Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

dimanche 14 août 2016

14 août - 20ème Dimanche du Temps Ordinaire

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« Je ne suis pas venu mettre la paix sur terre, mais bien plutôt la division », voilà bien une parole que nous ne mettrions pas spontanément dans la bouche du Seigneur Jésus car elle semble mettre à bas ce rêve d’unité et de fraternité qui habite notre arrière pensée.
Mais, ne le nions pas, cette parole est bien celle du Seigneur Jésus et, dans l’ordre générale, elle nous rappelle une chose essentielle c’est que l’unité et la fraternité ne se construisent pas à n’importe quel prix, que la paix ne peut se fonder durablement que sur la vérité.
Remarquons que, dans notre pensée moderne et face à une quelconque  division nous aurions tôt fait d’inviter à la négociation, d’inviter au consensus afin que chacune des deux parties renonce à une part d’elle-même afin de construire une paix bien fragile. Je dis fragile car la paix n’est pas le fruit d’un consensus qui ne peut perdurer dans le temps chacun revendiquant son droit d’être lui-même.
Et d’une manière plus précise, dans l’ordre de la Foi, le consensus en tant que tel ne semble pas être envisageable car le consensus induit un renoncement or peut-on raisonnablement renoncer à une part de la Foi sans dénaturer la Foi toute entière, peut-on renoncer à la vérité pour élaborer une paix relative et surtout pour l’élaborer sur un mensonge ? La réponse est non sans aucun doute. Et c’est ainsi que la Foi n’admettant pas le consensus conduit à la division comme le souligne l’évangile.
La question sous jacente est celle de savoir ce qui doit être premier : la foi ou la paix. Et si la foi est bien première car elle seule ouvre à l’éternité il ne nous faut pas nous situer dans une opposition binaire entre Foi et paix car bien entendu ce n’est pas en choisissant la Foi que l’on choisi la division, mais c’est en choisissant la Foi que l’on choisi la vérité, que l’on choisi le Christ. Et en nous attachant à la Foi, en nous attachant au Christ il est certain que certaines choses communément admises dans notre société apparaissent comme contraires à la Foi et doivent dès lors être écartées.
Mais nous le savons bien, s’écarter du chemin du monde conduit bien souvent à être raillé et même rejeté par le monde. C’est ainsi que la Foi invite nécessairement au courage, courage de la Foi que l’on nomme vertu de force. Il nous faut donc désirer cette vertu de force car bien entendu le Christ ne nous a pas menti et nous voyons bien souvent, en en faisant l’expérience, que la Foi induit cette division face à ce courant mondain du consensus et du relativisme, la Foi nous place souvent à contre-courant du monde.
Mais pour chacun d’entre nous il convient également d’avoir une intelligence de la Foi, de connaître l’enseignement du Seigneur Jésus, l’enseignement de l’Eglise du Christ. Cette intelligence de la Foi doit nous permettre de vivre du Christ Lui-même et non d’une fable que l’on se serait élaborée à notre mesure. Rappelons-nous que Dieu est Dieu et que le chemin qu’Il nous propose est borné par son enseignement. La Foi ne nous est donc pas relative dans la réalité de ce qu’elle est et c’est en ce sens qu’elle n’admet pas le consensus.

C’est dans ce travail d’intelligence de la Foi que la Foi elle-même dessine un chemin qui s’éloigne du chemin du monde, que la Foi créé la division. Face à cette réalité, il ne nous faut pas bien sûr accentuer cette division, il ne nous faut pas faire de la Foi un instrument de division mais il nous faut vivre la division dans la Foi, sans condamner nos objecteurs mais priant pour leurs conversions, sans consensus mais dans la Vérité et la Charité. Et il nous faut porter notre espérance jusqu’à désirer l’unité et la fraternité qui ne se feront que dans le Christ. Amen.

24 juillet - 17ème Dimanche du Temps Ordinaire

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En ce dimanche, je désire m’arrêter avec vous sur la première lecture, sur ce dialogue étonnant entre Dieu et Abraham. Le sujet de cette discussion concerne le châtiment qui est à infliger à une ville, Sodome et Gomorrhe, pour punir ses nombreux crimes. Ce châtiment semble être conséquent car la faute qui pèse sur cette ville est une faute lourde. Les actions de cette ville semblent la conduire droit à l’éradication pure et simple.
Face à cette délibération de châtiment, Abraham se lève et avec humilité il intercède en faveur de cette ville. Et il y’a déjà à cet instant un bel enseignement qu’il nous faut recevoir car nous pourrions tout à fait penser une réaction différente de la part d’Abraham. En effet, Abraham aurait pu se réjouir du châtiment à venir, ou, tout du moins, sans se réjouir il aurait pu tout simplement prononcer cette phrase que nous entendons si souvent, elle l’a bien cherché, elle l’a bien mérité, ce n’est que justice, ou toute autre formule du même acabit. Abraham ne se situe pourtant pas du tout dans ce registre, il ne se situe pas en pourfendeur de la justice mais bien comme intercesseur, comme apôtre de miséricorde.
Et c’est ainsi que le dialogue s’instaure entre Dieu et Abraham, ce dernier cherchant à sauver cette ville sans renier la faute dont elle est porteuse mais en mettant en avant que dans cette ville il peut se trouver au moins cinquante, quarante cinq, quarante, trente, vingt ou enfin même dix justes. A cause de ces justes, le châtiment serait inique. Et c’est là que se situe le deuxième enseignement en ce sens où, bien sûr que nous ne jugeons pas des villes entières mais nous avons cette capacité de jugement les uns sur les autres. Et même si nous savons que celui qui se pose en juge se considère lui-même comme critère du bon, du bien et du vrai, le jugement fait parti de notre manière de fonctionner mais tout en disant cela il nous faut affirmer que notre jugement a besoin d’être aiguisé, a besoin d’être éduqué. Ainsi, avant de juger l’action de quelqu’un et de prononcer un jugement définitif, irrévocable, nous pouvons laisser Abraham nous interroger pour savoir s’il n’y pas au moins cinquante, quarante cinq, quarante, trente, vingt ou enfin même dix pour cent de bon en cette personne. Cela ne signifie pas qu’il ne doit pas y avoir de châtiment à cause de ces dix pour cent de bon mais plutôt qu’à cause de ces dix pour cent de bon le châtiment doit être mesuré pour ne pas être inique, pour ne pas être injuste. C’est seulement à ce prix que la justice s’accorde avec la charité.
Et prenons ici un peu de hauteur en considérant notre histoire humaine. Sans trop tergiverser, nous pouvons reconnaître que, pris dans sa globalité et dans la grandeur de l’histoire, le monde entier est porteur d’une faute lourde, dès lors nous pouvons reconnaître que le châtiment du monde devrait être la pure et simple destruction. Ce monde si mauvais, si injuste, si méchant, si sale, ce monde ne mérite pas de subsister. Cette réflexion n’est pas étrangère par ailleurs à notre modernité. Ce monde ne mérite pas d’être. Et bien peut-être que c’est bien le cas, peut-être que le châtiment que le monde mérite est bien celui de la destruction. Mais, n’y a-t-il pas cinquante, quarante cinq, quarante, trente, vingt ou enfin même dix juste dans le monde ? En reprenant le psaume 143 qui nous dit, je cite : « aucun vivant n’est juste devant Toi Seigneur », nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas même un seul juste qui mériterait que le monde soit sauvé. Triste constat pour notre humanité. Et c’est là que se dessine et se rend visible toute la bonté divine qui a permis qu’un juste appartienne à notre humanité et cela par l’incarnation. Dieu se fait homme en Jésus qui parce qu’Il est Dieu est pleinement juste et parce qu’Il est homme permet qu’un homme juste habite le monde. Et c’est ainsi qu’à cause de ce seul et unique juste, c’est ainsi que grâce au Christ notre monde subsiste et grâce au Christ chaque personne humaine peut demeurer dans l’éternelle béatitude. Laissons-nous inonder par la constatation de la bonté de Dieu à l’égard de notre monde, à l’égard de chacun de nous.
Le troisième enseignement de ce passage de l’écriture concerne l’intercession en tant que telle, concerne la prière d’intercession. Abraham intercède pour cette ville afin de lui éviter la destruction et Dieu est attentif à sa prière, Dieu est attentif à l’appel à la clémence que lance Abraham. Et bien il nous faut nous aussi reprendre conscience de la valeur de notre prière, de la valeur de notre prière d’intercession. Lorsque nous prions pour untel ou untel, Dieu est attentif à notre prière et Il se laisse attendrir par nos supplications. Lorsque nous prions pour une personne malade, intercédons pour elle, c'est-à-dire, intercédons pour sa guérison et, si cela ne peut être, pour qu’elle puisse se préparer à entrer dans l’éternité. Lorsque nous prions pour une personne qui connaît de grandes difficultés, intercédons pour qu’elle puisse trouver force et soutient dans une attention plus grande au Seigneur dans sa vie. Lorsque nous prions pour la conversion d’une personne, intercédons afin que Dieu ne cesse jamais de frapper à la porte de son cœur dans l’espérance que cette personne s’ouvrira à la bonté et à la présence divine. Prenons conscience que nous avons tous cette belle mission d’intercéder les uns pour les autres et si nous regardons un peu autour de nous, si nous considérons notre microcosme nous ne pouvons que prendre conscience combien notre prière est essentielle et surtout, nous ne pouvons que prendre conscience du fabuleux mystère de la prière car c’est seulement lorsque nous serons au ciel que nous pourrons voir tous les fruits de nos prières qui sont des fruits parfait discrets mais bien souvent si essentiels.

            

samedi 6 août 2016

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Veillée de Prière en l'honneur de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie et prière pour la France


Jeudi 11 août à 20h30 en l'église de La Bouilladisse

lundi 11 juillet 2016

10 Juillet - 15ème Dimanche du Temps Ordinaire

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« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » cette question qui initie l’évangile de ce dimanche et qui permet l’enseignement du Seigneur Jésus, cette question demeure essentielle certes dans la réalité de la vie éternelle mais peut-être et surtout dans ce désir qui doit être le nôtre d’entrer dans cette vie éternelle, dans cette espérance foncière d’être uni au Seigneur en l’éternelle béatitude. Ainsi, il nous faut tout d’abord nous demander quelle est notre espérance ? Est-ce que nous espérons la vie éternelle ? Mais avant que de s’interroger sur ce mouvement existentiel, il nous faut peut-être nous interroger sur ce qu’est la vie éternelle. A ce sujet, le Pape émérite Benoît XVI nous éclaire, je le cite :
« L'expression "vie éternelle" cherche à donner un nom à cette réalité connue inconnue. Il s'agit nécessairement d'une expression insuffisante, qui crée la confusion. En effet, "éternel" suscite en nous l'idée de l'interminable, et cela nous fait peur; "vie" nous fait penser à la vie que nous connaissons, que nous aimons et que nous ne voulons pas perdre et qui est cependant, en même temps, plus faite de fatigue que de satisfaction, de sorte que, tandis que d'un côté nous la désirons, de l'autre nous ne la voulons pas. Nous pouvons seulement chercher à sortir par la pensée de la temporalité dont nous sommes prisonniers et en quelque sorte prévoir que l'éternité n'est pas une succession continue des jours du calendrier, mais quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité. Il s'agirait du moment de l'immersion dans l'océan de l'amour infini, dans lequel le temps - l'avant et l'après - n'existe plus. Nous pouvons seulement chercher à penser que ce moment est la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l'immensité de l'être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie. » Benoît XVI, Spe salvi § 12
D’une manière plus personnelle, pensant la vie éternelle, je tends à l’imaginer comme étant une plénitude de bonheur infinie et éternelle. Et, par exemple, si nous considérons nos vies, nous pourrons très certainement trouver un de ces moments de bonheur qui nous a fait exprimer le désir que ce moment ne s’arrête jamais. En la temporalité qui est la nôtre, cet instant de bonheur intense a peu à peu laissé place à d’autres moments moins heureux et peut-être même malheureux. Et bien la vie éternelle c’est en quelque sorte ce désir exaucé de voir un instant de bonheur plénier durer toujours. Et ne nous y trompons pas, le bonheur, nous le savons tous même si parfois nous l’oublions, le bonheur véritable n’est pas attaché à des possessions matériels mais il est parfois présent dans des moments d’une simplicité étonnante faits de calme et de silence, faits d’une présence amicale ou amoureuse, faits d’un moment de grâce vécu dans la prière. Même ici-bas, c’est bien les relations qui sont sources de ce bonheur véritable. Et bien l’éternité, la vie éternelle elle-même est faite de relation, de cette relation unique et intense avec le bon Dieu. En l’éternité, Dieu nous comblera de par sa présence aimante et nous serons comblés de bonheur et de joie, nous serons comblés de Dieu. Dès lors il ne nous faut pas considérer la vie éternelle comme une option intellectuelle mais bien comme l’objet de notre espérance qui nous oriente vers Dieu seule plénitude de notre humanité.
Et si l’objet de notre espérance est maintenant un peu plus défini, il nous faut maintenant considérer les moyens d’accéder à notre espérance : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ». Et la réponse du Seigneur à cette question qui doit être nôtre est simple mais essentielle : aimer Dieu et aimer son prochain. Surtout ne considérons pas les termes « aimer » dans un romantisme à l’eau de rose, mais percevons la portée existentielle de cet amour exigeant qui nous oriente vers Dieu dans une union toujours plus intense, dans une vie de prière bien réelle, dans une vie sacramentelle intense. L’amour de Dieu ne doit pas être tant proféré que vécu car il ne sert à rien de dire Seigneur Seigneur pour accéder au royaume des cieux mais il faut faire la volonté du Père c'est-à-dire faire de notre vie une vie chrétienne où Dieu a sa place quotidiennement, où Dieu est reçu en communion au moins le dimanche, où Dieu peut nous combler de sa miséricorde en la confession régulière, où Dieu est aimé d’un amour ardent et plénier, d’un amour vécu qui s’exprime par des actes et par une vie sacramentelle réelle. Et c’est bien cet amour de Dieu qui nous fera nous tourner vers notre prochain, c’est bien cet amour de Dieu qui produit en nous un amour ardent pour le prochain, amour pour le prochain qui est lui aussi un amour exigeant qui doit débuter à la maison, qui doit débuter envers ceux qui nous sont proches quotidiennement.
Ainsi en ce dimanche, demandons au Seigneur de nous établir dans la véritable espérance, espérance du ciel et de la vie éternelle, espérance de l’union à Dieu en l’éternelle béatitude et demandons au Seigneur de nous aider à discerner les moyens de faire que notre vie soit d’abord gouvernée par l’amour de Dieu et l’amour du prochain car là réside notre identité chrétienne, car là se déploie notre attachement à Dieu Lui-même, car là s’ébauche notre propre éternité.

Amen 

dimanche 3 juillet 2016

3 juillet - 14ème Dimanche du Temps Ordinaire

Au IIIème siècle avant NSJC, Plaute l’avait affirmé : Homo homini lupus est c'est-à-dire l’homme est un loup pour l’homme ou autrement dit l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce. Cette constatation que nous pouvons faire en considérant les grands évènements du monde, cette constatation les disciples du Seigneur doivent la faire mentir non pas parce qu’ils seraient meilleurs que les autres mais parce qu’ils vivent sous cette Loi unique de la Charité universelle. Si l’homme est une loup pour l’homme, le chrétien quant à lui doit être agneau.
C’est bien ce que signifie cette parole du Seigneur : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ». Cette parole du Seigneur Jésus dans l’évangile que nous venons d’entendre apparaît au premier abord comme étant quelque peu énigmatique : Qui sont les loups et les agneaux qui semblent pourtant tous être membre de notre humanité. Ainsi la première question consiste bien à se demander ce qui va permettre la distinction dans le genre humain des loups et des agneaux.
Mais nous aurions tôt fait d’apporter une réponse un petit peu trop binaire car dans une lecture rapide nous pourrions dire que les agneaux ce sont les baptisés, que les loups ce sont les autres. Cette base de distinction serait fausse car nous savons bien que le sacrement de baptême s’il nous établi dans l’amitié avec le Christ et dans la vie de la grâce, le baptême ne nous constitue pas automatiquement agneaux ou pour le dire autrement ce n’est pas parce que l’on est baptisé que l’on est saint. Et c’est ici qu’il nous faut aller un peu plus loin car il est certain que le baptême est ce nécessaire qui établi la personne dans une relation profonde et réelle avec le bon Dieu mais le Baptême demeure un point de départ, demeure ce cadeau initial que Dieu nous fait, cadeau que nous sommes appelés à découvrir pour en vivre tout au long de notre vie. Ainsi oui, le baptême nous établi dans la relation avec le Seigneur mais nous sommes ensuite appelé à vivre de cette relation divine, à vivre en cette relation divine.
Dès lors ce n’est pas le baptême qui nous fait agneaux mais le baptême permet notre attachement viscérale, existentielle, essentielle au Seigneur et c’est cet attachement au Seigneur qui nous fait agneaux. En effet, il est certain que si nous vivons véritablement du Seigneur, si le Seigneur gouverne notre vie, notre manière d’être dans tous les domaines de l’existence dès lors nous ne vivrons pas comme les autres hommes. Et pour bien saisir quel doit être notre différence nous pouvons reprendre la belle prière de St François qui définit en quelque sorte notre vocation chrétienne, notre agir chrétien : « Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. ».
Et de par l’évangile de ce dimanche nous pourrions faire un petit examen de conscience pour savoir si nous sommes bien les agneaux du Seigneur et surtout quels sont les points d’attention sur lesquels nous devons travailler soutenu par la grâce divine, ainsi est-ce que je mets l’amour où il y’a la haine, le pardon où est l’offense, l’union où est la discorde, la vérité où est l’erreur, la foi où est le doute, l’espérance où est le désespoir, la lumière où sont les ténèbres, la joie où est la tristesse, est-ce que je console, comprends et aime ? Et ne considérons pas uniquement les choses importantes de l’existence mais considérons également la vie de famille, ce quotidien qui est le nôtre.
Alors en ce dimanche, demandons au Seigneur de faire de chacun de nous des agneaux, des agneaux forts de leurs attachements au Christ, des agneaux offerts pour la conversion des loups.

Amen.

26 juin - 13ème Dimanche du Temps Ordinaire

En ce dimanche, notre diocèse de Marseille qui comprend la deuxième ville de France, notre diocèse de Marseille devait célébrer les ordinations sacerdotales, aujourd’hui en notre diocèse des hommes auraient dû être ordonné prêtre. Mais aujourd’hui les cloches de notre cathédrale n’accompagneront pas la joie du peuple chrétien, les cloches aujourd’hui se tairont. Et pour la première fois depuis de nombreuses années, il n’y aura pas d’ordinations de prêtre pour le service de notre diocèse. C’est un constat sans jugement, mais un constat malheureux.
Inutile de s’attarder sur le pourquoi car ce pourquoi n’appartient pas à notre réflexion. Et surtout ne sombrons pas dans ces poncifs de la pensée moderne accusant le célibat des prêtres comme seule cause du manque de prêtre. Le célibat l’est depuis toujours mais la crise quant à elle est moderne. On pourrait aussi se cacher derrière la crise bien réelle de l’engagement, aujourd’hui l’engagement pour la vie ne semble pas être une valeur moderne mais ici ne se trouve pas non plus la réponse. Prenons conscience que nous ne pouvons pas expliquer par des réalités contingentes un mystère tel que celui de la vocation. Le cardinal archevêque de Paris le rappelait : « Si on réfléchit à [la] décision [de devenir prêtre] comme à une option personnelle que vous auriez faite parmi tant d’autres possibilités, elle reste largement inexplicable, voire déraisonnable. Comment justifier par une option personnelle toujours révocable ce qui relève d’un engagement définitif dont la seule raison est de répondre à un appel ? Le Christ lui-même nous a donné la clef de cet alliance mystérieuse : "Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure." (Jn. 15, 16) […] La seule cause réelle est le regard aimant de Jésus qui s’est posé sur chacun d’entre vous [un tel ou un tel] et sa voix qui vous [leur] a dit secrètement: " Suis moi." »
La réalité de la vocation appartient au Christ qui en a l’initiative et elle suscite une réponse volontaire du jeune ainsi appelé. Oh bien sûr la vocation ne s’impose pas, elle est la rencontre de deux volontés, la première volonté est celle du Christ qui appelle, le seconde volonté celle du jeune qui répond. Mais dire oui au Seigneur et initier un chemin de formation au séminaire ne peut, là encore, reposer sur des calculs humains mais se fonde sur une confiance unique en la personne du Christ et donc aussi en ceux qui sont dépositaires de son autorité malgré leurs imperfections.
Nous le voyons bien, répondre à l’appel du Seigneur est un saut dans la Foi, seule la Foi aimante et ardente est moteur de la vocation. Ainsi, si aujourd’hui nous n’accueillons pas de nouveau prêtre en notre diocèse, si demain nous ne pourrons pas assister à la première messe de ces prêtres et recevoir ainsi une nouvelle indulgence plénière, si après demain des communautés ne recevront pas de nouveaux prêtres pour leur service, cela est dû à un manque de Foi. Et là aussi, n’accusons pas les autres mais considérons-nous nous même, considérons ces paroisses qui sont les nôtres car les prêtres de demain sont peut-être là mais pour qu’ils répondent favorablement à l’appel du Seigneur il faut une Foi ardente qui est portée par la communauté que nous sommes. Peut-être un prêtre demain se trouve en cette église, se posant la question de la suite du Christ et si nous voulons le soutenir il nous faut œuvrer pour que la Foi véritable, pour que la Foi catholique rayonne en ces villages qui sont les nôtres. Alors surtout considérons la question de la vocation sacerdotale comme étant nôtre car c’est bien la Foi ardente, la prière qui permet l’éclosion de ces vocations. Ne pensons pas l’horreur d’un monde sans prêtres mais prenons résolument le chemin de la Foi afin de favoriser les vocations sacerdotales.
Et dès maintenant, prions avec zèle et ardeur afin que de nombreux jeunes entendent l’appel du Seigneur, qu’ils y répondent favorablement, qu’ils soient accompagnés et formés dans la grâce du ministère catholique afin qu’ils puissent embraser le monde.
Seigneur donnez-nous des prêtres !
Seigneur donnez-nous de saints prêtres !
Seigneur donnez beaucoup de saints prêtres !

Amen.

19 juin - 12ème Dimanche du Temps Ordinaire

La finale de l’évangile de ce dimanche est saisissante : « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera », cette finale est saisissante car elle nous replace tous et chacun devant l’essence même de ce qui fait notre vie. En un sens il est certain que nous avons tous comme premier élan, élan naturel qui plus est, nous avons cet élan de protéger notre propre vie comme un instinct de conservation. Et il est certain que le Christ ne s’élève pas contre cela car la vie en elle-même a du prix mais le Seigneur nous pose la question de savoir s’il est bon de sauvegarder notre vie à tout prix ? Ou bien, pour poser la question un peu différemment y’a-t-il quelque chose de plus important que notre vie d’ici bas ?
Ainsi posée, cette question ne peut recevoir qu’une seule réponse : oui il y’a quelque chose de plus important que cette poignée d’année qui sont les nôtres ici-bas et c’est l’éternité. Dis comme ça dans le confort de nos existences, il est certain que nous recevons cette affirmation tout en n’imaginant pas une seule seconde que nous aurons à poser ce choix décisif entre notre vie et notre attachement à Dieu, entre notre vie d’ici-bas et l’éternité. Mais en réalité, l’ensemble des choix que nous posons dresse une esquisse de ce choix décisif. Que préférons-nous ? Sont-ce les plaisirs mondains ou la joie de l’union à Dieu ? Est-ce le rythme de nos passions ou l’élan vital de l’évangile ? Qu’est ce qui tiens la première place en nos vies ? Quelle est la place de Dieu en nos vies ?
Toutes ces questions marquent l’orientation foncière de nos existences et si Dieu est préféré à tout, si Dieu a une réelle place en nos vies non pas dans l’option de nos temps libres mais comme fondation de nos agendas alors ce choix décisif entre notre vie d’ici-bas et l’éternité est déjà posé en faveur de  l’éternité. Et si un jour, ne connaissant pas ce que nous réserve l’avenir, si un jour nous sommes placés devant ce choix radical tels les martyrs d’hier et d’aujourd’hui, notre attachement à Dieu pourra l’emporter et nous emporter jusque dans l’éternité. En évoquant les martyrs, je ne peux que me référer à la vie de celui qui sera canonisé dans quelques semaines, il s’agit d’un prêtre, martyr français du nom de Frère Salomon Leclerq, un des martyrs de la révolution française.
Né à Boulogne, le 14 novembre 1745, et entré au noviciat le 25 mars 1767, Frère Salomon était, en 1790, secrétaire du Supérieur général des Frères des écoles chrétiennes. Il refusa de prêter le serment de Constitution civile du clergé, un refus passible d’exil, d’emprisonnement et même de mort. Il vivait alors seul à Paris dans la clandestinité. Le 15 août 1792 il fut arrêté et emprisonné au Couvent des Carmes, avec de nombreux évêques, prêtres et religieux. Le 2 septembre, avec 190 autres ecclésiastiques prisonniers, il fut massacré à l’épée dans le couvent et son jardin.
Le Frère Salomon Leclerq a été posé devant ce choix radical entre la fidélité à la Foi, à l’Eglise, à Dieu et la soumission au pouvoir de son temps. Et au cœur de la Révolution française qui a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-âge et dans toute l’Europe (dixit Pierre Chaunu, historien), au cœur de la Révolution française le Frère Leclerq a choisi Dieu plutôt que l’abjuration et la conservation de sa vie. Et aujourd’hui, en nous laissant enseigner par cette vie de saint nous ne pouvons que penser à tous ces chrétiens d’orients qui eux aussi ont préféré Dieu à leurs propres existences.
Ces figures d’hier et d’aujourd’hui doivent nous renforcer dans notre attachement au Christ et à l’Eglise car si en notre terre de France nous ne risquons pas le martyr, il existe un danger plus grave qui est celui d’une abjuration lente et silencieuse fruit du relativisme ambiant. Et c’est pourquoi nous sommes tous appelés à demeurer ferme dans la Foi, dans un attachement indéfectible au Christ et à l’Eglise, dans un attachement non pas idéologique mais dans un attachement amoureux. Alors, tenons ferme dans la Foi car notre éternité en dépend, tenons ferme dans la Foi par amour du Christ qui est La vérité.

Amen.