Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

vendredi 13 décembre 2019

20 Octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire


Il est assez rare pour pouvoir le remarquer, l’évangile de ce dimanche nous donne l’objet de la parabole que nous livre le Seigneur Jésus, en effet, cette parabole a comme seul objet de manifester pour chacun d’entre nous la nécessité de prier sans se décourager. Et oui, sans se décourager.
Bien souvent, nous pouvons avoir l’impression que Dieu n’est pas au bout du fil, que ce que nous demandons dans la prière semble se perdre dans le néant, avec un manque de Foi certains pourraient même penser que Dieu ne les écoute pas ou tout du moins ne les entends pas, d’autres, avec un peu plus de Foi pourraient penser que Dieu peut mettre un délai à répondre… Mais tous ces questionnements sont en fait un aveu que nous ne prions bien souvent pas comme il le faut.
En effet, nous le savons, rien n’est impossible à Dieu et le Christ nous le dit par ailleurs en l’évangile selon St Matthieu : « Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l’obtiendrez ». Demander dans la prière avec Foi… Nous le sentons bien, la Foi est bien ce qui caractérise notre prière, ce qui la fonde, ce qui en porte l’élan. Et cette précision est particulièrement importante car, dès lors, nos propres opinions, nos désirs quant à l’avenir, tout cela doit être second face à la Foi. Ou, pour le dire autrement, ce que nous voulons doit être éclairé et même porté par la Foi.
Ainsi, la première question qu’il nous faut nous poser quant à notre prière c’est bien si notre volonté est accordée à la volonté divine. Vous me direz qu’il y’a certes des certitudes en ce domaine en ce sens où nous ne pouvons pas demander dans la prière quelque chose de mal contre les autres, la prière n’est absolument pas le lieu de la vengeance ou de la malédiction, cela irait à l’encontre même de l’être de Dieu, mais la prière n’est pas non plus le lieu du mal contre nous même, cela irait aussi à l’encontre même de Dieu qui désire notre bonheur c'est-à-dire qui désire que nous grandissions dans la grâce et la vertu.
Alors oui bien sûr, comme nous le dit le Seigneur Lui-même là encore en l’évangile selon St Matthieu : « demandez et vous recevrez » mais notre demande n’est pas difforme, elle doit être informée par la grâce et le salut. La prière n’est donc pas un distributeur automatique que nous userions pour obtenir tout ce que nous voulons, non, la prière est certes un distributeur automatique mais où nous pouvons recevoir gratuitement tout ce que le bon Dieu nous destine ; non pas ce que nous voulons, mais ce que Dieu désire nous donner ; et la seule monnaie qui actionne ce distributeur de grâce, le seul code qui déclenche le mécanisme de ce distributeur divin c’est la confiance absolue, l’abandon et l’humilité.
Ainsi, lorsque nous prions, ayons une véritable confiance en l’action de Dieu qui peut aller jusqu’à ressusciter les morts, jusqu’à ouvrir les portes de la béatitude, jusqu’à nous racheter, ayons une telle confiance que lorsque nous prions, lorsque nous demandons quelque chose au Seigneur nous puissions toujours conclure notre prière par cette parole du Seigneur Jésus Lui-même : « non pas ce que je veux mais ce que tu veux », car alors, quelle qu’est été notre prière, nous la laissons à la volonté divine dans un confiance sereine.
Car le problème n’est pas du côté de Dieu qui est pleinement bon, empli d’amour et de compassion pour nous, Dieu qui veut ce qui est bon pour nous. Le problème vient de notre côté qui ne voyons pas ce qui est véritablement bon pour nous, qui ne voyons pas l’essentiel dans l’ordre de l’éternité. C’est à nous de rentrer dans le désir que Dieu a pour nous, c’est à nous de nous laisser modeler par la volonté de Dieu sur nous sans avoir l’outrecuidance de croire que nous pouvons modeler la volonté divine selon notre désir ou notre vision des choses car alors cela reviendrait à détourner Dieu de la bonté qu’Il est en Lui-même.
Ainsi, le début de chacun de nos temps de prière pourrait être cette demande : « Seigneur, accomplis Ta sainte volonté en moi » en nous rappelant de la conclure par « non pas ce que je veux mais ce que Tu veux ».
Amen.

13 Octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire


C’est bien sur notre action de grâce, sur notre faculté à remercier le Seigneur pour ses dons et ses grâces que le Seigneur attire notre attention. Mais d’une manière plus générale, il faut reconnaître que beaucoup et peut-être nous avec eux, beaucoup agissent bien souvent comme des nourrissons avec le Seigneur. Je m’explique.
Nous sommes, en effet, un peu comme des bébés. Les bébés : ils mangent et profitent de la tendresse de leur maman. Une vie assez agréable somme toute et pourtant pas si enviable que cela : le bébé souffre d’un cruel défaut de communication. Pour exprimer son ressenti, il n’a qu’un moyen : les pleurs. Il a faim, il pleure. Il a froid, il a chaud : il pleure. Et quand tout va bien, il ne dit rien. Ce qui le sauve, c’est l’intuition de sa maman. Et bien celui ou celle qui ne sait pas communiquer avec Dieu va faire exactement comme un bébé. Il ne dit rien, c'est-à-dire qu’il ne prie pas. Si ça ne va pas, il pleure. C’est une communication bien pauvre ! Un langage binaire : zéro et un ! Et dans ce langage binaire, il n’y a pas de place à l’action de grâce, au merci adressé au Seigneur seuls les pleurs dans les situations difficiles se font entendre.
En constatant cela, nous n’avons alors qu’une issue, celle de grandir. Nous devons grandir dans la grâce, dans la communion avec le Seigneur afin que nous ne nous tournions pas avec ferveur vers le Seigneur uniquement lorsque ça va mal et, le reste du temps, lorsque tout va bien, ne lui adresser que de timides prières. Nous devons grandir mais comment ?
Un nourrisson va grandir en apprenant le langage et bien pour nous, dans l’ordre spirituel, il en est de même, il nous faut apprendre le langage de Dieu. Et même s’il n’y a pas de méthode « Assimil » en ce domaine, nous devons avant toute chose nous laisser modeler par la Parole même de Dieu. Pour parler le langage de Dieu il nous faut tout d’abord nous mettre à l’écoute de Dieu ; tout comme le nourrisson va apprendre à parler en écoutant ses parents. Dès lors, si nous voulons grandir, il nous faut devenir des familiers de la Parole de Dieu. C’est en ce sens également que notre St Père le Pape François a institué le dimanche de la Parole de Dieu, non pas que les autres dimanches ne soient pas portés par la Parole de Dieu mais pour rappeler au peuple chrétien combien il est essentiel de se mettre à l’école même de Dieu qui nous enseigne en sa Parole. Chers amis, il ne faut pas que la Parole de Dieu ne trouve sa place que lorsque nous venons à la messe mais notre Bible doit être ouverte chez nous, elle doit être usée, abîmée à force d’être manipulée.
Il nous faut donc devenir des familiers de la Parole de Dieu pour nous même, afin de grandir dans l’ordre divin mais aussi afin de pouvoir en devenir les annonciateurs. Si nous voulons évangéliser, il nous faut tout d’abord nous-même nous laisser pétrir par l’évangile. Et si nous voulions quelque peu poursuivre l’image du nourrisson et de la croissance humaine, nous pourrions tout à fait dire que les grands frères ou grandes sœurs participent également à la croissance de leurs petits frères ou sœurs qui vont chercher à les imiter. Et bien il en est de même dans l’ordre spirituel, si nous nous laissons pétrir par la Parole de Dieu nous serons alors, presque malgré nous, des tuteurs pour ceux qui nous entourent, la grâce transpirera et nous ferons donc œuvre d’évangélisation.
Et pourquoi ne pas commencer à nous mettre à l’école du bon Dieu dès ce dimanche en recevant ce bel épisode de Naaman le Syrien. Lui qui était lépreux et qui pensait qu’il devait accomplir des choses extraordinaires pour mériter, par sa prouesse, par son courage, pour mériter la guérison. Dieu lui fait dire qu’il n’a qu’à aller se baigner dans le Jourdain. Chose étrange pour lui car un bain ne procède d’aucun mérite, étrange à tel point qu’il avait refusé mais un de ses serviteurs lui avait alors dit : « Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” », et c’est bien ce qui arriva. Et bien nous agissons parfois de la même manière avec le bon Dieu un peu comme un commerçant promettant au Seigneur ceci ou cela en échange d’une grâce particulière, mais quelle erreur. Le Seigneur n’attend rien de nous qu’Il ne l’aurait déjà… La seule chose que le Seigneur attend de nous c’est que nous nous abandonnions entre ces bras, que nous nous en remettions à sa seule volonté. Et la seule réalité qui peut atteindre le cœur de Dieu c’est l’aveu de notre faiblesse, de notre néant qui ouvre la porte à son règne sur nos âmes.
Voilà ce que Dieu nous apprend de Lui-même dans ce simple passage du 2nd livre des Rois. Ainsi, poursuivons le travail et mettons-nous à l’école même de Dieu en nous mettant à l’écoute de sa Parole.
Amen.

6 Octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire


Est-ce que la Foi nous donne de super pouvoir ? Est-ce que la Foi nous donne de pouvoir commander aux arbres et à toute autres réalité statique ? On pourrait le croire en entendant l’évangile de ce dimanche mais, vous comme moi, nous avons bien conscience que l’objet de la Foi n’est pas de déplacer la forêt de Rambouillet jusqu’à nos côtes de Provence. Mais si le Seigneur utilise cette image forte qui va à l’encontre des règles de la réalité c’est bien pour nous rappeler combien la Foi peut accomplir des choses fabuleuses mais des choses fabuleuses en ce qui compte véritablement, à savoir, notre union à Dieu, à savoir notre salut.
Et il est peut-être bon de pouvoir se rappeler ou bien plutôt de reprendre conscience que la possibilité de salut que le Christ nous offre est quelque chose de bien plus fabuleux que toutes les forêts nomades. Il nous faut reprendre conscience de cette merveille que Dieu nous offre en luttant contre cette habitude que nous avons de vivre déjà ordonné au salut, de vivre tourné vers l’éternité.
Alors oui, retrouvons l’émerveillement tout d’abord de notre propre existence, rien n’obligeait que nous soyons là, que nous soyons parvenu à l’existence dans l’individualité qui est la nôtre ; retrouvons l’émerveillement de notre baptême qui s’enracine dans le sacrifice du Christ et qui a inscrit nos noms dans les cieux, qui nous a établi dans une relation pour l’éternité avec le bon Dieu, qui nous a donné la Foi ; retrouvons l’émerveillement de notre vie de prière qui nous permet d’être uni à Dieu dans l’intimité d’un cœur à cœur ; retrouvons l’émerveillement de nous savoir aimé de Dieu au point que pas un seul des cheveux de notre tête ne lui est indifférent ; retrouvons l’émerveillement de vivre dès à présent en compagnie des saints et des anges car telle est bien là notre capacité. Voilà toutes les merveilles que le Seigneur fait pour nous.
Et c’est bien en ayant véritablement et pleinement conscience de cela que nous ne pouvons qu’être établi dans la paix et dans la joie, que nous ne pouvons que demeurer dans une humilité profonde dans la reconnaissance que Dieu nous donne tout. Même si, pour reprendre le prophète Habacuc, même si « devant nous pillage et violence, dispute et discorde se déchaînent », nous savons que nous vivrons par notre fidélité au Seigneur Lui qui nous donne tout en nous faisant vivre de ses merveilles de grâces et de salut.
Et c’est dans cette réalité qui doit porter tout notre être et toute notre existence que nous pouvons entendre pour nous même cet appel au témoignage que nous adresse St Paul : « N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur ». N’ayons pas honte car même si nous sommes perclus de défauts nous avons reçu de Dieu cette grâce de vivre dans l’émerveillement de sa présence et nous ne pouvons avoir comme désir que d’ouvrir les yeux du monde à la réalité divine. La honte supposerait que nous soyons l’origine de la Bonne Nouvelle alors que pas du tout, nous ne sommes que des vases d’argiles porteurs d’une réalité qui nous dépasse, nous ne sommes que les messagers improbables des merveilles de Dieu. Alors oui attachons à nous rendre témoignage des merveilles de Dieu en gardant à l’esprit, comme remède à toute honte, comme remède à toute gêne ou timidité, gardons à l’esprit cette parole de Ste Bernadette qui, en annonçant les apparitions de Notre Dame à Lourdes disait : « je ne suis pas chargée de vous le faire croire mais je suis chargée de vous le dire ». Alors ne nous taisons pas mais en vivant nous-mêmes des merveilles de Dieu témoignons à temps et à contre temps de la Bonne Nouvelle du Salut.
Amen.

29 Septembre - 26ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance », cette parole de l’évangile de ce dimanche pourrait prêter à confusion. En effet, cela pourrait sous-entendre que plus on est malheureux en ce monde et plus on serait heureux dans l’autre et inversement ; et, des lors, si nous voulions être heureux dans l’éternité il faudrait donc chercher à être le plus malheureux possible en ce monde. Nous voyons bien que cela n’aurait absolument aucun sens et l’évangile ne nous conduit pas à rechercher le malheur mais il est au contraire porteur de joie et de bonheur. De plus, dans le début de la phrase « Tu as reçu le bonheur et Lazare le malheur », le « Tu as reçu », pourrait également conduire à en déduire que c’est Dieu qui nous donne le bonheur ou le malheur et que donc nous ne sommes que des marionnettes entre les mains de Dieu qui conduirait nos vies dans les ténèbres ou la lumière. Là encore, cette interprétation ne résiste pas à l’annonce évangélique. Mais alors, qu’en est-il ? Que veut dire cette phrase ?
            Tout d’abord, le bonheur dont il est ici question est un bonheur mondain, il désigne uniquement l’opulence de la vie de ce riche de la parabole, ce riche qui semble avoir tout ce dont on peut rêver. Mais sa richesse le rend aveugle, son orgueil l’empêche de voir le misérable qui est pourtant juste devant son portail. Oh il doit pourtant le croiser à chaque fois qu’il sort mais jamais il n’a eu le moindre mouvement pour soulager les misères, jamais il ne lui a donné ne serait ce qu’un morceau de pain alors que de somptueux festins étaient servis dans se demeure. Ainsi, le gros problème du riche ce n’est pas tant sa richesse mais c’est son orgueil qui le conduit à l’indifférence, à l’aveuglement volontaire.
            De l’autre côté se trouve Lazare, le pauvre Lazare. Lui qui est perclus d’ulcères et qui gît devant le portail de cette magnifique demeure, entendant les services du festin se succéder alors que la faim le tenaille. Mais Lazare ne maudit pas le riche, il ne condamne pas le riche à cause de sa richesse, il espère un peu de charité mais son espérance est pure, sans revendication. Lazare, au beau milieu de sa misère, demeure d’une grande humilité et d’une grande charité.
            D’autre part, la parabole nous rappelle un lieu commun de l’existence car le riche et le pauvre viennent à mourir nous rappelant, comme le dit si bien le psaume : « aussi cher qu’il puisse payer, toute vie doit finir » (Ps. 48). Ainsi oui, le riche est mort malgré sa richesse. Et tous deux entrent dans l’éternité. Mais le riche sombre aux séjours des morts c'est-à-dire en enfer. Ce n’est pas sa richesse qui le conduit en enfer, mais son orgueil et sa suffisance. Cette suffisance qui conduit le riche à penser qu’il se suffit à lui-même et qu’il n’a besoin de personne ni même de Dieu. Le pauvre Lazare, lui, entre dans la béatitude, non pas à cause de sa pauvreté mais bien à cause de son humilité, son humilité qui a appelé les anges à venir l’emporter dans la Royaume éternel.
            Ainsi, cette parabole constitue pour nous tous un rappel, un rappel fort car il concerne notre avenir éternel, il concerne notre propre éternité. Et pour gouverner nos vies dans l’ordre de la charité reprenons cette parole en l’épître de St Jean : « Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? ». N’endurcissons pas nos cœurs mais demeurons humble en faisant preuve de charité, chassons de nos âmes l’orgueil qui nous invite à la suffisance et demeurons ferme dans l’espérance. Et surtout, ne prenons pas ces paroles à la légère car cela concerne notre avenir éternel. Ne faisons pas semblant de rien afin que nous ne soyons pas dans le même cas que ce riche qui reconnaît ses mauvais choix une fois qu’il est trop tard… Le Seigneur nous montre la voie de la béatitude, empruntons résolument ce chemin afin que nous soyons au côté du Seigneur pour l’éternité. Amen.

22 Septembre - 25ème Dimanche du Temps Ordinaire


En ce dimanche, n’hésitons pas à réentendre cette révélation portée par St Paul : « Dieu notre Sauveur, […] veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité ». Oui, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, mais attention, il n’est pas dit que Dieu sauve tous les hommes mais bien que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, c’est une réalité, du côté de Dieu, aucun doute mais la force de la Révélation divine. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés mais, la difficulté, c’est que trop souvent l’homme n’a pas le sentiment d’avoir besoin d’être sauvé et dès lors, l’homme ne se tourne pas humblement vers Dieu pour accepter de Lui le salut.
Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que nous sommes souvent portés par une illusion, oh une illusion dont nous sommes nous-même la source et qui est amplifiée par notre société. Cette illusion consiste dans le fait que nous considérons bien souvent que pour nous tout va bien, même si nous connaissons parfois quelques difficultés nous pouvons vivre la plupart du temps dans l’insouciance avec un toit sur la tête, un frigo rempli, une voiture, un boulot, enfin bref, un confort qui fait que le temps qui passe, s’écoule relativement paisiblement. Et nous vivons dans l’illusion car nous voulons penser que tout cela durera. On vit dans le carpe diem, dans l’insouciance et les plaisirs de l’instant sans nous interroger sur le sens de l’existence, sur le sens de ce monde, sur le sens et la réalité de Dieu.
Quand j’étais plus jeune, non pas que je sois bien vieux mais on me disait que les églises étaient remplies de personnes âgées et que donc que la Foi finirait par se perdre. Au début c’est un constat que je faisais mais petit à petit j’ai pu prendre conscience qu’avec l’âge, l’amplitude de la vie s’amenuise, la retraite arrive, les enfants sont casés et ils sont loin. Et quand le calme s’impose, quand tout ce qui faisait la vie cesse d’exister, la question du sens de l’existence refait surface avec force et Dieu peut alors retrouver sa place, cette place qu’Il avait dû, bien malgré Lui, céder à d’autres occupations. Ainsi, l’âge permet à l’homme de chasser quelque peu l’illusion du monde pour retrouver le sens de sa vie qui s’enracine en Dieu. Avec l’âge l’homme fait le point sur son existence, il prend conscience que tout ce qui lui semblait important ne fait plus parti de sa vie lui montrant, par-là, qu’il se berçait dans l’illusion que c’était important. Lorsque l’homme fait le point sur son existence en se noyant dans son insignifiance il peut alors entendre résonner en son cœur cet appel de Dieu qui l’invite à l’accueillir, à vivre de sa vie, à se laisser sauver de son néant pour naître à l’éternité. Lorsque l’homme perd ses assurances, lorsqu’il perd l’illusion de ses assurances alors il peut laisser Dieu le rejoindre et, dans l’humilité, il peut accueillir la rédemption emportée par la miséricorde divine.
Ainsi pour nous, il nous faut prêter attention à ne pas nous laisser emporter par le flot de la vie, il ne nous faut pas donner aux choses plus d’importances qu’elles n’en ont. C’est d’ailleurs le sens de l’évangile quant à l’argent qui peut prendre toute la place jusqu’à chasser Dieu Lui-même ; l’argent qui devient l’image de tout ce que nous possédons et qui gouverne aussi une grande part de ce que nous faisons alors que, rappelons-nous, tout cela va disparaître, s’évaporer comme l’illusion qui gouverne le monde et qui tend à gouverner nos vies.
Alors oui, réaffirmons que Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité et redisons avec toute la force de la Foi combien nous avons besoin d’être sauvé par Dieu afin que nous puissions vivre dès maintenant de l’éternité à laquelle Il nous appelle. Et en ce sens, rendons-nous compte que nous pouvons dès aujourd’hui combattre l’illusion du monde et poser des actes d’éternité, lorsque nous recevons le sacrement de la confession nous posons un acte en faveur de la miséricorde de Dieu pour nous, lorsque nous recevons la sainte communion nous posons un acte en faveur de la présence de Dieu en nos vies, lorsque nous prions nous posons un acte en faveur de notre relation à Dieu. Ces actes-là ne sont pas des illusions, ils resteront et ils façonnent déjà nos âmes en les apprêtant en vue de l’éternité. Ces actes d’éternité sont essentiels, primordiaux, et vécus pleinement ils ordonnent toute notre vie remettant chaque réalité à sa juste place. C’est ainsi que nous pouvons rejoindre Ste Thérèse d’Avila et prier avec elle :
« Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Elève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen ».

15 Septembre - 24ème Dimanche du Temps Ordinaire


Comment pourrions-nous ne pas être saisi par la bonté de Dieu qui transparaît dans l’évangile de ce dimanche. En effet, le Christ nous le redit, Il n’est pas venu pour les purs et les parfaits et en ce sens, rassurons-nous, avec un brin d’humilité et de réalisme, nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas de purs ni de parfaits en cette église. C’est d’ailleurs ce que nous reproche le monde pour ne désigner personne. Et bien redisons le, non les chrétiens ne sont pas des purs et des parfaits, ce sont des pécheurs. Nous sommes des pécheurs. Mais, comme dans l’évangile, nous sommes de ces pécheurs qui avons découvert et rencontré le Seigneur Jésus. Nous sommes des pécheurs qui avons découvert l’Amour de Dieu, qui vivons dans la Foi en la rédemption établi par le Christ. Nous sommes des pécheurs qui savons que Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus et qu’Il est allé jusqu’à la passion et la mort sur la croix pour nous racheter. Nous sommes des pécheurs qui savons que Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme, est ressuscité pour nous manifester que nous sommes invités à entrer dans l’éternité. Et dans la Foi, nous tâchons de nous rapprocher de Dieu en nous laissant convertir par sa grâce, en nous laissant attirer par Dieu, en essayant de mettre toute notre pauvre volonté à faire de notre vie une vie véritablement chrétienne.
Ainsi, en nous considérant nous-même avec humilité et réalisme, nous ne pouvons que reconnaître combien Dieu est venu Lui-même à notre rencontre. Dieu est venu vers nous car Dieu vient à la recherche de la brebis perdue. Il ne s’agit pas ici de s’apitoyer sur son sort mais de poser sur nous un regard vrai et humble qui nous permet surtout de considérer combien Dieu fait tous les efforts pour nous, combien Dieu nous appelle de nos ténèbres à sa lumière.
Mais, après nous être considéré nous même sans aucun égocentrisme, nous pouvons porter notre regard sur tous ceux qui nous entourent, nous pouvons considérer tous ceux qui n’ont pas fait cette rencontre avec le Christ ressuscité. Et alors, nous pouvons aussi percevoir combien Dieu a le désir de les rencontrer également, combien Dieu a le désir de manger et de boire avec eux, combien Dieu souffre en son être qui est Amour de voir toutes ces âmes si loin de Lui. Ce constat doit résonner en nous jusqu’à produire un formidable élan à devenir de véritables missionnaires. Nous avons comme mission d’annoncer l’Amour de Dieu, d’annoncer la soif que Dieu a de chacun des membres de notre humanité. Ainsi, je vous propose une chose cette semaine. Je vous propose de poser cette semaine un acte missionnaire, un acte d’annonce de la Foi. Ne dîtes pas que vous n’en êtes pas capable, que vous ne savez pas quoi dire ou quoi faire, tout cela ce ne sont que de fausses excuses car ce n’est pas un cours de théologie qui vous est demandé, ce n’est pas non plus une prouesse quelconque, ce que le Seigneur nous demande c’est de témoigner de notre amour de Lui. Des amoureux n’ont pas besoin d’un manuel pour parler de leur amour, ils en parlent tout simplement parfois avec imprécision et même maladroitement mais ils en parlent avec passion, avec amour. Et bien c’est cela que je vous invite à faire cette semaine. Parler du bon Dieu, du Christ, de l’Eglise avec amour et passion afin de permettre peut-être qu’une personne se tourne vers le bon Dieu dans le secret de son cœur. N’ayons pas peur du péché des autres qui au contraire appelle la rédemption du Christ, n’ayons pas peur d’être regardé de travers car même les regards de travers n’empêchent pas les oreilles d’être attentive, n’ayons pas peur de parler, de témoigner, de vivre notre Foi. Nous ne sommes pas des parfaits, nous ne sommes pas purs, nous sommes pécheurs mais nous avons cette grâce, ce don de la Foi qui nous fait vivre et qui est appelé à faire battre le cœur de tout homme alors rayonnons de Dieu qui demeure présent malgré nos propres imperfections.
Amen

mardi 10 septembre 2019

8 Septembre - 23ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple », cette parole du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce Dimanche ne peut pas être plus claire et elle n’admet, par ailleurs, aucune interprétation. Mais, en entendant cette parole, nous avons la tentation de regarder justement ce que nous possédons, de regarder également les amitiés qui nous lient tout comme notre famille et, dès lors, cette parole semble inaudible. Alors qu’au contraire, si nous considérons le Christ, si nous considérons que c’est Lui seul qui nous donne accès à l’union à Dieu, à la béatitude éternelle alors cette Parole prends plus de sens et de saveur.
Mais respectons notre mouvement naturel et considérons tout d’abord nos liens familiaux. Et par-delà les liens du sang, c’est bien l’amour qui doit normalement unir les membres d’une même famille. Cet amour est bien entendu respectable mais cet amour revêt tout de même un certain caractère limité c'est-à-dire que nous aurions beau aimé au maximum les membres de notre famille nous n’aurions absolument pas la capacité de leur donnés accès à l’éternité. Et si nous désirons le meilleur pour les membres de nos familles alors nous désirons le Ciel pour eux or, le seul acte que nous pouvons poser en faveur de leur éternité, tout comme de notre propre éternité d’ailleurs, le seul acte que nous pouvons poser consiste à se confier, à les confier au Seigneur Jésus.
Prenons en exemple des parents qui ont un enfant malade, ils doivent renoncer à aider personnellement leur enfant en le confiant à un médecin qui aura lui la capacité de lui venir en aide. Dans l’ordre naturel des maladies, ce mouvement est tout à fait naturel et bien cela doit l’être également dans l’ordre surnaturel. Les parents doivent renoncer c'est-à-dire laisser leur place au médecin des âmes, au Sauveur, au Seigneur Jésus. Et cela est vrai pour toute nos relations humaines. Ainsi le renoncement auquel le Seigneur nous appelle est en fait empreint de réalisme et nous sommes appelé à vivre cela dans l’humilité reconnaissant, malgré notre amour de l’autre ou notre amitié, reconnaissant notre incapacité à donner l’éternité. Et, en ayant véritablement conscience de cela, nous recevons alors nous tous une mission qui couronnera notre amour ou notre amitié cette mission elle consiste à conduire les autres au Christ car là se trouve la plus grande preuve, l’éternelle preuve de notre amour dans l’attachement au Christ Sauveur.
Si en suivant encore le mouvement naturel nous considérons maintenant tout ce qui fait notre existence, nos possessions matérielles et notre quotidien, et bien là c’est encore plus facile de se rendre compte que tout cela n’a pas de poids face à l’éternité. Comme on le dit en langage populaire, les cercueils n’ont pas de portefeuille et la maison tout comme la voiture n’entreront pas au cimetière avec nous. Et pourtant que d’attachement nous manifestons envers ces choses qui demeureront peut-être ou peut-être pas après notre entrée dans l’éternité. Et notre poste professionnel, là encore, la sentence populaire nous l’enseigne bien en nous disant que les cimetières sont remplis de personne indispensable…
Ainsi, que ce soit dans l’ordre de nos liens humains, familiaux et amicaux, que ce soit dans l’ordre de nos possessions ou de notre rôle dans la société ou l’entreprise, il nous faut réussir à garder une juste considération de tout cela. Bien sûr que cela est important mais face à l’éternité beaucoup de choses perdent de leur importance tandis que les autres retrouvent leur juste place. Mais cette vision réaliste, cette considération juste des choses, n’est possible qu’en étant porté par la Foi qui nous donne de vivre en compagnie de l’unique Sauveur notre Seigneur Jésus Christ, dans l’humilité qui nous fait reconnaître notre propre insignifiance et notre propre néant, dans l’Amouir qui nous fait tout espérer de Dieu.
Amen.