys et aux roses, mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’il les abaisse à ses pieds, la perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu’il veut que nous soyons ». Ainsi, la sainteté n’est pas relative à tel ou tel, la sainteté elle est uniquement à Dieu qui désire nous élever jusqu’à Lui en nous comblant de Sa propre perfection.
Dès lors, ce qui fait les saints ce n’est pas une particularité personnelle mais c’est Dieu, c’est bien Dieu qui fait les saints. Ainsi avant que de considérer les œuvres des saints, il nous faut toujours nous attacher à cette relation qu’ils ont tissés au long de leurs vies avec Dieu, relation avec Dieu qui les a transformé peu à peu, qui les a modelé jusqu’à faire d’eux ces saints que nous les connaissions ou pas. Et dès lors, un saint c’est simplement celui ou celle qui a porté en plénitude cette relation que nous avons tous avec Dieu, cette relation qui s’enracine dans notre baptême. Car nous sommes tous nés saints le jour de notre baptême. Et c’est peut-être cela qui peut nous paraître comme étant quelque peu terrifiant ou tout du moins dérangeant, nous avons tous reçu Dieu, nous partons tous de la même base dont Dieu nous a doté par grâce mais nous ne vivons pas tous de ce don qui nous est fait, nous ne vivons pas tous en prenant véritablement au sérieux la présence de Dieu, notre vocation.
Rappelons nous ce que disait Ste Mère Teresa : la différence entre un saint et celui qui ne l’est pas c’est simplement je veux ou je ne veux pas. Est-ce que je veux vivre de ce don que Dieu fait de Lui-même en chaque instant, en chaque moment ou bien est-ce que je veux vivre selon mes opinions, mes passions, ma volonté propre. Oh nous le savons bien, nous sommes bien souvent partagé entre ces deux orientations de nos vies : orientation pour Dieu, orientation pour nous même et bien les saints eux ne sont pas partagés, ils sont unifiés et unifiés en Dieu.
Ainsi lorsque nous considérons les saints du ciel ne nous disons jamais que nous ne pouvons pas être saint car la puissance de Dieu peut tout mais elle peut tout si nous nous offrons nous même en victime de sa grâce ; lorsque nous considérons les saints du ciel ne nous disons jamais que nous ne pouvons pas mais admettons que bien souvent nous ne voulons pas, admettons que bien souvent nous demeurons dans cette abjecte tiédeur qui dans un sens vit de l’amour divin mais qui demeure dans un même temps attaché à tant d’amours humains… Mais on ne peut pas être saint à demi, on ne peut pas être saint à moitié…
Et en ce jour solennelle se déploie sous les yeux de nos âmes cette foule innombrable des saints du ciel, cette foule immense qui nous invite à vivre ce chemin unique de l’union à Dieu, de l’unification de nos vies sous le regard divin. Cette foule immense nous invite à reconnaître que nous pouvons tous, je dis bien tous, elle nous invite à reconnaître que nous pouvons tous être saint, et cela simplement en appliquant toute notre volonté, tout notre désir à vivre de Dieu, à vivre en Dieu, à vivre pour Dieu, simplement en aimant Dieu non dans une demi mesure mais pleinement, en aimant Dieu comme Dieu nous aime, voilà bien là la véritable sainteté, voilà bien là notre véritable vocation.
Amen


29 Octobre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire

Tout au long de notre vie nous nous posons intérieurement la question de savoir comment bien agir, quelle est la meilleure décision, le meilleur choix, la meilleure orientation. Ce questionnement habituel est pour chacun de nous enraciner dans la recherche de la volonté de Dieu et cela dans la certitude que la volonté de Dieu correspond au meilleur chemin que nous pouvons parcourir, correspond à la croissance de la plénitude de notre être et de notre sainteté. Ainsi, pour nous, nous nous demandons toujours quelle est la volonté de Dieu pour ce choix, cette décision et parfois la volonté de Dieu peut nous sembler obscure et bien aujourd’hui, en ce dimanche, le Christ nous donne le fondement de cette volonté de Dieu et par là nous donne une clef pour résoudre tous ces questionnements existentiels. En effet, le Christ nous dit bien aujourd’hui que ce qui doit gouverner notre vie c'est-à-dire ce qui doit commander notre existence tel un capitaine commande son navire ce sont ces deux harmoniques :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
Et en cela, remarquons que le Seigneur ne nous laisse pas des interdits, le Seigneur ne nous dit pas ce qui nous interdit dans une logique de morale d’obligation, le Seigneur nous dit quel doit être l’élan de notre existence et cet élan, cette dynamique vitale est celle de l’Amour, l’Amour de Dieu et du prochain. Ainsi c’est porté par cette recherche de l’Amour de Dieu et du prochain que doit se déployer notre existence, que doivent se fonder nos choix, nos orientations. Et ne pensons pas trop vite que cela nous laisserait dans une certaine abstraction car l’Amour de Dieu et du prochain voilà bien là des choses concrètes qui vont bien à l’encontre de l’élan porté par notre temps qui ne cherche que l’amour de soi-même dans un égocentrisme effréné, qui ne désire que le bien-être pour soi.
Ainsi, le Christ nous invite à suivre une autre voie que celle de notre temps et cette voie est portée d’abord par notre amour de Dieu, par cet Amour de Dieu qui nous fera Le rechercher en chaque instant, en chaque moment et qui nous fera également poser sur chaque personne le même regard que le bon Dieu Lui-même, qui nous conduira à l’amour du prochain et de tous nos prochains. Gardons bien à l’esprit que notre amour du prochain découle de notre amour de Dieu ; l’Amour de Dieu est source de la véritable charité. Dès lors, l’unique questionnement qui doit habiter notre existence est bien celle de savoir comment aimer le bon Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et bien la seule réponse à cette question réside dans l’Amour même qu’est Dieu car c’est l’Amour qui provoque l’amour, c’est l’Amour de Dieu à notre encontre qui provoque et suscite notre amour de Dieu. Dieu nous aime, nous le savons mais en quoi cet amour de Dieu s’est manifesté et se manifeste encore ?
Il est certain que l’ensemble de la vie du Seigneur Jésus est un signe des plus éminents de l’Amour de Dieu. L’incarnation, la passion, la mort et la résurrection du Seigneur en notre faveur, en faveur de notre salut voilà l’expression de l’amour divin mais l’amour divin ne s’arrête pas à cela, il est pleinement actuel dans ce don que Dieu fait de Lui-même à chaque eucharistie, dans le don de sa miséricorde dont Il nous comble à chaque confession, dans sa présence aimante à chaque prière que nous Lui adressons, dans le travail de la grâce en nous qui peu à peu nous établi dans une communion plus grande avec Lui. L’amour de Dieu il est là, actuel, agissant mais agissant dans le silence et dans l’intimité, agissant au plus profond de nos âmes, nous transformant peu à peu. Découvrir l’Amour de Dieu pour nous nécessite simplement que nous prenions le temps de le découvrir dans le silence de la prière et de la contemplation laissant nos âmes être saisi par Lui.
Alors en ce dimanche oui attachons nous à vivre guidé par ces deux commandements divins : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même » mais surtout attachons-nous à découvrir sans cesse cet Amour fou que Dieu a pour chacun de nous car voilà le véritable élan de notre vie, de notre existence, de notre conversion, de notre vertu, de notre sainteté. Oui, nous sommes aimés de Dieu et nous sommes invités à vivre de l’Amour divin.

Amen.

22 Octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », cette réponse du Seigneur Jésus à la controverse lancée par les pharisiens semble être une pirouette langagière permettant au Seigneur de ne pas tomber dans le piège tendu. En effet, si le Christ avait dit qu’il fallait payer l’impôt il aurait été accusé de collusion avec l’occupant Romain, si le Christ avait dit qu’il ne fallait pas payer l’impôt il aurait été accusé de révolte contre l’empire… Il est donc vrai que la réponse du Seigneur est pleine de finesse cependant, elle nous enseigne également quelque chose de fondamental.
Au premier abord cette phrase « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » semble séparer ces deux sphères de la société que sont le politique et la religion et c’est d’ailleurs cette vision qui est brandit lorsque l’Eglise porte une parole sociétale ; le politique ne devrait pas interférer dans la religion et surtout la religion ne devrait pas interférer dans la  politique... Mais en réalité, cette séparation n’est qu’illusoire, elle n’est que langagière. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de se poser la question de savoir qui donne à César d’être et d’exister ? Sans chercher trop loin, c’est bien Dieu qui donne à César d’être et d’exister ainsi ce qui est à César est à Dieu. Pour le dire autrement on ne peut affirmer que Dieu est principe et origine de toute chose et dans un même temps exclure Dieu de la conduite de nos sociétés.
Certain dirait que la Foi ne concerne pas l’ensemble des membres de la société et c’est peu de le dire aujourd’hui et que dès lors la Foi ne peut être éclairante dans l’ordre communautaire. Mais l’enseignement divin, parce qu’il conduit l’homme à atteindre sa plénitude peut être le fil directeur pour toute société même laïque en ce sens qu’en portant les commandements divins qui s’adressent et concernent l’homme, en sauvegardant la vertu, nous n’allons pas contre l’homme, bien au contraire. Dieu, la foi catholique ne vont pas contre l’homme, bien au contraire. C’est bien dans ce sens que l’Eglise se doit de rappeler à toutes les sociétés les valeurs fondamentales qui doivent les porter et parmi elles de rappeler en particulier la dignité de toute personne humaine de sa conception à sa mort naturelle.
Mais la difficulté pour nous français, c’est que la laïcisation de la société a produit une séparation qui se veut non poreuse entre la Foi qui est personnelle et la politique au sens large du terme qui est communautaire. Mais la Foi ne peut être mise au placard même dans l’ordre politique car si la Foi nous donne de nous tourner vers Dieu, la Foi nous donne également de recevoir la véritable identité de l’homme. L’homme ne peut être schizophrène en s’attachant au Seigneur dans le cadre privé et en le reniant dans le cadre public car il ne suffit pas de se dire catholique pour l’être mais il faut agir comme tel et oui, il y’a un agir catholique même en politique.
Dans cette considération là, nous pourrions nous sentir quelque peu exclu car nous ne sommes pas, pour la plupart, des personnages politiques publics mais en réalité, cette unité de vie si elle doit être l’apanage des élites politiques, elle doit être également au cœur de notre propre chemin de vie. L’unification de nos êtres dans le Christ, voilà ce qui doit atteindre chaque cœur et chaque âme, unification de notre agir avec notre Foi, unification de notre pensée avec notre Foi, unification de notre personne dans le Christ. Et si aujourd’hui nous nous laissions nous même interroger par le Seigneur en considérant ce qui dans nos vies est à Dieu et en considérant tout ce qui ne l’est pas, quelle serait la part de Dieu en nos existences ? Appartenons-nous à César ou bien appartenons-nous à Dieu ?...

Alors en ce dimanche tâchons de redonner au Seigneur la première place en nos vies c'est-à-dire en chaque instant de nos vies, que le Christ soit présent dans chaque moment de nos vies, dans chaque rencontre, dans chaque action, dans chaque discussion oh non pas comme un étendard mais comme cette présence aimante de Dieu qui soutient notre personne et toute notre personne. Amen.

15 Octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire

Il est certain que la parabole que nous livre le Seigneur Jésus avait comme objet premier de dénoncer le manque de Foi d’une grande part du peuple d’Israël, ce peuple choisi par Dieu qui ne reconnu pourtant pas Dieu venu à leur rencontre et qui déclina l’invitation à la Foi et au Salut. Par suite de leur refus, cette invitation fut adressé à l’ensemble de l’humanité qui est encore aujourd’hui convié à reconnaître le Seigneur Jésus et, dans la Foi, à accepter le Salut qu’Il a établi par le sang de sa croix. Mais cette parabole, par delà cette réalité essentielle de l’universalité du salut nous rappelle quelque chose d’essentiel, c’est le don gratuit de Dieu.
En effet, la parabole commence simplement par préciser que le roi invite au festin des noces de son Fils. Les invités n’ont donc aucuns mérites à être convié à ces festivités et il en est de même pour le bon Dieu. Dieu nous invite à vivre de sa vie, et son invitation ne rejoint pas nos qualités, ne fait pas suite à nos réussites, il n’y a pas de sélection en fonction de quelques critères que ce soit. Dieu invite l’ensemble de l’humanité. Reprenons conscience en ce dimanche que l’incitative de notre naissance à la vie divine et de notre vie spirituelle, l’initiative de la grâce qui inonde nos âmes, l’initiative de la miséricorde divine dont nous pouvons être comblés, l’initiative même de notre salut, tout cela Dieu nous en est l’unique auteur. Dieu est à la recherche de l’homme, Dieu est à la recherche de chacun de nous et Il se livre à nous de manière pleine et entière, de manière gratuite.
Mais si cela est vrai pour les prémices de la vie de la grâce en nos âmes, cela est également vrai pour la suite. Toujours et partout, lorsque nous nous remettons face au Seigneur, lorsque dans l’intimité de la prière nous le rejoignons, lorsque nous recevons sa grâce, lorsque nous le recevons en communion, nous ne pouvons jamais nous prévaloir d’avoir mérité ces dons immenses qui nous sont faits même si nous tâchons d’en être digne car nous ne sommes jamais à la hauteur de la perfection qu’est Dieu. Dieu nous donne tout et cela à chaque instant. Voilà bien cette douce réalité qui devrait nous saisir l’âme en nous faisant certes ressentir notre petitesse mais surtout en nous révélant l’attention divine pour chacun de nous, cette attention divine qui donne du prix à chacune de nos vies, à chacune de nos existences. Oui, nous sommes aimés de Dieu, de cet amour désintéressé et totale qui conduit Dieu à se livrer à nous, à nous accompagner, à nous soutenir, à nous pardonner, à nous relever. L’Amour de Dieu n’est donc pas de cette mièvre guimauve qui peut inonder les romans à l’eau de rose, l’Amour de Dieu est complet total, Il s’inscrit dans ce don sanglant qu’Il fait de Lui-même pour nous et pour notre salut, tout cela sans que nous n’ayons mérité quoi que ce soit. Bien chers amis, c’est cette conscience là, cette réalité là qui dans la contemplation fait jaillir un nous cet amour de Dieu qui nous fera tâcher de Le rechercher davantage et là encore non pas par devoir de réciprocité car nous ne pouvons rien rendre à Dieu que nous ne l’ayons reçu de sa main, non par une réciprocité commerciale mais simplement comme une réponse amoureuse au don totale que Dieu fait de Lui-même pour chacun de nous.
Alors en ce dimanche, tâchons simplement de recevoir cette invitation au Salut que nous adresse à tous le Seigneur et avant même de penser y répondre par le don de nos vies, goûtons l’Amour infini de Dieu qui éclaire cette invitation personnelle au Salut, laissons-nous irradier par cet Amour divin qui seul pourra nous permettre de répondre à cette invitation avec un amour ardent.
Amen.