Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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mercredi 13 décembre 2017

26 Novembre - Solennité du Christ Roi

En arrivant à la fin de l’année liturgique, la Ste Eglise notre Mère nous invite à considérer plus particulièrement l’Eternité. Cette Eternité qui sera établie sous le règne du Christ dont nous honorons aujourd’hui la royauté. Cette royauté du Christ qu’il nous faut bien saisir car le fondement de la royauté du Seigneur Jésus ce n’est pas d’abord l’exercice d’une autorité mais c’est bien l’établissement de l’Amour qu’est Dieu et ce, dans sa plénitude. Et aujourd’hui en reconnaissant et en honorant le Christ Roi de l’univers nous appelons de nos vœux que ce règne s’établisse comme nous le faisons à chaque prière du Notre Père : « que ton règne arrive » ; nous appelons donc que ce règne s’établisse et surtout nous adhérons à l’établissement du règne de Dieu pour chacune de nos vies, chacune de nos âmes. Oui nous désirons que le Christ règne sur nous, sur nos âmes mais ce désir n’appartient pas uniquement à une option fondamentale qui ne serait qu’intellectuelle, ce désir n’appartient pas uniquement à un ordre spirituel qui serait déconnecté de la réalité et de notre quotidien, ce désir il doit s’inscrire dans la réalité de l’action présente et c’est d’ailleurs notre action présente qui porte ce désir jusque dans l’Eternité.
C’est bien ce que le Christ nous rappelle par la parabole de l’Evangile de ce dimanche. En effet, qu’est ce qui va distinguer les boucs des chèvres, qu’est ce qui va distinguer les âmes disposées à recevoir l’éternité bienheureuse en héritage et les âmes qui s’en sont exclues ? Le Christ nous le dit : c’est la charité. Au soir de notre vie c’est sur l’Amour que nous serons jugés. C’est sur la charité, c’est sur l’amour que nous seront tous jugés.
L’Amour, la charité, elle revêt bien des visages et permettez-moi pour l’expliciter de reprendre un passage de cette merveilleuse encyclique « Deus caritas est » du Pape émérite Benoît XVI qui écrivait : « L’amour du prochain […] consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention […]. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain ».
Ainsi oui, nous serons jugés sur la charité effective que nous aurons eu envers le prochain mais cette charité s’enracine dans la Charité même de Dieu qui rejoint tous et chacun. Nous sommes appelés à devenir des disciples de la Charité divine œuvrant pour le bien du prochain, ce bien qui repose certes parfois sur des besoins matériels mais qui repose toujours sur des besoins spirituels. Être disciple de la Charité divine c’est donc toujours être missionnaire dans les faits en pourvoyant aux besoins primaires de la personne mais aussi et peut-être surtout dans le témoignage de Foi qui adresse aux prochains la Parole d’Amour de Dieu.
Dès lors oui nous pouvons tous nous interroger pour savoir si nous aimons véritablement en nos vies ? Et nous répondrons tous que oui nous aimons mais avec un peu d’humilité et un brin de réalisme entendrons pour nous même cette Parole du Seigneur : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? […] Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quelle récompense méritez-vous ? ». Aimer ceux qui nous aiment, voilà bien la facilité dans laquelle bien souvent nous tombons et qui nous éloigne de la charité divine qui au contraire doit s’exprimer d’une toute autre manière comme le Christ nous le dit : « aimez vos ennemis ». Voilà La Charité, voilà le véritable amour du prochain auquel nous sommes appelés et sur lequel nous serons jugés.
Cela peut paraître terrifiant car nous savons bien combien il est difficile d’aimer nos ennemis, combien il est difficile d’aimer ceux qui nous ont fait du tort. Et c’est vrai, dans l’ordre humain cela a de quoi être terrifiant mais nous ne sommes pas de cet ordre humain car c’est en Dieu que nous puisons nos forces, c’est Dieu Lui-même que nous désirons imiter soutenu par sa grâce. Dieu, Lui qui s’est offert pour nous, pauvres pécheurs. Dieu, Lui qui s’est offert pour tous et pour chacun.
Alors ne considérons pas nos pauvres forces, nos pauvres volontés mais revêtons-nous de la grâce du Christ en nous tournant d’abord vers Dieu dans la fidélité de la prière car c’est ainsi que le Christ règnera sur chacune de nos âmes. Et en ce dimanche, posons un acte de charité, prenons quelques instants, maintenant, tout de suite, pour confier au Seigneur ceux qui nous ont fait du mal, ceux qui nous ont fait du tort, demandons au Seigneur de les visiter et de les combler de sa grâce et de sa miséricorde et demandons au Seigneur la force de pouvoir pardonner nous-mêmes tout comme le Christ Lui-même nous pardonne.

Amen.

19 Novembre - 33ème Dimanche du Temps Ordinaire

Cette parabole que nous livre le Seigneur dans l’Evangile que nous venons d’entendre nous offre une formidable lecture pour l’existence en général et pour notre propre existence en particulier. En effet chaque personne et nous également nous avons débuté dans l’existence porteurs de certains talents, c'est-à-dire porteurs de certaine capacités. Ces capacités elles peuvent nous être naturelles et il est bien vrai, même dans cet ordre naturel, que nous n’avons pas tous les mêmes capacités, et rappelons-nous ici que si nous sommes tous égaux en dignité nous ne le sommes nullement en termes de capacité. Ainsi, nous avons tous reçu et ce naturellement un certain nombre de capacités ; ces capacités naturelles viennent s’ajouter à d’autres capacités qui nous ont été transmises par notre éducation, par le milieu dans lequel nous avons grandi, dans lequel nous avons évolué. Et là encore, remarquons bien que nous ne sommes pas égaux non plus en cet ordre mais que bon nombre de disparité demeurent. Ainsi l’ensemble de ces capacités qui sont nôtres, qu’elles soient innées c'est-à-dire naturelles, ou qu’elles soient acquises c'est-à-dire fruit de notre propre milieu et de notre propre chemin, ces capacités que nous avons, elles peuvent demeurer inutiles si nous ne les utilisons pas tout au long de l’existence. Mais inversement, ces capacités peuvent croître lorsqu’elles sont assumées.
Prenons un exemple extrême, pensons à Mozart. Mozart avait une capacité hors normes dans le domaine de la musique, cette capacité naturelle a été favorisée par le milieu dans lequel il a grandi et qui l’a porté à devenir le plus grand compositeur de tous les temps. Mais si Mozart n’avait pas écrit toutes ces œuvres et bien son talent serait demeuré silencieux, inutile ; et nous n’aurions pas aujourd’hui la joie d’écouter ces œuvres, ces pièces qui ont suscité tant et tant de musiciens, tant et tant de talents jusqu’à nos jours.
Nous le voyons bien, dans l’ordre de l’humanité, cela se vérifie, le talent exploité conduit à un certains degrés de plénitude pour celui qui l’exploite et rejaillit également sur ceux qui le côtoient. Cela est vrai dans l’ordre naturel mais cela est également vrai dans l’ordre spirituel. En effet, tous, le jour de notre baptême nous avons reçu le don de la Foi, nous avons reçu, en nous, Dieu Lui-même. Cette présence divine est venue comme féconder nos capacités naturelles en leur donnant une dimension surnaturelle. Et dès lors, nos capacités naturelles ont reçu une nouvelle mission celle de soutenir et d’accompagner notre chemin de Foi, notre chemin de vie chrétienne, notre chemin de sainteté.
Pour reprendre l’exemple de Mozart, ses capacités exceptionnelles ont été mises à profit pour la Foi et pour la gloire de Dieu car un des chefs d’œuvres les plus reconnus étant bien la messe de requiem qu’il composa.
Ainsi, ne nous y trompons pas, nos grandeurs humaines ne sont pas en concurrences avec notre Foi, avec notre vie spirituelle car notre Foi ne nous créé pas schizophrène mais au contraire, nos grandeurs humaines sont appelées à coopérer à la vie de Foi, nos grandeurs humaines sont appelées à servir Dieu, à servir la présence de Dieu en notre monde.
Vous me direz que nous ne sommes pas tous des Mozart en ce sens où nous n’avons pas tous des capacités hors du commun et bien, le Seigneur le sait et ce que le Seigneur nous demande ce n’est pas de construire des châteaux en Espagne mais ce que le Seigneur nous demande c’est d’agir et d’œuvrer à notre niveau. C’est bien ce que le Christ nous enseigne : « tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ». Œuvrer déjà à notre niveau, dans cette existence qui est la nôtre, dans les rencontres qui la composent, voilà ce que le Seigneur attend de nous. Œuvrer à notre niveau dans cette grande œuvre qu’est la vie paroissiale, voilà ce que le Seigneur attend de nous. Pensons dans le même sens à ce que disait Ste Thérèse de l’Enfant Jésus : « ramasser une épingle avec amour convertit des âmes ». Ramasser une épingle, n’y a-t-il pas geste plus insignifiant dans l’ordre naturel mais le faire avec amour produit des fruits surnaturels infinis.
Ainsi il nous faut agir et œuvrer comme disciples du Christ à notre mesure. Penser que nous n’avons pas la capacité d’agir tels les saints que nous vénérons et dés lors demeurer immobile et statique serait bien la plus grande erreur que nous pourrions faire ici-bas. Car même si nos capacités nous semblent parfois insignifiantes gardons toujours à l’esprit que le Seigneur compte sur nous, Dieu compte sur nous ! Alors ne nous enfouissons pas mais au contraire, agissons, œuvrons, témoignons. Dieu compte sur nous et Dieu nous connaît mieux que nous même, Dieu connaît nos capacités mieux que nous même, et tout comme il suffit d’une pichenette pour démarrer la plus complexe chute de dominos, de même, nos actions, aussi infimes soient-elles, Dieu peut leur faire produire des fruits de grâces incommensurables. Alors surtout, œuvrons, œuvrons pour la plus grande gloire de Dieu car soyons en assuré, Dieu compte sur chacun de nous et nous avons tous une partition à jouer dans cette belle œuvre de Dieu.

Amen.

dimanche 19 novembre 2017

12 Novembre - 32ème Dimanche du Temps Ordinaire

« La cigale et la fourmis » voilà comment La Fontaine a traduit en un conte pour enfant la réalité de la parabole de ce dimanche. La finale de ce conte que nous connaissons tous donne en substance ceci : « La Cigale, ayant chanté tout l'Été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. [..] Elle alla crier famine chez la Fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelque grain pour subsister […] « Que faisiez-vous au temps chaud ? dit [la fourmi] à cette emprunteuse. « Nuit et jour à tout venant je chantais, ne vous déplaise ». « Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant ». Tout comme pour la parabole, l’insouciance n’est pas récompensée et bien au contraire, elle est renvoyée à sa propre inconsistance.
Ainsi, le Seigneur Lui-même nous averti contre cette insouciance qui peut saisir et qualifier une vie qui n’attend qu’une chose : que le temps passe et qui ne se préoccupe que de profiter de l’instant, vivant dans un carpe diem qui ne voit pas plus loin que le jour. Et quand la vie arrive à son terme, un regard en arrière suffit pour constater la simple inconsistance de cette existence vécue dans une insouciance volontaire. A ce sujet, c’est bien à notre vie spirituelle qu’il nous faut appliquer cet avertissement du Seigneur. En effet, dans l’ordre matériel nous ne sommes pas pour la plupart parmi ces insouciants, nous prévoyons et si telle dépense nous prend de court et bien c’est au régime de pâte que nous aurons droit. Mais dans l’ordre spirituel, force est de constater que d’une manière habituelle, l’insouciance est plutôt de mise, la nécessité de la messe du dimanche est bien facilement écarté pour tout autre projet, la confession est elle-même repoussée au mieux jusqu’à Noël si ce n’est jusqu’à Pâques sans parfois préciser l’année, la prière quotidienne est, elle aussi, bien souvent remise à cet éternel demain. Oh bien sûr, me direz-vous, nous avons bien des excuses et il est certain que nous sommes bien souvent passé maître dans cette capacité à nous trouver des excuses qui même si elles sont bien souvent bancales nous suffisent à garder un semblant de bonne conscience.
Et bien chers amis, en ce dimanche, il nous faut rejeter cette insouciance spirituelle, ne soyons pas des cigales de l’existence mais soyons de ces fourmis qui font de cette vie le tremplin de l’Eternité. La cigale spirituelle à la fin de sa vie se trouvera bien dépourvue et face à l’infini Amour de Dieu elle ne pourra que présenter ses regrets de n’avoir pas pris sa vie au sérieux. La fourmi spirituelle à la fin de sa vie se trouvera également bien dépourvue mais face à l’Amour divin elle pourra tout de même compter sur toutes les œuvres de Salut qu’elle aura accompli, œuvres qui la porteront au plus prés du Seigneur.
Ainsi, évacuons de nos vies cette insouciance spirituelle, reprenons conscience que notre vie d’ici bas est le prélude à notre Eternité, reprenons conscience que nous pouvons aimer Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser aimer par Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser combler de toutes les grâces que le bon Dieu nous destine si nous  nous disposons à les recevoir.
Notre salut, notre Eternité se construit dès maintenant alors prenons au sérieux la Parole du Seigneur qui nous redis avec force : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Alors veillons, gardons nos âmes auprès du bon Dieu afin que si notre vie devait s’arrêter en cet instant nous ayons simplement la joie de retrouver le Seigneur que nous aurons aimé et servi au long de notre vie.
Amen.


samedi 11 novembre 2017

5 Novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », voilà transcrit dans ce que l’on pourrait nommer comme un proverbe commun, voilà transcrit l’enseignement du Seigneur Jésus dans l’Evangile de ce Dimanche. Et, à ce sujet, il est toujours appréciable de noter que certains enseignements évangéliques, certaines paroles du Christ sont passés dans le langage courant.
« Ils disent et ne font pas », « Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », par delà les mots, c’est bien une réalité sur laquelle il nous faut être attentif car c’est bien souvent ce que l’on reproche aux chrétiens. En effet, les chrétiens vont à la messe, manifestant leur attachement au Seigneur et aux valeurs évangéliques et pourtant, et pourtant certains vont reprocher à certains chrétiens de ne pas être de meilleurs personnes que les autres, de ne pas être porteur de la joie évangélique, de poser des actes qui vont bien à l’encontre du Christ et de l’Evangile. Et il nous faut reconnaître avec un brin d’humilité que c’est bien vrai et même pour nous même, tout du moins pour ceux qui parmi nous ne sont pas encore saints…
Et oui, il est vrai que les chrétiens ne sont pas parfaits. Mais cette constatation ne devrait pas nous désarçonner car le premier élan de la vie chrétienne n’est pas porté par une perfection morale, le premier élan de la vie chrétienne est porté par la rencontre avec le Christ ressuscité, rencontre qui change notre vie tout en nous rejoignant dans nos faiblesses et nos difficultés. Si pour être chrétien il fallait être parfait, et bien nous pourrions refermer nos missels et partir nous terrer chez nous. Ce qui nous fait chrétien c’est donc la rencontre avec le Christ ressuscité et il est certain que cette rencontre nous conduit à rechercher sans cesse notre propre conversion en nous laissant transformer par l’amour de Dieu.
Tout cela pour dire qu’il nous faut dénoncer deux erreurs. La première est celle portée par la Parole même du Seigneur Jésus « Ils disent et ne font pas » en ce sens où nous ne sommes pas les annonciateurs d’une morale, d’une éthique nous sommes les annonciateurs de la Foi en Jésus Christ et donc lorsque nous disons, lorsque nous parlons ce doit être d’abord pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et si cela nous amène à dénoncer une pratique dans l’ordre moral, il nous faut toujours le faire avec une charité immense, avec une charité qui est portée par la volonté de condamner le péché sans jamais condamner le pécheur. Car notre parole ne doit pas être d’abord une parole de condamnation de l’autre comme si nous lui étions supérieurs, mais notre parole doit toujours être un appel à la conversion et cela dans la reconnaissance que nous sommes nous même aux prises avec notre propre conversion.
La deuxième erreur est celle de la vision habituelle du monde sur la réalité chrétienne. Bien souvent le monde ne voit dans l’Eglise qu’un opposant réactionnaire condamnant et fustigeant à tout va, l’Eglise n’est bien souvent vue que comme gardienne d’une morale alors que l’Eglise est d’abord porteuse de la mission de l’annonce de la Foi. Oh bien sûr il ne s’agit absolument pas d’opposer foi et moral mais de considérer le principe de la réalité ecclésiale qui est bien la Foi. Dans cette vision erronée du monde, si l’Eglise est considérée comme gardienne d’une morale il est certain que tout écart du peuple chrétien est perçu comme un élément décrédibilisant l’ensemble de l’Eglise mais surtout, si l’Eglise est vue uniquement comme gardienne d’une morale tout ceux qui sont éloignés de cette morale se considèrent éloignés du message de l’Eglise et donc du Christ Lui-même et cet éloignement constaté peut conduire jusqu’à la lutte contre l’Eglise, contre l’illusion de ce dogme moral condamnant.
Ces deux erreurs, il nous faut bien les garder à l’esprit afin de parfois changer notre rapport avec le monde afin que notre parole ne soit pas d’abord une parole de morale mais qu’elle soit toujours une parole de Foi et d’annonce du Christ ressuscité Lui qui est venu non pas pour les bien portants mais pour les malades, Lui qui est venu non pas pour les justes mais bien pour les pécheurs. Et il est certain que si le peuple chrétien redevient d’abord cet annonciateur de la Bonne Nouvelle et bien peu à peu la considération du monde changera et verra peu à peu en l’Eglise non pas une structure moralisante condamnante mais bien plutôt cet hôpital de campagne qui désire rejoindre tous et chacun afin de leurs permettre cette rencontre unique du Christ ressuscité qui changera leurs vies et les fera peu à peu grandir sur le chemin de la vie chrétienne.
Alors en un mot soyons chrétien, véritablement chrétiens, travaillant à notre propre conversion avec humilité et cherchant à imiter le Seigneur Jésus dans toutes nos rencontres. Que le Christ soit notre vie, notre appui et l’unique objet de nos proclamations.

Amen.

2 Novembre - Commémoraison des Fidèles Défunts

Hier, nous honorions dans la joie la foule immense de tous les saints du Ciel et, pour beaucoup, à cette occasion, nous avons honoré nos défunts hier, allant sur leurs tombes déposer quelques fleurs et prier pour eux face à ces stèles de marbre. Et pourtant c’est aujourd’hui que nous sommes invités à prier pour nos défunts, à prier pour les défunts. Et certains pourraient se dire que c’est aujourd’hui et non hier qu’il fallait se rendre sur la tombe de nos défunts comme si nous avions fêté un anniversaire avec un jour d’avance. Et bien pour ma part, j’ai toujours pensé que si les défunts étaient honorés le jour de la Toussaint c’est porté par la belle espérance que nos défunts se trouvent déjà unis à la foule immense de tous les saints du ciel et qu’ils ne sont pas enfermés dans les ténèbres de la mort. Nous voulons que nos défunts soient en Paradis et nous manifestons notre désir en les honorant avec tous les saints du ciel. Oh bien sûr, nous savons que nos défunts n’étaient pas parfaits mais nous comptons sur la miséricorde divine, nous comptons sur Dieu Lui-même, sur son Amour et sur sa grâce.
Et bien voilà comme mise en œuvre l’espérance chrétienne, cette espérance qui s’enracine dans l’enseignement du Seigneur Jésus, qui s’enracine dans la résurrection du Christ et qui nous fait poser sur la mort elle-même un regard différent. Car oui nous le savons et nous en avons fait l’expérience ayant tous connus le décès d’un prochain, nous savons que la mort demeure ce drame irrémédiable qui enserre dans le froid et les ténèbres les corps de ceux qui l’ont croisée. La mort terrifiante car soudaine, s’imposant à tous des plus jeunes aux plus vieux, la mort qui tel le couperet d’une guillotine semble mettre un point final à l’existence humaine. Tout cela c’est l’expérience qui nous l’apprend et cette expérience purement humaine n’est portée que par la douleur et par les larmes et elle nous rappelle à tous que notre quotidien peut s’arrêter d’un claquement de doigt, d’un claquement de mort, elle nous rappelle la vacuité de l’existence et en définitive cette expérience nous porterait à la désespérance, elle nous porterait à la désespérance si Dieu Lui-même n’avait pas soulever ce voile de la mort et s’Il ne nous avait pas révéler cet après qui nous attend, cet après qui donne sens et poids à notre vie d’ici-bas.
Grâce à Dieu nous savons que la mort a été vaincue, vaincue non dans cet étape de l’existence qui demeure le lot de tout être humain, la mort a été vaincue car elle n’est plus qu’une étape, une porte qui s’ouvre vers l’éternité. La mort est cette étape décisive, implacable mais une étape seulement. Et dans cet instant de la mort, le jugement s’établira : l’enfer, le purgatoire ou le paradis. L’enfer, état terrifiante et perpétuel de l’âme qui s’est séparé de Dieu s’en privant pour l’Eternité, état de souffrance car état de l’absence de Dieu. L’enfer n’est pas une fable pour faire peur aux enfants, mais bien cette réalité, cette géhenne de feu qui rend brûlant l’absence de Dieu. Rappelons-nous que « Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin » (CEC 1037). Contraire absolu de l’enfer : le Paradis, cet état de l’âme qui demeure uni à Dieu dans l’Eternité, plongée dans l’Amour divin l’âme est établie dans une plénitude de bonheur et de joie. Vous le savez, pour parler du Paradis, il nous faut simplement nous rappeler ces instants de bonheur que nous avons pu vivre ici-bas, ces instants de bonheur qui nous ont fait exprimer le désir que cela ne s’arrête jamais, ce bonheur plein et entier, ce bonheur comblant, voilà le Paradis mais à la hauteur du degrés de puissance de l’Amour divin. L’enfer et le paradis sont des états éternels contrairement au purgatoire qui est un état passager. Le purgatoire, la sainte Eglise notre mère nous enseigne que : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel ». Le purgatoire est donc cet état de purification de l’âme qui s’apprête à entrer en Paradis. Antichambre du Paradis, le purgatoire est un lieu de souffrance en ce double sens de l’impatience de l’âme qui désire être uni à Dieu et dans un même temps du regret, de la contrition ardente pour ses imperfections. Et bien si en ce jour nous prions pour nos défunts, nous prions pour ceux qui ne sont pas encore entré dans la gloire du Paradis, pour ceux qui demeurent en purgatoire. St Jean Chrysostome y invitait d’une manière ardente : « Portons-leur secours et faisons leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (cf. Jb 1, 5), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux ». Oui, en ce soir, n’hésitons pas à prier pour nos défunts afin qu’ils soient établis dans la béatitude éternelle, prions pour eux en ce soir et ne les oublions pas au long de l’année. Et nous le savons, la plus grande et belle prière est celle que le Christ a offert Lui-même dans le sacrifice de la Croix, cette belle et unique prière du Christ, l’Eglise l’offre à chaque eucharistie, à chaque messe et c’est bien en ce sens que lorsque nous offrons une messe pour nos défunts, nous unissons notre prière à l’unique prière du Christ par son Eglise. Offrir une messe pour un défunt c’est bien le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire, tout comme nous avions pour eux de nombreuses attentions de leurs vivants, portés par l’espérance et la miséricorde divine, nous présentons à Dieu par la victoire du Christ ressuscité nos défunts en leur appliquant d’une manière particulière les mérites du sacrifice du Christ.
Alors oui en ce soir, prions avec ardeur pour chacun de nos défunts, prenons quelques instants pour les nommer intérieurement, pour les confier au Seigneur en cette eucharistie, en ce soir, et tout au long de notre vie.

Amen.

1er Novembre - Solennité de la Toussaint

En ce jour, solennellement, nous honorons tous les saints du ciel, nous honorons ces saints connus tels ceux qui ornent notre église de Ste Anne au St Curé d’Ars en passant par Ste Thérèse ou encore St Antoine, ces saints nous les connaissons et nous les honorons en nous confiant bien souvent à leurs intercessions, en nous laissant guider par leurs vies à eux, par leurs expériences de Dieu, par leurs paroles, leurs exemples. Et il est certain que bien souvent, en considérant ces grandes et belles figures de sainteté nous nous considérons éloignés d’eux dans le quotidien de nos vies, éloignés de leur foi ardente, de leurs actions toutes empreintes de Dieu. Et il y’a un risque à cela, c’est de nous considérer quelque part comme étant incapable nous même de suivre leur chemin, de parcourir à leur suite le chemin de la sainteté. Et bien la fête de ce jour est faite pour nous. Car si nous honorons tous les saints que nous connaissons, en ce jour nous honorons également tous les saints inconnus, ces saints inconnus qui n’ont peut être pas accomplis de grandes choses aux yeux des hommes, ces saints qui sont passés inaperçus à nos yeux mais pas aux yeux de Dieu.
Et aujourd’hui nous sommes invités à changer notre propre regard sur la sainteté car la sainteté ne s’enracine pas d’abord dans des actions merveilleuses ou fructueuses, elle ne se manifeste pas d’abord dans des actions éclatantes ou dans des fondations d’ordres religieux, la sainteté ne s’enracine pas dans le faire mais la sainteté s’enracine dans l’être et dans l’être avec Dieu, dans l’être pour Dieu. La sainteté n’est pas relative à telle ou telle personne et pour nous en rendre compte il suffit de percevoir combien les saints sont différents les uns des autres. Ste Thérèse disait à ce sujet : « Dieu a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux Lys et aux roses, mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’il les abaisse à ses pieds, la perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu’il veut que nous soyons ». Ainsi, la sainteté n’est pas relative à tel ou tel, la sainteté elle est uniquement à Dieu qui désire nous élever jusqu’à Lui en nous comblant de Sa propre perfection.
Dès lors, ce qui fait les saints ce n’est pas une particularité personnelle mais c’est Dieu, c’est bien Dieu qui fait les saints. Ainsi avant que de considérer les œuvres des saints, il nous faut toujours nous attacher à cette relation qu’ils ont tissés au long de leurs vies avec Dieu, relation avec Dieu qui les a transformé peu à peu, qui les a modelé jusqu’à faire d’eux ces saints que nous les connaissions ou pas. Et dès lors, un saint c’est simplement celui ou celle qui a porté en plénitude cette relation que nous avons tous avec Dieu, cette relation qui s’enracine dans notre baptême. Car nous sommes tous nés saints le jour de notre baptême. Et c’est peut-être cela qui peut nous paraître comme étant quelque peu terrifiant ou tout du moins dérangeant, nous avons tous reçu Dieu, nous partons tous de la même base dont Dieu nous a doté par grâce mais nous ne vivons pas tous de ce don qui nous est fait, nous ne vivons pas tous en prenant véritablement au sérieux la présence de Dieu, notre vocation.
Rappelons nous ce que disait Ste Mère Teresa : la différence entre un saint et celui qui ne l’est pas c’est simplement je veux ou je ne veux pas. Est-ce que je veux vivre de ce don que Dieu fait de Lui-même en chaque instant, en chaque moment ou bien est-ce que je veux vivre selon mes opinions, mes passions, ma volonté propre. Oh nous le savons bien, nous sommes bien souvent partagé entre ces deux orientations de nos vies : orientation pour Dieu, orientation pour nous même et bien les saints eux ne sont pas partagés, ils sont unifiés et unifiés en Dieu.
Ainsi lorsque nous considérons les saints du ciel ne nous disons jamais que nous ne pouvons pas être saint car la puissance de Dieu peut tout mais elle peut tout si nous nous offrons nous même en victime de sa grâce ; lorsque nous considérons les saints du ciel ne nous disons jamais que nous ne pouvons pas mais admettons que bien souvent nous ne voulons pas, admettons que bien souvent nous demeurons dans cette abjecte tiédeur qui dans un sens vit de l’amour divin mais qui demeure dans un même temps attaché à tant d’amours humains… Mais on ne peut pas être saint à demi, on ne peut pas être saint à moitié…
Et en ce jour solennelle se déploie sous les yeux de nos âmes cette foule innombrable des saints du ciel, cette foule immense qui nous invite à vivre ce chemin unique de l’union à Dieu, de l’unification de nos vies sous le regard divin. Cette foule immense nous invite à reconnaître que nous pouvons tous, je dis bien tous, elle nous invite à reconnaître que nous pouvons tous être saint, et cela simplement en appliquant toute notre volonté, tout notre désir à vivre de Dieu, à vivre en Dieu, à vivre pour Dieu, simplement en aimant Dieu non dans une demi mesure mais pleinement, en aimant Dieu comme Dieu nous aime, voilà bien là la véritable sainteté, voilà bien là notre véritable vocation.
Amen


29 Octobre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire

Tout au long de notre vie nous nous posons intérieurement la question de savoir comment bien agir, quelle est la meilleure décision, le meilleur choix, la meilleure orientation. Ce questionnement habituel est pour chacun de nous enraciner dans la recherche de la volonté de Dieu et cela dans la certitude que la volonté de Dieu correspond au meilleur chemin que nous pouvons parcourir, correspond à la croissance de la plénitude de notre être et de notre sainteté. Ainsi, pour nous, nous nous demandons toujours quelle est la volonté de Dieu pour ce choix, cette décision et parfois la volonté de Dieu peut nous sembler obscure et bien aujourd’hui, en ce dimanche, le Christ nous donne le fondement de cette volonté de Dieu et par là nous donne une clef pour résoudre tous ces questionnements existentiels. En effet, le Christ nous dit bien aujourd’hui que ce qui doit gouverner notre vie c'est-à-dire ce qui doit commander notre existence tel un capitaine commande son navire ce sont ces deux harmoniques :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
Et en cela, remarquons que le Seigneur ne nous laisse pas des interdits, le Seigneur ne nous dit pas ce qui nous interdit dans une logique de morale d’obligation, le Seigneur nous dit quel doit être l’élan de notre existence et cet élan, cette dynamique vitale est celle de l’Amour, l’Amour de Dieu et du prochain. Ainsi c’est porté par cette recherche de l’Amour de Dieu et du prochain que doit se déployer notre existence, que doivent se fonder nos choix, nos orientations. Et ne pensons pas trop vite que cela nous laisserait dans une certaine abstraction car l’Amour de Dieu et du prochain voilà bien là des choses concrètes qui vont bien à l’encontre de l’élan porté par notre temps qui ne cherche que l’amour de soi-même dans un égocentrisme effréné, qui ne désire que le bien-être pour soi.
Ainsi, le Christ nous invite à suivre une autre voie que celle de notre temps et cette voie est portée d’abord par notre amour de Dieu, par cet Amour de Dieu qui nous fera Le rechercher en chaque instant, en chaque moment et qui nous fera également poser sur chaque personne le même regard que le bon Dieu Lui-même, qui nous conduira à l’amour du prochain et de tous nos prochains. Gardons bien à l’esprit que notre amour du prochain découle de notre amour de Dieu ; l’Amour de Dieu est source de la véritable charité. Dès lors, l’unique questionnement qui doit habiter notre existence est bien celle de savoir comment aimer le bon Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et bien la seule réponse à cette question réside dans l’Amour même qu’est Dieu car c’est l’Amour qui provoque l’amour, c’est l’Amour de Dieu à notre encontre qui provoque et suscite notre amour de Dieu. Dieu nous aime, nous le savons mais en quoi cet amour de Dieu s’est manifesté et se manifeste encore ?
Il est certain que l’ensemble de la vie du Seigneur Jésus est un signe des plus éminents de l’Amour de Dieu. L’incarnation, la passion, la mort et la résurrection du Seigneur en notre faveur, en faveur de notre salut voilà l’expression de l’amour divin mais l’amour divin ne s’arrête pas à cela, il est pleinement actuel dans ce don que Dieu fait de Lui-même à chaque eucharistie, dans le don de sa miséricorde dont Il nous comble à chaque confession, dans sa présence aimante à chaque prière que nous Lui adressons, dans le travail de la grâce en nous qui peu à peu nous établi dans une communion plus grande avec Lui. L’amour de Dieu il est là, actuel, agissant mais agissant dans le silence et dans l’intimité, agissant au plus profond de nos âmes, nous transformant peu à peu. Découvrir l’Amour de Dieu pour nous nécessite simplement que nous prenions le temps de le découvrir dans le silence de la prière et de la contemplation laissant nos âmes être saisi par Lui.
Alors en ce dimanche oui attachons nous à vivre guidé par ces deux commandements divins : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même » mais surtout attachons-nous à découvrir sans cesse cet Amour fou que Dieu a pour chacun de nous car voilà le véritable élan de notre vie, de notre existence, de notre conversion, de notre vertu, de notre sainteté. Oui, nous sommes aimés de Dieu et nous sommes invités à vivre de l’Amour divin.

Amen.