Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mardi 13 août 2019

5 Mai - 4ème Dimanche du Temps Pascal


Cette rencontre entre le Seigneur ressuscité et l’apôtre Pierre est emprunte d’une grande bonté et même, d’une grande tendresse. En effet, rappelons-nous les jours sombres précédents la passion, rappelons-nous cette parole de l’apôtre Pierre : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » et rappelons-nous également la prophétie que lui répondit le Seigneur : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois », parole prophétique à laquelle l’apôtre avait répondu immédiatement : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples dirent de même. ». Et nous savons, nous tous, que la prophétie du Seigneur s’est bien réalisée, nous savons que par trois fois Pierre a affirmé : « je ne connais pas cet homme », par trois fois, Pierre a renié le Christ, niant tout lien avec Lui, toute affinité, rejetant par peur celui qu’Il avait suivi durant trois années.
            Et nous aurions peut-être tôt fait de condamner l’apôtre Pierre, nous aurions tôt fait de lui rappeler son engagement, de lui rappeler ses propres paroles, de lui montrer sa propre déchéance. Mais tout cela, Pierre le sait lui qui s’en alla pleurer amèrement sur sa propre faiblesse. Quelle leçon pour lui, leçon d’humilité fruit de l’humiliation de se savoir si couard. Pierre posait sur lui-même un regard idéal, se considérant plus fort que ce qu’il n’est réellement. Et peut-être que nous même avec un peu d’humilité, avec un brin de réalisme, nous pouvons reconnaître que nous aussi nous ne portons pas forcément sur nous même un regard humble, nous nous voudrions fort, puissant , imperturbable, impénétrable, détaché de tout, détaché du regard des autres, nous nous voudrions comme ceci ou comme cela mais parfois les évènements nous rappelle qu’en réalité nous ne sommes que peu de choses, que notre volonté est bien faiblarde, que nos qualités ne sont peut être pas si exceptionnelles que cela. Mais tout cela ne doit pas nous inquiéter car ce qui fait notre prix, ce qui fait notre valeur, ce ne sont pas nos qualités personnelles, ce qui fait notre valeur c’est bien ce qui nous unit dès maintenant à l’éternité. Et nous le savons bien par ailleurs car ce n’est pas parce que quelqu’un est plus limité qu’il est moins humain que nous et surtout ce n’est pas parce que quelqu’un est plus limité qu’il est moins aimé de Dieu et même au contraire. Et en définitive c’est peut-être la leçon que le Seigneur nous donne en ce dimanche.
En effet, le Christ ressuscité lorsqu’Il se trouve face à celui qui l’a renié par trois fois, Il ne va pas l’admonester, il ne va pas lui rappeler son reniement mais il va simplement lui poser par trois fois cette simple question : « Pierre, m’aimes-tu ? ». Prenons le risque de développer ce que supportent ces trois petits mots. Face au reniement, le Christ pose la question de l’amour, face au péché, le Christ pose la question de l’amour. Et cette question de l’amour elle n’est pas posée en ignorant volontairement le reniement, le Christ sait bien ce que Pierre a fait, Il connait ces trois paroles de reniement, mais le Christ connaît aussi Pierre mieux que Lui-même. Le Christ ne pose pas un regard idéaliste sur l’apôtre Pierre, Il le connaît dans le plus profond de son être et pourtant, malgré cette connaissance, malgré la connaissance de sa faiblesse et bien le Christ lui demande si il l’aime.
Et bien pour nous il en est de même bien chers amis. Le Christ ne se tient pas devant nous comme un juge autoritaire et brutal, le Christ se tient devant nous avec une connaissance exacte de ce que nous sommes et malgré notre faiblesse, Il quête notre amour. La réalité divine est là et elle est bien loin de ce que nous vivons généralement dans l’ordre humain. Le Christ nous demande chaque jour, chaque instant, est-ce que tu m’aimes ? Et cette question est en elle-même porteuse de l’expression la plus simple mais aussi la plus vraie de l’amour de Dieu. Dieu qui nous aime tant qu’Il désire notre propre amour. Quelle folie !
Et bien en ce dimanche, laissons le Seigneur nous interroger, laissons nos oreilles entendre la question que le Seigneur nous adresse à tous et à chacun : est-ce que tu m’aimes, toi que je connais pleinement dans tes contradictions et ton péché, est-ce que tu m’aimes ? Et avec St Pierre répondons au Seigneur : « Seigneur Tu sais tout, tu sais bien que je t’aime aide moi à vivre de cet amour ».
Amen

28 Avril - Dimanche de la Miséricorde Divine


Quelle joie en ce dimanche, alors que nous sommes encore illuminés de la joie de la résurrection du Seigneur, quelle joie que de pouvoir célébrer la miséricorde divine.
Mais avant toute chose, qu’est-ce que la miséricorde ? La miséricorde désigne étymologiquement la pitié du cœur, cette pitié du cœur qui conduit à pardonner, qui conduit à la clémence et à l’indulgence. Ainsi oui, en ce dimanche nous honorons la capacité qu’à Dieu de nous pardonner, de poser sur nous un regard de bonté, d’indulgence, de miséricorde. Et gardons bien à l’esprit que si nous même avons une certaine capacité à faire miséricorde, gardons à l’esprit que la miséricorde de Dieu est infinie. Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu tout simplement parce qu’il n’y a pas non plus de limite à l’Amour de Dieu. C’est bien parce que Dieu nous aime d’un amour infini qu’Il demeure Celui qui nous recherche, nous relève et nous pardonne. Ainsi, la miséricorde de Dieu n’est pas un attribut qui viendrait s’ajouter aux différentes qualités divines, la miséricorde divine elle qualifie l’être même de Dieu, elle en est le fruit naturel.
Et en évoquant la miséricorde divine, c’est bien entendu à nous que nous pensons car oui, nous pouvons nous même compter sur la miséricorde d Dieu, nous pouvons reconnaître que Dieu est toujours prêt à nous rejoindre et à nous pardonner, nous pouvons dès lors reconnaître que nous tous, nous avons du prix aux yeux du Seigneur Lui qui va jusqu’au bout du sacrifice pour nous pardonner en toute justice. Car ne croyons pas que la justice divine serait comme lésée par la miséricorde divine, non, car Dieu Lui-même a payé pour nous la dette de notre propre péché, Il l’a fait en s’offrant Lui-même aux souffrances de sa passion, à la mort sur la croix. C’est bien en toute justice que Dieu nous rétabli dans notre dignité d’enfants de Dieu, c’est bien en toute justice que Dieu nous fait miséricorde. Ainsi, ne pensons jamais que nous sommes trop loin de Dieu, ne pensons jamais que la miséricorde de Dieu ne serait pas suffisante pour nous rétablir dans l’amitié de Dieu, ne pensons jamais cela car sinon nous dirions que le sacrifice du Christ serait insuffisant alors que le sacrifice est d’une valeur de rachat infinie. Nous ne sommes jamais trop loin de Dieu, car quel que soit notre état le désir de Dieu de nous faire miséricorde, le désir de Dieu de nous racheter est toujours plus grand que notre éloignement. Gardons toujours cela à l’esprit. Dieu veut nous faire miséricorde comme nous le manifeste le prix infini qu’Il a réglé pour nous.
Cette réalité de la miséricorde divine nous la recevons d’une manière assez naturelle pour nous, personnellement, mais nous avons parfois du mal à l’appliquer aux plus grands pécheurs de notre temps, car oui, à eux aussi, Dieu désire faire miséricorde. Et c’est là que cela devient compliqué car il nous faut tenir d’une main la nécessaire application de la justice humaine qui doit préserver le bien de la société et qui doit imposer des mesures coercitives aux individus les plus malfaisants et de l’autre main, il nous faut tenir que Dieu désire rétablir ces êtres malfaisants dans son Amour et dans sa présence. Il n’y a pas d’opposition entre le nécessaire et juste exercice de la justice humaine et l’infinie miséricorde de Dieu. En ce sens, pensons à l’histoire de PRANZINI, jugé pour le triple meurtre de l’avenue Montaigne le 9 juillet 1887 devant la Cour d'assises de la Seine. Le 13 juillet, après deux heures de délibéré, il est reconnu coupable et condamné à la peine capitale. Aucun de ses recours en grâce n'est accepté : Pranzini est guillotiné le 31 août 1887. Et Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face écrivait : « J'entendis parler d'un grand criminel qui venait d'être condamné à mort pour des crimes horribles, tout portait à croire qu'il mourrait dans l'impénitence. Je voulus à tout prix l'empêcher de tomber en enfer, afin d'y parvenir j'employai tous les moyens imaginables : sentant que de moi-même je ne pouvais rien, j'offris au Bon Dieu tous les mérites infinis de Notre Seigneur, les trésors de la Sainte Église, enfin je priai [ma sœur] Céline de faire dire une messe dans mes intentions, n'osant pas la demander moi-même dans la crainte d'être obligée d'avouer que c'était pour Pranzini, le grand criminel. Je ne voulais pas non plus le dire à Céline, mais elle me fit de si tendres et si pressantes questions que je lui confiai mon secret ; bien loin de se moquer de moi elle me demanda de m'aider à convertir mon pécheur, j'acceptai avec reconnaissance, car j'aurais voulu que toutes les créatures s'unissent à moi pour implorer la grâce du coupable. Je sentais au fond de mon cœur la certitude que nos désirs seraient satisfaits, mais afin de me donner du courage pour continuer à prier pour les pécheurs, je dis au Bon Dieu que j'étais bien sûre qu'Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s'il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j'avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation… Ma prière fut exaucée à la lettre ! Malgré la défense que Papa nous avait faite de lire aucun journal, je ne croyais pas désobéir en lisant les passages qui parlaient de Pranzini. Le lendemain de son exécution je trouve sous ma main le journal. Je l'ouvre avec empressement et que vois-je ?… Ah ! mes larmes trahirent mon émotion et je fus obligée de me cacher… Pranzini ne s'était pas confessé, il était monté sur l'échafaud et s'apprêtait à passer sa tête dans le lugubre trou, quand tout à coup, saisi d'une inspiration subite, il se retourne, saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées !… Puis son âme alla recevoir la sentence miséricordieuse de Celui qui déclare qu'au Ciel il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de pénitence !… ».
Ainsi, bien chers amis, ayons assez de Foi pour reconnaître l’infinie miséricorde de Dieu pour nous, ayons assez de charité pour la désirer pour tous ceux qui en ont besoin et en ce sens, condamnons toujours le péché sans jamais condamner le pécheur et qu’au contraire nous puissions prier pour la conversion des plus grands pécheurs de notre temps.
Amen.

21 Avril - Pâques


Le soleil s’est levé en ce main, et le monde était transformé. Transformé par le miracle des miracles, ce miracle qui résonne encore 2000 ans plus tard et qui résonnera jusqu’à la fin du monde. Oui, en cette nuit, le Christ est ressuscité, la mort a été vaincue. Cette mort si angoissante, si dramatique, synonyme d’anéantissement, de fin, cette mort là, la mort dans sa généralité et sa globalité, la mort a été vaincue par la victoire du Christ qui l’a transformée pour n’en faire qu’un passage, une issue vers les réalités éternelles.
Et cette victoire du Seigneur sur la mort, la résurrection du Seigneur nous permet en ce jour de célébrer dans la joie la présence du Christ qui certes est établi vivant dans la gloire de Dieu mais qui demeure également l’hôte très doux de nos âmes. Le Christ ressuscité parcourt encore les chemins du monde comme Il a jadis parcouru les chemins de Galilée, le Christ ressuscité parcourt avec nous le chemin de nos vies comme un ami fidèle prêt à tout pour nous conduire jusque dans la béatitude. Oui, le Christ est ressuscité !
Le Christ est ressuscité, ces trois mots, nous nous en sommes malheureusement habitué comme à une vieille rengaine essentielle mais parfois poussiéreuse et sans vie, désuète. Et bien non, il nous faut retrouver toute la force de cette simple constatation de la résurrection du Seigneur car la Résurrection du Seigneur elle donne sens à notre existence car nous savons que nous ne sommes pas destinés à l’anéantissement, nous savons que notre existence ne se réduit pas à cette poignée d’année que nous passons sur cette terre de labeur et de peine. Non, notre existence est faite pour l’éternité, cette éternité à laquelle le Seigneur nous donne accès par sa résurrection. Nous sommes faits pour le ciel et notre vie d’ici-bas n’est que le préambule à la vie véritable, à la vie éternelle. Et sur ce chemin qui doit nous mener à l’éternité nous savons également que nous pouvons compter sur un guide sûr, sur un compagnon de route fidèle, sur un ami aimant, sur Dieu qui a tout donné pour nous. Car oui, c’est bien Dieu qui en plus de nous ouvrir les portes de l’éternité, c’est Dieu qui désire nous accompagner chaque jour, chaque instant, accompagnant chacun de nos pas afin que nous puissions, à ses côtés, gagner le ciel et l’éternité. Mais Dieu nous accompagne sans s’imposer avec force, Il nous accompagne en nous proposant tous les remèdes, toutes les aides que nous avons besoin et cela par la grâce des sacrements et plus particulièrement la messe du dimanche et le sacrement de la confession. Dieu nous propose ces éléments de force et de salut, Il nous les propose, à nous de les accepter, de les rechercher, de les recevoir, à nous de laisser une place à Dieu dans nos agenda et nos plannings afin de laisser à Dieu l’opportunité de nous aider, de nous soutenir, de nous sauver.
Ainsi, oui, la résurrection n’est pas une rengaine désuète mais elle demeure cette réalité qui nous fait vivre, qui nous fait vivre en Dieu, qui nous fait vivre pour Dieu. Le Christ est ressuscité et parce qu’Il est ressuscité, Il nous invite à le suivre jusque dans sa gloire ; parce qu’Il est ressuscité Il nous invite à vivre chaque journée à ses côtés ; parce qu’Il est ressuscité Il nous invite à l’imiter en nos vies en faisant toute sa place au bien véritable et en en chassant le vice et le péché ; parce qu’Il est ressuscité nous savons qu’Il demeure celui qui nous accompagne, qui nous soutient et nous relève.
Car le Christ est ressuscité pour nous. La résurrection du Seigneur n’est pas un élément de l’histoire qui nous serait extérieur, la résurrection du Seigneur c’est en notre faveur, c’est Dieu qui nous montre combien sa bonté et sa miséricorde dépassent notre capacité à faire le mal, c’est Dieu qui nous montre que son Amour est prêt à tout pour nous, pour Toi. Le Christ est ressuscité et aujourd’hui, Il nous redit à tous combien Il désire être notre joie, notre bonheur, notre vie. Alors nous tous, en ce saint dimanche de Pâques, accueillons le Christ ressuscité en nos vies, que nous repartions de cette Eglise en compagnie du Christ, en prenant la décision de Lui faire une place véritable en nos vies.
Amen.


20 Avril - Veillée Pascale


Le tombeau est vide ! Et si nous avions la tentation de rester sur le seuil sidéré de l’absence sans entrer dans la réalité de la résurrection du Seigneur, l’ange nous demanderait : « Pourquoi chercher le vivant parmi les morts » ? Car oui, le Christ est ressuscité, et par sa résurrection toute son histoire prend une autre dimension car son histoire est bien celle de Dieu parmi les hommes, car ses Paroles sont bien celles de Dieu tout comme ses miracles. Dieu était bien là, marchant sur nos routes. Dieu était bien là et c’est bien Dieu qui a été torturé, condamné, assassiné et c’est bien Dieu qui aujourd’hui est ressuscité. Sa naissance, sa vie, sa passion et sa mort tout cela était bien réel tout comme sa résurrection. Quelle folie de Dieu que d’avoir entrepris une telle chose, folie qui ne peut être porté que par son désir ardent de rechercher, de retrouver et de racheter cette humanité ingrate et assassine. Mais Dieu ne perd pas espoir face à nous. Sa résurrection ne signe pas un éloignement de Dieu, un abandon ou bien une vengeance. Sa résurrection signe au contraire que Dieu ne se lassera jamais de venir jusqu’à nous pour nous racheter et nous sauver même si nous l’avons rejeté et tué. Dieu ne se lasse jamais de nous car Il nous aime d’un Amour qui renverse toutes les contradictions, toutes les oppositions, qui renverse tous les murs de péché qui peuvent s’ériger dans l’existence humaine.
            Le Christ est ressuscité manifestant que son Amour pour nous est éternel. Le Christ est ressuscité inscrivant notre rachat, notre salut, notre rédemption dans l’Eternité. Le Christ est ressuscité pour nous enseigner que la mort, la mort si commune malgré sa dimension dramatique et implacable, la mort si banale pour l’existence humaine et en même temps si angoissante, la mort a été vaincue pour ne devenir qu’un passage vers l’Eternité.
Bien chers amis, en ce soir, notre mort a perdu ses atours de néant pour devenir l’issue qui nous permet de suivre le Christ jusque dans la béatitude. Cet ultime enseignement du Seigneur il nous faut le recevoir en ce soir, car le Christ désire changer notre considération de la mort et donc de la vie elle-même. Le Christ ressuscité désire nous faire porter notre regard au-delà de ce que nous voyions et appréhendons, le Christ désire faire porter notre regard jusque dans l’Eternité. Car si la mort n’est qu’un passage alors il nous faut vivre notre existence en vue de ce passage, en vue de l’éternité. En ce soir, en cette nuit, c’est nous tous qui recevons du Seigneur cet appel à le suivre jusque dans l’éternité et dans l’éternité bienheureuse.
Et en ce soir, l’un de nous va poser un acte d’éternité. En ce soir, Freddy va s’approcher pour recevoir la grâce ineffable du baptême. Par le baptême, il va être établi dans l’amitié avec le Christ, uni à son corps qu’est l’Eglise, orienté vers l’Eternité bienheureuse accompagne du secours des sacrements que le Seigneur nous donne à tous. Rappelons-nous que nous aussi nous avons été plongé dans les eaux sanctifiantes du baptême, rappelons-nous que nous aussi nous avons été racheté par le Christ, que nous aussi nous avons été orienté vers la béatitude éternelle, que nous aussi nous avons le secours des sacrements afin que dès maintenant nous puissions vivre en compagnie du Seigneur et que nous puissions, le moment venu, en passant par la porte de la mort, que nous puissions être établi dans le Paradis. Votre but, votre avenir Freddy va devenir celui du Paradis, notre but, notre avenir à tous est celui du Paradis alors ensemble vivons dès maintenant dans la joie de nous savoir aimé, dans la joie de nous savoir sauvé, dans la joie de nous savoir accompagné par le Christ ressuscité, accompagné jusqu’à cette éternité de bonheur qu’est le Paradis.
Amen.

19 Avril - Vendredi Saint


La pierre est roulée et toute l’histoire semble incroyable mais pourtant l’impensable est advenu. La pierre est roulée et c’est un silence de mort qui étreint le monde. La croix demeure là suspendue entre ciel et terre, elle a déchargé le fardeau du corps du Seigneur. Les clous où chaires et sang sont mêlées sont posés à son pied, la couronne d’épine encore étincelantes de larmes de sang est maintenant mêlée à la poussière. Instant de silence et de sidération.
Et comme à chaque décès, on tâche de se rappeler l’histoire de celui qui vient de nous quitter. Cette histoire qui demeure magnifique, étonnante de grâces et de miracles. Et cette histoire débute à Nazareth dans cette annonce de l’ange à la Vierge Marie, elle débute dans cette entrée dans la chair de Dieu Lui-même. Oui Dieu Lui-même s’est fait homme en Jésus. Et le Seigneur Jésus a grandi, puis Il a parcouru les chemins de Galilée en annonçant la véritable identité de Dieu, en annonçant que Dieu est Amour, en annonçant qu’Il est Amour. Miracles et Paroles détaillent cette unique réalité à laquelle est invitée l’humanité, cette reconnaissance de l’Amour qu’est Dieu qui doit produire en l’Homme la conformation de toute sa vie à cet Amour unique. Aucune violence, seul le poids de la Vérité éternelle. Et pourtant, face à la bonté infinie de Dieu s’est déployée toute l’ingéniosité de l’humanité pour abattre Dieu. Et Dieu s’est laissé faire, Dieu s’est laissé arrêter, maltraiter, torturer, condamner et tuer…
Tout cela est incompréhensible, démentiel. Du point de vue humain, cela est bien vrai, mais dans ces instants de la passion Dieu continue sa mission, Dieu poursuit cette unique mission qui l’a conduit jadis à se faire homme ; cette unique mission qui l’a mené jusqu’à cette heure. Cette mission c’est celle de notre rachat, de notre rédemption, de notre salut. Voilà la clef unique qui permet de saisir que chaque douleur du Seigneur est en notre faveur. Oui, pour nous ! Et nous n’en sommes pas dignes.
Nous ne sommes pas dignes de cette passion que le Seigneur nous offre, nous ne sommes pas dignes de cette mort que le Seigneur assume. Comment pourrions nous être digne de tant d’Amour, de tant d’abnégation, de ce don total et infini. La passion du Seigneur c’est le cri que Dieu adresse au monde dans le sang et les larmes pour lui redire combien Il désire que le monde se réconcilie avec Lui. La passion du Seigneur c’est la manifestation la plus éminente de l’amour de Dieu pour nous.
Et nous nous, après cela, nous continuons à vivre notre vie sans nous soucier plus que cela de ce que Dieu a souffert pour nous racheter. Et nous, nous continuons à nous plaindre des désagréments de l’existence alors que Dieu donne un sens à cette existence en nous ouvrant les portes de l’Eternité par sa passion. Et nous, nous qui manquons d’Amour de Dieu et qui construisons bien souvent nos vies sans Lui.
Arrêtons, arrêtons de penser le monde sans Dieu car c’est Dieu qui le tient ce monde, c’est Dieu qui le sauve. Arrêtons de penser nos vies sans Dieu car c’est Dieu qui nous porte dans l’existence et c’est Dieu qui nous rachète et à quel prix ! Mais qu’est-ce que Dieu peut faire de plus pour nous dire que nous ne devons compter que sur Lui ! Qu’est-ce que Dieu peut faire de plus pour nous dire que nous devons nous remettre entre ses mains dans une confiance absolue et infinie ? Qu’est ce que Dieu peut faire de plus pour nous montrer à quel point Il tient à nous, à quel point Il nous aime, à quel point Il nous désire à ses côtés dans l’éternité ?
Nous ne sommes pas dignes de ce sacrifice du Christ car nous vivons bien souvent comme des ingrats qui oublions que Dieu nous a tout donné jusqu’à se livrer Lui-même. Mais surtout, ne désespérons pas de nous-même, car Dieu Lui-même ne désespère pas de chacun de nous. Nous ne pouvons pas désespérer en considérant la passion du Seigneur, nous ne pouvons que redoubler d’ardeur à aimer le bon Dieu. Voilà l’unique réponse que nous sommes appelé à donner face à la question de cette pierre roulée. Aimer le bon Dieu toujours davantage voilà ce que le Seigneur attend de nous, voilà l’ultime appel que Dieu nous adresse. L’aimer toujours davantage en nos cœurs mais aussi en nos vies, en nos intelligences mais aussi en nos actions. Dieu fait tout pour nous, voilà la constatation de ce vendredi saint, Dieu va jusqu’au bout pour nous, pour toi. Plongeons dans ce mystère insondable de l’Amour de Dieu pour nous, laissons-nous embraser par Lui afin que chacune de nos vies soient celles de disciples du Seigneur Jésus, afin que Dieu nous rende Lui-même digne de Lui.
Amen.

18 Avril - Jeudi Saint


En ce soir, prend fin le temps du carême et débute le triduum, ces trois jours où nous accompagnons le Seigneur en sa Passion, sa mort et sa Résurrection. Mais ce soir, c’est un don infini que le Seigneur nous fait que nous devons honorer. Je veux bien entendu parler du don de la très sainte eucharistie, du don de la sainte messe. Et nous n’aurons jamais assez de cesse que de contempler ce don ineffable.
En effet, comment saisir que Dieu, créateur de toute chose, créateur de toute cette réalité dans laquelle nous évoluons quotidiennement, Dieu décide de se livrer à l’humanité en se rendant présent dans le pain et le vin consacré. Car ce n’est pas une image, à chaque messe, Dieu se rend présent totalement, pleinement dans le pain et le vin. Oh bien sûr nos yeux ne voient que l’extérieur du pain, que l’extérieur du vin car Dieu vient sous le voile de ces simples apparences.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce que Dieu ne transforme pas visiblement le pain en son corps, pourquoi est ce que Dieu ne transforme pas visiblement le vin en son sang ? Cette question est tout à fait légitime et elle trouve sa réponse dans l’être même de Dieu qui ne désire pas s’imposer à nous à force de miracles imposants mais qui désire nous inviter à Le suivre, à L’aimer, à Le recevoir dans la Foi. Il est vrai qu’au long de l’histoire de l’Eglise et pour soutenir notre Foi le Seigneur Jésus a dévoilé sa présence par des miracles eucharistiques mais, d’une manière habituelle, Dieu n’agit pas ainsi car Dieu nous invite à la Foi. Et seule la Foi peut nous permettre de découvrir la réalité de sa présence car chaque eucharistie, chaque messe demeure un mystère qui nous est incompréhensible. Alors bien sûr nous apportons des explications en parlant de la transsubstantiation mais ces développements rationnels, aussi important soient-ils, ne doivent pas nous éloigner de la simple contemplation, de l’adoration de Dieu qui est là.
Dieu est là, voilà l’unique vérité qui doit nous saisir l’âme et le cœur. Dieu est là totalement et réellement présent. Dieu est là jusqu’à se donner en nourriture de nos âmes. Tu dis que Dieu serait loin de toi, et bien non, Il est là ! Tu dis que Dieu est puissant c’est vrai mais Il se livre à Toi totalement dans le creux de tes mains. Dieu est amour et son identité le conduit à se livrer.
« Ceci est mon corps », « ceci est mon sang » voilà ces paroles du Seigneur qui opèrent le miracle quotidien perpétué depuis près de 2000 ans comme le Seigneur Lui-même l’a dit à ses apôtres et à leurs successeurs les prêtres et les évêques : « faites cela en mémoire de moi ». Et honorer le don de la sainte eucharistie, c’est honorer également le don du sacerdoce. Ce choix que Dieu opère qui constitue des hommes prêtres du Seigneur rendus capables de faire descendre Dieu sur tous les autels du monde, rendus capable de pardonner les péchés en lieu et place de Dieu Lui-même dans le sacrement de la confession. « Oh, que le prêtre est quelque chose de grand » disait avec raison le St Curé d’Ars. Le prêtre est quelque chose de grand porté par une humanité fragile. Et n’oublions jamais de prier pour que le Seigneur nous donne des prêtres, des saints prêtres, beaucoup de saints prêtres.
Alors en ce soir, prions pour que de nombreux jeunes entendent l’appel du Seigneur à devenir prêtre et qu’ils y répondent favorablement, en ce soir renouvelons notre acte de foi en la présence réelle du Seigneur en son eucharistie, adorons le Seigneur en son eucharistie. Et surtout, pensons toujours à ce que nous faisons lorsque nous nous approchons de la sainte communion, car alors nous nous approchons de Dieu, nous recevons Dieu. Quelle grandeur et quelle folie qui ne peuvent que susciter en nous qu’un respect immense pour l’hostie consacrée que nous recevons car elle est vraiment le très saint corps du Seigneur que nous recevons, cette hostie consacrée c’est Dieu !
Et en ce soir, en plus de nous donner le sacerdoce, de nous donner les prêtres, en plus de nous confier la sainte eucharistie, le Christ a voulu poser un geste des plus étonnants, celui du lavement des pieds. Et gardons pour nous même ce geste, c'est-à-dire faisons travailler nos imaginations en imaginant le Seigneur venir jusqu’à nous en cet instant où nous sommes assis, venir jusqu’à nous, se mettre à genou devant nous pour nous laver les pieds. Oui, Dieu se met à genoux devant nous pour nous signifier combien Il peut s’anéantir pour nous rejoindre, pour nous montrer qu’Il est prêt à tout pour nous purifier et nous sauver, pour nous manifester toute son attention et sa douceur. Et alors que ce geste du lavement des pieds va être reproduit dans quelques instants, imaginons en nos cœurs le Seigneur agir ainsi pour nous, laissons-le faire et redisons Lui combien nous avons ce désir de vivre de sa vie, de l’aimer toujours davantage, demandons Lui de nous aider à poser ce même geste dans nos vies en étant nous même les serviteurs de tous.
Amen.


14 Avril - Dimanche des Rameaux


En entendant une nouvelle fois le récit des derniers jours du Seigneur nous ne pouvons qu’être porté à la compassion. Certes, c’est un sentiment des plus humain que la compassion mais comment ne pas la ressentir en voyant le juste, l’innocent par excellence ainsi condamné, torturé et tué. Comment ne pas être saisi par la bonté infinie du Seigneur qui transparaît à chaque instant malgré la douleur, le sang et la mort. Oh oui, le Christ est aimable et c’est bien ce qui doit nous saisir le cœur et l’âme car tout ceci a du sens. La souffrance et la mort du Seigneur si elles doivent faire naître en nous de la compassion, elles doivent également faire jaillir en nous de la reconnaissance. Car si le Christ a accepté de souffrir tout cela, si le Christ a accepté de mourir de cette façon ce n’est que pour une chose : nous, chacun de nous. Dans l’esprit du Seigneur ce sont chacune de nos vies, chacun de nos visages qui étaient présents car c’est bien pour nous que le Seigneur est allé jusque-là. Comme un père ou une mère accepte de tout souffrir pour sauver leur enfant, de même Dieu accepte de tout souffrir pour nous sauver nous qui sommes ses enfants. Nous sauver de quoi ? et bien de la mort et du péché. Oh je sais bien que la notion de péché est quelque peu incompréhensible de nos jours, mais le péché c’est tout ce qui nous éloigne de Dieu, tout ce qui va à l’encontre de ce que nous sommes véritablement, tout ce qui va à l’encontre de l’Amour dont Dieu désire nous combler. Le péché ce n’est donc pas d’abord une catégorie morale mais c’est tout ce qui peut abimer notre relation à Dieu et gardons à l’esprit que le péché a un tel pouvoir qu’il peut nous séparer de Dieu au point de nous conduire jusqu’en enfer, dans cet état éternel de l’âme qui est séparé de Dieu pour l’Eternité, séparé de la bonté et de l’amour pour l’éternité. Mais nous, pauvres êtres humains, nous n’avons pas la capacité de racheter la dette du péché, nous n’avons pas la capacité de rétablir notre relation à Dieu. Et bien Dieu est tellement bon qu’Il décide, par amour pour nous, de régler cette dette du péché pour nous permettre d’être rétabli en son amitié, Dieu règle cette dette du péché par sa passion, par sa mort. La passion du Seigneur, chacune des souffrances du Seigneur, son agonie, sa mort même, tout cela c’est en notre faveur, pour nous !
Bien chers amis, ne nous laissons pas porter par le temps qui passe en demeurant insouciant quant à notre avenir éternel, ne remettons pas à demain d’être réconcilié à Dieu. La mort peut nous cueillir à n’importe quel moment scellant en un instant notre avenir éternel. Oh je ne vous dis pas cela d’abord pour nous faire peur mais pour que nous puissions nous rappeler que nous ne sommes que de passage sur cette terre, nous rappeler que Dieu est allé jusqu’à souffrir sa passion, jusqu’à mourir sur cette croix de douleur pour nous racheter et nous inviter dès maintenant à vivre de son Amour, à vivre en sa compagnie. Comment ? Et bien la bonté de Dieu est telle que Dieu nous accompagne Lui-même et cela par la sainte eucharistie, par la messe que le Christ a lui-même institué comme nous l’avons entendu. La messe dans laquelle Dieu Lui-même se donne en nourriture pour soutenir par sa présence et par sa grâce notre propre conversion. Chaque dimanche, la messe nous permet de recevoir Dieu Lui-même car Dieu dans son incommensurable grandeur se fait présent sous le voile du pain et du vin pour venir jusqu’à nous, pour nous nourrir de Lui. Alors le samedi soir ou le dimanche matin nous avons beaucoup de chose à faire mais rien de ce que nous faisons n’est plus important que Dieu, rien n’est plus important que de nourrir notre amour de Dieu. A chaque messe, c’est toute la passion du Seigneur qui se réalise, à chaque messe Dieu se livre pour nous, en notre faveur, nous rachetant, nous rétablissant dans son amitié. Et le bon Dieu n’en reste pas là, Dieu nous a aussi donné le sacrement de la confession qui nous permet de recevoir son pardon. Là encore, la bonté de Dieu demeure l’expression de son Amour infini, n’ayons pas peur de nous approcher du sacrement de la confession car Dieu est allé jusqu’à mourir pour répandre les flots de sa miséricorde.
Bien chers amis, en entendant le récit de la passion nous ne pouvons qu’éprouver compassion et reconnaissance, mais surtout ne pensons pas que cet évènement appartient au passé car Dieu ne cesse de venir jusqu’à nous, la messe du dimanche, la confession régulière, la prière quotidienne. Voilà tous les moyens que Dieu nous offre pour vivre dès maintenant en sa compagnie. Ainsi, on ne peut pas dire qu’il soit difficile d’aller vers Dieu car Dieu met tout en œuvre pour nous rejoindre ou que nous soyons dans quelque état que nous soyons. Il a été fait miséricorde à St Pierre qui avait renié Dieu par trois fois, oui Dieu l’a pardonné dans la simplicité d’un Amour infini et Dieu l’a rétabli dans son amitié à tel point que Pierre qui avait renié devient St Pierre. Le bon larron, ce bandit crucifié aux côtés de Jésus, Lui aussi, il reçut miséricorde, il fut pardonné par le Christ et il a pu entrer dans le Paradis.
Reprenons bien conscience que Dieu nous aime tellement qu’Il a certes accepté de souffrir sa passion, qu’Il a accepté d’être injurié, condamné injustement, torturé, crucifié et tué pour nous, pour chacun de nous mais Dieu est allé encore plus loin en nous demeurant présent à nous dans le tabernacle, en nous nourrissant de Lui par la sainte communion, en nous pardonnant par le sacrement de la confession, en étant attentif à chacune de nos prières. Dieu nous offre le chemin qui nous mènera droit vers le Ciel par Amour. Alors, en ce dimanche des rameaux, laissons-nous saisir par l’Amour de Dieu et décidons de changer notre vie pour vivre véritablement à ses côtés, en sa compagnie, dans la joie de sa présence. Dieu se livre totalement à nous, livrons-nous totalement à Lui. Dieu nous aime d’un Amour infini, laissons nous combler par Lui en Lui donnant la première place en nos vies.
Amen