Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mardi 13 août 2019

18 Avril - Jeudi Saint


En ce soir, prend fin le temps du carême et débute le triduum, ces trois jours où nous accompagnons le Seigneur en sa Passion, sa mort et sa Résurrection. Mais ce soir, c’est un don infini que le Seigneur nous fait que nous devons honorer. Je veux bien entendu parler du don de la très sainte eucharistie, du don de la sainte messe. Et nous n’aurons jamais assez de cesse que de contempler ce don ineffable.
En effet, comment saisir que Dieu, créateur de toute chose, créateur de toute cette réalité dans laquelle nous évoluons quotidiennement, Dieu décide de se livrer à l’humanité en se rendant présent dans le pain et le vin consacré. Car ce n’est pas une image, à chaque messe, Dieu se rend présent totalement, pleinement dans le pain et le vin. Oh bien sûr nos yeux ne voient que l’extérieur du pain, que l’extérieur du vin car Dieu vient sous le voile de ces simples apparences.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce que Dieu ne transforme pas visiblement le pain en son corps, pourquoi est ce que Dieu ne transforme pas visiblement le vin en son sang ? Cette question est tout à fait légitime et elle trouve sa réponse dans l’être même de Dieu qui ne désire pas s’imposer à nous à force de miracles imposants mais qui désire nous inviter à Le suivre, à L’aimer, à Le recevoir dans la Foi. Il est vrai qu’au long de l’histoire de l’Eglise et pour soutenir notre Foi le Seigneur Jésus a dévoilé sa présence par des miracles eucharistiques mais, d’une manière habituelle, Dieu n’agit pas ainsi car Dieu nous invite à la Foi. Et seule la Foi peut nous permettre de découvrir la réalité de sa présence car chaque eucharistie, chaque messe demeure un mystère qui nous est incompréhensible. Alors bien sûr nous apportons des explications en parlant de la transsubstantiation mais ces développements rationnels, aussi important soient-ils, ne doivent pas nous éloigner de la simple contemplation, de l’adoration de Dieu qui est là.
Dieu est là, voilà l’unique vérité qui doit nous saisir l’âme et le cœur. Dieu est là totalement et réellement présent. Dieu est là jusqu’à se donner en nourriture de nos âmes. Tu dis que Dieu serait loin de toi, et bien non, Il est là ! Tu dis que Dieu est puissant c’est vrai mais Il se livre à Toi totalement dans le creux de tes mains. Dieu est amour et son identité le conduit à se livrer.
« Ceci est mon corps », « ceci est mon sang » voilà ces paroles du Seigneur qui opèrent le miracle quotidien perpétué depuis près de 2000 ans comme le Seigneur Lui-même l’a dit à ses apôtres et à leurs successeurs les prêtres et les évêques : « faites cela en mémoire de moi ». Et honorer le don de la sainte eucharistie, c’est honorer également le don du sacerdoce. Ce choix que Dieu opère qui constitue des hommes prêtres du Seigneur rendus capables de faire descendre Dieu sur tous les autels du monde, rendus capable de pardonner les péchés en lieu et place de Dieu Lui-même dans le sacrement de la confession. « Oh, que le prêtre est quelque chose de grand » disait avec raison le St Curé d’Ars. Le prêtre est quelque chose de grand porté par une humanité fragile. Et n’oublions jamais de prier pour que le Seigneur nous donne des prêtres, des saints prêtres, beaucoup de saints prêtres.
Alors en ce soir, prions pour que de nombreux jeunes entendent l’appel du Seigneur à devenir prêtre et qu’ils y répondent favorablement, en ce soir renouvelons notre acte de foi en la présence réelle du Seigneur en son eucharistie, adorons le Seigneur en son eucharistie. Et surtout, pensons toujours à ce que nous faisons lorsque nous nous approchons de la sainte communion, car alors nous nous approchons de Dieu, nous recevons Dieu. Quelle grandeur et quelle folie qui ne peuvent que susciter en nous qu’un respect immense pour l’hostie consacrée que nous recevons car elle est vraiment le très saint corps du Seigneur que nous recevons, cette hostie consacrée c’est Dieu !
Et en ce soir, en plus de nous donner le sacerdoce, de nous donner les prêtres, en plus de nous confier la sainte eucharistie, le Christ a voulu poser un geste des plus étonnants, celui du lavement des pieds. Et gardons pour nous même ce geste, c'est-à-dire faisons travailler nos imaginations en imaginant le Seigneur venir jusqu’à nous en cet instant où nous sommes assis, venir jusqu’à nous, se mettre à genou devant nous pour nous laver les pieds. Oui, Dieu se met à genoux devant nous pour nous signifier combien Il peut s’anéantir pour nous rejoindre, pour nous montrer qu’Il est prêt à tout pour nous purifier et nous sauver, pour nous manifester toute son attention et sa douceur. Et alors que ce geste du lavement des pieds va être reproduit dans quelques instants, imaginons en nos cœurs le Seigneur agir ainsi pour nous, laissons-le faire et redisons Lui combien nous avons ce désir de vivre de sa vie, de l’aimer toujours davantage, demandons Lui de nous aider à poser ce même geste dans nos vies en étant nous même les serviteurs de tous.
Amen.


14 Avril - Dimanche des Rameaux


En entendant une nouvelle fois le récit des derniers jours du Seigneur nous ne pouvons qu’être porté à la compassion. Certes, c’est un sentiment des plus humain que la compassion mais comment ne pas la ressentir en voyant le juste, l’innocent par excellence ainsi condamné, torturé et tué. Comment ne pas être saisi par la bonté infinie du Seigneur qui transparaît à chaque instant malgré la douleur, le sang et la mort. Oh oui, le Christ est aimable et c’est bien ce qui doit nous saisir le cœur et l’âme car tout ceci a du sens. La souffrance et la mort du Seigneur si elles doivent faire naître en nous de la compassion, elles doivent également faire jaillir en nous de la reconnaissance. Car si le Christ a accepté de souffrir tout cela, si le Christ a accepté de mourir de cette façon ce n’est que pour une chose : nous, chacun de nous. Dans l’esprit du Seigneur ce sont chacune de nos vies, chacun de nos visages qui étaient présents car c’est bien pour nous que le Seigneur est allé jusque-là. Comme un père ou une mère accepte de tout souffrir pour sauver leur enfant, de même Dieu accepte de tout souffrir pour nous sauver nous qui sommes ses enfants. Nous sauver de quoi ? et bien de la mort et du péché. Oh je sais bien que la notion de péché est quelque peu incompréhensible de nos jours, mais le péché c’est tout ce qui nous éloigne de Dieu, tout ce qui va à l’encontre de ce que nous sommes véritablement, tout ce qui va à l’encontre de l’Amour dont Dieu désire nous combler. Le péché ce n’est donc pas d’abord une catégorie morale mais c’est tout ce qui peut abimer notre relation à Dieu et gardons à l’esprit que le péché a un tel pouvoir qu’il peut nous séparer de Dieu au point de nous conduire jusqu’en enfer, dans cet état éternel de l’âme qui est séparé de Dieu pour l’Eternité, séparé de la bonté et de l’amour pour l’éternité. Mais nous, pauvres êtres humains, nous n’avons pas la capacité de racheter la dette du péché, nous n’avons pas la capacité de rétablir notre relation à Dieu. Et bien Dieu est tellement bon qu’Il décide, par amour pour nous, de régler cette dette du péché pour nous permettre d’être rétabli en son amitié, Dieu règle cette dette du péché par sa passion, par sa mort. La passion du Seigneur, chacune des souffrances du Seigneur, son agonie, sa mort même, tout cela c’est en notre faveur, pour nous !
Bien chers amis, ne nous laissons pas porter par le temps qui passe en demeurant insouciant quant à notre avenir éternel, ne remettons pas à demain d’être réconcilié à Dieu. La mort peut nous cueillir à n’importe quel moment scellant en un instant notre avenir éternel. Oh je ne vous dis pas cela d’abord pour nous faire peur mais pour que nous puissions nous rappeler que nous ne sommes que de passage sur cette terre, nous rappeler que Dieu est allé jusqu’à souffrir sa passion, jusqu’à mourir sur cette croix de douleur pour nous racheter et nous inviter dès maintenant à vivre de son Amour, à vivre en sa compagnie. Comment ? Et bien la bonté de Dieu est telle que Dieu nous accompagne Lui-même et cela par la sainte eucharistie, par la messe que le Christ a lui-même institué comme nous l’avons entendu. La messe dans laquelle Dieu Lui-même se donne en nourriture pour soutenir par sa présence et par sa grâce notre propre conversion. Chaque dimanche, la messe nous permet de recevoir Dieu Lui-même car Dieu dans son incommensurable grandeur se fait présent sous le voile du pain et du vin pour venir jusqu’à nous, pour nous nourrir de Lui. Alors le samedi soir ou le dimanche matin nous avons beaucoup de chose à faire mais rien de ce que nous faisons n’est plus important que Dieu, rien n’est plus important que de nourrir notre amour de Dieu. A chaque messe, c’est toute la passion du Seigneur qui se réalise, à chaque messe Dieu se livre pour nous, en notre faveur, nous rachetant, nous rétablissant dans son amitié. Et le bon Dieu n’en reste pas là, Dieu nous a aussi donné le sacrement de la confession qui nous permet de recevoir son pardon. Là encore, la bonté de Dieu demeure l’expression de son Amour infini, n’ayons pas peur de nous approcher du sacrement de la confession car Dieu est allé jusqu’à mourir pour répandre les flots de sa miséricorde.
Bien chers amis, en entendant le récit de la passion nous ne pouvons qu’éprouver compassion et reconnaissance, mais surtout ne pensons pas que cet évènement appartient au passé car Dieu ne cesse de venir jusqu’à nous, la messe du dimanche, la confession régulière, la prière quotidienne. Voilà tous les moyens que Dieu nous offre pour vivre dès maintenant en sa compagnie. Ainsi, on ne peut pas dire qu’il soit difficile d’aller vers Dieu car Dieu met tout en œuvre pour nous rejoindre ou que nous soyons dans quelque état que nous soyons. Il a été fait miséricorde à St Pierre qui avait renié Dieu par trois fois, oui Dieu l’a pardonné dans la simplicité d’un Amour infini et Dieu l’a rétabli dans son amitié à tel point que Pierre qui avait renié devient St Pierre. Le bon larron, ce bandit crucifié aux côtés de Jésus, Lui aussi, il reçut miséricorde, il fut pardonné par le Christ et il a pu entrer dans le Paradis.
Reprenons bien conscience que Dieu nous aime tellement qu’Il a certes accepté de souffrir sa passion, qu’Il a accepté d’être injurié, condamné injustement, torturé, crucifié et tué pour nous, pour chacun de nous mais Dieu est allé encore plus loin en nous demeurant présent à nous dans le tabernacle, en nous nourrissant de Lui par la sainte communion, en nous pardonnant par le sacrement de la confession, en étant attentif à chacune de nos prières. Dieu nous offre le chemin qui nous mènera droit vers le Ciel par Amour. Alors, en ce dimanche des rameaux, laissons-nous saisir par l’Amour de Dieu et décidons de changer notre vie pour vivre véritablement à ses côtés, en sa compagnie, dans la joie de sa présence. Dieu se livre totalement à nous, livrons-nous totalement à Lui. Dieu nous aime d’un Amour infini, laissons nous combler par Lui en Lui donnant la première place en nos vies.
Amen

mardi 9 avril 2019

La Semaine Sainte - Dimanche des Rameaux - Pâques


Paroisses St Laurent – St Martin – St Jacques le Mineur & St Pierre

La semaine Sainte

Dimanche 14 Avril -Dimanche des Rameaux
·        Samedi 18h30 en l’église de Peypin
·        Dimanche 9h en l’église de La Destrousse
·        Dimanche 10h45 en l’église de La Bouillladisse


Jeudi 18 Avril – Jeudi Saint – Mémoire de la Cène du Seigneur
·        19h en l’église de La Bouilladisse
·        A l’issue de la célébration du jeudi saint, adoration au reposoir jusqu’à minuit.


Vendredi 19 Avril – Vendredi Saint – La passion du Christ
·        15h : Chemin de Croix en l’église de La Bouilladisse
·        19h : Office de la Passion en l’église de La Bouilladisse


Samedi 20 Avril – Samedi Saint – La Résurrection du Seigneur
·        21h : Veillée Pascale en l’église de La Bouilladisse


Dimanche 21 avril – Saint jour de Pâques
·        9h : Messe en l’église de La Destrousse
·        10h45 : Messe en l’église de La Bouilladisse



7 Avril - 5ème Dimanche de Carême


Cette scène que nous rapporte l’évangile de ce dimanche nous pouvons tout à fait nous l’imaginer. Imaginer cette femme conduite sans ménagement aux pieds de Jésus, terrorisée en prévision du sort qui l’attend celui de la lapidation.  Imaginer ces hommes en fureur, eux qui déploient une haine contre cette femme surpris en état de péché et qui la condamnent sans recours possible. Puis au milieu de la peur terreur de la femme et de la colère noire de ces hommes, se dresse le Seigneur Jésus qui, dans un calme absolu, renvoi chacun de ces hommes à leur propre péché et rejoint cette femme dans sa miséricorde tout en condamnant son péché.
Mais et nous, qu’est ce que cet évangile nous dit ? Et bien considérons tout d’abord ces scribes et ces pharisiens qui amènent la femme adultère. Ils se positionnent comme détenteur de la Loi et donc imposent leur jugement. Selon la loi, cette femme doit être lapidée. Mais ils vont utiliser cet évènement pour essayer de mettre à défaut le Seigneur Jésus car en demandant au Seigneur ce qu’ils doivent faire le Seigneur n’a aucun bon choix, soit le Seigneur Jésus dit qu’il faut respecter la loi et dès lors la femme est lapidée ce qu’Il ne désire pas car le Seigneur est venu non pour perdre ce qu'il a retrouvé, mais pour chercher ce qui est perdu ; soit le Seigneur Jésus dit qu’il ne faut pas respecter la loi et dès lors c’est lui qui risque d’être lapidé avec cette femme pour avoir rejeté la loi ce qu’Il ne veut pas non plus. Aucune issue à priori.
Mais le Seigneur Jésus trouve le seul chemin qui soit digne de l’homme c'est-à-dire que le Seigneur Jésus renvoie chacun à sa propre conscience : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Cette Parole du Seigneur rappelle que celui qui doit appliquer la loi ne doit pas être lui-même sous le coup de la loi, celui qui doit condamner le pécheur ne peut être lui-même pécheur. Et l’Evangile est d’une grande finesse, lui qui précise qu’ils s’en allèrent en commençant par les plus vieux car la vieillesse s’accompagne souvent d’un regard réaliste sur soi-même dans la considération de ses propres faiblesses et déficiences.
Et bien peut-être qu’il peut nous arriver d’agir de la même manière que ces scribes et ces pharisiens. Lorsque nous condamnons ceux qui nous entourent en nous drapant dans notre propre semblant de vertu que cela soit dans la rue ou bien même devant la télévision. Lorsque nous considérons l’autre comme « inférieur » à nous à cause de sa vie de débauche et de déboire, à cause de sa religion, de sa culture ou de son ethnie. Gardons bien à l’esprit que nous n’avons pas la fonction de condamner n’étant ni juge, ni magistrat. Comme disciple du Christ doit toujours résonner en nous la phrase du Seigneur : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Ainsi dans une solidarité dramatique en notre nature marqué par le péché nous ne pouvons que reconnaître notre solidarité avec tous les hommes dans notre état de pécheur.
Et si nous considérons maintenant la femme adultère. Terrorisée par l’acte qu’elle vient de commettre elle pense être condamné, seule la mort est son avenir. Plongée dans les ténèbres elle ne peut même pas imaginer qu’il y’ait une issue à sa situation. Elle attend sa condamnation, elle attend la mort. Et bien parfois, il peut arriver que l’homme se sente enfermer dans son propre péché, pensant s’être anéanti par les actes désordonnés qu’il a posé, il n’attend même plus sa condamnation car il pense être déjà condamné. Sa vie alors n’est aussi que ténèbres mortifères. Et bien c’est là, comme disciple du Christ que nous devons crier cette parole du Seigneur Jésus : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pêche plus ». C'est-à-dire que tout comme le Seigneur Jésus nous sommes bien sûr invités à condamner le péché sans pour autant condamné le pécheur qui peut toujours être rejoint par la miséricorde divine.
Ainsi, en ce dimanche, le Seigneur nous invite à ne pas être des juges, « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés » nous dit le Seigneur par ailleurs. Il nous invite à ne pas commettre l’erreur de la condamnation de l’autre car nous aussi nous sommes pécheurs : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Et le Seigneur nous invite également à être disciple de miséricorde en rejoignant chaque personne quelles que soient l’épaisseur des ténèbres qui l’entoure car l’homme n’est jamais exclu de la miséricorde divine jusqu’à son dernier souffle. Mais, bien chers amis, pour être disciple de la miséricorde du Seigneur il faut en vivre soi-même, ainsi, surtout, n’oublions pas de nous confesser avant la belle fête de Pâques qui approche, le Seigneur nous y attend…
Amen.

31 Mars - 4ème Dimanche de Carême


En ce dimanche de la joie, la sainte Eglise notre mère nous donne d’entendre cette parabole du Fils prodigue, ou du père prodigue que nous connaissons bien. Et la figure de ces deux fils demeure toujours symbole de chacun d’entre nous. Nous qui sommes parfois comme le benjamin et empruntons des chemins de traverse en nous éloignant du Seigneur par manque de charité, par colère ou par choix délibéré de toute autre nature contraire à notre amour de Dieu. Nous qui sommes également parfois comme ce fils aîné, demeurant fidèlement auprès du Seigneur, tenté par l’orgueil et la prétention. Mais en ce quatrième dimanche de carême, en ce dimanche de la joie, ce n’est pas sur nous qu’il nous faut centrer notre méditation. Car il n’y a pas initialement de joie à se considérer pécheur, il n’y a pas de joie à considérer sa propre déficience, ses propres manquements. La joie de ce dimanche elle ne procède donc pas d’abord de notre état de pécheur mais elle se concentre bien entendu sur Dieu représenté si bien par ce père de la parabole. Dieu agit en effet de la même manière que ce père c'est-à-dire que Dieu nous attend toujours, Dieu guette l’horizon espérant toujours nous voir revenir à Lui. Cette espérance de Dieu est signe de Son Amour pour nous car on attend et on ne désire que ceux que l’on aime. Ainsi oui, Dieu nous espère à ses côtés, Dieu guette notre retour. Et lorsque nous revenons à Dieu, Dieu ne nous rempli pas de reproches et pourtant, ô combien Dieu le pourrait. Dieu ne nous rempli pas de reproches mais Dieu nous rétabli dans notre dignité d’enfant de Dieu. Et c’est bien là que se trouve la véritable joie, cette joie que nul ne devrait pouvoir nous ravir, qu’aucun évènement ne devrait pouvoir ébranler. Dieu nous aime, Dieu nous attend, Dieu nous espère pour nous combler sans reproches. La seule chose que nous avons à faire c’est de toujours revenir à Lui porté par une contrition véritable, porté par le désir de demeurer à ses côtés.
Et il est certain que le sacrement de la confession demeure le signe efficace de notre retour à Dieu. Mais ô combien ce sacrement semble difficile car méconnu. En effet, certains vont se considérer comme étant trop pécheur pour recevoir le pardon de Dieu mais alors ils mettent une limite à la miséricorde divine, ils empêchent Dieu de leur faire miséricorde car ils ne considèrent pas que la bonté de Dieu soit si importante que cela, quelle erreur !!! Rappelons-nous cet enseignement de St Paul : « là où le péché abonde, la grâce a surabondé ». Alors surtout ne mettons pas de limites à la miséricorde divine.
Puis il y’a ceux qui, à l’inverse, vont se considérer sans péché. Et là, quelle méconnaissance de leur propre misère qui rejette le sacrifice du Christ. Car si le Christ est mort et ressuscité c’est pour nous racheter de la mort et du péché, si nous pensons être sans péché cela revient à dire au Seigneur que son sacrifice était inutile… Alors bien sûr qu’il y’a de grands et de petits pécheurs mais comme l’assure le psaume : « aucun vivant n’est juste devant Toi Seigneur ». Le péché ne se réduit pas au meurtre, à l’adultère ou à je ne sais quoi, le péché désigne tout ce qui nous éloigne de Dieu, tout ce qui nous éloigne de Dieu et en ce sens, qui peut dire qu’il est toujours auprès de Dieu alors que les plus grands saints se reconnaissaient les plus misérables parmi les hommes ; qui peut dire qu’il vit d’une charité parfaite. Je dis cela, non pas pour nous décourager, mais bien pour que nous prenions tous conscience que nous avons tous besoin du bon Dieu, que nous prenions tous conscience que Dieu a livré son Fils pour nous, pour chacun de nous dans cet acte d’amour dramatique qui nous rachète de tous péchés. Rappelons-nous ce que nous dit St Jean en sa première épître : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous ». Alors oui, reconnaissons-nous pécheur en vérité afin que Dieu nous fasse miséricorde.
Et puis, il y’a une troisième catégorie de personne qui estime que le sacrement de la confession n’est pas une obligation et qu’il suffit de se confier à la croix du Seigneur. Mais là encore, cela revient à dire au Seigneur qu’Il se trompe lorsqu’Il a donné mission à ses apôtres d’être les canaux de dispensation de sa miséricorde. Rappelons-nous cette parole du Seigneur adressée aux apôtres et à leurs successeurs les évêques et les prêtres : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». Ne laissons jamais nos opinions aller à l’encontre de l’enseignement du Seigneur car sinon nous ne suivons plus le chemin du Christ mais notre propre chemin qui n’est pas un chemin de salut.
Ainsi, oui, la miséricorde divine est accessible à tous ceux qui désirent s’établir auprès du Seigneur en se laissant purifier par sa miséricorde, en se reconnaissant humblement pécheur et en usant du sacrement de la confession que le Seigneur nous a donné. Alors demandons au Seigneur que durant ce carême nous demeurions toujours dans la joie de la certitude que Dieu nous aime, Dieu nous attend, Dieu nous espère pour nous combler sans reproches et demandons aussi au Seigneur que nous puissions vivre une belle et sainte confession afin d’être totalement disposé à vivre de sa résurrection.
Amen.

vendredi 29 mars 2019

24 Mars - 3ème Dimanche de Carême


Au cœur de ce carême, l’évangile de ce dimanche nous invite à nous poser la question du mal, cette question qui traverse toute notre existence et qui appartient à l’ensemble de l’expérience humaine. En effet, tout comme ces gens de l’Evangile, il y’a parfois cette tentation d’expliquer le mal comme étant une résultante du péché c'est-à-dire que si quelqu’un souffre c’est parce qu’il a dû commettre un péché grave. Dans cette vision, le mal devient simplement la dette du péché et, dans le prolongement de cette pensée, ce serait Dieu qui nous punirait à cause de quelque chose de mal que nous aurions fait. Ou pour le dire encore autrement, le mal subi serait dû à un mal commis.
En entendant cela, peut-être vous dîtes vous que ce n’est plus la manière de voir aujourd’hui et bien repensons simplement à la fameuse petite phrase bien connue : « qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça »… ou encore à tous ceux qui vont accuser le bon Dieu d’être l’auteur et même l’instigateur du mal qu’ils subissent. Le décès d’un proche, la maladie, la souffrance, tous les maux de l’existence deviennent dès lors source de reproches adressés à Dieu. Et il est certain que si Dieu était l’auteur du mal que nous subissons dès lors il serait tout à fait compréhensible qu’on le rejette.
Mais le Seigneur Jésus dans l’Evangile de ce dimanche, vient mettre à bas cette pensée néfaste. Le mal que l’ont subi n’est pas à priori une punition du péché car rappelons-nous ce que le Seigneur nous dit par ailleurs : ce n’est pas la mort du pécheur que je désire mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Et avec les psaumes redisons-le : « Dieu ne nous rend pas selon nos offenses, Il n’agit pas envers nous selon nos fautes ». Ainsi, gardons bien à l’esprit, que Dieu est totalement bon et que dès lors rien de mauvais ne peut sortir de Lui, Dieu ne peut pas produire le mal car Il est Amour. Parce que Dieu est Amour, tous les actes divins sont portés par son être qui est Amour.
Mais alors d’où vient le mal ? La première chose à reconnaître c’est que la nature qui est imparfaite, la nature draine en son sillage son lot de déficience maladive et élémentaires. Que l’on parle du cancer ou des catastrophes naturelles, nous mettons le doigt sur l’imperfection de la nature. La seconde chose à reconnaître c’est que l’humanité est une grande productrice du mal, productrice par les guerres mais aussi par une mauvaise gestion des biens de ce monde. Comment expliquer que l’on mette des milliards dans l’exploration spatiale ou dans d’autres réalités secondes et que nous laissions des populations mourir de faim et de soif…
Tout en tenant cela dans un réalisme froid, pour nous chrétiens, il nous faut reconnaître que ce mal là, dans ces différentes réalités, ce mal là n’est pas celui qui est le plus à craindre. En effet, face à ce mal physique, il nous faut craindre bien davantage le mal spirituel c'est-à-dire le péché. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que le péché peut nous conduire au rejet de Dieu et cela jusqu’à l’enfer. Le péché engendre le mal parfois physique mais toujours spirituel et c’est bien lui qui est le plus à craindre.
Oh j’ai bien conscience que cette manière de voir les choses n’est pas portée par notre temps, mais c’est bien là la manière chrétienne de voir et de considérer l’existence car nous devons toujours nous rappeler que nous sommes faits pour l’éternité et que cette vie d’ici-bas n’en est que le préambule.
Ainsi, pour grossir quelque peu le trait, il vaut mieux être mourant et saint plutôt qu’en bonne santé et pécheur, bon c’est vrai qu’idéalement il vaut mieux être en bonne santé et saint. Mais rappelons-nous toujours que les imperfections de la nature nous n’avons que peu de prises sur elles alors que nous avons toute amplitude d’action pour la sainteté de nos âmes car nous avons la capacité de nous convertir peu à peu soutenu par la grâce, nous avons la capacité de demeurer fidèle à la prière, nous avons la capacité de vivre des sacrements. Et ce que le Christ est venu accomplir par sa passion, sa croix et sa résurrection, c’est bien en vue de notre éternité, le Christ nous a sauvé de la mort et du péché.
Alors durant ce temps de carême, tâchons de vivre en vue de l’Eternité, de notre union à Dieu, travaillons aux choses qui ne passent pas, à notre Eternité, notre sanctification, notre salut, et, sans négliger aucunement notre corps, tâchons d’établir nos âmes dans la grâce de la présence divine.
Amen.

17 Mars - 2ème Dimanche de Carême


Quelle joie en ce dimanche que de pouvoir relire cet évènement de la transfiguration, cette manifestation de l’identité de Jésus Christ pleinement homme et dont la pleine et entière divinité resplendit en ce jour d’un rayonnement immaculé.
Quelle joie en ce jour que de voir le Seigneur Jésus aux côtés de ces deux prophètes que sont Moïse et Elie car tous trois nous manifestent cette unité de la Parole de Dieu qui certes prend corps en Jésus Christ mais est déjà porté par l’ensemble de l’histoire du peuple d’Israël depuis Abraham jusqu’à St Jean Baptiste. Il y’a bien une unité de la Révélation qui se déploie pédagogiquement dans l’Ancien puis le Nouveau Testament.
Ce sont là deux vérités de Foi : oui le Christ est pleinement homme et pleinement Dieu, vrai homme et vrai Dieu ; oui Dieu a préparé l’humanité à le recevoir en son Fils Jésus Christ par l’ensemble de l’histoire prophétique.
Et ne pensons pas que ces deux vérités seraient déconnectées de notre quotidien comme si elles ne constitueraient que des informations parmi tant d’autres. Affirmer que le Christ est pleinement Dieu, c’est affirmer ce désir qu’à Dieu de nous rejoindre et de nous sauver. Quittant sa gloire, Dieu se fait l’un d’entre nous, oui, Dieu Lui-même et dans une solidarité parfaite Dieu Lui-même se fait pleinement homme en toute chose sauf ce qui lui est contraire à savoir le péché. Et pour préparer sa venue dans la chair, Dieu a choisi le peuple d’Israël qui a reçu au long des siècles l’enseignement divin, révélé progressivement.
Et nous aujourd’hui, nous vivons de l’enseignement du Seigneur Jésus car en reconnaissant la divinité du Christ, nous reconnaissons que sa Parole n’est pas relative à un temps particulier mais qu’elle transcende les temps et l’histoire enraciné dans l’éternité divine, nous reconnaissons que la Parole du Seigneur Jésus relatée dans les évangiles demeure le guide sûr et souverain qui nous mène jusqu’à la béatitude éternelle. Oui, nous savons tout cela, oui nous reconnaissons tout cela mais le carême nous pose la question non pas de notre positionnement intellectuel mais bien la question de notre positionnement actuel, la question de notre agir. Est-ce que nous agissons en nos vies porté par la Foi au Seigneur Jésus Christ ? Est-ce que la Parole de Dieu a sa place dans notre vie comme lieu de l’enseignement divin ?
Ces questions sont essentielles car reconnaissons-le, porté comme nous le sommes par notre temps qui nous affirme que la Foi appartient au domaine privé, il existe cette tentation de faire de notre Foi une parenthèse de notre existence, un positionnement idéologique. La Foi reste cantonnée à des attitudes intérieures, restreinte aux seuls temps sacramentels. Mais quelle erreur, car nous aussi nous sommes invités à faire que notre vie soit transfigurée c'est-à-dire à faire que notre vie transpire du Christ, rayonne de l’Amour divin, illumine les ténèbres par la victoire du Christ ressuscité. Or nous ne pouvons être cela c'est-à-dire être véritablement disciple du Seigneur que si nous vivons, si nous vivons réellement selon la Foi. Posons-nous dès lors cette simple question, est-ce que ma vie témoigne de ma Foi ? Est-ce que ma manière d’être et d’agir témoigne de ma Foi ? Et allons jusqu’à considérer ce qui dans nos vies peut constituer un contre témoignage…
Car oui, bien chers amis, il nous faut vivre comme des chrétiens, comme des disciples du Christ, comme des apôtres de Dieu qui est Amour car voilà bien ce que nous sommes déjà par grâce et voilà bien là que se trouve le témoignage que nous sommes appelé à donner au monde. Alors oui, nous avons tous nos domaines de conversions alors surtout ne nous habituons jamais à nos faiblesses mais combattons-les ! Combattons-les en étant souvent relevé par la miséricorde divine et soutenu par la grâce dont Dieu nous comble. Et gardons toujours à l’esprit, qu’en recherchant la sanctification de nos vies, en essayant de tout faire pour que chaque moment de notre vie soit un témoignage rendu au Christ nous participons alors à la manifestation de la gloire de Dieu, nous œuvrons à l’édification du Royaume, nous sommes vraiment ceux et celles que Dieu désire.
Alors soyons des témoins fidèles, rayonnons le Seigneur, transpirons la bonne odeur de la Foi, laissons nous transfigurer par l’Amour du Christ.
Amen.