Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

dimanche 17 décembre 2017

Noël ! ! !

Les messes de Noël
24 décembre :
17h : Messe des familles à La Bouilladisse
20h : Messe de la nuit à La Destrousse
23h30 : Messe de Minuit à La Bouilladisse
25 décembre :

10h45 : Messe du jour de Noël à La Bouilladisse


17 décembre - 3ème Dimanche du Temps de l'Avent

« Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas », cette phrase quelque peu mystérieuse et prophétique que Jean-Baptiste adresse à ceux qui l’interrogent est certes d’abord une annonce de la venue imminente du Seigneur Jésus. Le Seigneur qui va s’approcher de Jean le Baptiste pour recevoir de ses mains le baptême d’eau ; le Seigneur qui, en recevant ce baptême de Jean va consacrer ce geste et l’établir comme sacrement qui nous rejoint aujourd’hui. Mais cette parole de St Jean-Baptiste il nous faut également l’entendre pour nous tous. C’est à nous aujourd’hui que St Jean Baptiste dit : « Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas ».
            Oui, au milieu de nous, ici-même en cette église se tient le Christ Sauveur. Oh bien sûr me direz vous, nous le connaissons et nous nous rappelons tous ces éléments du catéchisme qui nous permettent de le connaître quelque peu mais il est dans un même temps certain que si nous le connaissions vraiment, si nous avions une connaissance affinée du Christ et donc de Dieu, nous serions saisi par sa bonté, par sa présence, par son Amour infini. Si nous connaissions pleinement le Christ nous l’aimerions  avec une telle force et une telle vigueur que notre vie toute entière ne serait qu’un hymne au Dieu vivant. Alors oui nous Le connaissons, mais notre connaissance est imparfaite, tâtonnante, notre connaissance continue de grandir oh non pas d’abord en nous plongeant dans les livres de théologie mais en nous mettant à l’écoute du Seigneur qui nous rejoint à chaque fois que nous nous tournons vers Lui dans la prière. Et c’est sur ce point que je désire attirer notre attention.
Car oui le Christ se tient au milieu de nous en cette église car le Seigneur Lui-même nous a dit : « lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux » ; oui le Christ est à nos côtés également dans ces temps de prière que nous prenons chaque jour car le Seigneur nous l’a dit : « toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret », car oui le Seigneur est pleinement présent en son eucharistie Lui qui nous a dit : « ceci est mon corps, ceci est mon sang ».
Dieu est réellement, pleinement présent et pourtant il peut nous arriver de reprocher au bon Dieu d’être absent dans telle ou telle situation oh non pas que le bon Dieu soit absent mais parce que le bon Dieu n’agit pas comme nous, nous voudrions. Il peut nous arriver de reprocher au Seigneur d’être absent mais prenons-nous le temps de le rendre véritablement présent en nos vies, en nos âmes et en nos cœurs ? Nous le savons, le bon Dieu sera là si et uniquement si nous l’accueillons. C’est en étant uni au Seigneur que nos yeux s’ouvriront et que nous discernerons cette présence agissante du Seigneur en nos vies et aussi en notre monde.
Et ce peut-être un de points d’attention pour cette dernière semaine qui nous sépare de la belle et grande fête de Noël, ce point d’attention qui consiste à permettre au Seigneur de naître en nos vies, qui consiste à accueillir le Seigneur véritablement, pleinement. Il faut que nous puissions affirmer avec assurance que le Seigneur se tient au milieu de nous c'est-à-dire affirmer que le Seigneur se tient en nous, en moi, en vous, en chacun de nous ! Et pour cela nous le savons, il nous faut l’accueillir en nous abandonnant entre ses mains, en nous laissant combler par sa miséricorde dans le sacrement de la confession comme le propose la célébration pénitentielle de jeudi ; en prenant du temps pour la prière, pour ce cœur à cœur avec le Seigneur ; en écartant de nos vies tout ce qui nous éloigne de Dieu ; en éteignant parfois la télé qui ne cesse de nous relayer toutes les catastrophes en passant sous silence tout le bien qui se fait…
Car oui nous voulons que le Seigneur soit en nous, au milieu de nous, alors ordonnons nos vies pour permettre la venue du Seigneur.

Amen.

mercredi 13 décembre 2017

10 Décembre - 2ème Dimanche du Temps de l'Avent

En ce deuxième Dimanche de l’Avent nous retrouvons la grande et belle figure de St Jean-Baptiste. St Jean Baptiste, lui, la voix qui crie dans le désert, lui, le précurseur, lui dont la seule mission est de préparer la venue du messie, la venue du Christ Sauveur. Cette annonce du messie portée par le Baptiste est d’abord un appel à la conversion. Et il peut être bon de nous interroger sur le pourquoi de cet appel à la conversion, en ce sens ou pourquoi faudrait-il se convertir pour accueillir le Seigneur, est-ce que ce ne serait pas plutôt l’inverse, est-ce que la rencontre du Seigneur ne serait pas l’origine de la conversion ?
Et bien, se convertir pour accueillir le Seigneur, pour Le rencontrer cela désigne cette conversion essentielle qui manque bien souvent à bon nombre de nos contemporains et peut-être même un peu à chacun d’entre nous. Se convertir pour rencontrer le Seigneur, cela désigne cette disponibilité que l’homme doit avoir pour permettre cette rencontre. En effet, nous le savons bien, le bon Dieu ne force pas les portes, Il ne force pas ni notre reconnaissance, ni notre amour. Le bon Dieu se tient à nos côtés attendant de nous que l’accueillions en nos vies. L’homme a ce pouvoir de permettre ou de refuser cette rencontre première avec le bon Dieu. L’homme a ce pouvoir de se rendre disponible ou non à la rencontre avec le Seigneur.
Et bien cette disponibilité première et essentielle, elle est objet de conversion car cette disponibilité est faite de renoncement, de ce renoncement quant à l’illusion que nous avons de nous suffire à nous même, renoncement quant à l’illusion toute moderne que nous n’avons pas besoin d’être sauvé, ou au contraire renoncement quant à l’illusion encore plus dangereuse de croire que quoi que nous fassions nous serons sauvés… Toutes ces illusions, et bien d’autres encore, toutes ces illusions empêche la rencontre première avec le Seigneur, toutes ces illusions sont à démasquer afin de reprendre pied dans la réalité, dans cette réalité que Dieu nous enseigne : en nous rappelant que notre temps d’ici bas est décisif dans l’ordre de l’Eternité, en nous rappelant que notre temps d’ici bas peut nous conduire dans les abîmes effroyables de l’enfer fruit du péché, de l’indifférence ou de refus de Dieu.
Cette conversion de l’homme qui se rend disponible à la présence et à l’action de Dieu est essentielle car elle est première, car elle permet à l’homme d’accueillir le Seigneur en son cœur, en son âme et en sa vie ; elle permet d’initier cette formidable histoire d’Eternité avec le bon Dieu. Et, ne nous y trompons pas, si cette disponibilité est essentielle comme premier pas dans la Foi, cette disponibilité il nous faut y veiller tout au long de notre vie. En effet, nous le savons bien, nous avons tous cette tentation de nous créer un dieu qui nous convient en ne nous laissant plus porter par la Parole du Christ et de l’Eglise mais en considérant nos opinions comme supérieure à la Révélation divine. Tout au long de la vie, il nous faut donc veiller à demeurer disponible à Dieu et pour Dieu, il nous faut veiller à nous laisser porter par la grâce et par la présence divine, en nous laissant enseigner par Dieu. Cette disponibilité constante est bien entendu portée et manifestée tout d’abord par une vie de prière qui manifeste ce désir de se laisser modeler par la grâce.
Ainsi, oui, l’homme est appelé à se convertir afin de se rendre disponible à la rencontre avec le Seigneur mais également tout au long de sa vie de Foi, l’homme doit veiller à demeurer dans cette disponibilité afin que comme le dit St Paul, ce ne soit plus nous qui vivions mais bien le Christ qui vive en nous.
Dès lors nous pouvons tous nous interroger : sommes-nous disponibles à Dieu et pour Dieu ? Sommes-nous disponibles aux motions divines ? Ô, disponible dans tous les sens du terme : disponibilité intérieure de l’âme qui vit de l’amour divin et désire se laisser conduire et modeler par le bon Dieu ; disponibilité de l’agenda dans le temps qui est pris pour la prière quotidienne, pour ce cœur à cœur avec le Seigneur qui nous façonne l’âme ; disponibilité de l’agenda encore pour se laisser nourrir par le Christ en la sainte Eucharistie le dimanche mais aussi en semaine…
Combien de fois disons-nous que nous ne sommes pas disponible, que n’avons pas le temps pour le bon Dieu alors que le bon Dieu, oui le bon Dieu nous offre 24h chaque journée… nous n’avons pas le temps pour le bon Dieu mais nous avons bien du temps pour tant et tant de futilités qui ne nous ouvrirons pas les portes de l’Eternité bienheureuse.
Oh bien souvent je me dis que nous sommes fous car nous perdons le sens de la vie en nous attachant à tant de choses secondes et secondaires, en oubliant l’unique essentiel qu’est Dieu.
Et bien en ce dimanche offrons notre folie inconsciente au bon Dieu, offrons Lui notre indisponibilité volontaire afin que, dans sa miséricorde, le Seigneur Lui-même nous donne la force de faire un pas de plus en notre conversion, afin que le Seigneur Lui-même nous donne d’être véritablement disponible intérieurement et extérieurement. Il nous faut être disponible pour le bon Dieu, il nous faut être disponible à notre propre salut, alors convertissons-nous afin que le Seigneur nous attire à Lui jusque dans la béatitude.

Amen.

26 Novembre - Solennité du Christ Roi

En arrivant à la fin de l’année liturgique, la Ste Eglise notre Mère nous invite à considérer plus particulièrement l’Eternité. Cette Eternité qui sera établie sous le règne du Christ dont nous honorons aujourd’hui la royauté. Cette royauté du Christ qu’il nous faut bien saisir car le fondement de la royauté du Seigneur Jésus ce n’est pas d’abord l’exercice d’une autorité mais c’est bien l’établissement de l’Amour qu’est Dieu et ce, dans sa plénitude. Et aujourd’hui en reconnaissant et en honorant le Christ Roi de l’univers nous appelons de nos vœux que ce règne s’établisse comme nous le faisons à chaque prière du Notre Père : « que ton règne arrive » ; nous appelons donc que ce règne s’établisse et surtout nous adhérons à l’établissement du règne de Dieu pour chacune de nos vies, chacune de nos âmes. Oui nous désirons que le Christ règne sur nous, sur nos âmes mais ce désir n’appartient pas uniquement à une option fondamentale qui ne serait qu’intellectuelle, ce désir n’appartient pas uniquement à un ordre spirituel qui serait déconnecté de la réalité et de notre quotidien, ce désir il doit s’inscrire dans la réalité de l’action présente et c’est d’ailleurs notre action présente qui porte ce désir jusque dans l’Eternité.
C’est bien ce que le Christ nous rappelle par la parabole de l’Evangile de ce dimanche. En effet, qu’est ce qui va distinguer les boucs des chèvres, qu’est ce qui va distinguer les âmes disposées à recevoir l’éternité bienheureuse en héritage et les âmes qui s’en sont exclues ? Le Christ nous le dit : c’est la charité. Au soir de notre vie c’est sur l’Amour que nous serons jugés. C’est sur la charité, c’est sur l’amour que nous seront tous jugés.
L’Amour, la charité, elle revêt bien des visages et permettez-moi pour l’expliciter de reprendre un passage de cette merveilleuse encyclique « Deus caritas est » du Pape émérite Benoît XVI qui écrivait : « L’amour du prochain […] consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention […]. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain ».
Ainsi oui, nous serons jugés sur la charité effective que nous aurons eu envers le prochain mais cette charité s’enracine dans la Charité même de Dieu qui rejoint tous et chacun. Nous sommes appelés à devenir des disciples de la Charité divine œuvrant pour le bien du prochain, ce bien qui repose certes parfois sur des besoins matériels mais qui repose toujours sur des besoins spirituels. Être disciple de la Charité divine c’est donc toujours être missionnaire dans les faits en pourvoyant aux besoins primaires de la personne mais aussi et peut-être surtout dans le témoignage de Foi qui adresse aux prochains la Parole d’Amour de Dieu.
Dès lors oui nous pouvons tous nous interroger pour savoir si nous aimons véritablement en nos vies ? Et nous répondrons tous que oui nous aimons mais avec un peu d’humilité et un brin de réalisme entendrons pour nous même cette Parole du Seigneur : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? […] Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quelle récompense méritez-vous ? ». Aimer ceux qui nous aiment, voilà bien la facilité dans laquelle bien souvent nous tombons et qui nous éloigne de la charité divine qui au contraire doit s’exprimer d’une toute autre manière comme le Christ nous le dit : « aimez vos ennemis ». Voilà La Charité, voilà le véritable amour du prochain auquel nous sommes appelés et sur lequel nous serons jugés.
Cela peut paraître terrifiant car nous savons bien combien il est difficile d’aimer nos ennemis, combien il est difficile d’aimer ceux qui nous ont fait du tort. Et c’est vrai, dans l’ordre humain cela a de quoi être terrifiant mais nous ne sommes pas de cet ordre humain car c’est en Dieu que nous puisons nos forces, c’est Dieu Lui-même que nous désirons imiter soutenu par sa grâce. Dieu, Lui qui s’est offert pour nous, pauvres pécheurs. Dieu, Lui qui s’est offert pour tous et pour chacun.
Alors ne considérons pas nos pauvres forces, nos pauvres volontés mais revêtons-nous de la grâce du Christ en nous tournant d’abord vers Dieu dans la fidélité de la prière car c’est ainsi que le Christ règnera sur chacune de nos âmes. Et en ce dimanche, posons un acte de charité, prenons quelques instants, maintenant, tout de suite, pour confier au Seigneur ceux qui nous ont fait du mal, ceux qui nous ont fait du tort, demandons au Seigneur de les visiter et de les combler de sa grâce et de sa miséricorde et demandons au Seigneur la force de pouvoir pardonner nous-mêmes tout comme le Christ Lui-même nous pardonne.

Amen.

19 Novembre - 33ème Dimanche du Temps Ordinaire

Cette parabole que nous livre le Seigneur dans l’Evangile que nous venons d’entendre nous offre une formidable lecture pour l’existence en général et pour notre propre existence en particulier. En effet chaque personne et nous également nous avons débuté dans l’existence porteurs de certains talents, c'est-à-dire porteurs de certaine capacités. Ces capacités elles peuvent nous être naturelles et il est bien vrai, même dans cet ordre naturel, que nous n’avons pas tous les mêmes capacités, et rappelons-nous ici que si nous sommes tous égaux en dignité nous ne le sommes nullement en termes de capacité. Ainsi, nous avons tous reçu et ce naturellement un certain nombre de capacités ; ces capacités naturelles viennent s’ajouter à d’autres capacités qui nous ont été transmises par notre éducation, par le milieu dans lequel nous avons grandi, dans lequel nous avons évolué. Et là encore, remarquons bien que nous ne sommes pas égaux non plus en cet ordre mais que bon nombre de disparité demeurent. Ainsi l’ensemble de ces capacités qui sont nôtres, qu’elles soient innées c'est-à-dire naturelles, ou qu’elles soient acquises c'est-à-dire fruit de notre propre milieu et de notre propre chemin, ces capacités que nous avons, elles peuvent demeurer inutiles si nous ne les utilisons pas tout au long de l’existence. Mais inversement, ces capacités peuvent croître lorsqu’elles sont assumées.
Prenons un exemple extrême, pensons à Mozart. Mozart avait une capacité hors normes dans le domaine de la musique, cette capacité naturelle a été favorisée par le milieu dans lequel il a grandi et qui l’a porté à devenir le plus grand compositeur de tous les temps. Mais si Mozart n’avait pas écrit toutes ces œuvres et bien son talent serait demeuré silencieux, inutile ; et nous n’aurions pas aujourd’hui la joie d’écouter ces œuvres, ces pièces qui ont suscité tant et tant de musiciens, tant et tant de talents jusqu’à nos jours.
Nous le voyons bien, dans l’ordre de l’humanité, cela se vérifie, le talent exploité conduit à un certains degrés de plénitude pour celui qui l’exploite et rejaillit également sur ceux qui le côtoient. Cela est vrai dans l’ordre naturel mais cela est également vrai dans l’ordre spirituel. En effet, tous, le jour de notre baptême nous avons reçu le don de la Foi, nous avons reçu, en nous, Dieu Lui-même. Cette présence divine est venue comme féconder nos capacités naturelles en leur donnant une dimension surnaturelle. Et dès lors, nos capacités naturelles ont reçu une nouvelle mission celle de soutenir et d’accompagner notre chemin de Foi, notre chemin de vie chrétienne, notre chemin de sainteté.
Pour reprendre l’exemple de Mozart, ses capacités exceptionnelles ont été mises à profit pour la Foi et pour la gloire de Dieu car un des chefs d’œuvres les plus reconnus étant bien la messe de requiem qu’il composa.
Ainsi, ne nous y trompons pas, nos grandeurs humaines ne sont pas en concurrences avec notre Foi, avec notre vie spirituelle car notre Foi ne nous créé pas schizophrène mais au contraire, nos grandeurs humaines sont appelées à coopérer à la vie de Foi, nos grandeurs humaines sont appelées à servir Dieu, à servir la présence de Dieu en notre monde.
Vous me direz que nous ne sommes pas tous des Mozart en ce sens où nous n’avons pas tous des capacités hors du commun et bien, le Seigneur le sait et ce que le Seigneur nous demande ce n’est pas de construire des châteaux en Espagne mais ce que le Seigneur nous demande c’est d’agir et d’œuvrer à notre niveau. C’est bien ce que le Christ nous enseigne : « tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ». Œuvrer déjà à notre niveau, dans cette existence qui est la nôtre, dans les rencontres qui la composent, voilà ce que le Seigneur attend de nous. Œuvrer à notre niveau dans cette grande œuvre qu’est la vie paroissiale, voilà ce que le Seigneur attend de nous. Pensons dans le même sens à ce que disait Ste Thérèse de l’Enfant Jésus : « ramasser une épingle avec amour convertit des âmes ». Ramasser une épingle, n’y a-t-il pas geste plus insignifiant dans l’ordre naturel mais le faire avec amour produit des fruits surnaturels infinis.
Ainsi il nous faut agir et œuvrer comme disciples du Christ à notre mesure. Penser que nous n’avons pas la capacité d’agir tels les saints que nous vénérons et dés lors demeurer immobile et statique serait bien la plus grande erreur que nous pourrions faire ici-bas. Car même si nos capacités nous semblent parfois insignifiantes gardons toujours à l’esprit que le Seigneur compte sur nous, Dieu compte sur nous ! Alors ne nous enfouissons pas mais au contraire, agissons, œuvrons, témoignons. Dieu compte sur nous et Dieu nous connaît mieux que nous même, Dieu connaît nos capacités mieux que nous même, et tout comme il suffit d’une pichenette pour démarrer la plus complexe chute de dominos, de même, nos actions, aussi infimes soient-elles, Dieu peut leur faire produire des fruits de grâces incommensurables. Alors surtout, œuvrons, œuvrons pour la plus grande gloire de Dieu car soyons en assuré, Dieu compte sur chacun de nous et nous avons tous une partition à jouer dans cette belle œuvre de Dieu.

Amen.

dimanche 19 novembre 2017

12 Novembre - 32ème Dimanche du Temps Ordinaire

« La cigale et la fourmis » voilà comment La Fontaine a traduit en un conte pour enfant la réalité de la parabole de ce dimanche. La finale de ce conte que nous connaissons tous donne en substance ceci : « La Cigale, ayant chanté tout l'Été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. [..] Elle alla crier famine chez la Fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelque grain pour subsister […] « Que faisiez-vous au temps chaud ? dit [la fourmi] à cette emprunteuse. « Nuit et jour à tout venant je chantais, ne vous déplaise ». « Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant ». Tout comme pour la parabole, l’insouciance n’est pas récompensée et bien au contraire, elle est renvoyée à sa propre inconsistance.
Ainsi, le Seigneur Lui-même nous averti contre cette insouciance qui peut saisir et qualifier une vie qui n’attend qu’une chose : que le temps passe et qui ne se préoccupe que de profiter de l’instant, vivant dans un carpe diem qui ne voit pas plus loin que le jour. Et quand la vie arrive à son terme, un regard en arrière suffit pour constater la simple inconsistance de cette existence vécue dans une insouciance volontaire. A ce sujet, c’est bien à notre vie spirituelle qu’il nous faut appliquer cet avertissement du Seigneur. En effet, dans l’ordre matériel nous ne sommes pas pour la plupart parmi ces insouciants, nous prévoyons et si telle dépense nous prend de court et bien c’est au régime de pâte que nous aurons droit. Mais dans l’ordre spirituel, force est de constater que d’une manière habituelle, l’insouciance est plutôt de mise, la nécessité de la messe du dimanche est bien facilement écarté pour tout autre projet, la confession est elle-même repoussée au mieux jusqu’à Noël si ce n’est jusqu’à Pâques sans parfois préciser l’année, la prière quotidienne est, elle aussi, bien souvent remise à cet éternel demain. Oh bien sûr, me direz-vous, nous avons bien des excuses et il est certain que nous sommes bien souvent passé maître dans cette capacité à nous trouver des excuses qui même si elles sont bien souvent bancales nous suffisent à garder un semblant de bonne conscience.
Et bien chers amis, en ce dimanche, il nous faut rejeter cette insouciance spirituelle, ne soyons pas des cigales de l’existence mais soyons de ces fourmis qui font de cette vie le tremplin de l’Eternité. La cigale spirituelle à la fin de sa vie se trouvera bien dépourvue et face à l’infini Amour de Dieu elle ne pourra que présenter ses regrets de n’avoir pas pris sa vie au sérieux. La fourmi spirituelle à la fin de sa vie se trouvera également bien dépourvue mais face à l’Amour divin elle pourra tout de même compter sur toutes les œuvres de Salut qu’elle aura accompli, œuvres qui la porteront au plus prés du Seigneur.
Ainsi, évacuons de nos vies cette insouciance spirituelle, reprenons conscience que notre vie d’ici bas est le prélude à notre Eternité, reprenons conscience que nous pouvons aimer Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser aimer par Dieu dès maintenant, que nous pouvons nous laisser combler de toutes les grâces que le bon Dieu nous destine si nous  nous disposons à les recevoir.
Notre salut, notre Eternité se construit dès maintenant alors prenons au sérieux la Parole du Seigneur qui nous redis avec force : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Alors veillons, gardons nos âmes auprès du bon Dieu afin que si notre vie devait s’arrêter en cet instant nous ayons simplement la joie de retrouver le Seigneur que nous aurons aimé et servi au long de notre vie.
Amen.


samedi 11 novembre 2017

5 Novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », voilà transcrit dans ce que l’on pourrait nommer comme un proverbe commun, voilà transcrit l’enseignement du Seigneur Jésus dans l’Evangile de ce Dimanche. Et, à ce sujet, il est toujours appréciable de noter que certains enseignements évangéliques, certaines paroles du Christ sont passés dans le langage courant.
« Ils disent et ne font pas », « Faites ce que je dis et non pas ce que je fais », par delà les mots, c’est bien une réalité sur laquelle il nous faut être attentif car c’est bien souvent ce que l’on reproche aux chrétiens. En effet, les chrétiens vont à la messe, manifestant leur attachement au Seigneur et aux valeurs évangéliques et pourtant, et pourtant certains vont reprocher à certains chrétiens de ne pas être de meilleurs personnes que les autres, de ne pas être porteur de la joie évangélique, de poser des actes qui vont bien à l’encontre du Christ et de l’Evangile. Et il nous faut reconnaître avec un brin d’humilité que c’est bien vrai et même pour nous même, tout du moins pour ceux qui parmi nous ne sont pas encore saints…
Et oui, il est vrai que les chrétiens ne sont pas parfaits. Mais cette constatation ne devrait pas nous désarçonner car le premier élan de la vie chrétienne n’est pas porté par une perfection morale, le premier élan de la vie chrétienne est porté par la rencontre avec le Christ ressuscité, rencontre qui change notre vie tout en nous rejoignant dans nos faiblesses et nos difficultés. Si pour être chrétien il fallait être parfait, et bien nous pourrions refermer nos missels et partir nous terrer chez nous. Ce qui nous fait chrétien c’est donc la rencontre avec le Christ ressuscité et il est certain que cette rencontre nous conduit à rechercher sans cesse notre propre conversion en nous laissant transformer par l’amour de Dieu.
Tout cela pour dire qu’il nous faut dénoncer deux erreurs. La première est celle portée par la Parole même du Seigneur Jésus « Ils disent et ne font pas » en ce sens où nous ne sommes pas les annonciateurs d’une morale, d’une éthique nous sommes les annonciateurs de la Foi en Jésus Christ et donc lorsque nous disons, lorsque nous parlons ce doit être d’abord pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et si cela nous amène à dénoncer une pratique dans l’ordre moral, il nous faut toujours le faire avec une charité immense, avec une charité qui est portée par la volonté de condamner le péché sans jamais condamner le pécheur. Car notre parole ne doit pas être d’abord une parole de condamnation de l’autre comme si nous lui étions supérieurs, mais notre parole doit toujours être un appel à la conversion et cela dans la reconnaissance que nous sommes nous même aux prises avec notre propre conversion.
La deuxième erreur est celle de la vision habituelle du monde sur la réalité chrétienne. Bien souvent le monde ne voit dans l’Eglise qu’un opposant réactionnaire condamnant et fustigeant à tout va, l’Eglise n’est bien souvent vue que comme gardienne d’une morale alors que l’Eglise est d’abord porteuse de la mission de l’annonce de la Foi. Oh bien sûr il ne s’agit absolument pas d’opposer foi et moral mais de considérer le principe de la réalité ecclésiale qui est bien la Foi. Dans cette vision erronée du monde, si l’Eglise est considérée comme gardienne d’une morale il est certain que tout écart du peuple chrétien est perçu comme un élément décrédibilisant l’ensemble de l’Eglise mais surtout, si l’Eglise est vue uniquement comme gardienne d’une morale tout ceux qui sont éloignés de cette morale se considèrent éloignés du message de l’Eglise et donc du Christ Lui-même et cet éloignement constaté peut conduire jusqu’à la lutte contre l’Eglise, contre l’illusion de ce dogme moral condamnant.
Ces deux erreurs, il nous faut bien les garder à l’esprit afin de parfois changer notre rapport avec le monde afin que notre parole ne soit pas d’abord une parole de morale mais qu’elle soit toujours une parole de Foi et d’annonce du Christ ressuscité Lui qui est venu non pas pour les bien portants mais pour les malades, Lui qui est venu non pas pour les justes mais bien pour les pécheurs. Et il est certain que si le peuple chrétien redevient d’abord cet annonciateur de la Bonne Nouvelle et bien peu à peu la considération du monde changera et verra peu à peu en l’Eglise non pas une structure moralisante condamnante mais bien plutôt cet hôpital de campagne qui désire rejoindre tous et chacun afin de leurs permettre cette rencontre unique du Christ ressuscité qui changera leurs vies et les fera peu à peu grandir sur le chemin de la vie chrétienne.
Alors en un mot soyons chrétien, véritablement chrétiens, travaillant à notre propre conversion avec humilité et cherchant à imiter le Seigneur Jésus dans toutes nos rencontres. Que le Christ soit notre vie, notre appui et l’unique objet de nos proclamations.

Amen.