Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 15 décembre 2018

3 Novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire


L’Evangile de ce dimanche nous donne de recevoir du Seigneur Jésus les deux commandements les plus importants à savoir : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ces commandements sont quelque peu déroutants car, d’une manière générale nous préférons avoir des directives claires qui recoupent l’ensemble des domaines qui composent l’existence, nous préférons un manuel des plus précis car il est toujours plus confortable de savoir ce qui doit être fait plutôt que de le rechercher soi même. Mais force est de constater que le Seigneur ne nous donne pas un annuaire de directives et de commandements, le Seigneur ne nous livre que deux réalités : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.
L’amour tout d’abord. L’amour, aujourd’hui, l’amour est bien souvent réduit à n’être qu’un sentiment, sentiment éphémère qui va et qui vient en fonction des humeurs. Mais ce n’est pas la réalité de l’amour vraie qui, au contraire, est un amour combattif qui tend à l’éternité.
Dans la Parole du Seigneur nous pourrions retrouver la considération de l’amour comme étant un sentiment lorsque le Seigneur nous invite à aimer : de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit », jusque là tout va bien car ce sont des réalités quelque peu évanescente mais le Seigneur poursuit en nous invitant à aimer : « et de toute ta force ». Et oui, l’amour est aussi une question de force c'est-à-dire de volonté, l’amour se construit avec des efforts de la volonté. Ainsi oui, l’amour demeure certes un sentiment en son origine car l’amour nous porte vers ce qui est aimable, vers un bien qui nous apparaît comme tel. L’amour comme sentiment favorise le début de l’histoire mais c’est bien la volonté qui prend ensuite le relais. Oh non pas dans un volontarisme sec et exacerbé mais dans la volonté de préserver l’amour et de le faire grandir jour après jour. C’est bien cet amour là dont il est question dans l’Evangile. L’amour vraie prend sa source dans la reconnaissance du bien et se développe dans l’exercice de la volonté qui cherche à préserver et à faire grandir l’attachement au bien.
Et cela se vérifie bien dans l’ordre de l’amour de Dieu car en découvrant Dieu dans la réalité de son identité nous découvrons que Dieu est aimable et nous désirons vivre de sa grâce, de son salut, de sa présence. Cette découverte de Dieu nous conduit ensuite à mettre en jeu notre volonté afin de préserver et de faire grandir notre amour de Dieu.
Puis, c’est notre amour de Dieu qui nous fait ensuite nous tourner vers nos frères et sœurs, vers chacun de nos prochains. Eux que nous recevons non pas d’abord dans leur individualité mais que nous recevons dans cette communion de l’Amour que Dieu leur porte et que Dieu nous porte.
L’amour du prochain est un fruit nécessaire de l’amour de Dieu. Et en ce sens St Jean l’affirme d’une manière on ne peut plus claire lorsqu’il écrit : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur ». L’amour du prochain est un fruit nécessaire de l’amour de Dieu.
Mais dans l’un et l’autre domaine celui de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain, il y’a bien un combat qui est livré, combat porté par notre volonté. Dans l’ordre de l’amour de Dieu c’est ce combat contre nous-mêmes afin de permettre à Dieu de prendre toute Sa place. Et reconnaissons le, il faut un effort de la volonté pour prendre le temps de la prière quotidienne, il faut un effort de la volonté pour vivre en la présence continuelle du Seigneur, il faut un effort de notre volonté pour faire de notre vie une vie chrétienne. Et ce combat il est tout aussi vrai en faveur de l’amour du prochain, combat contre nous-mêmes encore, contre nos impatiences et exaspérations, contre nos inclinaisons naturelles, afin de pouvoir être bien disposé envers chacun… Et là encore, reconnaissons le, il faut un effort de notre volonté pour accueillir l’autre quel qu’il soit, il faut un effort de la volonté pour se rendre disponible à rendre service, il faut un effort de volonté pour demeurer toujours témoin de la charité envers tous.
Mais à ce moment là, considérant tous les combats qui sont à mener, tous les efforts à faire volontairement, et bien cela nous semble impossible. Et en nous considérant nous-mêmes avec un brin de réalisme nous ne pouvons que constater combien notre volonté est faible et inconstante… Combien de fois avons-nous vraiment voulu quelque chose sans pourtant tenir l’élan qui nous aurait fait atteindre le but. Oui notre volonté est faible. Mais comme toujours, lorsque nous n’arrivons pas tout seul à faire quelque chose et bien nous demandons de l’aide ; alors pourquoi ne pas le faire dans l’ordre de l’amour de Dieu et du prochain. Et bien sûr cette aide si précieuse qui fortifiera notre volonté c’est bien Dieu Lui-même et cela par sa grâce. C’est uniquement en nous appuyant sur le bon Dieu que nous pourrons peu à peu progresser dans l’ordre de l’Amour de Dieu et du prochain. Cela ne signifie pas que nous n’avons rien à faire, bien au contraire car comme nous l’enseigne Ste Thérèse de l’Enfant Jésus : « il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante ».
            Alors permettons à Dieu de nous porter jusqu’à Lui en faisant dans un même temps tout ce que nous pouvons faire, je dis bien tout ce que nous pouvons faire et si nous nous abandonnons à Dieu, et bien Dieu Lui-même fera le reste et je dirai même plus, Dieu Lui-même fera l’essentiel.
Amen.


dimanche 4 novembre 2018

2 Novembre - Commémoraison des fidèles défunts


Alors qu’hier, en la belle fête de la Toussaint, nous contemplions cette foule immense des saints du Ciel, la sainte Eglise notre Mère, nous invite aujourd’hui à prier pour tous les fidèles défunts. Et il nous faut peut-être retrouver le sens premier de la prière pour nos défunts.
Car en effet, nous le savons, notre prière n’est pas utile pour les âmes qui sont en Paradis. En effet, ces âmes là sont déjà établies dans la gloire du Ciel et si nous prions pour elle, je suis certain qu’elles déversent nos prières en faveur d’âmes qui en ont besoin. Mais alors, quelles sont les âmes qui ont besoin de nos prières ?
Pour répondre à cette question, il nous faut malheureusement évoquer les âmes qui sont en enfer. Ces âmes qui ont rejetées Dieu et son Salut et qui se sont condamnées à être séparées de Dieu jusque dans l’Eternité s’établissant en cet état éternel que nous appelons l’enfer. Là non plus, nos prières ne sont pas utiles à ces âmes qui se sont damnées car elles se sont coupées elle-même de la source de la grâce.
Si nos prières ne sont utiles ni pour les âmes qui sont établies dans la gloire du Ciel, ni pour les âmes qui se sont condamnées à l’enfer, alors pour qui nos prières sont-elles utiles ?
Nos prières sont utiles aux âmes qui sont aujourd’hui en purgatoire qui est comme l’antichambre du Paradis. En effet, l’Eglise notre Mère nous enseigne que :
Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel.
St Grégoire le Grand nous enseigne que : « Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur. Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur.
Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts.
Nos prières sont donc plus que précieuses, elles sont essentielles pour toutes les âmes qui sont aujourd’hui en purgatoire attendant l’instant d’entrer pleinement dans la béatitude éternelle.
Mais une question peut alors surgir, comment pouvons-nous savoir si une âme est en purgatoire ? Et bien reconnaissons humblement que cela échappe à notre entendement. Nous savons, par la grâce de l’Eglise, quelles sont celles qui sont dans la Gloire du Ciel lorsque l’Eglise reconnaît la sainteté par la proclamation de la canonisation. Mais, nous l’avons dit, la fête de la Toussaint célèbre tous les saints du Ciel ceux qui sont reconnus c'est-à-dire ayant été proclamés saint par l’Eglise mais également tous ceux qui sont inconnus. D’autre part, si l’Eglise reconnaît la sainteté de quelques uns de ses membres, a contrario l’Eglise n’a jamais décrétée qu’une âme était en enfer.
Ainsi, lorsque nous prions pour les défunts de nos familles, nous les confions à la miséricorde divine et s’ils sont déjà au Ciel nous pouvons demander au Seigneur d’appliquer nos prières et nos sacrifices à l’âme la plus oubliée du purgatoire. Alors oui, prions de tout notre cœur pour nos défunts et pour tous les défunts car c’est bien la seule chose mais aussi la chose la plus essentielle que nous pouvons faire. Par nos prières nous ne faisons pas que penser à nos défunts mais nous allons au-delà car nous leurs faisons du bien, nous leur venons en aide. La prière demeure cette manifestation de notre amour envers ceux qui nous sont chers et qui sont déjà entré dans l’éternité.
Et si nous avons des regrets pour tel ou tel défunt, regrets de disputes non résolues, de tensions et bien gardons bien à l’esprit que par notre prière nous agissons en leur faveur et d’une manière bien plus essentielle que ce que nous pouvions faire ici-bas.
Et dans l’ordre de la prière, le fait d’offrir une messe pour le repos de l’âme d’un défunt c’est appliquer à cette âme particulière la grâce infinie de la rédemption du Seigneur et cela demeure ainsi le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire.
Alors en ce soir, prenons le temps de la prière pour nos défunts, présentons au Seigneur tous ceux de nos familles qui nous ont précédés dans la mort, confions à la miséricorde divine toutes les âmes du purgatoire car c’est bien là un acte éminent de charité que nous posons. Et n’hésitons pas non plus à offrir notre communion de ce jour pour nos défunts. Notre prière sincère et confiante touche toujours le cœur de Dieu et demain, lorsque le moment sera venu, nous percevrons tous les fruits éternels que nos prières ont suscités. Nous avons un fabuleux pouvoir dans la prière alors n’hésitons pas, n’hésitons jamais.
Amen.

1er Novembre - Solennité de la Toussaint


Quelle joie en ce jour que de pouvoir quitter pour quelques heures les contingences de ce temps pour plonger notre regard dans l’éternité bienheureuse, quelle joie en ce jour que de pouvoir contempler et honorer cette foule immense des saints du Ciel, quelle joie que de pouvoir fêter tous nos frères et sœurs qui sont au Ciel !
Oh, les saints du Ciel nous en honorons plus particulièrement quelques uns tout au long de l’année, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, St Antoine de Padoue, Ste Rita, St Padre Pio ou encore St François d’Assise sont très certainement parmi ceux qui sont les plus honorés mais il y’en a tant et tant d’autres qui constituent cette foule innombrable des saints et saintes de Dieu. Tous ceux qui nous ont précédés et qui comme nous ont connu dans leurs vies tristesses et difficultés, souffrance et combat, qui comme nous menaient dans leurs vies le combat contre leurs propres défaillances. Car oui, les saints sont comme nous, originellement ni meilleur ni pire que chacun de nous. Les saints ne sont pas des êtres qui auraient été préservé de quoi que ce soit. En dehors de l’époque, leurs vies est bien comparable à la nôtre. Et pourtant, et pourtant nous nous concentrons bien souvent sur leur différence c'est-à-dire sur leur haut degrés de sainteté et de perfection faisant des saints des individus inatteignable, des êtres à part. Mais quelle erreur ! Quelle erreur, car en agissant ainsi, c’est la sainteté elle-même que nous considérons comme étant inatteignable, comme n’étant pas pour nous. Alors que, redisons le, les saints sont originellement comme nous car ce qui fait la différence ce ne sont pas les saints en eux-mêmes mais c’est bien l’action de Dieu en leurs vies. Et gardons bien à l’esprit que si Dieu a agit avec tant de prévenances et tant de grâces avec ceux qui sont devenus saints, Dieu désire agir de même avec chacun de nous. C'est-à-dire que les saints qui sont originellement comme nous ne sont devenus saints que par grâce, uniquement par grâce. Ils ont laissé la grâce agir en eux et c’est ainsi que Dieu a pu les modeler et les conduire peu à peu à cette conversion de chaque instant, à cette construction de la vertu en leurs vies, à cette sainteté que nous révérons en ce jour.
Posons-nous donc la question : est-ce que Dieu veut agir de même pour nous, pour chacun de nous ? La réponse est oui, oui Dieu veut nous faire grandir dans l’Amour de son Saint Nom, Dieu veut nous attirer à Lui pour nous conduire à nous laisser aimer par Lui et en nous donnant la capacité de L’aimer toujours davantage !
Mais alors qu’est ce qui nous manque à nous ? Et bien il nous manque tout simplement nous-mêmes. La grande vérité de toute sainteté réside dans cet abandon volontaire entre les mains de Dieu, cet abandon volontaire, je dis bien volontaire. Dieu veut nous combler mais nous, est-ce que nous nous laissons combler par Dieu ? Est-ce que bien souvent nous n’agissons pas comme des enfants trop gâtés qui rechignent à se mettre pleinement à la suite du Christ ? Malheureusement, bien souvent nous choisissons notre propre chemin en ne nous laissant pas guider par le Seigneur Lui-même.
Ainsi en reprenant les béatitudes, nous voulons bien obtenir le Royaume des Cieux, être consolé, recevoir la terre en héritage, être rassasié, obtenir miséricorde pour nous même, voir Dieu, être appelé Fils de Dieu, être dans l’allégresse et recevoir une récompense éternelle. Tout cela, pas de problème. Mais tout cela, encore selon l’Evangile, selon le Christ Lui-même, tout cela ce sont des fruits d’une autre réalité, fruit de la pauvreté de cœur, des pleurs, de la faim et de la soif de justice, de l’exercice de notre propre capacité à faire miséricorde, du cœur pur, de la recherche de la paix et encore de la persécution, de la diffamation et des insultes à cause de notre attachement au Christ… Tout cela bien souvent nous n’en voulons pas.
Nous voulons bien le Christ mais sans la croix, sans la passion et la mort. Et bien nous nous trompons nous même. Car c’est un véritable combat que de chercher à vivre véritablement uni au Seigneur, c’est un combat contre nous même, contre notre égoïsme, contre nos opinions qui prennent parfois le pas sur la Foi véritable, contre notre intelligence pervertie par l’époque actuelle, notre intelligence qui désire pourtant retrouver le chemin de la vérité du Christ et de l’Evangile...
Mais en considérant la sainteté comme étant cet effort contre nous même, nous pourrions avoir les jambes coupées, nous pourrions renoncer à tout effort, nous pourrions renoncer avant même d’avoir essayé. Mais ce que nous crie tous les saints du Ciel en ce jour c’est que le plus difficile c’est juste de vivre de Dieu, de s’abandonner entre ses mains, de construire sa vie dans une relation véritable avec le Seigneur. Le plus difficile c’est d’aimer Dieu, d’aimer Dieu véritablement au point que notre Amour pour Lui et son Amour pour nous nous transformera doucement, paisiblement comme seul l’Amour vraie peut le faire. Oh bien sûr les combats seront à mener mais aux côtés du Christ qui mènera l’attaque.
Ainsi en cette belle fête de la Toussaint, recommandons nous tous à l’intercession de tous les saints du Ciel, recommandons nous à leurs prières afin que nous puissions les suivre dans l’exemple qu’ils nous donnent tous et que nous puissions nous mettre véritablement à la suite du Christ afin que nous soyons les saints d’aujourd’hui, de demain et dans l’éternité. Les saints du Ciel nous appellent à les suivre jusque dans l’Eternité alors arrachons-nous à toute médiocrité et visons l’Eternité, visons Dieu qui désire faire des nous ses amis c'est-à-dire qui désire faire nous des saints. Et pour reprendre les mots de notre St Père le Pape François : « Demandons au Seigneur la grâce d’être des personnes simples et humbles, la grâce de savoir pleurer, la grâce d’être doux, la grâce de travailler pour la justice et la paix, et surtout la grâce de nous laisser pardonner par Dieu pour devenir des instruments de Sa miséricorde ».
Amen.

28 Octobre - 30ème DImanche du Temps Ordinaire


« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi », ce cri qui parcourt l’évangile nous pouvons bien sûr le faire nôtre et il devrait d’ailleurs accompagner chaque instants de nos existences. Car, par ce cri jeté au pied du Seigneur, chacun reconnaît cette capacité qu’a Dieu de nous accompagner en chaque moment de notre vie. Par ce cri, l’homme reconnaît que Dieu n’est pas cet observateur impassible des déboires de notre temps et de nos propres déboires mais qu’au contraire, Dieu est celui qui désire rejoindre chaque difficulté, chaque souffrance pour être le soutient si nécessaire, pour être l’auteur du Salut qui permet à la lumière de jaillir au milieu des ténèbres. Par ce cri, l’homme reconnaît la proximité de Dieu, il reconnaît l’Amour de Dieu pour lui. Et surtout ne considérons pas que cette réalité n’est qu’un romantisme suranné, rappelons-nous que c’est bien l’essentiel de la Révélation du Seigneur Jésus en qui Dieu s’est fait proche de chacun de nous. Et, dès lors, nous pourrions, en ce dimanche, nous interroger : quelle est la place que nous donnons au Seigneur en nos vies, en chacune de nos journées ? Est-ce que le Seigneur ne trouve une place réelle que lors de la messe du dimanche ? Ou bien au contraire, est-ce que le Seigneur est véritablement la pierre fondatrice de notre vie, ce compagnon de route que Dieu désire être pour nous tous, cet ami véritable et aimant ?
Voilà bien là, la question essentielle de notre propre vie de Foi, de notre relation au Seigneur. Certains vont reprocher au Seigneur de ne pas agir dans leur vie mais est-ce qu’ils permettent à Dieu d’être présent dans leur existence, est-ce qu’ils permettent à Dieu d’agir en leur vie ? Si Dieu n’a pas sa place dans ma vie, si je ne me confie pas au Seigneur dans mes projets, mes actions, mes élans, si je ne m’en remets pas à la miséricorde divine reconnaissant mes propres limites et faiblesses, dès lors comment Dieu pourrait agir en mon existence ? Et pourtant nombreux sont ceux qui vont reprocher tant de choses au Seigneur qu’ils vont se séparer de sa présence rejetant la Foi comme une niaiserie et s’enfermant dès lors dans une existence sans avenir et sans sens en se coupant de la source de la vie.
L’aveugle de l’Evangile agit différemment. Il est aveugle. Son handicape il ne le reproche pas à Dieu. Il reconnaît, peut-être sans le dire, l’autonomie de la nature imparfaite qui draine en son sillage ses lots de déficiences naturelles ou maladives. L’aveugle n’accuse pas Dieu comme si Dieu avait voulu de sa volonté première qu’il soit aveugle, il n’accuse pas Dieu mais au contraire il se confie à Lui.
Et il y’a un court passage qui pourrait nous échapper mais qui est empli de sens. Jésus s’arrête et appelle l’aveugle qui se jette à ses pieds. Aussi bien vous que moi, à la place du Seigneur Jésus nous aurions tôt fait de rendre immédiatement la vue à cet aveugle sans poser de question car il semble tellement évident que ce que désire un aveugle c’est de retrouver la vue. Mais le Seigneur n’agit pas ainsi, au contraire le Seigneur lui pose la question « que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Pourquoi est-ce que le Seigneur interroge l’évidence ? Et bien tout simplement pour permettre à l’homme d’exprimer sa Foi. Jésus ne guérit pas pour guérir mais Jésus guérit afin d’atteindre l’âme et de permettre à celui qui est guérit d’émerger à la Foi et à l’Eternité. Pour le dire autrement, la guérison miraculeuse, en plus d’être l’expression même de la bonté de Dieu envers ses enfants, est également le signe de sa puissance rédemptrice car la guérison du corps ne sert à rien si l’âme n’est pas conduite sur le chemin de la Foi et du Salut. Et l’aveugle va poser cet acte de Foi, cet acte de reconnaissance de la présence de Dieu, il va reconnaître que le Christ est Maître et Seigneur en l’appelant : « Rabbouni ». Il va reconnaître que le Christ a cette capacité de le sauver, de le sauver de son aveuglement et de le sauver en vue de l’Eternité. Et c’est ainsi que l’aveugle guérit grâce à sa Foi au Christ va se mettre à la suite du Christ.
Ainsi pour nous, réaffirmons de tout notre cœur notre Foi, notre attachement au Seigneur Jésus, confions-nous à Lui à chaque instant, vivons dans sa présence, adressons-nous au Seigneur bien souvent au long de nos journées et portons dans notre prière cette question que le Seigneur pourra nous adresser : « que veux tu que je fasse pour toi ? » et faisons que notre réponse soit simplement l’expression de notre désir d’être tout à Dieu.
Amen.

21 Octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Le Fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » ces quelques mots que prononce le Seigneur Jésus nous devons les recevoir dans tout ce qu’ils signifient car à travers eux, le Seigneur Jésus nous dit pourquoi Il est venu, Il nous dit pourquoi Dieu Lui-même a quitté la gloire du Ciel et s’est fait simple créature en la personne de Jésus, pourquoi Dieu fait homme a enseigné et agi durant ces années de vie publiques, pourquoi Dieu fait homme est allé jusqu’à la mort sur la croix et s’est laissé enfermer dans un tombeau et enfin le Seigneur nous manifeste en quoi sa résurrection marque la réussite de sa mission.
Ainsi oui, « le Fils de l’Homme est venu pour servir » et il est certain que le Seigneur Jésus a servi l’humanité en permettant à l’humanité dont nous sommes de profiter de Sa Révélation, de la Parole de Dieu que le Christ a certes prononcer et qu’Il a également mis en acte. Gardons bien à l’esprit que Dieu n’était pas obligé d’agir ainsi, rien ne peut obliger Dieu à agir si ce n’est Lui-même. Rien n’obligeait le Seigneur à venir jusqu’à nous, rien n’obligeait le Seigneur à nous adresser directement la Parole, à se manifester par les actions et les miracles. Dieu n’était pas obligé. Mais Dieu a agi ainsi pour nous, Dieu s’est mis à notre mesure, Dieu a réduit son mystère pour nous le révéler à travers les simples mots du langage. Et afin que ce don qu’Il nous faisait traverse les siècles, Dieu a fondé l’Eglise dont nous sommes. Cette histoire de la présence et de l’action de Dieu en l’histoire de notre humanité, cette histoire sainte que nous connaissons tous il ne nous faut jamais nous y habituer mais il nous faut au contraire constamment en redécouvrir toute la grandeur, toute la bonté qu’elle laisse transparaître. Cette histoire sainte manifeste si bien la bonté de Dieu à notre encontre qu’il ne nous faut jamais nous y habituer.
Mais par delà toute la bonté et la sollicitude que cette histoire sainte manifeste, le Seigneur Jésus nous donne d’aller plus loin lorsqu’Il nous dit qu’Il est venu pour donner sa vie en rançon. Nous le savons bien, on paye une rançon lors d’une prise d’otage afin de libérer ceux qui sont enfermés. Mais alors quelle est cette rançon que le Christ a dû régler ? Qu’est ce qui nous emprisonne ? Qu’est ce qui contraint notre liberté ? Oh nous le savons bien, seul le péché a ce pouvoir en nous éloignant de Dieu, en nous enchaînant loin de nous-mêmes, en nous emprisonnant dans les ténèbres du mal. Mais en disant cela, rendons-nous bien compte que le péché est si dangereux, si pernicieux, si maléfique qu’il a fallu que Dieu se livre Lui-même au sacrifice de la Passion et de la Croix pour nous en délivrer !
Remarquons que si l’on considère la gravité d’une maladie en fonction de l’importance du remède, remarquons dès lors que le péché est cette lèpre virulente que seul Dieu peut éradiquer. Remarquons que si nous estimons la valeur de quelque chose au prix de son acquisition, remarquons dès lors que le prix de notre salut, de notre délivrance a été un prix d’une valeur infini. Ce prix de la passion et de la croix, d’un côté, nous montre à quel point Dieu a le désir de nous sauver, nous montre la bonté infini que Dieu a à notre encontre ; de l’autre côté il nous montre également tout le pouvoir du péché. Dieu a donné sa vie en rançon pour nous délivrer de la mort et du péché. Dieu s’est livré Lui-même réglant pour nous la dette de nos fautes. Dieu a payé l’addition pour nous et quelle addition ! Ô comme Dieu est bon envers chacun de ses enfants.
Et nous, nous qui vivons après ce temps, nous avons cette grâce de recevoir les enseignements du Seigneur, nous avons cette grâce de profiter de l’enseignement de l’Eglise du Christ, nous avons cette grâce de connaître ce que Dieu a fait pour nous, nous avons cette grâce de savoir le prix infini que Dieu a payé par Sa passion et par Sa croix, nous avons la grâce de vivre en présence du Seigneur victorieux de la mort, nous avons la grâce de vivre soutenu par le Seigneur Lui-même dans les sacrements qu’Il nous a donné, dans la prière qui nous uni à Lui. Oui le Seigneur a donné sa vie en rançon pour nous, pour chacun de nous, alors fuyons tout égarement, fuyons les ténèbres du péché qui ont couté si chers au Seigneur et attachons-nous à Lui, aimons le Seigneur de tout notre cœur car Lui nous a montré et nous montre chaque jour qu’Il a déjà tout fait pour nous, qu’Il a déjà tout fait par amour pour nous.
Le Seigneur a donné sa vie en rançon pour la multitude et nous a libéré des ténèbres, alors marchons avec Lui dès à présent jusque dans la béatitude.
Amen.

14 Octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire


A l’écoute de l’Evangile, nous aurions tôt fait d’en faire une ode contre les riches et les richesses et ainsi, nous aurions tôt fait de ne pas nous considérer comme destinataire des Paroles du Seigneur. Mais bien sûr, cet évangile n’est pas d’abord un pamphlet contre les richesses matérielles mais il est une mise en garde envers tout ce qui nous enchaîne, tout ce qui nous retient et nous cloue au sol.
Cet homme riche de l’Evangile est porté par un désir réel tel que l’exprime sa demande. Il veut savoir comment avoir la vie éternelle en héritage. Voilà bien là une demande emplie de Foi, la demande de quelqu’un qui sait ce qui doit être le plus essentiel, ce qui doit gouverner sa vie à savoir l’Eternité, le Royaume des cieux, la béatitude. Et le Seigneur Jésus le rejoint dans sa demande en reconnaissant sa Foi le Seigneur lui rappelle les commandements : ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas voler, ne pas faire de faux témoignage, ne faire de tort à personne et honorer son père et sa mère. Et en tout ceci, l’homme annonce son observance. Ainsi oui, extérieurement tout semble validé, les actes extérieurs sont en cohérence avec sa Foi et avec sa demande. Et remarquons qu’à cet instant, le regard que le Seigneur pose sur cet homme est un regard d’Amour, Dieu aime cet homme en ce qu’il a construit sa vie dans le respect des commandements et cela doit être pour nous un formidable encouragement. En effet, nous aussi, lorsque nous nous attachons à vivre dans la vertu, à vivre éclairé par l’Evangile en gouvernant nos vies selon les commandements divins, nous aussi, à ce moment Dieu pose sur nous un regard d’Amour. Mais le Seigneur ne se contente pas de ces belles actions, Dieu nous appelle tous à aller plus loin tout comme Dieu le fait avec l’homme de l’Evangile en lui demandant de tout abandonner pour Le suivre. Et c’est à partir de là que l’homme s’en alla tout triste. Nous pourrions là rester focaliser sur la question de la richesse mais comme je vous le disais cela dépasse les biens matériels car à nous aussi, à chacun de nous, quelle que soit notre situation financière, à chacun de nous le Seigneur nous demande de tout abandonner pour le suivre c'est-à-dire que le Seigneur nous demande de Lui donner la première place en nos vies.
Si cet homme s’en va tout triste c’est parce qu’il préfère sa richesse au Seigneur. Et bien pour nous, quelle est notre richesse qui nous retient ? Quelle est cette richesse qui n’est pas forcément d’or et d’argent mais qui peut même se trouver dans un attachement désordonné, dans des activités qui placent le Seigneur au second plan. Qu’est ce qui nous retient de vivre dans la radicalité de l’Evangile ? Et faisons attention, car bien souvent ce ne sont pas nos états de vie, nos situations qui vont être des freins à notre attachement au Seigneur mais c’est notre manière de vivre tout cela.
Il y’a une manière de travailler en compagnie du Seigneur que l’on soit employé de banque, policier ou plombier. Il y’a une manière d’habiter la solitude du veuvage ou du célibat par la présence du Christ. Il y’a une manière d’être en toute circonstance accompagné du Christ et embrasé de la Foi. Où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous sommes tous appelés à suivre le Christ et ce ne sont pas là que des mots mais cela doit remettre en question bon nombre de nos attitudes car le chrétien doit transpirer la joie du Christ, doit vivre la compassion dans l’attention aux autres et aux plus faibles, doit être embrasé de charité en chaque instant, doit être un disciple de paix et de réconciliation et ça que nous soyons au boulot, à la maison, en train de faire nos courses ou que sais-je encore… est-ce que nous méritons le beau nom de chrétien à chaque instant ? Non me direz-vous avec une humilité vraie mais nous savons que nous sommes appelé à grandir et à progresser, nous savons que nous sommes appelés à être modelé par le Christ qui nous façonnera dans l’ordre de la grâce et de la vertu. Alors oui posons des actes de Foi mais surtout vivons en présence du Seigneur en étant fondé par ces temps quotidiens de prières qui nous remette face au Seigneur et nous rend disponible à être modelé par Lui, vivons en présence du Seigneur chaque moment, chaque instant et si nous nous égarons et bien tâchons de réparer nos manquements et courons à la source de la miséricorde divine qui est contenue dans la confession et l’eucharistie.
Ne faisons pas l’erreur de l’homme de l’évangile qui considère que ce chemin de sainteté n’est pas pour lui et qui dès lors s’enferme dans une tristesse jusqu’à son dernier souffle. La sainteté elle est pour chacun de nous alors mettons nous résolument à la suite du Christ, changeons en nos vies ce qui doit l’être, appuyons-nous sur la prière, sur la grâce et la miséricorde et vivons chaque moment comme des témoins du Christ car c’est là que se trouve notre joie et cette joie là, personne ne pourra nous l’enlever !
Amen.

mardi 2 octobre 2018

30 Septembre - 26ème Dimanche du Temps Ordinaire


« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous », cette Parole du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce dimanche pourrait nous apparaître simplement comme une lapalissade mais cette Parole est bien plus signifiante que cela. En effet, celui qui n’est pas contre l’annonce de la Parole de Dieu et donc celui qui ne lutte pas à sa diffusion dès lors il participe par son indifférence à l’engendrement du Royaume de Dieu. Il est certain que cette position n’est pas des plus heureuses car l’indifférence par rapport au Christ peut-être qualifiée d’indifférence par rapport au Royaume de Dieu, par rapport au Salut, par rapport à la Foi. Mais cette indifférence ne concerne que la personne elle-même et elle ne contraint pas les autres à rejeter la Foi ou à la suivre sur son chemin d’indifférence. Ainsi oui, encore aujourd’hui, celui qui n’est pas contre nous, contre le Christ, contre l’Eglise, contre la Foi, permet, par son indifférence même, la propagation du Christ, de l’Eglise et de la Foi. Et peut-être qu’en entendant la Parole du Seigneur nous pensons à quelqu’un dans notre entourage, quelqu’un qui peut être qualifié d’indifférent et bien tout en priant pour la conversion de cette personne il nous faut toutefois poser sur elle un regard positif car l’indifférence est un moindre mal par rapport au rejet. Et je dirai même que cette indifférence doit nous pousser à avoir du zèle dans l’annonce de la Bonne Nouvelle, à avoir du zèle dans notre propre témoignage chrétien, à avoir du zèle dans la mission. Gardons bien à l’esprit que c’est à nous, à chacun de nous que le Seigneur a confié l’annonce du Salut, à nous, à notre voisin aussi mais à nous, à chacun de nous.
Et dans cet ordre du témoignage il est certain que le scandale public est un frein notable dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. Ce scandale qui conduit à être perçu comme mensonger car comment prôner la Foi sans la vivre et même au contraire, en portant un contre témoignage tel que ce que l’on peut qualifier de scandale. Alors bien sûr, nous pouvons penser aux scandales des tabloïdes mais ne nous exonérons pas non plus trop vite car nous avons, nous aussi, la capacité de produire par nous même des contre témoignages et nous pouvons songer à cette liste que dresse St Paul : « Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, […] ainsi que toute espèce de méchanceté », et oui, notre témoignage doit aller jusqu’au rejet de tout cela…
Et le Christ va même plus loin car Il nous dit : « si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ». En prenant cette Parole du Seigneur au pied de la lettre nous serions tous manchots, estropiés et borgnes et il est certain que ce n’est pas ce que désire le Seigneur. Mais le Seigneur nous rappelle par ces images fortes ce qui doit être le plus essentiel dans nos vies à savoir la quête du Royaume des cieux, notre Eternité, notre union à Dieu. Le reste est important tout en étant second comme l’on comprit les martyrs qui ont préférés la mort au reniement de la Foi. Et dans cette perspective, nous pourrions nous interroger en considérant le temps que nous passons à nous occuper de notre corps, de notre bien être et en le comparant avec le temps que nous passons à nous occuper de nos âmes, à nous occuper de Dieu. Attention je ne dis pas que nous ne devons pas nous occuper de notre corps car le corps demeure le véhicule de l’âme mais nous sommes appelé à vivre l’adage : anima sana in corpore sano c'est-à-dire une âme saine dans un corps sain et pour ce faire, le Seigneur doit pouvoir prendre la première place en nos vies même dans nos agendas !
Alors en ce dimanche, demandons au Seigneur de nous aider à devenir ses témoins fidèles, que nous puissions vaincre en nos vies tout ce qui nous éloigne de Lui afin, qu’à l’image du Bienheureux abbé Fouque nous puissions vivre pour le Seigneur et ce en chaque instant de nos vies, Dieu premier servi, telle doit être notre devise.
Amen