Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 14 mars 2020

12 Janvier - Baptême du Seigneur


En ce dimanche où nous célébrons le baptême du Seigneur, en entendant ce passage d’évangile qui nous rappelle l’humilité du Seigneur Jésus qui désire recevoir le baptême des mains de St Jean-Baptiste, humilité qui fait que Dieu est baptisé par une simple créature, passage qui nous rappelle également ce formidable témoignage des deux autres personnes de la Sainte Trinité avec tout d’abord l’Esprit Saint qui se manifeste sous la forme d’une colombe et avec Dieu le Père dont la voix résonne dans la reconnaissance du Fils Unique. Alors bien sûr, nous pourrions nous interroger pour savoir si le Christ avait besoin du baptême de Jean le Baptiste. La réponse est négative, Dieu n’en a pas besoin mais si le Christ reçoit ce baptême ce n’est pas pour faire semblant, son action est bien plus profonde. Si le Christ reçoit le baptême ce n’est pas pour Lui-même mais c’est bien pour nous, pour chacun de nous.
En recevant le baptême, le Christ consacre ce baptême, le Christ communique à ce geste toute sa puissance, toute sa grâce et toute sa miséricorde, Il lui communique toutes les grâces de salut qui resplendiront à sa résurrection et cela, jusqu’à nous aujourd’hui et demain. Cette puissance du sacrement de Baptême le Christ Lui-même l’évoquera après sa résurrection en nous disant en l’évangile selon St Marc : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ». Ainsi oui, le baptême nous est donné par le Christ afin que nous soyons rendus capable d’être sauvé en vivant de la Foi, de l’Espérance et de la Charité.
Et il est important de noter que ce baptême que le Christ nous donne, il passe par des réalités sensibles, il est composé d’un rituel. C'est-à-dire que l’adhésion au Christ et à la Foi n’est pas uniquement une réalité intérieure mais elle doit conduire à un acte public que l’on peut qualifier de matériel. Et cela nous rappelle combien Dieu se met à notre mesure. Nous qui sommes incarnés, enracinés dans la réalité matérielle, Dieu nous rejoint en nous donnant le baptême qui participe à notre incarnation. Le baptême, l’adhésion au Christ ce n’est pas quelque chose d’évanescent, de l’ordre simplement des idées, l’adhésion au Christ elle conduit à recevoir la grâce que le Christ Lui-même lie au baptême. Et si c’est vrai pour le baptême c’est vrai pour tous les sacrements que le Seigneur nous a laissé. Dieu a voulu utiliser des éléments matériels, des éléments rituels pour nous manifester le don de sa grâce. Et l’eucharistie que nous célébrons en est un témoin admirable car le sacrement de l’eucharistie, le don du Christ vivant dans la sainte communion est liée au pain et au vin, aux paroles de la consécration prononcées par celui qui a reçu l’ordre sacerdotal ou épiscopal.
Ainsi en ce dimanche, avant tout, rendons grâce au Seigneur pour le baptême que nous avons-nous même reçu, rendons grâce pour nos parents qui nous ont conduits jusqu’aux fonds baptismaux et même pour le prêtre qui l’a administré ; rendons grâce au Seigneur de nous avoir donné la Foi par le baptême nous ordonnant ainsi à vivre de la Foi pour accéder au Salut ; rendons grâce au Seigneur pour tous les sacrements qu’Il met à notre disposition et qui nous manifeste visiblement son Amour infini. Et prions, prions pour nous même, prions les uns pour les autres afin que nous soyons toujours plus digne de notre baptême, que nous soyons véritablement chrétien dans chaque moment de nos vies, toujours attaché au Christ vivant de la Foi, œuvrant dans la Charité et éclairé par l’Espérance ; prions aussi pour tous ceux qui ne connaissant pas le Christ par indifférence ou par rejet, pour tous ceux qui n’ont pas reçu la grâce du baptême afin qu’ils soient conduits à reconnaître le don infini que Dieu leur destine en découvrant l’Amour dont Il veut les combler ; prions aussi pour que nous soyons nous tous des apôtres du Christ, de son salut, de son baptême afin d’attirer les âmes à Lui, l’unique Sauveur. Amen.

5 Janvier - Epiphanie


Quelle joie que de célébrer l’épiphanie en ce dimanche encore empreint de la belle fête de Noël. Ce mot d’Epiphanie nous vient du Grec et il signifie « manifestation de Dieu » et c’est bien en ce jour que Dieu sa manifeste à l’ensemble du monde en se faisant l’un de nous en la personne du petit enfant Jésus. Et les mages, les rois mages, ont perçu dans une simple étoile cette annonce de la manifestation divine, cette étoile qui les a conduits jusque dans la petite bourgade de Bethléem. Ainsi oui, ces trois personnages dont la tradition populaire nous donne les noms de Gaspard, Melchior et Balthasar, ces trois personnages ont été conduits jusqu’au Christ, jusqu’à cette rencontre étonnante avec Dieu Lui-même. Et n’est ce pas également le désir qui habite chacun de nos cœurs, chacune de nos âmes, n’avons-nous pas le désir de rencontrer Dieu personnellement, de venir honorer nous aussi le Seigneur en nous agenouillant face à Lui. Oh bien sûr, nous ne pourrons pas rejouer la scène de ce jour, la crèche appartient au passé mais le Christ Lui demeure vivant dans un éternel présent.
Et dès lors, qu’est ce qui sera notre étoile ? Qu’est ce qui nous conduira et qui nous conduit d’ores et déjà jusqu’à Dieu Lui-même ? C’est la Foi c’est vrai mais qu’est ce qui nous donne la Foi ? Cette question rejoint le regret exprimé parfois par certaines personnes loin du Christ et de l’Eglise, ce regret manifesté par ces quelques mots : tu as de la chance d’avoir la Foi… comme si la Foi était réservée à quelques-uns, à une élite mystérieusement choisie par un dieu qui poserait ses choix de manière tout à fait arbitraire. Et bien non, la Foi est accessible à tous car comme nous le manifeste les mages en ce jour, Dieu est venu pour tous, Dieu attire à Lui tous les hommes et donc place en chacun le germe d’une Foi vivante. J’ai bien dit vivante.
Car si nous considérons les mages de ce jour, avant la crèche de Bethléem, bien avant l’étoile, ces mages étaient portés par un véritable désir de Dieu. Non pas un désir purement intellectuel, comme une option possible, mais un désir qui les a conduits à se mettre en route, à abandonner leur confort, leurs habitudes pour se mettre en quête, pour partir à la recherche de Dieu. Et c’est peut-être ce qui manque à nos contemporains, ce qui nous manque peut-être parfois à nous-même. Car oui tout homme a le désir de Dieu, a le désir d’une réalité principielle qui le dépasse mais qu’il perçoit intérieurement. Mais ce désir reste à l’état d’idée, il a du mal à devenir un véritable principe d’action, il a du mal à mettre en route la personne. Mais si les mages ne s’étaient pas mis en route, ils n’auraient pas rencontré Dieu, si les mages avaient simplement considéré cette étoile reconnaissant son mystère sans se mettre à la suivre, leur route ne les auraient pas conduits jusqu’au Christ. Alors pour nous, quelle est notre étoile ? Et bien notre étoile c’est tout simplement le Christ car c’est bien Lui qui est la lumière qui est venu dans le monde, c’est Lui qui est le Chemin, c’est Lui qui nous appelle à le suivre : « Venez à moi » nous dit le Seigneur. Et reconnaissons ici toute la bonté de Dieu qui nous attire à Lui qui que nous soyons, où que nous en soyons, Dieu nous attire à Lui car Dieu est nous aime d’un Amour infini.
Mais, attiré par Dieu, tout comme pour les mages, deux chemins s’offrent alors à nous et à chacun des membres de notre humanité : soit nous mettre à la suite du Christ en cherchant à vivre de sa vie en son Eglise, soit demeurer ancrer dans notre canapé ; soit inscrire notre quotidien dans la prière, dans les sacrements, dans la Charité, la Foi et l’Espérance ou bien laisser notre quotidien s’écouler avec le temps qui passe.
Alors en ce dimanche, prenons exemple de Gaspard, Melchior et Balthasar, prenons résolument le chemin qu’est le Christ Lui-même afin que 2020 soit pour chacun d’entre nous une année qui nous rapproche du Christ, qui nous rapproche de Dieu. Suivons le Christ dans notre vie, dans les réalités concrètes qui sont fruits de la Foi telle la prière, la lecture de la Parole de Dieu, les sacrements, l’exercice de la Charité… Tant et tant de choses concrètes qui conduiront notre route jusque dans l’éternité bienheureuse en suivant le Christ notre Seigneur.
Amen.

1er Janvier - Ste Marie Mère de Dieu


En ces jours, arrive, comme chaque année, le moment du bilan/perspective, regard porté sur cette année qui s’est écoulée considérant les bons et les mauvais moments, regard porté sur l’avenir empli d’espoir. Mais ce ne sont pas tant les évènements que nous avons eu à affronter qu’il nous faut considérer mais bien plus la manière dont nous les avons vécus pour savoir si cette année écoulée était bien habitée par la présence du Seigneur, présence que nous avons favorisée et entretenue ou au contraire que nous avons peut-être négligée. Et de la même manière, en regardant l’année qui s’ouvre, ne demandons pas au Seigneur autre chose que celle de vivre avec Lui chaque moment qui nous sera donné, de vivre pleinement chaque instant avec Lui loin de la perte de temps mais au contraire dans une sanctification du temps, une sanctification de notre temps.
Car le temps passe vite, voilà bien là une réalité partagé par le commun, il y’a maintenant 20 ans nous célébrions l’an 2000, 20 ans ! Le temps passe vite mais à quoi sert-il, à quoi est-il utilisé ? Car si le temps passe vite, nous savons qu’il demeure le prélude de l’éternité, nous savons que le temps d’aujourd’hui prépare l’éternité de toujours et nous ne savons pas quand l’éternité frappera à notre porte en nous faisant sortir du temps. Ainsi le temps a cette importance, cette unique importance de nous rapprocher de l’éternité car le temps s’écoule inexorablement et si nous le subissons nous sommes surtout appelé à en user en vue de notre devenir, en vue de notre avenir éternel.
Et en un sens c’est bien ce que sont venus contempler les bergers, eux qui ont fait irruption dans cette crèche de Bethléem ils ont contemplé l’Eternel dans le temps, Dieu fait homme, Dieu hors du temps embrassant ce temps de l’humanité. Et si Dieu a voulu connaître ce temps de notre humanité c’est bien pour nous montrer que nous sommes faits pour l’Eternité. Ô combien cette simple considération doit nous ramener à l’essentiel en cette fin, en ce début d’année afin que 2020 qui, quoi qu’il advienne, nous rapprochera de l’Eternité, afin que 2020 nous rapproche surtout du Seigneur Lui-même, nous permette d’accueillir le Seigneur pleinement, totalement, nous donne de vivre avec le Seigneur Lui-même, non pas avec une idée ou un concept, non pas avec des valeurs ou  des préceptes mais bien avec le Christ ressuscité, avec le Christ vivant dans le présent et l’Eternité.
Et c’est bien en ce sens qu’il nous faut accueillir cette belle solennité de ce jour, la solennité de Marie Mère de Dieu car en cette fin, en ce début d’année c’est bien sous le regard maternel de la Vierge Marie que nous sommes appelés à nous rapprocher du Seigneur au long des jours. Marie, elle qui est la mère du Christ qui est Dieu, elle qui est donc la Mère de Dieu est également notre Mère, et il ne nous faut jamais négliger son intercession, il ne nous faut jamais négliger de nous confier à elle en notre prière.
Alors en ce dimanche, prenons quelques instants pour relire cette année 2016 qui s’est écoulée afin de demander pardon et de rendre grâce au Seigneur, et présentons Lui cette nouvelle année 2020 afin qu’elle soit pour chacun de nous une année sainte, une sainte année où le Christ règnera sur nos vies quel que soient les évènements que nous aurons à affronter. Débutons cette nouvelle année sous le regard aimant de l’enfant Dieu et surtout, donnons-Lui nos vies. Bonne et sainte année à vous tous !
Amen.

29 Décembre - Ste Famille


Quelle joie en ce dimanche que de demeurer encore quelques instants dans cette crèche pour contempler cette sainte famille que nous honorons en ce jour. Quelle joie de pouvoir saisir tout l’amour, toute la Foi qui réunissent St Joseph et Notre Dame, quel miracle que de pouvoir croiser le regard de ce petit enfant qui est Dieu et qui demeure pourtant si dépendant des bons soins de ses parents.
La sainte Famille, oh nous ne pouvons qu’effleurer la réalité de cette famille si extraordinaire, si merveilleuse mais, tout comme les saints nous donnent de saisir par leur propre vie un chemin de sainteté pour chacun de nous, la sainte famille elle aussi nous donne de découvrir une orientation pour notre propre vie de famille. Même si vos enfants ne sont pas le Seigneur Jésus et que ni vous, ni moi, sommes comparable à St Joseph ou à la Très Sainte Vierge Marie, la sainte Famille nous rappelle ce qui doit être le fondement de la vie de famille à savoir, tout simplement, la Foi.
Et oui, je placerai bien la Foi avant l’amour oh non pas que la Sainte Famille n’est pas été un brasier d’amour mais bien parce que c’est la Foi qui demeure le fondement de toute réalité et même de l’amour familial. Et rappelons-nous, en ce sens, la Parole du Seigneur en l’évangile selon St Luc : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple ». Car la Foi ne contrarie en rien les saintes aspirations de l’âme humaine mais elle donne à toute réalité de retrouver sa juste place. Ainsi, porté par la Foi l’amour de l’époux pour son épouse s’enracine dans l’œuvre de la grâce qui sanctifie, protège et soutient l’amour humain, idem pour l’amour de l’épouse pour son époux, idem aussi pour l’amour entre les parents et les enfants. La Foi donne à l’amour une dimension d’éternité et l’oriente vers Dieu qui est la fin de toute réalité. La Foi donne à l’amour de se dépasser pour s’enraciner dans quelque chose de plus grand, dans la réalité divine.
Et ne pensons pas que la Foi conduit à un angélisme qui nierait les difficultés. Dans l’évangile, St Joseph est averti du danger imminent et il prend les dispositions nécessaires pour sauvegarder sa famille. La Sainte Famille est alors devenue une famille migrante qu’on qualifierait aujourd’hui de réfugiée politique, réfugiée politique qu’il convient toujours d’accueillir et de protéger, hier comme aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, la Foi éminente de St Joseph ne le conduit pas à un angélisme, à renier la réalité mais la Foi le conduit dans la réalité qui lui est donnée de vivre et d’assumer.
Alors oui, nos familles sont peut-être bien loin de l’idéal que constituent la sainte Famille mais, tout comme pour notre propre sainteté nous sommes appelés à favoriser l’œuvre de la grâce en nous pour avancer sur le chemin de la conversion, de même, dans nos familles, pour ce qui nous est donné en capacité d’agir, il nous faut rechercher à favoriser l’action de la grâce et d’abord, redonner au Seigneur la place qui devrait être la sienne dans toutes les familles chrétiennes, dans toutes nos familles. La prière quotidienne en famille, la bénédiction des repas et l’action de grâce, favoriser la réception des sacrements en famille que ce soit bien sûr la sainte eucharistie, la messe ou bien la confession. Dieu doit retrouver dans le quotidien des vies de famille une place manifeste favorisant la vie avec le Christ et la croissance de l’amour de Dieu.
Et, si tant est qu’il soit nécessaire de le dire, si nous ne pouvons pas, dans nos familles, redonner au Seigneur la première place, et bien présentons avec ferveur dans notre prière chacun de ses membres afin que le Seigneur puisse tout faire pour gagner leurs cœurs, pour gagner leurs âmes. Et en ce dimanche, quelle que soit la situation de nos familles, confions-les avec ardeur à la sainte Famille et confions avec ferveur toutes les familles blessées, abattues, déchirés. Amen.

Noël - Messe des Familles


Et voici la sainte nuit qui débute, bougies, guirlandes, sapin, crèches et autres décorations ornent déjà nos intérieurs, et cette nuit ce sera une déferlante de victuailles et de cadeaux mais pourquoi tout ceci, ou bien plutôt pour qui ? Pourquoi fête-t-on Noël ? Vous les enfants vous le savez bien ! Oui c’est pour Jésus, c’est pour ce petit enfant que nous venons d’accueillir et qui trône paisiblement dans le chœur de notre église. C’est pour Jésus ! Et bien les enfants et vous tous ici présent, il nous faut bien garder à l’esprit le sens de cette fête de Noël, de toutes les fêtes de Noël car Jésus se fait bien souvent voler la vedette par un gros bonhomme tout de rouge vêtu mais non, Noël c’est la naissance du Christ.
Mais il nous faut faire attention de ne pas rester uniquement devant la crèche considérant Dieu dans ce petit poupon, dans ce nourrisson, considérant Dieu bien niché dans la crèche sous le regard aimant de la très Sainte Vierge Marie et de St Joseph. Car oui, en ce soir, nous fêtons Dieu qui s’est fait si proche de nous qu’Il a quitté les cieux pour se faire petit enfant, Dieu n’est pas loin de nous emprisonné dans un ciel qui nous serait inaccessible, non Dieu s’est fait petit enfant pour nous rejoindre tous et chacun. Mais si Dieu s’est fait petit enfant, il n’en est pas simplement resté là et même si nous pouvons être saisi par l’anéantissement auquel Dieu consent pour venir à nous, Lui créateur qui se fait créature, Lui principe de toute chose qui vient se remettre entre les mains de la Très Sainte Vierge Marie et de St joseph, sans les bons soins desquels il ne pourrait que périr ; oui Dieu fait tout cela mais si Dieu est venu en cette sainte nuit c’est pour accomplir quelque chose d’encore plus grand ! Si Dieu s’est fait petit enfant c’est pour nous parler à nous tous, c’est pour nous enseigner par sa manière d’agir ; et là encore, c’est quelque chose d’immense que de considérer que Dieu se fait homme pour nous rejoindre et nous enseigner, pour se révéler à nous. Mais ce n’est pas encore suffisant pour le bon Dieu car Dieu se fait petit enfant pour être proche de chacun d’entre nous, pour nous enseigner, pour se révéler mais surtout, Dieu se fait homme pour nous sauver !
            Pour nous sauver ? Quelle drôle d’idée ? En quoi est-ce que nous aurions besoin d’être sauvé ? Il doit bien y avoir une raison parce que Dieu n’aurait pas fait cela pour rien… Nous avons besoin d’être sauvé du mal et du péché qui nous séparent de Dieu et qui nous attirent dans l’abîme. Nous avons besoin d’être sauvé de ce mal qui nous habite tous et qui nous éloigne de Dieu et de l’Eternité. Tout ceci est essentiel, mais si Dieu vient jusqu’à nous ce n’est pas d’abord par besoin, par nécessité, si Dieu vient jusqu’à nous c’est d’abord par Amour. Voilà la clef de toute la mission que va accomplir le petit enfant Jésus, Dieu fait homme, Il va nous montrer l’infini Amour de Dieu.
Car oui, c’est par Amour que Dieu se fait petit enfant, c’est par Amour qu’Il nous enseigne, c’est par Amour qu’Il s’offre dans le sacrifice de la croix pour se faire proche de chaque souffrance humaine, c’est par Amour qu’Il ressuscite pour nous montrer que nous sommes faits pour l’Eternité, pour le Paradis ! Tout cela, Dieu l’a fait pour nous !
Mais ce n’était pas encore suffisant pour le bon Dieu qui a institué l’Eglise afin que par les sacrements tout homme puisse le trouver et vivre de sa vie par le sacrement de baptême, être fortifié par le Seigneur Esprit Saint par le sacrement de la confirmation, être nourri de sa propre vie divine par la sainte messe, être comblé de sa miséricorde par le sacrement de la confession.
            Voilà tout ce qui est porté par la naissance que nous célébrons en cette sainte nuit. Voilà tout ce Dieu a fait et fait encore chaque jour pour nous, pour chacun de nous !!! Quelle merveille infinie, quelle manifestation splendide de l’Amour que Dieu nous porte ! Et la seule chose que Dieu nous demande c’est de l’accueillir et de vivre en sa présence, de profiter des sacrements, d’être nourri de Dieu chaque dimanche, et oui, j’ai bien dit chaque dimanche… Dieu fait tout cela pour nous, Dieu se livre à nous totalement attendant juste que nous l’accueillions !
Alors en cette nuit, contemplons la crèche, contemplons Dieu fait homme mais surtout, tout comme la crèche a accueilli jadis l’enfant Jésus, que nous puissions tous en cette nuit l’accueillir en nos cœurs, en nos âmes, en nos vies. Que cette fête de Noël ne soit pas une simple parenthèse divine dans nos vies mais que nous puissions tous nous laisser chambouler par la présence de Dieu. Alors ouvrons grand les bras et accueillons l’enfant Jésus, sa parole, sa croix, sa résurrection, nourrissons nous des sacrements et nos vies toutes entières seront transformées par l’Amour divin. En cette nuit le plus beau cadeau que nous pouvons recevoir si nous ouvrons nos bras c’est bien Dieu, Dieu Lui-même. Alors n’hésitons pas ! Joyeux et saint Noël à tous !!!

22 Décembre - 4ème Dimanche de l'Avent


Alors que les minutes et les heures s’égrènent nous rapprochant de la sainte nuit de Noël, alors que nous nous préparons à vivre la mémoire de l’incarnation de Dieu, la venue de Dieu en notre chair, c’est la figure de St Joseph qui est proposée à notre méditation en l’évangile de ce dimanche.
St Joseph, sur lequel nous ne savons que peu de choses si ce n’est ce que nous apprend l’évangile de ce jour, lui qui est proclamé juste, juste de cette justice qui le place face à Dieu comme un enfant fidèle face à son père aimant, lui qui a pris part mystérieusement au dessein divin, lui qui devint le père adoptif de l’enfant Dieu. Ô combien nous pouvons concevoir que la compréhension de St Joseph fut bien contrariée face à l’évènement qui se déroulait et dont il prenait part presque malgré lui.
Car St Joseph a dû d’abord se sentir trahi, trahi par la Vierge Marie même si nous ne pouvons pas concevoir cette relation entre St Joseph et la Vierge Marie comme une relation habituelle, il s’agit bien là d’une relation entre un saint et l’immaculée conception. Mais St Joseph, par respect de la loi, ne pouvait pas prendre chez lui la Vierge Marie enceinte, la répudiation s’imposait. Mais, dans sa bonté, St Joseph n’a pas voulu que cette répudiation fut publique car, à l’époque, elle aurait imposé à Marie et à l’enfant le déshonneur. Il y’a bien une bonté, une douceur, une sainte attention dans ce projet de répudiation qu’avait formé St Joseph. Mais ce projet fut balayé par la réalité de l’annonciation, par la réalité de l’identité de l’enfant que Marie portait. Et c’est par un ange que St Joseph reçu la révélation du mystère. D’un point de vu de la raison, tout cela semble fou, Marie enceinte par l’Esprit Saint portant en son sein le Verbe de Dieu, mais la folie est sagesse aux yeux de Dieu, et la raison dépassée permet à la Foi de se déployer. Car c’est bien un acte de Foi que pose St Joseph, Foi dans la Révélation de l’ange, Foi également en la Vierge Marie, Foi ultime en Dieu qui le conduit sur des chemins inconnus. Et c’est donc dans la Foi que Joseph prit Marie chez lui, respectant en son âme le divin mystère, accueillant celle qui fut choisie par Dieu pour devenir la Mère du Sauveur, adoptant l’Enfant Dieu tout en se promettant de les protéger tous deux.
Et bien, chers amis, cette belle figure de St Joseph il nous faut la révérer comme un témoin de la Foi, d’une Foi radicale qui éclaire la raison et qui place en Dieu sa confiance et son espoir. Et il nous faut nous confier à son intercession afin que nous aussi nous accueillions toujours la Parole du Seigneur pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’homme mais bien la Parole de Dieu, afin que nous aussi nous puissions réagir immédiatement à l’enseignement du Christ et de l’Eglise, afin que nous aussi nous puissions prendre en nos âmes la Vierge Marie et accueillir le Seigneur par toute notre vie, afin que nous aussi nous puissions vivre d’abord de la Foi, porté par le message de l’Evangile en évitant de sombrer dans des combats d’opinions infertiles, afin que nous aussi nous puissions demeurer fidèle à la Vérité qu’est le Christ Lui-même. Et osons le dire, cela nous répugne car nous aimons avoir le sentiment de maîtriser les choses, d’englober la réalité par nos réflexions alors que le Seigneur nous appelle peut-être, à l’image de St Joseph, à dépasser nos simples vues pour embrasser des chemins inattendues.
Bien chers amis, soyons attentifs en nos âmes et en nos cœurs à ce que nous dit le Seigneur par son Eglise, soyons attentifs aux élans de charité qu’Il produit en nous, aux saintes aspirations qu’Il fait germer en nos âmes et n’ayons pas peur de les suivre. Combien parfois nous portons en nous de regrets de ne pas avoir agi selon une sainte motion. La belle action nous est venue à l’esprit mais nous ne l’avons pas réalisée par crainte ou par un faux respect. Recommandons nous à l’intercession de St Joseph afin qu’il nous donne la force et le zèle d’agir selon la volonté du Seigneur, selon les motions de l’Esprit Saint afin que nous soyons ces disciples du Seigneur qui favorisent la venue du Seigneur dans les cœurs de ceux qui nous entourent. Noël est à nos portes, laissons nous porter par l’intercession de St Joseph afin que nous puissions nous aussi accueillir l’enfant Dieu, afin que nous puissions nous protéger le Seigneur en nos âmes par une vie sainte, afin que nous aussi nous soyons uni au Seigneur en l’éternité.
Amen.

15 Décembre - 3ème Dimanche de l'Avent


« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre », cette interrogation de l’évangile de ce dimanche nous pouvons la recevoir pour nous même oh certes en la modifiant quelque peu : « Seigneur es-tu celui qui est venu pour nous sauver ou devons-nous attendre notre salut d’un autre ? », cette question est bien actuelle car elle repose la belle question de l’espérance, elle repose la question de savoir quelle est notre espérance ? Est-ce que notre espérance s’enracine dans notre attachement au Seigneur Jésus, à ses promesses, à ses paroles et à ses enseignements ? Est-ce que notre espérance est fondée dans cette unité de l’Eglise du Christ, dans la vie sacramentelle, dans la fidélité de la prière et de la rencontre quotidienne avec le Seigneur ?
Ou bien au contraire, est-ce que notre espérance est celle du progrès de la science ? Est-ce que notre espérance se trouve dans le politique, dans l’espoir de l’émergence d’un monde politique idéal particulièrement dans ces moments de contestations ? Est-ce que notre espérance se trouve dans le désir d’un confort idéal ou dans tout autre domaine relatif ?
Mais qu’est ce que l’espérance ? Le Larousse nous dit que l’espérance est un sentiment de confiance en l'avenir, qui porte à attendre avec confiance la réalisation de ce qu'on désire. Mais on perçoit déjà que l’espérance chrétienne diffère quelque peu de cette définition car l’espérance n’est pas un sentiment mais elle s’enracine dans la Foi, dans la certitude des promesses divines, elle est enracinée dans la vérité que Dieu ne peut ni se tromper, ni nous tromper. Notre espérance n’est donc pas indéterminée, mais elle est une, portée par la rédemption obtenue par le Christ, fondée sur l’infini miséricorde divine. Et notre espérance ne vise pas un avenir mais elle vise l’éternité. Et c’est bien ici qu’il nous faut distinguer l’espérance de l’espoir, deux termes qui sont considérés comme synonymes mais qui comportent des nuances qui les distinguent.
L’Espérance tout d’abord, elle est une vertu, une vertu théologale dont l’objet principal est le salut, la béatitude éternelle, la participation à la gloire de Dieu. Cette vertu dispose le chrétien à mettre sa confiance dans les promesses du Christ, à prendre appui non sur ses forces, mais sur le secours de la grâce du Saint Esprit, cette vertu conduit par le fait même, à résister au mal et à l’épreuve et à garder confiance en l’avenir. L’espoir quant à lui se porte sur des réalités possibles, accessibles et temporelles.
Ainsi, l’espérance concerne l’éternité, l’espoir concerne l’accessible dans le temps. L’espérance ne peut jamais être balayée par des conjonctures car elle s’enracine sur le salut obtenu par le Christ ; notre espérance c’est le Christ ! L’espoir, quant à lui, peut être balayé et remplacé par les choix personnels changeants ou par des conjonctures néfastes.
Et l’on voit ainsi se dessiner deux réalités au sein de l’humanité, une humanité portée par la belle espérance et une humanité réduite à l’espoir sans perspective éternelle. Dans cette constatation, nous pouvons déjà rendre grâce au Seigneur de nous avoir donné l’espérance qui doit nous conduire à relativiser les évolutions mondaines afin que, tout en nous en préoccupant, notre cœur demeure ferme et paisible auprès du Seigneur. Mais ce trésor de l’espérance qui est le nôtre, nous sommes bien sûr appelés à le partager avec tous ceux qui espèrent le salut d’une réalité secondaire, temporelle ; nous sommes appelés à partager l’espérance avec tous ceux qui n’ont pas d’espérance, avec tous ceux qui n’ont que l’espoir… Car nous, nous le savons, le Christ est celui qui est venu pour nous sauver, et le salut, fruit de la croix et de la résurrection, nous le poursuivons dans la Foi et l’amour divin, nous n’attendons plus, nous savons et nous vivons de ce doux mystère. Mais il nous faut être tenaillé par le désir de faire partager la réalité salvifique à tous ceux qui ne la reconnaisse pas. Et en ce temps de l’Avent, ces deux humanités que j’évoquais, l’humanité de l’espérance et l’humanité de l’espoir, ces deux humanités cohabitent et manifestent leurs différences. L’humanité de l’espérance se prépare à faire mémoire de la naissance du Sauveur, l’humanité de l’espoir se prépare à fêter on ne sait quoi dans un déferlement de victuailles, de boissons et de cadeaux ; ils ne savent pas ce qu’ils vont fêter, ils savent simplement qu’ils le doivent, qu’ils doivent profiter de cette occasion pour faire la fête. Et bien ce peut-être pour nous une belle mission en ce temps de l’Avent que de redonner le véritable sens de la sainte nuit qui approche afin de faire naître l’espérance là où il n’y a que l’espoir, de faire naître l’espérance là où il n’y a que les espoirs, de faire naître l’espérance là où il n’y a que désespoirs…
Amen.