Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

dimanche 15 mai 2016

15 Mai - Solennité de la Pentecôte

En ce dimanche, le Seigneur a accompli ce qu’Il avait promis, Il a envoyé sur le monde le paraclet, le défenseur, l’Esprit Saint. Et il ne nous faut pas cesser de scruter les actes des apôtres qui nous livrent cet évènement, évènement qui se poursuit jusqu’à ce jour. Nombreux sont les signes de la présence et de la grâce communiquée par la troisième personne de la Ste Trinité, par le St Esprit.
Le violent coup de vent qui manifeste cette descente énergique de l’Esprit Saint nous rappelle ce souffle doucereux du livre de la Genèse, ce souffle qui planait sur les eaux. Mais entre les deux textes, quelle évolution dans la force du St Esprit, évolution qui marque bien le changement d’état de notre humanité qui, avant le péché original était accompagné par le Seigneur dans un compagnonnage serein et notre humanité qui, après le péché originel, a besoin d’être arraché aux ténèbres pour être emporté jusqu’aux cieux.
Puis ce sont les langues de feu, ces langues de feu qui symbolisent ce don de la présence du Seigneur en son Esprit Saint, ce feu qui est celui de l’amour ardent du bon Dieu et qui demeure signifié par le cierge pascal. Et nous pouvons nous demander pourquoi le feu alors que la manifestation visible du St Esprit est plutôt celui de la colombe. Le feu manifeste l’amour ardent du Seigneur, manifeste également que l’Esprit Saint viens nous embraser par sa divine présence, viens nous éclairer par sa lumière toute divine, viens nous purifier du mal qui nous éloigne de Dieu, ce feu qui est également appelé à se communiquer pour embraser le monde et la terre.
Mais en ce jour je voudrai m’arrêter avec vous sur une réalité plus discrète du don de l’Esprit qui est celui de l’établissement de la communion des saints. Communion des saints du ciel bien sûr, eux qui sont unis dans la gloire divine, mais communion des saints dont nous faisons également parti dans cette part de sainteté qui est la nôtre. C’est bien la présence de l’Esprit Saint en chacun de nous qui nous lie et nous unit les uns aux autres. Oh bien sûr dans le respect de notre individualité mais dans la mise en commun de la grâce, de la sainteté, de la prière qui nous anime tous et chacun. Ce lien qui nous unit tous d’une manière mystique et spirituel, d’une manière bien réelle, il nous faut constamment le ressaisir dans cette unité qui doit être la nôtre. L’Esprit Saint nous anime tous ensemble dans cette communauté unique qu’est l’Eglise, par sa grâce, nous sommes tous attirés vers la même union à Dieu, nous sommes tous nourris du même corps du Christ, nous sommes tous orientés vers l’Eternité. C’est bien l’Esprit Saint qui fait de chacun d’entre nous un corps unique qu’est celui du Corps du Christ. C’est bien l’Esprit Saint qui nous convoque à cette amitié fraternelle qui doit régir chacune de nos relations, cette amitié fraternelle qui nous fait nous soucier du plus petit, du plus pauvre, du plus faible, qui nous fait nous soucier du chrétien persécuté, qui nous fait nous soucier de l’annonce de l’Evangile et de la transmission de la Foi. L’Esprit Saint nous pousse à quitter la sécurité de nos vies pour affronter le monde afin de le conduire à entrer dans la réalité du salut et de la miséricorde.
Alors oui en ce dimanche, en cette solennité de la Pentecôte, demandons pour chacun de nous une nouvelle effusion de l’Esprit Saint afin d’être arraché au mal, afin de brûler de la vie même de Dieu en nos âmes mais surtout laissons l’Esprit Saint agir afin qu’Il fasse de chacun de nous des annonciateurs de la Bonne Nouvelle, des évangélisateurs. C’est bien ce qu’on vécut les apôtres aujourd’hui, ils ont affrontés leurs peurs, leurs gênes, leurs questions et ils se sont lancés corps et âmes dans l’annonce de l’Evangile. Nombreux sont ceux qui parmi eux sont devenus martyr ayant perçu que l’essentiel d’une vie se mesure à l’aune de l’éternité. C’est bien ce même Esprit Saint qui souffle encore aujourd’hui et pour nous laisser emporter par Lui et cela jusqu’au ciel, il nous suffit de border les voiles de nos âmes c'est-à-dire de ne pas nous laisser porter au grès du temps qui passe, au grès des idées et des opinions du monde. Bordons nos voiles et mettons la barre vers le Christ, l’Esprit Saint nous fera avancer et nous fera jeter nos filets afin d’attirer le monde jusqu’à la béatitude.

Amen.

mardi 10 mai 2016

8 Mai - 7ème Dimanche du Temps Pascal

En contemplant le ciel, le regard fixant la gloire divine qui reçut en ascension notre Seigneur Jésus Christ c’est bien la Sainte Trinité qui nous est donnée de contempler, l’unité substantielle du Père, du Fils et du Saint-Esprit, unité des trois personnes divines qui dans le mystère trinitaire demeure dans l’unité divine. Expliquer la sainte Trinité ne nous est pas donnée car elle demeure un des plus grands et des plus beaux mystères de notre Foi.
Un des plus beaux car cette unité trinitaire se fonde sur les relations réciproques entre le Père et le Fils, entre le Fils et le Père et de cette relation unique entre le Père et le Fils jaillit l’Esprit Saint. Mais si dire cela demeure vrai dans l’ordre de la théologie, il convient de préciser, pour que la théologie rejoigne l’âme et le cœur, il convient de préciser que ce qui qualifie ces relations intra-trinitaire c’est l’Amour.
Et c’est ici que se trouve la plus belle explicitation de l’identité divine car oui Dieu est Amour mais comme l’Amour ne peut que se donner, comme l’Amour a toujours besoin de se communiquer en Dieu cette circulation d’Amour se fait entre chacune des trois personnes de la Sainte Trinité. Et c’est déjà un magnifique objet de contemplation et de méditation que de s’abimer dans la considération de Dieu Lui-même mais ô combien il est heureux de considérer que Dieu a voulu se communiquer, Dieu a voulu faire entrer notre humanité dans cette relation d’Amour qu’Il est en Lui-même.
Et c’est ainsi que la mission du Seigneur Jésus en donna l’accès par l’ouverture des portes du Salut, et c’est ainsi que l’Esprit Saint demeure ce lien unique qui permet au peuple chrétien de vivre dès à présent dans l’intimité trinitaire, de vivre dès à présent porté par la relation d’Amour qu’est Dieu en Lui-même. Ainsi, l’Amour se communique en la Sainte Trinité dans la relation de chacune des personnes divines et Dieu a voulu, a tenu, a permis que l’humanité entière soit invité à vivre de cet Amour divin dans une relation unique, dans une relation d’Amour avec Dieu Trinité sainte.
            Nous percevons alors la grâce, la chance qui est la nôtre de pouvoir dès à présent vivre en la Trinité Sainte même si cette vie ne trouvera son épanouissement plénier qu’en la gloire du Ciel. Nous percevons combien Dieu a le désir de notre humanité, combien Il désire notre amitié, notre amour. Nous percevons combien nous sommes appelés à vivre plus intensément en cette sainte compagnie du Père, du Fils et du Saint Esprit. Et c’est bien cela que nous exprimons à chaque fois que nous nous recouvrons du signe de la croix manifestant en ce geste usuel, habituel, notre propre désir d’être uni à la Sainte Trinité, d’être recouvert de sa présence, d’être habité par sa lumière.
Alors oui, la Sainte Trinité demeure un mystère mais cela ne nous empêche pas de vivre dès à présent uni à elle. Ne pas comprendre ne nous empêche pas d’aimer, ne pas tout saisir ne nous empêche pas de nous laisser saisir, ne pas pouvoir expliquer ne nous empêche pas d’aimer.

Amen.

5 Mai - Solennité de l'Ascension

« tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux […] emporté au ciel » c’est par ces quelques mots que St Luc rend compte de cette belle solennité de l’ascension, quelques mots qui nous enseignent que le dernier acte de la vie terrestre du Seigneur Jésus est un geste de bénédiction, bénédiction qui se poursuit encore jusque dans l’éternité « tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux », et c’est peut-être ce geste ultime qui manifeste que le premier désir du Seigneur entré dans l’éternité est bien celui de la bénédiction de notre humanité. Le Seigneur Jésus entrée dans la gloire n’est pas d’abord ce juge qu’il nous faut craindre mais Il est d’abord celui qui béni l’humanité, qui nous bénit nous tous jusqu’à nous inviter au salut, jusqu’à nous inviter à Le rejoindre jusque dans la gloire.
Et pour saisir le sens profond de cette fête d’aujourd’hui, il nous faut la remettre dans la belle perspective de l’incarnation, de la passion et de la résurrection. Remettre la fête de l’ascension dans la perspective de l’incarnation car Celui qui aujourd’hui est accueilli dans l’éternité, Celui qui aujourd’hui est en Paradis, en la gloire du Ciel c’est bien sûr Dieu Lui-même mais c’est aussi l’homme. Aujourd’hui, en la personne du Seigneur Jésus vrai homme et vrai Dieu, l’Humanité entre dans la béatitude, notre nature humaine prend place dans le Royaume éternel, prend place auprès de Dieu, en Dieu. Et il nous faut nous laisser saisir par la grandeur de cette affirmation, par la beauté et la bonté qui transparaît dans cette accueil de l’humanité en l’intimité divine. Et c’est bien pour cela que Dieu s’est fait homme en Jésus Christ, Dieu s’est fait homme en Jésus Christ afin de permettre à l’homme de revenir et de s’établir auprès de Dieu et c’est aujourd’hui que cela s’accompli.
Et il nous faut aussi remettre la fête de l’ascension dans la perspective de la passion et de la résurrection car par sa passion et sa résurrection le Christ nous offre le Salut, nous donne d’être sauvé, nous montre que notre vie d’ici bas ne se résume pas à notre vie terrestre, nous enseigne que nous sommes fait pour l’éternité, pour l’immortalité mais non pas pour une immortalité ici-bas mais bien pour une immortalité dans la gloire du Ciel, dans l’amitié divine, dans l’union à Dieu. Le Christ nous ouvre les portes du Ciel par sa passion et sa résurrection. Par sa résurrection, le Christ est victorieux de la mort et par son ascension le Christ nous montre le véritable sens de la vie qui n’est plus anéantie par la mort, qui ne se résume pas à une vie ici-bas mais qui s’inscrit dans l’éternité. Aujourd’hui, nous le savons, notre destinée c’est le ciel, notre désir doit être celui d’entrer dans l’éternité, de suivre le Seigneur Jésus en son ascension pour être établi à ses côtés dans le Royaume éternel.
Ô comme il nous faut avoir ce désir intense du ciel, ce désir de l’éternité. Nous qui sommes bien souvent empêtré dans nos soucis, dans nos difficultés, ces difficultés qu’il nous faut affronter mais qui ne doivent pas nous faire perdre la belle espérance, qui ne doivent pas nous empêcher de lever notre regard vers le Ciel pour exprimer à Dieu notre désir de le rejoindre. Nous sommes fait pour le ciel et c’est bien cette perspective qui doit gouverner nos existences sans pour autant démissionner de nos responsabilités terrestres mais en les mettant constamment dans la perspective éternelle. Aujourd’hui plus que jamais, rappelons-nous que le Chrétien doit avoir la tête au ciel et les pieds sur terre ! La tête au Ciel dans la contemplation de la bonté divine et les pieds sur terre pour assumer les exigences de la vie ; la tête au ciel pour nous laisser éclairer par la grâce divine et les pieds sur terre pour agir en disciple du Seigneur en nos vies.
Et alors que le Seigneur Jésus nous bénit dans l’éternité, alors que nous attendons de célébrer le don de l’Esprit Saint qui nous a été fait le jour de la Pentecôte, attachons-nous en ce soir à contempler le Crucifié, à contempler le Ressuscité qui a fait entrer notre humanité dans la gloire éternelle et qui nous redis dans l’Amour qu’Il est en Lui-même combien Il nous appelle à le rejoindre, combien Il nous attend. Le Ciel voilà notre désir.

Amen.

1er Mai - 6ème Dimanche du Temps Pascal

En ce 6ème Dimanche du Temps Pascal c’est bien la personne du St Esprit qui se dévoile et se révèle à nous. La personne de l’Esprit Saint qui agit en l’Eglise, aujourd’hui comme dans les commencements. La personne de l’Esprit Saint qui accompagne la réception  de la Révélation, de la Bonne Nouvelle, des enseignements du Seigneur Jésus. La personne de l’Esprit Saint qui demeure agissante en chacun de nous qui l’avons reçu le saint jour de notre baptême.
« L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé », cette phrase des Actes des apôtres manifeste combien les premiers chrétiens avaient foi en la présence et en l’action du Seigneur et cela à tel point que l’Esprit Saint nous est présenté comme fondant la première décision importante qui intervint dans la vie de l’Eglise en ce que l’on appelle aujourd’hui le premier concile de Jérusalem : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé ». Et c’est peut-être une part de notre foi qu’il nous faut retrouver, retrouver ce sens aigu de l’Eglise qui demeure certes pour une part cette communauté humaine faites de ses grandeurs et de ses faiblesses, faites de ses vertus et de ses péchés. Mais l’Eglise ne se réduit pas à cette simple communauté humaine, elle n’est pas un syndicat ou un parti. L’Eglise demeure unie au Christ Lui-même qui en est la tête, l’Eglise demeure uni à l’Esprit Saint qui en est l’âme. Et si nous considérons l’Eglise d’ici bas n’oublions pas l’Eglise qui est déjà entrée dans la gloire du Seigneur, qui est déjà entrée en Paradis, n’oublions pas aussi cette part de l’Eglise qui demeure aujourd’hui en purgatoire. L’Eglise c’est l’Eglise triomphante au ciel, souffrante en purgatoire et militante ici-bas, trois dimension d’une unique réalité. La personnalité de l’Eglise est donc source de notre Foi qui nous donne aujourd’hui encore de recevoir les appels de l’Eglise comme n’étant pas le fruit d’un consensus humain mais bien comme les appels du Christ et de l’Esprit Saint.
L’Esprit Saint qui poursuit ainsi son œuvre dans le monde en permettant à l’Eglise de discerner le meilleur chemin à emprunter à notre modernité et comme le Seigneur nous l’a promis : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Ne considérons pas que nous sommes abandonnés de Dieu parce que le Seigneur est remonté auprès de son Père le jour de l’ascension qui approche d’ailleurs à grand pas. Dieu ne nous a pas abandonné comme nous en faisons l’expérience en chaque eucharistie et il nous faut donc garder vive notre foi en l’action de Dieu dans la gouvernance de l’Eglise d’ici-bas. Cela ne veut pas dire de tout mettre sur le même plan et de rester aveugle face aux difficultés qu’il convient d’affronter mais cela signifie que dans l’ordre de la Foi et dans l’ordre des mœurs, le message de l’Eglise est bien celui que nous adresse le Christ par l’action de l’Esprit Saint.
Mais nous sentons bien, particulièrement en notre temps, qu’il est difficile de garder son regard pur, que notre espérance est parfois bien malmenée, que notre Foi elle-même est parfois mise en accusation mais en réalité qu’importe les aléas de l’histoire ce qui importe c’est le vrai, c’est la vérité du Christ et de l’Eglise. Mais pour avancer en notre vie, pour garder vive et intègre notre Foi là encore nous ne sommes pas abandonnés à nous même. N’oublions pas l’Esprit Saint qui nous accompagne et nous soutient, n’oublions pas que l’Esprit Saint nous aide à discerner le bien de nos vies et nous portent dans les efforts que nous faisons pour l’atteindre, n’oublions pas que l’Esprit Saint fortifie notre Foi, affute notre charité et aiguise notre Espérance. Là encore, pour nous qui sommes membre de l’Eglise nous sommes appelés à laisser le Christ être à notre tête et à laisser l’Esprit Saint être l’essence vitale de nos âmes. Et nous touchons du doigt cette réalité de la vie de Foi qui est bien celle d’un compagnonnage avec le Seigneur Père Fils et Saint Esprit. Dieu est avec nous alors soyons avec Lui pour vivre notre vie dans sa grâce et le rejoindre dans l’éternité.

Amen.

lundi 25 avril 2016

24 Avril - 5ème Dimanche du Temps Pascal

« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres », cette finale de l’évangile que nous venons d’entendre replace le commandement du Seigneur dans le cadre de la vie quotidienne, il permet ce passage de la théorie à la pratique. Et nous avons bien besoin d’accomplir ce passage, d’incarner en nos vies ce que le Seigneur nous demande, ce qu’Il nous commande. « Aimez-vous les uns les autres », ce commandement nous le connaissons tous, nous savons tous qu’il résume l’ensemble de notre attachement du Seigneur et qu’il doit qualifier notre vie mais en définitive qu’en est-il ? Est-ce que cette charité fraternelle dont il est ici question est véritablement vécue entre nous ? Ô nous nous attachons à vivre de cette charité fraternelle avec ceux que nous connaissons, ceux qui nous sont proches mais la communauté chrétienne ne se résume pas à nos connaissances ou à nos affections. Là encore, nous le savons bien, le Seigneur ne nous invite pas seulement à aimer ceux qui nous aiment mais le Seigneur nous invite à aimer jusqu’à nos ennemis, à prier pour eux mais qu’en est-il effectivement en chacune de nos vies ?
Il nous faut peut-être opérer un bref examen de conscience quand à la réalité de notre propre charité fraternelle. Mais avant tout qu’en est-il de la réalité de cette charité fraternelle, qu’est ce que c’est ? Et bien, la charité fraternelle doit nous conduire à recouvrir chacune de nos relations de la vertu éminente de charité c'est-à-dire que dans nos relations la médisance ne doit pas avoir cours. Cette médisance qui consiste à chuchoter telle ou telle chose que nous prenons pour véritable concernant untel ou unetelle, ces petites choses qui conduisent notre interlocuteur à poser un regard au mieux condescendant au pire vindicatif sur la personne que l’on médit. La médisance est un des maux dont il nous faut guérir, c'est-à-dire qu’il ne nous faut pas produire ni propager la médisance et qu’il nous faut avoir le courage et la force de changer de sujet lorsqu’elle apparaît au fil d’une conversation. Ecartons de nos vies cette attitude de salon de coiffure qui décoiffe surtout les personnes qui ne sont pas là.
La médisance, la calomnie, le mensonge vont bien sûr à l’encontre de la charité fraternelle mais si nous nous interrogeons pour savoir ce qui la favorise et bien c’est tout simplement la miséricorde. Savoir pardonner à ceux qui nous entourent leurs manquements, leurs blessures, leurs fatigues et leurs faiblesses. Cela na signifie pas dire oui à tout car la charité exige aussi que nous demeurions dans la vérité mais la vérité ne doit être formulée que si elle peut être entendue, dans cette attention quant à la capacité de l’autre à la recevoir. C’est aussi la miséricorde qui doit nous conduire à nous soucier de l’autre, c'est-à-dire à être attentif au moment de découragement pour porter une parole de réconfort, être attentif au moment de colère pour porter une parole d’apaisement..etc. Inutile de développer en ce domaine car nous percevons tous ce qui peut être fait.
Mais en ce dimanche, c’est à une autre dimension que le Seigneur appelle notre charité fraternelle qui ne doit pas simplement s’appliquer à nos relations existantes mais qui doit s’appliquer avant tout à tous les disciples du Seigneur c'est-à-dire à l’ensemble de notre communauté. Ô je sais bien que nombreux sont ceux qui se connaissent mais qu’en est-il de ceux qui demeurent inconnus ? Notre communauté paroissiale doit réussir ce beau pari de la charité fraternelle entre tous. Connaissez-vous un tant soit peu votre voisin ? Nous sommes une communauté, communauté établie par la Foi et dans la Foi, fondée sur le Christ Lui-même alors essayons peu à peu de nous connaître et de nous reconnaître car celui qui est à côté ou deux bancs derrières m’est un frère et une sœur en Jésus Christ. C’est en vivant d’une véritable charité fraternelle que nous pourrons dès lors nous soucier des uns des autres, être attentif à ceux qui ne sont pas présent et avoir cette attention de leur passer un coup de fil pour savoir si tout va bien. Essayons de tout faire pour que l’individualisme de notre temps s’arrête au moins à la porte de l’église car l’individualisme est presque l’antithèse de la charité fraternelle. Soyons accueillant même envers ceux qui ne sont pas de nos villages sans leur reprocher de ne pas fréquenter leurs paroisses mais en les accueillant comme des frères et sœurs et non comme des étrangers indésirables car notre communauté elle est paroissiale mais elle est aussi universelle, elle est l’Eglise.
Je sais bien que c’est un grand effort que le Seigneur nous demande mais la charité fraternelle vécue est et sera un des plus beaux témoignages que nous pourront rendre au monde, témoignage de charité qui peut saisir les cœurs jusqu’à les conduire auprès du Seigneur. Et c’est bien en ce sens que notre charité fraternelle se transforme en charité universelle, charité prodiguée à tous dans l’annonce de Dieu qui est charité.

Amen.

vendredi 22 avril 2016

17 avril - 4ème Dimanche du Temps Pascal

L’évangile de ce dimanche est rempli d’espérance et source de confiance car le Seigneur nous le redit : personne ne peut ni ne pourra nous arracher de sa main. Nous qui désirons être les brebis du Seigneur, nous sommes entre ses mains et jamais le Seigneur ne nous abandonnera. Dès lors nous savons que nous pourrons toujours compter sur le Seigneur, nous savons que nous pouvons avoir une confiance absolue en ses grâces et ses secours, nous savons que le Seigneur ressuscité nous accompagne et nous accompagnera toujours.
            C’est ainsi que pour chacun de nous, le grand pari de notre vie, l’élan essentiel de notre existence doivent être de suivre le chemin du Seigneur, de marcher sur ses voies, de suivre ses commandements et ses préceptes non pas par obligation mais toujours par amour et dans la joie de l’amour, « amoris laetitia » comme le Pape François a intitulé son exhortation apostolique.
            A ce sujet laissez-moi m’arrêter avec vous sur ce texte du Pape François. Peut-être avez-vous pu lire, comme moi, de nombreuses interventions au sujet de ce texte, interventions qui parfois sont le fruit d’une lecture très libérale faisant dire au texte ce qu’il ne dit pas. Beaucoup attendait du St Père une réforme complète du sacrement du mariage allant à l’encontre de l’évangile, une annulation pure et simple de la non-possibilité pour les personnes divorcées et remariées civilement de recevoir les sacrements d’eucharistie et de confession et bien redisons-le, à ce sujet il n’y a pas de changement. Le Pape y réaffirme la grandeur et la beauté du sacrement de mariage dans l’engagement exclusif qui est scellé dans la grâce divine, il réaffirme la grandeur de l’amour conjugale ordonnée par l’hymne à la charité de St Paul sans pour autant en ignorer les difficultés ou bien même les crises. Ces crises qui peuvent malheureusement parfois conduire jusqu’au divorce et le Pape rappelle en ce sens que  « les personnes divorcées mais non remariées, qui sont souvent des témoins de la fidélité conjugale, doivent être encouragées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutienne dans leur état. La communauté locale et les Pasteurs doivent accompagner ces personnes divorcés [mais non remariées] avec sollicitude, surtout quand il y a des enfants ou qu’elles se trouvent dans de graves conditions de pauvreté ».
Concernant les personnes divorcés et remariés civilement le Pape insiste sur le fait qu’ «  Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union, que les personnes divorcés et remariés sentent qu’elles font partie de l’Église, qu’elles  ‘‘ne sont pas excommuniées’’ et qu’elles ne sont pas traitées comme telles, car elles sont inclues dans la communion ecclésiale. Ces situations « exigent aussi [que ces divorcés remariés bénéficient d’un] discernement attentif et [qu’ils soient] accompagnés avec beaucoup de respect, en évitant tout langage et toute attitude qui fassent peser sur eux un sentiment de discrimination ; il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin des personnes divorcées et remariées ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité ».
D’une manière beaucoup plus générale, le St Père nous invite tous à cette dimension d’accueil et de charité qui sans gommer les difficultés rappellent la sollicitude divine, l’amour infini du Seigneur. Nous sommes donc invités à accompagner plutôt qu’à condamner ou à stigmatiser, nous sommes invités à la charité dans la vérité plutôt qu’à un rejet ou une mise à l’écart. Oh cela ne signifie pas que dès lors tout est permis mais cela désigne la position qui doit être la nôtre. Le St Père nous le redit : « Afin d’éviter toute interprétation déviante, je rappelle que d’aucune manière l’Église ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur […] Comprendre les situations exceptionnelles n’implique jamais d’occulter la lumière de l’idéal dans son intégralité ni de proposer moins que ce que Jésus offre à l’être humain. […] Cependant, de notre prise de conscience relative au poids des circonstances atténuantes – psychologiques, historiques, voire biologiques – il résulte que « sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour » ouvrant la voie à « la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible ».
Aucune révolution en tout cela : les personnes divorcées peuvent trouver dans les sacrements l’aide et le secours pour vivre dans la fidélité au sacrement de mariage reçu ; les personnes divorcées et remariées sont invités à un cheminement avec le Christ dans l’Eglise même si leurs situations ne leur permet pas d’avoir recours habituellement aux sacrements. Aucune révolution en tout cela mais bien la réaffirmation d’un accueil fraternel, d’une charité vécue dans la vérité et le discernement. Et pour chacun de nous, c’est un appel à être disciple de la miséricorde et de l’amour du Seigneur sans gommer les difficultés mais en manifestant que le Seigneur nous rejoint nous tous là où nous sommes. L’Eglise, dont nous sommes, n’est pas une communauté de parfait et elle doit être le signe de l’Amour de Dieu dans l’exigence de la radicalité évangélique éclairé par la charité, elle doit rejoindre chacun dans les difficultés et les errances qui sont les siennes afin de les faire advenir à la pleine lumière de la grâce, à la pleine lumière de l’amitié vécue avec le Christ ressuscité car il n’y a pas de saints sans passé ni de pécheurs sans avenirs.

Amen.

10 Avril - 3ème Dimanche du Temps Pascal

L’évangile de ce 3ème Dimanche de Pâques nous donne de retrouver les apôtres après la résurrection. Ces derniers savent que le Christ est ressuscité mais leur savoir est appelé à devenir expérience, expérience de la résurrection du Seigneur. Et aujourd’hui, le Seigneur Jésus les rejoint dans cette activité habituelle qui est la leur, Il les rejoint mais en même temps il ne se dévoile pas totalement à eux en sa personne, c’est par le signe de la pêche miraculeuse que le Seigneur se fait reconnaître. Dès lors, les apôtres ayant rejoint le Seigneur sur la berge n’osent pas demander qui Il est car ils savent que c’est le Seigneur.
Et bien chers amis, il en est de même en nos vies et en nos activités. Le Christ ressuscité ne demeure pas inscrit dans ce ciel que nous désirons, le Seigneur est Le présent, le Seigneur est bien celui qui nous rejoint mais, tout comme les apôtres, nous sommes nous aussi appelé à discerner sa présence. Peut-être que le Seigneur se présentera face à nous, pourquoi pas, ou bien peut-être que le Seigneur nous rejoindra par sa grâce ou bien par un de ses fidèles. Le Seigneur est là, en nos vies, c’est une certitude même si sa présence peut se réaliser de multiples manières que nous sommes, nous tous, appelé à constater. Une parole reçu à un moment décisif, un simple regard, une rencontre étonnante, une force surprenante dans les difficultés. Ne pensons pas que le Seigneur a besoin de spectaculaire pour venir jusqu’à nous. L’humilité de Dieu se retrouve même dans ses manifestations aussi grandes soient-elles. Mais reconnaissons que pour pouvoir discerner la présence agissante du Seigneur en nos vies, il nous faut tout d’abord avoir cette certitude de Foi qu’Il est là, présent, agissant, il nous faut avoir cette certitude que le Seigneur nous accompagne sur le chemin de nos vies non comme un spectateur inutile mais bien comme un soutient et une aide essentielle. Si vous pensez que Dieu n’est pas présent en vos vies c’est parce que vous ne savez pas reconnaître ces petites étincelles de la grâce divine, ces petits signes de l’action de Dieu, c’est parce que vous ne savez pas reconnaître Dieu présent. Si tel est votre cas, rassurez-vous, votre cas n’est pas désespéré, loin de là, mais vous êtes invité à considérer votre vie mais aussi vos journées avec les lunettes de la Foi. Au foyer Bernadette que vous connaissez peut-être dans une cité marseillaise, tous les soirs les jeunes et moins jeunes se retrouvent et à tour de rôle ils doivent évoquer la grâce du jour : ce qui dans la journée qui vient de s’écouler a été pour eux une manifestation de l’action divine. Cet exercice n’est pas forcément évident mais il peut-être bon que nous le reprenions pour nous même que, le soir, avant de nous endormir, nous puissions considérer notre journée pour discerner l’action de Dieu en celle-ci en se rappelant bien que le spectaculaire n’est pas la marque de fabrique du bon Dieu.
[Et aujourd’hui, en ce Dimanche c’est un grand jour pour deux d’entre nous, oh nous les connaissons maintenant, eux qui ont reçu la grâce ineffable du baptême la sainte nuit de Pâques, ils vont aujourd’hui s’approcher pour la première fois de la sainte communion, ils vont recevoir le très saint corps du Seigneur. Et c’est bien la présence réelle du Seigneur qu’ils sont appelés à discerner, que nous sommes nous tous appelés à discerner. Dieu va se donner en nourriture, la Foi nous l’enseigne, nos cœurs le savent et en vivent, voilà la grâce des grâces, le miracle le plus absolu. Alors avec David et Oléna vivons de ce mystère car avec certitude nous savons que Dieu est là, devant-nous, agissant, présent, aimant].
Dans l’évangile de ce dimanche, en cette année jubilaire centrée sur la miséricorde divine, je ne peux que m’arrêter avec vous sur cet échange remarquable entre le Christ et St Pierre en remarquant que le Seigneur ne formule aucun reproche à St Pierre mais qu’Il lui pose simplement cette question : « m’aimes-tu ? ».  Toi qui m’a trahis, qui m’a renié, qui a renié tes paroles, ton engagement dans une instant décisif, toi Pierre est-ce que tu m’aimes ? Il n’y a pas une expérience plus douce, plus sereine de l’amour infini du Seigneur, de sa miséricorde. Et il nous faut là encore reprendre ces paroles à notre compte : lorsque nous tombons, lorsque nous oublions le bon Dieu, lorsque nous nous éloignons volontairement de Lui, lorsque nous ne faisons pas au Seigneur la place qui est doit être la sienne en nos vies, le Seigneur nous repose à tous cette même question : m’aimes tu ? Aujourd’hui, en Dimanche, nous pouvons entendre le Seigneur nous poser cette question là, alors prenons le temps d’y répondre, prenons le temps de répondre à la miséricorde du Seigneur en vivant de cette miséricorde en son sacrement, en vivant de cette miséricorde envers nous même et envers ceux qui nous entoure. Le Seigneur nous le demande à tous : « m’aimes-tu ? ».

Amen.