Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

samedi 11 novembre 2017

22 Octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », cette réponse du Seigneur Jésus à la controverse lancée par les pharisiens semble être une pirouette langagière permettant au Seigneur de ne pas tomber dans le piège tendu. En effet, si le Christ avait dit qu’il fallait payer l’impôt il aurait été accusé de collusion avec l’occupant Romain, si le Christ avait dit qu’il ne fallait pas payer l’impôt il aurait été accusé de révolte contre l’empire… Il est donc vrai que la réponse du Seigneur est pleine de finesse cependant, elle nous enseigne également quelque chose de fondamental.
Au premier abord cette phrase « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » semble séparer ces deux sphères de la société que sont le politique et la religion et c’est d’ailleurs cette vision qui est brandit lorsque l’Eglise porte une parole sociétale ; le politique ne devrait pas interférer dans la religion et surtout la religion ne devrait pas interférer dans la  politique... Mais en réalité, cette séparation n’est qu’illusoire, elle n’est que langagière. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de se poser la question de savoir qui donne à César d’être et d’exister ? Sans chercher trop loin, c’est bien Dieu qui donne à César d’être et d’exister ainsi ce qui est à César est à Dieu. Pour le dire autrement on ne peut affirmer que Dieu est principe et origine de toute chose et dans un même temps exclure Dieu de la conduite de nos sociétés.
Certain dirait que la Foi ne concerne pas l’ensemble des membres de la société et c’est peu de le dire aujourd’hui et que dès lors la Foi ne peut être éclairante dans l’ordre communautaire. Mais l’enseignement divin, parce qu’il conduit l’homme à atteindre sa plénitude peut être le fil directeur pour toute société même laïque en ce sens qu’en portant les commandements divins qui s’adressent et concernent l’homme, en sauvegardant la vertu, nous n’allons pas contre l’homme, bien au contraire. Dieu, la foi catholique ne vont pas contre l’homme, bien au contraire. C’est bien dans ce sens que l’Eglise se doit de rappeler à toutes les sociétés les valeurs fondamentales qui doivent les porter et parmi elles de rappeler en particulier la dignité de toute personne humaine de sa conception à sa mort naturelle.
Mais la difficulté pour nous français, c’est que la laïcisation de la société a produit une séparation qui se veut non poreuse entre la Foi qui est personnelle et la politique au sens large du terme qui est communautaire. Mais la Foi ne peut être mise au placard même dans l’ordre politique car si la Foi nous donne de nous tourner vers Dieu, la Foi nous donne également de recevoir la véritable identité de l’homme. L’homme ne peut être schizophrène en s’attachant au Seigneur dans le cadre privé et en le reniant dans le cadre public car il ne suffit pas de se dire catholique pour l’être mais il faut agir comme tel et oui, il y’a un agir catholique même en politique.
Dans cette considération là, nous pourrions nous sentir quelque peu exclu car nous ne sommes pas, pour la plupart, des personnages politiques publics mais en réalité, cette unité de vie si elle doit être l’apanage des élites politiques, elle doit être également au cœur de notre propre chemin de vie. L’unification de nos êtres dans le Christ, voilà ce qui doit atteindre chaque cœur et chaque âme, unification de notre agir avec notre Foi, unification de notre pensée avec notre Foi, unification de notre personne dans le Christ. Et si aujourd’hui nous nous laissions nous même interroger par le Seigneur en considérant ce qui dans nos vies est à Dieu et en considérant tout ce qui ne l’est pas, quelle serait la part de Dieu en nos existences ? Appartenons-nous à César ou bien appartenons-nous à Dieu ?...

Alors en ce dimanche tâchons de redonner au Seigneur la première place en nos vies c'est-à-dire en chaque instant de nos vies, que le Christ soit présent dans chaque moment de nos vies, dans chaque rencontre, dans chaque action, dans chaque discussion oh non pas comme un étendard mais comme cette présence aimante de Dieu qui soutient notre personne et toute notre personne. Amen.

15 Octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire

Il est certain que la parabole que nous livre le Seigneur Jésus avait comme objet premier de dénoncer le manque de Foi d’une grande part du peuple d’Israël, ce peuple choisi par Dieu qui ne reconnu pourtant pas Dieu venu à leur rencontre et qui déclina l’invitation à la Foi et au Salut. Par suite de leur refus, cette invitation fut adressé à l’ensemble de l’humanité qui est encore aujourd’hui convié à reconnaître le Seigneur Jésus et, dans la Foi, à accepter le Salut qu’Il a établi par le sang de sa croix. Mais cette parabole, par delà cette réalité essentielle de l’universalité du salut nous rappelle quelque chose d’essentiel, c’est le don gratuit de Dieu.
En effet, la parabole commence simplement par préciser que le roi invite au festin des noces de son Fils. Les invités n’ont donc aucuns mérites à être convié à ces festivités et il en est de même pour le bon Dieu. Dieu nous invite à vivre de sa vie, et son invitation ne rejoint pas nos qualités, ne fait pas suite à nos réussites, il n’y a pas de sélection en fonction de quelques critères que ce soit. Dieu invite l’ensemble de l’humanité. Reprenons conscience en ce dimanche que l’incitative de notre naissance à la vie divine et de notre vie spirituelle, l’initiative de la grâce qui inonde nos âmes, l’initiative de la miséricorde divine dont nous pouvons être comblés, l’initiative même de notre salut, tout cela Dieu nous en est l’unique auteur. Dieu est à la recherche de l’homme, Dieu est à la recherche de chacun de nous et Il se livre à nous de manière pleine et entière, de manière gratuite.
Mais si cela est vrai pour les prémices de la vie de la grâce en nos âmes, cela est également vrai pour la suite. Toujours et partout, lorsque nous nous remettons face au Seigneur, lorsque dans l’intimité de la prière nous le rejoignons, lorsque nous recevons sa grâce, lorsque nous le recevons en communion, nous ne pouvons jamais nous prévaloir d’avoir mérité ces dons immenses qui nous sont faits même si nous tâchons d’en être digne car nous ne sommes jamais à la hauteur de la perfection qu’est Dieu. Dieu nous donne tout et cela à chaque instant. Voilà bien cette douce réalité qui devrait nous saisir l’âme en nous faisant certes ressentir notre petitesse mais surtout en nous révélant l’attention divine pour chacun de nous, cette attention divine qui donne du prix à chacune de nos vies, à chacune de nos existences. Oui, nous sommes aimés de Dieu, de cet amour désintéressé et totale qui conduit Dieu à se livrer à nous, à nous accompagner, à nous soutenir, à nous pardonner, à nous relever. L’Amour de Dieu n’est donc pas de cette mièvre guimauve qui peut inonder les romans à l’eau de rose, l’Amour de Dieu est complet total, Il s’inscrit dans ce don sanglant qu’Il fait de Lui-même pour nous et pour notre salut, tout cela sans que nous n’ayons mérité quoi que ce soit. Bien chers amis, c’est cette conscience là, cette réalité là qui dans la contemplation fait jaillir un nous cet amour de Dieu qui nous fera tâcher de Le rechercher davantage et là encore non pas par devoir de réciprocité car nous ne pouvons rien rendre à Dieu que nous ne l’ayons reçu de sa main, non par une réciprocité commerciale mais simplement comme une réponse amoureuse au don totale que Dieu fait de Lui-même pour chacun de nous.
Alors en ce dimanche, tâchons simplement de recevoir cette invitation au Salut que nous adresse à tous le Seigneur et avant même de penser y répondre par le don de nos vies, goûtons l’Amour infini de Dieu qui éclaire cette invitation personnelle au Salut, laissons-nous irradier par cet Amour divin qui seul pourra nous permettre de répondre à cette invitation avec un amour ardent.
Amen.


8 Octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire

Cette parabole des vignerons homicides nous la connaissons bien, déployant l’ensemble de l’histoire du peuple d’Israël, la parabole en saisi les éléments essentiels. Et ce qui est bien certain c’est que du point de vue des vignerons c'est-à-dire du peuple d’Israël, l’histoire n’est pas très glorieuse après avoir malmené les serviteurs du maître de la vigne c'est-à-dire les prophètes, ils ont été jusqu’à l’assassinat du Fils du Maître de la vigne, jusqu’à l’assassinat du Seigneur Jésus Christ et cela pour d’obscurs motifs.
Du point de vue du peuple d’Israël ce n’est pas très glorieux mais si nous considérons quelque peu le maître de la vigne, figure de Dieu le Père alors nous pouvons être édifié. En effet, nous pouvons d’abord percevoir la bonté initiale du maître qui va faire confiance à ces vignerons : la vigne leur est confié et en leur faisant confiance le maître leur donne de pouvoir exercer leurs métiers et leur donne aussi de vivre de leur travail. Et cela est image de la bonté de Dieu qui fait confiance au peuple d’Israël qu’Il constitue et auquel Dieu donne de pouvoir recevoir peu à peu la Révélation divine et d’initier une relation existentielle avec Lui. Et tout comme il n’y a aucun mérite à l’endroit des vignerons qui ne font que leur ouvrage profitant de l’offre d’emploi qui leur est faite, de même il n’y a aucun mérite du côté du peuple d’Israël qui reçoit ce choix divin qui le constitue et se voit délivrer la Révélation divine comme un présent inattendu.
Puis arrive le moment de la remise des fruits de la vigne et là c’est bien la patience infini du maître de  la vigne que nous enseigne la parabole. Il envoit des serviteurs qui sont malmenés et tués, de notre côté cela aurait suffit à exterminer les vignerons mais tel n’est pas le cas du Maître de la vigne qui envoie une nouvelle fois d’autres serviteurs qui vont subir le même sort et qui va ensuite envoyer son propre fils. Et bien oui Dieu agit ainsi avec le peuple d’Israël, malgré l’infidélité de ce peuple Dieu garde patience et continue de lui prodiguer ses soins, lui délivrant ses dons même si ces derniers sont parfois rejeté ou mis à l’écart. Et Dieu le Père a voulu alors combler ce peuple en lui envoyant Dieu le Fils mais Dieu le Fils fut assassiné, cloué sur une croix. Cette patience de Dieu qui se déploie dans l’histoire du peuple d’Israël est immense et elle ne peut-être porté que par l’amour qui seul peut conduire au don de soi, au sacrifice ultime.
Mais ce n’est pas tout, la parabole va encore plus loin que ce que nous pourrions imaginer. En effet, si les grands prêtres et les anciens réclament en un sens l’extermination des vignerons homicides, tel n’est pas le cas du Seigneur Jésus qui précise simplement que la vigne sera enlevé aux vignerons homicides et qu’elle sera confiée à d’autres vignerons qui donneront les fruits en temps voulu. Nulle trace d’extermination mais simplement une mise à l’écart, une douce mise à l’écart si l’on considère l’agissement criminel des vignerons homicides, douce mise à l’écart qui manifeste encore une fois la patience du Seigneur tout comme sa miséricorde. Et il nous faut bien convenir que la manière d’agir du maître de la vigne est bien éloignée de notre propre manière d’agir si nous avions dû affronter pareille situation et il est bien vrai d’affirmer que la bonté de Dieu, sa patience, sa miséricorde dépasse tout ce que l’on peut imaginer.
Et bien, ce que nous apprend la finale de l’évangile c’est que cette vigne elle nous est confiée à nous, à nous membre de l’Eglise, membre de ce nouveau peuple constitué par le Christ Lui-même et qui a comme mission de vivre de la grâce et de la dispenser au monde. Nous sommes nous aujourd’hui les vignerons dans la vigne du Seigneur. Comme tel, nous ne pouvons pas ignorer le sort de nos prédécesseurs et nous ne pouvons que redouter pour nous même les erreurs qui les ont conduites à être évincées. Ainsi il nous faut nous attacher à la Parole que Dieu nous adresse par tous ses serviteurs qu’Il nous envoie, par tous les saints qui nous indiquent la voie à suivre, il nous faut nous attacher à la Parole de Dieu par laquelle Dieu nous rejoint, à la Parole de l’Eglise par laquelle Dieu nous enseigne et surtout, surtout il nous faut accueillir le Fils, l’accueillir véritablement en nos vies, en nos cœurs et en nos âmes. Et quelle joie, quel plaisir que de pouvoir travailler à la vigne du Seigneur, que de pouvoir être nourri de la grâce, que  de pouvoir éprouver toute la bonté, la patience, l’Amour et la miséricorde du Seigneur. Dieu nous confie le Royaume, établissons-nous dans sa grâce pour le recevoir dans l’éternité.

Amen.

1er Octobre - 26ème Dimanche du Temps Ordinaire

En ce dimanche, nous pourrions résumer l’enseignement du Seigneur Jésus et particulièrement la parabole en disant que ce qui est important ne réside pas tant dans le fait de dire ce que nous allons faire mais dans ce que nous faisons réellement. Et s’il est vrai que nous pouvons vérifier cela dans la vie courante, cela est également bien vrai dans notre vie spirituelle.
Dans la vie courante, nous sourions parfois intérieurement en entendant certains nous rendre compte de tout ce qu’ils vont faire dès demain, nous sourions intérieurement car nous savons que ce ne sont que des mots et que lorsqu’il faudra mettre la main à la pâte et bien, de fait, tout semblera disparaître et les belles paroles, les beaux désirs seront simplement rangés dans l’extase du moment. Oh bien sûr nous sourions intérieurement en entendant certains mais il nous faut aussi parfois reconnaître que nous parlons nous aussi parfois un peu trop vite. Rappelons-nous toujours de la parabole de la paille qui est dans l’œil du voisin et de la poutre qui est dans le nôtre.
Dans la vie courante, nous pouvons tous l’affirmer, il vaut mieux faire plutôt que dire que l’on va faire mais c’est également vrai dans la vie spirituelle. En considérant chacun de nos cœurs, nous y percevons tous les désirs de grandeur, ô non pas grandeur aux yeux du monde mais bien aux yeux de Dieu, tous ces désirs de sainteté, de conversion, de charité et dans notre prière nous les manifestons au Seigneur, dans ces temps de prière où il nous semble être emporté au ciel. Mais ensuite, lorsque l’on souffle la bougie mettant fin à ce temps de prière, qu’adviennent nos désirs… Trop souvent le quotidien reprend le pas et rien ne semble évoluer, nos décisions d’antan prise dans les moments de grâce semblent anéantis par le temps qui passe…
En réalité, que ce soit pour la vie courante ou la vie spirituelle, bien souvent nous désirons sans vouloir. Désirer sans vouloir, il nous semblerait que cela est impossible mais désirer sans vouloir cela signifie que nous désirons dans l’ordre des idées, nous désirons dans notre imaginaire mais nous ne voulons pas car nous ne mettons pas en œuvre nos désirs, nous n’actons pas nos désirs.
Nous pourrions, après avoir fait cette constatation, nous dire qu’il nous suffit de refreiner nos désirs quitte à les supprimer totalement, comme ça plus de problèmes : pas de désir, pas de volonté à mettre en œuvre. Mais en réalité ce serait un problème encore plus grand car sans désir l’homme n’a plus d’élan, plus de mouvement et telle une eau stagnante il fini par croupir… Il nous faut conserver nos saints désirs et mêmes les entretenir car ce sont eux qui orientent nos existences. Ainsi, la solution n’est pas dans la suppression des désirs, chose qui d’ailleurs semble impossible tant l’homme est un être de désir. La solution ne se trouve pas dans la suppression des désirs mais bien dans la mise en œuvre de notre volonté.
Et c’est bien ainsi dans notre vie spirituelle, c’est ce qui a d’ailleurs conduit Ste Mère Teresa à dire : il n’y a qu’une seule différence entre les saints et ceux qui ne le sont pas : je veux / je ne veux pas. Résumant en une formule dérangeante pour nous tous, cette réalité de la distance entre le désir et la volonté mise en œuvre. Mais alors s’agirait-il de sombrer dans un volontarisme à outrance ? Pour répondre à cela, il nous faut peut-être prendre exemple sur Ste Thérèse de l’Enfant Jésus que nous honorons en ce jour car Ste Thérèse avait de grands désirs et elle nous montre la voie d’accomplissements de ces saints désirs, elle écrivait :
« Je pensais que j’étais née pour la gloire, et cherchant le moyen d’y parvenir, le Bon Dieu […] me fit comprendre que ma gloire à moi ne paraîtrait pas aux yeux des mortels, qu’elle consisterait à devenir une grande sainte !!!... Ce désir pourrait sembler téméraire si l’on considère combien j’étais faible et imparfaite et combien je le suis encore après sept années passées en religion, cependant je sens toujours la même confiance audacieuse de devenir une grande sainte, car je ne compte pas sur mes mérites n’en ayant aucun, mais j’espère en Celui qui est la Vertu, la Sainteté Même, c’est Lui seul qui se contentant de mes faibles efforts m’élèvera jusqu’à Lui et, me couvrant de ses mérites infinis, me fera Sainte. ».
Alors bien chers amis, ayons de grands et saints désirs, ayons ce désir premier d’être des saints et mettons en œuvre notre volonté mais attention, non pas d’abord pour accomplir nos désirs car notre volonté est bien trop faible pour cela, mettons en œuvre notre volonté pour nous abandonner entre les mains de Dieu car c’est Lui seul qui nous modèlera par sa grâce pour correspondre à nos saints désirs, c’est Lui seul qui est notre vertu, notre sainteté, notre sanctification. Nous abandonner entre les mains du Seigneur, voilà l’objet premier de notre volonté.
Amen.

24 Septembre - 25ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins », cette parole du Seigneur portée par le prophète Isaïe nous invite tout d’abord à reconnaître la Toute Puissance divine, cette puissance qui permet à Dieu de féconder l’histoire, de féconder l’histoire du monde ainsi que notre propre histoire. Dieu créateur de toute chose, possède en sa main chaque élément du monde. Dieu origine de toute existence possède cette vision globale sur l’univers qui échappe à l’esprit humain. Toute chose appartient donc à l’entendement divin tout comme le déroulé de l’histoire humaine.
Ainsi, même si l’histoire du monde est portée par les décisions prises par le genre humain, Dieu Lui-même se fait acteur de cette histoire à tel point que même au milieu des mauvais passages de l’histoire humaine fruit de ces mauvais choix humains, Dieu était présent. Et pour prendre un exemple de cela, on a souvent accusé Dieu d’être absent de cet obscur temps des chambres à gaz alors que même au milieu de cette histoire dramatique, inhumaine, Dieu était présent et agissant et nous pouvons en ce sens penser au Père Maximilien Kolbe qui prit la place d’un prisonnier père de famille et qui fut exécuté à sa place, donnant sa vie, livrant sa vie à l’ignominie pour préserver un tant soit peu le bien. Et combien sont nombreux les autres exemples qui manifestent cette action de Dieu à travers ses disciples.
Mais en réalité, ce que l’on reproche bien souvent à Dieu c’est de ne pas agir directement, je dirai même brutalement dans l’histoire humaine et même dans notre propre histoire. Nous aimerions en effet que le bon Dieu intervienne en annihilant, en détruisant le mal ainsi que les méchants. Et c’est peut-être dans ces moments que la parole divine portée par le prophète Isaïe atteint toute sa portée, prend toute sa valeur. Car si nous aimerions que Dieu intervienne tel un Zeus exerçant son pouvoir pour anéantir le mal et les méchants, si nous aimerions cela, et bien ce n’est pas la manière d’agir de Dieu et c’est bien en ce sens que nos pensées ne sont pas celles de Dieu, que notre manière de voir les choses n’est pas celle de Dieu. Et nous pourrions être frustré de cette différence, nous pourrions être frustré que Dieu n’agisse pas en fonction de nos désidérata, de nos points de vue, de nos opinions, en définitive, nous pourrions être frustré que Dieu n’agisse pas en fonction de nous, et nous sentons bien là un égocentrisme empli d’orgueil qui voudrait nous placer au-dessus de Dieu. Mais cette frustration doit être balayée par la confiance, cette confiance qui reconnaît à Dieu sa bonté essentielle et qui reconnaît que Dieu agit dans le monde de la meilleure manière qui soit. Oh bien sûr, cela peut sembler difficile à saisir dans les moments noirs de l’histoire humaine ou dans les moments noirs de nos histoires personnelles mais ce n’est pas parce que nous ne saisissons pas tout que Dieu serait absent, ce n’est pas parce que nous ne comprenons pas tout que Dieu n’agit pas de la meilleure manière qui soit car la connaissance de Dieu nous dépasse bien largement, car les pensées divines sont bien plus élevées que les nôtres, tout comme ses chemins sont bien plus précis.
Ainsi en ce dimanche, nous pouvons demander au Seigneur cette première grâce de ne jamais nous considérer comme détenteur de la vérité du monde et du temps et même de l’évènement afin qu’avec humilité nous laissions le Seigneur nous aider à discerner la meilleure manière d’agir et de réagir. Car si les pensées de Dieu, si les chemins de Dieu nous dépassent, Dieu désire malgré tout nous conduire sur ses chemins à Lui et Dieu désire nous permettre de participer à ses pensées à Lui. Et c’est seulement en nous abandonnant à la pensée divine, aux chemins divins, qu’empli de confiance en Dieu nous avancerons dans le monde et dans la vie éclairée non par nos opinions mais bien porté par Dieu Lui-même.

Amen.

17 Septembre - 24ème Dimanche du Temps Ordinaire

L’Evangile de ce dimanche nous met face à cette réalité parfois si difficile, réalité du pardon et de la miséricorde entre nous, entre les membres de notre humanité. Et la question de St Pierre est elle-même signifiante en cet ordre ; en effet St Pierre demande combien de fois il doit pardonner, il ne demande pas combien de fois il devrait éventuellement, combien de fois il est invité ou il pourrait pardonner mais bien combien de fois il doit pardonner. Le pardon est donc dès la question posé en termes de devoir mais quelle est le nature de ce devoir ? Nous pourrions penser que ce devoir est de l’ordre moral, s’imposant à nous comme une obligation morale le pardon serait dès lors purement et simplement obligatoire. Nous serions ici dans une lecture légaliste du pardon mutuel. Mais nous sentons bien que cette lecture est quelque peu dérangeante oh non pas d’abord parce que nous n’aimerions pas les règles, elles sont nécessaires mais bien plutôt parce que la règle ne semble pas pouvoir s’appliquer par nature au pardon. Et nous aurions raison car le pardon ne se vit pas d’abord dans l’ordre du devoir moral, le pardon n’a pas comme moteur premier la loi car tout comme on ne peut obliger quelqu’un à aimer, on ne peut pas non plus obliger quelqu’un à pardonner véritablement c'est-à-dire intérieurement.
Le moteur du pardon, nous le savons tous c’est l’amour. Et si nous voulions nous en convaincre il suffit de remarquer combien nous tolérons bien plus les outrages de ceux qui nous avons de l’affection que pour ceux qui nous sont plus ou moins étranger. Le pardon est donc bien une histoire d’amour. Ainsi, si nous devons pardonner, c’est l’amour qui nous y oblige.
Mais dès lors autre dilemme, en quoi l’amour nous obligerait à pardonner quelqu’un qui nous a fait souffrir au pont que l’affection que nous avions peut-être pour cette personne a été anéantie par la douleur, ou bien même, en quoi l’amour nous obligerait à pardonner quelqu'un pour qui nous n’avions jamais d’affection ?
Et bien c’est Christ qui nous donne la réponse à ce dilemme car si l’amour nous oblige à pardonner ce n’est pas d’abord l’amour de l’autre, ce n’est pas d’abord l’affection que nous avons pour l’autre ; si l’amour nous oblige à pardonner c’est de l’Amour de Dieu dont il est question. C’est bien parce que nous savons que Dieu désire nous faire miséricorde, que Dieu désire nous pardonner que nous sommes convoqués nous aussi, à son image, à pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. Et pour bien prendre conscience de cette réalité, il nous faut prendre conscience que la moindre offense accomplie envers Dieu par le péché est bien plus grave que toutes les offenses qui peuvent nous être faites de manière habituelle et pourtant, et pourtant Dieu offensé nous fait toujours miséricorde si nous nous tournons vers Lui porté par une véritable contrition. Dieu nous fait toujours miséricorde et nous nous ne voudrions pas faire miséricorde à ceux qui nous ont fait du tort…
Ainsi donc, c’est parce que Dieu nous fait miséricorde que nous devons pardonner, c’est pace que Dieu nous fait miséricorde jusqu’à 70 fois 7 fois que nous devons pardonner jusqu’à 70 fois 7 fois.
De plus, il y’a une réalité tout à fait humaine, signe de notre origine en Dieu, qui marque bien ce devoir de pardonner porté par la miséricorde même de Dieu. Ce signe c’est qu’un refus de pardonner peut conduire l’âme toute entière et donc la personne à sombrer dans une aigreur languissante qui, clouant l’âme au sol, l’empêche tout simplement de vivre. Le refus de pardonner peut agir comme un poison jusqu’à l’effondrement intérieure de la personne.
Et si nous avons un ou des pardons difficiles à donner laisser moi vous conter cette histoire :
L’affaire avait fait grand bruit en juillet 2009. Martin Mervoyer, 19 ans, est mort cet été là, tué d’une balle en plein cœur à la sortie d’une boite de nuit alors qu’il essayait de calmer une discussion qui tournait mal. Ses parents, Martine et Frédéric, avaient alors expliqué qu’ils pardonnaient à l’assassin de leur fils au nom de leur Foi.
« Pardon et libération c’est le même mot en grec, ça veut dire que quand on pardonne on se libère, parce que la haine c’est un poison, on se libère et on libère l’autre, au niveau des bonnes relations humaines, le pardon est une voie universelle… » confie le père de Martin.
Le père de Martin qui poursuit en disant : « « Je m’inscris dans la foi chrétienne, je fais alliance avec Dieu depuis toujours, poursuit le père endeuillé. Je laisse Dieu s’exprimer en moi, cette compassion fait partie de ma foi, elle ne m’appartient pas, c’est presque comme le pardon du Christ qui me traverse et qui doit aller au monde […] Bien sûr que face à Dominique (l’assassin de mon fils), je ne vais pas lui dire « tu as tué mon fils c’est bien », le fait est brutal, condamnable, mais en tant qu’homme je peux quand même t’aimer. Le père de Martin avait même déclaré à propos du meurtrier de son fils : « Je pourrais le serrer dans mes bras s’il acceptait » ».
Quelle leçon de Foi qui ne peut nous encourager à vivre aussi pleinement de notre Foi, à pardonner porté par la miséricorde infinie du Seigneur.
Amen.

jeudi 14 septembre 2017

10 Septembre - 23ème Dimanche du Temps Ordinaire

Bien chers amis, l’évangile de ce dimanche, ne nous donne pas un de ces grands principes si essentiels pour gouverner nos vies, l’évangile de ce dimanche, le Christ Lui-même nous donne une pratique à mettre en œuvre, pratique qui s’enracine dans la véritable charité mais pratique qui va bien à l’encontre de notre manière de procéder de façon habituelle et je dirai presque de façon naturelle.
En effet, lorsque quelqu’un nous fait du tort, nous agissons habituellement d’une manière différente à celle de l’évangile. C'est-à-dire que lorsque quelqu’un nous a fait du mal nous avons parfois cette habitude de le répéter à ceux qui nous entourent, proche ou moins proche et dans une sorte de proclamation discrète nous annonçons à tous ce que cette personne a fait. Et c’est seulement et éventuellement dans un second temps que nous allons trouver cette personne pour la mettre face au mal qu’elle a provoqué en nous.
Mais le Christ dans l’Evangile nous invite à aller directement trouver la personne qui nous a fait du tort et nous invite donc à ne pas proclamer à tous le mal commis à notre encontre : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul ».
Mais pourquoi agissons-nous ainsi, pourquoi avons-nous cette tentation de proclamer le mal commis par autrui à notre encontre avant que d’aller éventuellement trouver la personne concernée ?
Nous pourrions tout d’abord penser que partager notre douleur avec d’autres amenuiserait cette douleur. A ce sujet Kafka écrivait : « Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu des souffrances qui sont en moi et que sais-je des tiennes ? Et si je me jetais à tes pieds en pleurant et en te parlant de moi, que saurais-tu de plus que ce que tu sais de l’enfer quand quelqu’un te raconte qu’il est chaud et terrible ? ». La douleur est intime et le fait de la partager ne conduit pas toujours les autres à la reconnaître et même au contraire, ils l’évacuent parfois par ces simples mots « ce n’est pas grave » produisant en nous un sentiment de solitude face à la douleur subie réellement.
Nous pourrions également agir ainsi c'est-à-dire partager la douleur subie afin de faire souffrir la personne qui nous a fait souffrir et cela en abimant l’image que les autres se font de cette personne, en dévoilant les torts que cette personne nous a fait ; il y aurait là comme un esprit de vengeance inavoué.
Mais le Christ nous indique une autre voie, une autre manière d’agir, Il nous indique la manière chrétienne d’agir qui doit nous conduire à aller directement trouver la personne qui nous a fait souffrir et le Christ semble quelque peu mystérieux : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère ». « S’il t’écoute tu as gagné ton frère », qu’est ce que cela peut dire si ce n’est qu’en allant trouver la personne qui nous a fait du tort et en mettant cette personne face aux torts qu’elle nous a fait, nous lui permettons de prendre conscience du mal commis et nous lui permettons également de demander pardon et de grandir sur le chemin de la conversion, sur la voie de la vertu. Ainsi, le Christ nous invite à demeurer fidèles dans nos rapports les uns avec les autres, à demeurer fidèles à la dynamique de vérité, de pardon et de miséricorde.
Et le Christ ne fait pas non plus dans l’angélisme car si la personne ne reconnaît pas le mal qu’elle a produit, les torts qu’elle a fait cela peut conduire jusqu’à la considération d’être en dehors de l’Eglise. Il ne s’agit donc pas ici de bon sentiment, mais bien d’un réalisme qui prend en considération chaque personne mais qui s’enracine dans la vérité et la miséricorde.
Mais à travers tout cela, si nous considérons ceux qui nous ont fait du tort, il nous faut également nous considérer nous même dans le tort que l’on peut faire aux autres, dans le tort que l’on peut faire directement à Dieu dont nous blessons la relation par le péché, dans le tort que l’on fait à Dieu à travers le mal que nous faisons aux autres. Gardons à l’esprit cette autre phrase évangélique : « qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton voisin alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ». Ainsi, il nous faut également être assez humble pour reconnaître ses torts, être assez humble pour demander pardon, assez humble pour être pardonné. Et si cela est vrai dans nos relations interpersonnelles, cela l’est bien plus envers le bon Dieu qui nous propose toujours sa miséricorde dans le sacrement de la confession. Dieu qui par ce sacrement nous donne en plus de sa miséricorde la force et le courage d’être nous même disciples de miséricorde envers ceux qui nous entourent.
Alors en ce dimanche, demandons tout d’abord au Seigneur la force et le courage d’aller toujours trouver ceux qui nous ont fait du tort avant que d’en avertir la terre entière, et demandons également au Seigneur de faire grandir en nous la vertu d’humilité afin que souvent nous nous remettions face à Lui dans le sacrement de la confession, source de l’Amour divin et donc source de toute miséricorde.

Amen.