Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mardi 4 octobre 2016

2 octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire

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« Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir », cette finale de l’évangile de ce dimanche, nous pouvons la recevoir porté encore par la belle fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face que nous honorions hier. Ste Thérèse apparaît, dans l’ordre du monde, comme une servante inutile, elle qui est rentrée au Carmel dès son plus jeune âge et qui ne le quitta jamais. Entre les 4 murs du Carmel de Lisieux, sa vie s’écoula dans la vie religieuse faite de prières, de vie communautaire et du travail de ce temps. On peut tout à fait affirmer que Ste Thérèse n’a rien produit à l’image de tous ces contemplatifs qui aujourd’hui encore ont choisi d’être à part du monde. Mais si Ste Thérèse n’a rien produit dans l’ordre matériel, elle demeure celle qui est reconnue pour sa fabuleuse action et ce à travers sa prière hier au Carmel et aujourd’hui dans la gloire du ciel. Ainsi, elle nous rappelle une chose essentielle que la vie trépidante de notre modernité tend à nous faire oublier, elle nous rappelle que la plus grande force en notre monde est bien celle de la prière, elle nous rappelle que la consécration à Dieu peut-être une source de grâce pour l’ensemble du peuple chrétien mais aussi pour le monde. Il nous faut donc faire le deuil d’une vision trop matérialiste, trop productiviste de l’existence. L’essentiel en notre vie n’est constitué que par ce qui nous ouvre à l’éternité.
Mais si comme toutes les belles figures de saints, Ste Thérèse nous rappelle l’essentiel qu’est le ciel, Ste Thérèse est également reconnu comme docteur de l’église, c'est-à-dire que son enseignement tout entier est proposé au peuple chrétien car certifié comme étant une voie pour avancer sur la voie difficile de la sainteté, comme une voie qui conduit droit vers le ciel. Et nous connaissons pour la plupart l’essence de ce chemin thérésien, c’est celui de la petite voie, de la voie d’enfance. Cette voie d’enfance qui n’est pas fait que pour les enfants et qui nous invite à nous dessaisir de nous même afin de laisser toute la place au Seigneur, qui nous invite à construire notre relation avec le bon Dieu à l’image de la relation d’un enfant avec son divin Père. Et c’est bien là que nous pouvons tous éprouver de la difficulté, pour nous qui tenons à notre autonomie, qui répugnons à nous laisser faire même si cela signifie se laisser faire par le Seigneur Lui-même. Cette petite voie d’enfance doit nous conduire à incarner en nos vies cette belle phrase de St Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».
Mais par delà cette petite voie, l’enseignement de Ste Thérèse se déploie à chaque pages de ses nombreux carnets et c’est d’un de ses carnets qu’a jailli le chant que nous prendrons, ce chant qui débute par ces simples mots : « Moi si j’avais commis tous les crimes possibles je garderai toujours la même confiance ». Cette courte phrase, cette courte affirmation, peut-être reçue par bon nombre d’esprit moderne pour l’inverse de ce que Ste Thérèse désire enseigner. En effet, pour bon nombre, cela signifie que l’on peut être totalement maléfique en cette vie, la miséricorde divine sera toujours là et donc, et c’est dans ce donc que se trouve le nœud du raisonnement, et donc il ne sert à rien d’essayer d’éviter le mal, autant s’y plonger puisqu’il sera toujours temps de profiter de la miséricorde.
L’erreur de cette réflexion ne se trouve pas dans l’affirmation que la miséricorde peut effacer une multitude de péché, c’est un enseignement véridique car évangélique : « à où le péché a abondé, la grâce a surabondée ». Ainsi oui, la miséricorde est infinie et Dieu désire l’appliquer à toutes les âmes qui se tourne vers Lui dans la conscience d’un cœur contrit, porté par l’Amour de son saint Nom et le regret des péchés accomplis. L’erreur de cette réflexion se situe bien dans le donc car cette conjonction de coordination insinue que la pratique du bien et la recherche de la vie morale est un mal en ce sens qu’il est bien souvent plus facile d’agir selon ses passions, d’agir mal plutôt que d’agir bien. Et je vais vous dire que c’est bien vrai, il bien souvent plus aisé de mal agir et il est souvent plus éprouvant de rechercher le bien. Mais pourquoi est-ce que nous désirons bien agir ? Est-ce que nous désirons bien agir pour ne pas avoir besoin de la miséricorde divine ? Je ne crois pas, car la personne bien portante évite d’être malade parce qu’elle se désire en bonne santé et non pas parce qu’elle ne veut pas user du remède. Ou encore, est-ce que nous agissons mal pour avoir besoin de la miséricorde divine ? Je ne crois pas non plus car la personne malade est heureuse de trouver un remède et ne désire pas, après avoir retrouvée la santé, ne désire pas retomber malade.
La miséricorde est le remède, le péché est la maladie. Et remarquons que si en nos vies nous recherchons à agir d’une manière bonne c’est bien parce que cela nous conduit au bonheur ; le bien agir fait les bienheureux, le mal agir fait les malheureux. De plus, si cela est vrai pour tout homme, pour nous chrétien il y’a une réalité supérieur à cette simple quête du bonheur : c’est notre amour de Dieu. Car oui, c’est notre amour de Dieu qui doit nous conduire à rechercher la vie droite et juste, la vie sainte qui nous donnera de vivre dès ici-bas dans une proximité avec le bon Dieu que nous aimons. Si en nos vies nous recherchons à fuir le péché c’est certes parce qu’il induit un certain malheur mais surtout parce que le péché nous éloigne de Dieu et cela même si nous savons que sa miséricorde nous est acquise.
Et si nous prenions le temps d’y songer, serait-il possible qu’un homme profondément chrétien, animé d’un amour ardent pour le Seigneur, serait-il possible que cet homme sombre volontairement et librement, non par faiblesse mais bien volontairement et librement dans le péché, blessant cet amour divin qui le fait vivre en se disant que la miséricorde sera là ? Cela est impossible si l’amour est ardent, cela est possible si l’amour est tiède…
Alors oui, avec Ste Thérèse, il nous faut affirmer que la miséricorde divine est infinie, rejoignant tous les pécheurs qui se tournent vers Dieu avec un cœur contrit mais il nous faut également affirmer avec force que la miséricorde ne rend pas le péché insignifiant, ce péché qui peut blesser l’âme humaine jusqu’à la conduire à la géhenne, jusqu’à la conduire en enfer. La miséricorde est la plus belle manifestation de l’Amour de Dieu à notre encontre et elle ne peut se recevoir que dans une relation vraie qui ne peut admettre l’hypocrisie. Alors recherchons la vie droite et juste, recherchons la vie sainte non par devoir mais bien par amour, vivons de la miséricorde du Seigneur en reconnaissant notre faiblesse, annonçons à tous la miséricorde infinie du Seigneur qui ouvre à l’éternité et ne cessons jamais de combattre le péché qui est négation de Dieu.

Amen.

25 septembre - 26ème Dimanche du Temps Ordinaire

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L’Evangile de ce dimanche nous donne de soulever quelque peu le voile sur cette réalité éternelle qui nous échappe. Et ce sont deux figures qui nous sont présentées, celle de Lazare et celle d’un homme riche, deux figures qui ont un destin éternel bien opposé, Lazare étant comblé de bonheur, l’homme riche comblé de malheur. Remarquons tout d’abord qu’il n’y a point de demi-mesure, seules deux alternatives éternelles sont établies : le bonheur et le malheur.
Ces deux alternatives, nous y goutons dès ici-bas car nos vies sont tissées du bonheur et du malheur de nos existences mais dans l’éternité c’est bien la notion d’absolu qui va qualifier aussi bien le bonheur que le malheur ; bonheur absolu d’un côté, malheur absolu de l’autre. Ces deux états éternels ont été nommés : le paradis étant cet état de bonheur éternel ; l’enfer étant cet état de malheur éternel. Notons bien que le paradis et l’enfer ne se côtoient pas, on ne peut passer de l’un à l’autre, séparés par un grand abîme ce sont bien des états éternels.
Mais si cette considération de ces états d’éternité sont importants, le Seigneur Jésus ne désire pas d’abord nous enseigner précisément par rapport à eux, Il désire simplement nous éclairer sur les deux objets éternels qui nous sont offerts : l’enfer et le Paradis car si le but est important, le chemin qui y conduit l’est d’autant plus. Si le paradis est cette éternité qu’il nous faut désirer, il nous faut connaître le moyen, le chemin pour l’atteindre.
Lazare a connu le malheur, la misère la pauvreté ici-bas et il connaît le bonheur éternel en Paradis. L’homme riche a connu le bonheur et la richesse ici-bas et il connaît le malheur éternel. Dans une lecture un peu trop rapide, nous pourrions donc nous dire qu’il nous faut demeurer dans la misère en vu du Paradis et qu’il nous faut rejeter tout bonheur ici-bas, toute richesse ici-bas pour fuir l’enfer. Mais il est certain que la formulation même de cette lecture nous montre combien elle ne peut tenir car la misère comme la richesse d’ailleurs ne sont pas forcément choisies, car la misère ne garantie pas la bonté, tout comme la richesse ne garantie pas la méchanceté ou l’indifférence.
Il ne peut donc s’agir de pauvretés ou de richesses matérielles. Tout comme dans le récit des béatitudes, la pauvreté désigne cette attitude humaine qui attend de Dieu secours et miséricorde ; la richesse désigne cette suffisance illusoire de l’homme qui désire se construire sans Dieu si ce n’est contre Dieu. La pauvreté est le fruit de la Foi véritable, la richesse le fruit d’un humanisme athée. Et c’est bien la Foi qui va donner sa véritable valeur à la personne l’orientant au bonheur d’être comblé par Dieu en Paradis ; c’est bien le rejet de Dieu qui peut conduire la personne au malheur de vivre sans le bonheur qu’est Dieu durant l’éternité. Et en ce sens, la misère matérielle vécue avec la Foi ouvre au Paradis car elle conduit à tout attendre de la charité, à tout attendre de Dieu dans sa divine providence et considérons par exemple ces peuples d’Afrique qui n’ont rien mais qui pourtant sont heureux d’un bonheur qui semble échapper à nos sociétés opulentes ; Il en est de même pour la richesse qui vécue avec la Foi ouvre aussi au Paradis car dans la Foi l’argent trouve sa véritable valeur en la charité qu’elle permet. Et inversement, la misère vécue sans la Foi peut devenir l’antichambre des ténèbres par la misère morale qu’elle peut engendrer, par la révolte intérieure qu’elle peut susciter ; tout comme la richesse vécue sans la Foi peut devenir l’antichambre des ténèbres par la suffisance orgueilleuse qu’elle peut engendrer, par l’illusion de supériorité qu’elle peut susciter.
Dès lors, qu’importe notre état de vie, ce qui est essentiel c’est bien la Foi en Dieu qui gouvernant nos actes nous orientera vers l’éternité bienheureuse.
Bien chers amis, il nous faut craindre l’enfer c’est vrai, rappelons-nous les paroles du Seigneur Jésus à Ste Catherine de Sienne, je vous les rapporte :
« Ma fille, ma langue ne pourra jamais dire ce que souffrent ces pauvres âmes. Il y a trois vices principaux: l’amour-propre, l’estime de soi-même et l’orgueil, qui en découle, avec toutes ses injustices, ses cruautés, ses débauches et ses excès ; il y a aussi dans l’enfer quatre supplices qui surpassent tous les autres : le damné est d’abord privé de ma vision, et cette peine est si grande, que, s’il était possible, il aimerait mieux souffrir le feu et les autres tourments, et me voir, qu’être exempt de toute souffrance et ne pas me voir. Cette peine en produit une seconde, qui est le ver de la conscience qui la ronge sans cesse. Le damné voit que, par sa faute, il s’est privé de ma vue et de la société des anges, et qu’il s’est rendu digne de la société et de la vue du démon. Cette vue du démon est la troisième peine, et cette peine double son malheur. Les saints trouvent leur bonheur éternel dans ma vision ; ils y goûtent dans la joie la récompense des épreuves qu’ils ont supportées avec tant d’amour pour moi et tant de mépris pour eux-mêmes. Ces infortunés, au contraire, trouvent sans cesse leur supplice dans la vision du démon, parce qu’en le voyant ils se connaissent et comprennent ce qu’ils ont mérité par leurs fautes. Alors le ver de la conscience les ronge plus cruellement et les dévore comme un feu insatiable. Ce qui rend cette peine terrible, c’est qu’ils voient le démon dans sa réalité ; et sa figure est si affreuse, que l’imagination de l’homme ne pourrait jamais le concevoir. […] Le quatrième supplice de l’enfer est le feu. Ce feu brûle et ne consume pas, parce que l’âme, qui est incorporelle, ne peut être consumée par le feu comme la matière […]. Ces quatre principaux tourments sont accompagnés de beaucoup d’autres, tels que le froid, le chaud et les grincements de dents. Voilà comment seront punis ceux qui, après avoir été convaincus d’injustice et d’erreur pendant, leur vie, ne se seront pas convertis et n’auront pas voulu, à l’heure de leur mort, espérer en moi et pleurer l’offense qu’ils m’avaient faite plus que la peine qu’ils avaient méritée. »
Oui, il nous faut craindre l’enfer mais il nous faut bien plus désirer le paradis qui nous donnera d’être éternellement comblé du bonheur de la présence divine. Mais notre désir du Paradis doit nous porter en notre vie à agir en vue d’atteindre ce but bienheureux dans la Foi, l’Espérance et la Charité. Le Christ nous a ouvert la porte de la béatitude, imitons le Christ ici-bas pour Le suivre jusque dans l’éternité.

Amen.

18 septembre - 25ème Dimanche du Temps Ordinaire

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S’il y’a bien un sujet que nous n’aimons pas aborder en notre France c’est bien la question de l’argent, face aux américains peut-être trop décomplexé sur ce sujet, les français quant à eux le sont à l’inverse. Et bien, en ce dimanche, le Seigneur Jésus n’hésite pas, de nouveau, car reconnaissons que c’est bien une habitude du Seigneur que de bouleverser notre confort de pensée, le Seigneur Jésus n’hésite pas à aborder la question, cette fameuse question de l’argent en la mettant simplement dans la balance face à Dieu et résonne ainsi ces mots « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Mais ces quelques mots ont bien leur importance car il est bien ici question de servir et ainsi sont opposé le service divin qui est chemin de sainteté et service de l’argent qui est chemin de perdition.
Servir l’argent c’est bien faire de l’argent son maître et gouverner sa vie pour la croissance de l’argent, pour la croissance de ses comptes en banques. Dès lors si l’argent est bien le maître et bien tout le reste ne devient que potentiel moyen à son profit, tout le reste c'est-à-dire certes les matières premières et l’épuisement déraisonné des ressources de notre planète, c'est-à-dire également les autres personnes humaines qui sont réduits à n’être que des moyens à l’enrichissement. En ce cas, la personne humaine n’existe plus dans le respect qu’elle devrait susciter, seul demeure un moyen certes humains mais un moyen seulement et un moyen n’a pas de ressenti et n’a de la valeur que dans sa fonction de moyen et s’il ne sert plus la cause et bien il est éliminé sans sourciller… On peut tout à fait imaginer ce que cela donnerait en entreprise… Et si le chef d’une telle entreprise existait, il ne pourrait pas se tenir face à Dieu sans se mentir à lui-même car notre vie n’est pas une succession de compartiments hermétiques qui séparerait la vie professionnelle de la vie familiale, de la vie spirituelle. Notre vie est un tout, tout comme notre personne, et c’est notre vie qui manifeste qui est notre maître.
Servir Dieu c’est faire de Dieu son maître. Dans la formulation même de ce point de départ à notre réflexion nous pouvons déjà la corriger car le Christ nous l’a dit : « je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ». Ainsi, Servir Dieu c’est faire de Dieu son ami mais un ami de choix, un conseiller excellent et attentif, un soutient sans faille, un guide vers l’éternité, un sauveur unique. Servir Dieu ce n’est pas être soumis à Dieu dans une attitude servile mais, et c’est là le nœud révolutionnaire de l’enseignement du Christ, c’est aimer Dieu au point de tout faire pour Lui plaire. Et nous le savons, l’amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain qui est le premier fruit éminent de la Foi véritablement vécue. Et reprenons conscience en ce dimanche que s’il est vrai que servir Dieu c’est se renier amoureusement soi-même c’est aussi naître véritablement à soi-même dans la réalité de notre personne qui a bien Dieu comme origine et comme fin. Servir Dieu n’est donc pas synonyme d’anéantissement de la personne mais bien de transfiguration de la personne humaine qui trouve, sous le compagnonnage divin, sa réelle identité, sa véritable stature.
Mais si le Christ en l’évangile attire tout particulièrement notre attention sur l’argent, il est certain que notre modernité draine en son sillage d’autres réalités qui peuvent devenir maître d’une vie. Il y’a certes la gloire ou le pouvoir mais je pense pour ma part que le plus grand danger pour la majorité est bien celui de l’ego, du soi, du soi-même. Se servir soi-même dans un déferlement de confort et d’illusion de puissance qui rejettent toute réalité céleste en restant plaqué au sol encadré par ces quelques années de vie qui sont les nôtres. « Je suis mon propre maître », cette affirmation là sied bien à notre temps dans un orgueil démesuré en sa propre personne qui peut être pourtant balayé en un claquement de doigt ou de chien. Être son propre maître c’est bien refuser tout enseignement extérieur à sa propre expérience, c’est se constituer en juge de toutes choses, en mesure de toutes situations et de toutes réflexions. Nulle place aux autres qui ne sont tolérés que par usage social, nul place à Dieu évacué au profit d’un surhomme illusoire. Et j’ose ainsi reprendre la parole du Christ en affirmant qu’on ne peut servir à la fois soi-même et Dieu.
Il nous faut donc simplement nous poser une question en ce jour : « Qui est notre maître ?». Cette question n’est pas facile car il ne nous faut pas prendre nos désirs pour réalité en prétendant tout de go que notre Maître c’est Dieu, il ne nous faut pas non plus nous anéantir en considérant nos failles. Pour répondre à cette question il faut simplement considérer notre manière d’être et donc d’agir et considérer ce qui l’anime et si ce n’est pas Dieu et bien nous saurons dès lors ce qu’il nous restera à faire, nous convertir, convertir notre vie, changer de maître pour Dieu Lui-même.

Amen.

vendredi 16 septembre 2016

11 septembre - 24ème Dimanche du Temps Ordinaire


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Le cœur de l’évangile de ce dimanche est bien celui de la conversion. Et en évoquant la conversion, il ne nous faut pas d’abord penser à ceux qui ne connaissent pas le Seigneur Jésus, il nous faut d’abord penser à nous même, à notre propre conversion. Car, aussi bien vous que moi, si nous sommes chrétiens, nous avons encore bien du chemin pour correspondre pleinement au désir du Seigneur à notre encontre, il nous faut encore bien du chemin pour être totalement consumé par l’amour divin, pour être des saints. Et cette petite introspection est nécessaire car elle nous évite de nous situer en juge de ceux qui ne connaissent pas encore le Seigneur, qui ne sont pas encore membres de l’Eglise. Nous tous nous sommes aussi en chemin de conversion et si nous sommes au seuil de la sainteté nous sommes, nous tous, appelés à devenir ces saints du troisième millénaire et rappelons-nous qu’il n’y a pas d’âge pour se laisser irradier pleinement par l’amour divin. Que les plus jeunes ne se disent pas qu’ils auront le temps demain, que les plus anciens ne se disent pas qu’ils n’ont plus le temps car c’est nous tous, aujourd’hui que le Seigneur appelle à la conversion, c’est nous tous que le Seigneur va chercher comme la brebis perdue, comme la pièce égarée, comme le fils repenti.
Mais l’affirmation de la réalité de notre propre conversion étant posée, il nous faut également constamment reprendre conscience que nous sommes appelés également à être acteurs de la conversion de ceux qui nous entourent et de tous ceux qui nous entourent. En effet, le chrétien brulé de l’amour divin pose question à ceux qui l’entoure sur ce qui le consume, sur celui qui le fait vivre. Ainsi il ne nous faut pas d’abord échafauder des plans de marketing ou de communications pour conduire le monde entier à la reconnaissance du Christ Seigneur, il nous faut simplement nous attacher à être véritablement chrétiens, à être des saints. Il y’a là un cercle vertueux qui permet que la sainteté d’un membre appelle la sainteté d’un autre et ainsi de suite. J’en veux pour preuve les premiers temps de l’Eglise qui de onze apôtres à embraser le monde de la Bonne Nouvelle par l’annonce et le voyage de ces missionnaires des premiers temps.
Deux composantes sont donc essentielles à tout mouvement de conversion, la rencontre et l’annonce. La rencontre c’est le plus facile car chacune de nos vies en sont pétries mais l’annonce est plus difficile car nous naviguons bien souvent sous couvert d’un respect mal placé qui nous fait taire notre Foi soi-disant par respect de l’autre, je dis mal placé car s’il y’a une chose essentielle que nous pouvons partager aux autres avant même notre amitié c’est bien l’éternité, c’est bien le Christ Lui-même. Il nous faut donc procéder à un changement de notre référentiel et il nous faut oser parler du Seigneur lorsque l’occasion se présente. Il s’agit de parler du Seigneur avec mesure et discernement en fondant nos paroles sur une vie qui soit vraiment chrétienne.
Bien chers amis, c’est un criant appel que je me permets de nous adresser en ce dimanche, n’ayons pas peur de parler de notre Foi, ne nous taisons plus mais proclamons notre attachement au Seigneur Jésus par notre vie chrétienne et par notre parole éclairée. Reprenons conscience combien une prière promise à celui qui souffre, un sourire éclairé par les mots de l’affirmation de l’amour divin, une médaille ou une image remise à celui ou celle qui en a besoin, une invitation à l’eucharistie ou à une veillée de prière tout cela ce sont des petits coups de pouce que le Seigneur attend de nous et qui pourra conduire un cœur à reconnaître le Seigneur.
Alors en ce dimanche, demandons deux choses au Seigneur, la première, demandons notre propre conversion afin que nous vivions véritablement en compagnie du Christ ressuscité, non pas avec une idée, une pensée mais avec le Christ Lui-même qui se veut notre compagnon de route, le deuxième chose c’est de demander au Seigneur de faire de chacun de nous les instruments adéquats à la conversion du monde, qu’il nous donne le discernement pour avoir le bon geste, la bonne parole, qu’il chasse de nos cœurs toute crainte à parler de Lui et qu’Il nous donne au contraire le zèle de l’annoncer à temps et à contre temps. Alors surtout, n’ayons plus peur, ne nous taisons plus, vivons du Christ et annonçons le !

Amen.

lundi 5 septembre 2016

4 septembre - Ste Mère Teresa

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Une phrase de l’évangile de ce dimanche peut sembler difficile à entendre : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple ». Cette phrase peut sembler difficile car nous avons bien souvent l’habitude de raisonner en mode binaire du tout ou rien qui nous fait comprendre que le Seigneur nous demanderait de n’aimer que Lui et de ne rien aimer d’autres. Mais, bien entendu, rassurons-nous  ce n’est pas ce que le Seigneur nous demande. Le Seigneur nous demande simplement que notre amour de préférence soit à Lui. C'est-à-dire que parmi tous ces amours familiaux, personnels et divins, l’amour premier, l’amour préférentiel soit au Seigneur. Dire cela signifie que notre Amour du Seigneur devient principe des autres amours, que notre Amour du Seigneur ordonne et oriente nos autres affections. Cela signifie que notre Amour de Dieu porte et fonde nos autres affections.
Ainsi nous pouvons percevoir combien il ne s’agit pas de négations des autres affections, des autres amours familiaux ou personnels mais bien d’une sanctification de toutes nos affections par l’amour premier que nous portons à Dieu.
Et en ce dimanche, il est une belle figure qui nous est donnée en exemple dans cet attachement premier au Seigneur, il s’agit bien entendu de celle qui est aujourd’hui élevée à la gloire des autels, à savoir Ste Mère Teresa.
Sainte Mère Teresa est reconnu dans l’ensemble du monde comme étant un figure de solidarité elle qui reçut le prix Nobel de la paix en 1979 et qui fut même reçue à l’ONU à la tribune de laquelle elle donna un discours mémorable en 1995. Mais cette reconnaissance de Mère Teresa fait généralement fi de la seule réalité qui a porté toute sa vie et toute son action : le Christ Jésus. Car Mère Teresa n’a pas d’abord agi par solidarité mais elle a bien agi par charité, par cette charité unique qui procède de son attachement au Seigneur. Et cela est perceptible dès la genèse de la fondation des missionnaires de la Charité alors qu’elle effectuait un stage chez les « Medical Sister » à Patna, elle vint alors en aide à une vieille femme jetée par son fils dans une poubelle, couverte de fourmis. Au début de l'année 1948, elle s'installe pour faire la classe et tenir un dispensaire dans un bidonville de Calcutta, où d'anciennes élèves deviennent avec elle les premières missionnaires de la charité.
En 1952, la rencontre d'une femme blessée agonisant sur un trottoir les pieds rongés par des rats l'amène à entreprendre une nouvelle tâche. Harcelant les autorités de la ville, elle obtient une vieille bâtisse pour accueillir des personnes souffrant de tuberculose, de dysenterie ou de tétanos et dont les hôpitaux ne veulent plus. Des dizaines de milliers de miséreux sont passés par ce "mouroir": beaucoup y ont trouvé "une fin digne". Mais les soins des religieuses et des nombreux bénévoles qui s'y succèdent ont aussi permis à des milliers d'autres de se remettre. A Calcutta, Mère Teresa ouvre ensuite un vaste orphelinat, Sishu Bhavan, puis la léproserie de Shantinagar, où sont tissés les désormais célèbres saris blancs bordés de bleu portés par les quelque 4.500 missionnaires de la charité aujourd'hui engagées dans le monde entier.
Et dans cette attention envers les plus pauvres des pauvres, Sainte Mère Teresa raconte : « Ceux qui sont matériellement pauvres sont souvent des gens merveilleux, absolument admirables.

Un soir nous sommes sorties et nous avons ramassé quatre personnes dans la rue. Et l'une d'entre elles était dans un état très grave. J'ai dit à la sœur : " Occupez-vous des trois autres, je prendrai soin de celle qui est dans l'état le plus grave. Ainsi, j'ai fait pour elle tout ce que mon amour pouvait faire. Je l'ai mise au lit. Sur son visage il y avait un sourire tellement beau ! Elle a pris ma main entre les siennes et n'a dit qu'un mot : " Merci ". Elle est morte aussitôt après. En la regardant, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un petit examen de conscience. Je me suis demandé : " Qu'est-ce que j'aurais dit, si j'étais à sa place ? " Et ma réponse était simple. J'aurais essayé d'attirer un peu l'attention sur moi. J'aurais dit : " J'ai faim, je meurs, j'ai froid, j'ai mal " ou quelque chose de ce genre. Mais elle m'a donné beaucoup plus, elle m'a donné son amour par reconnaissance. Elle est morte, un sourire sur le visage.
Puis il y avait un homme que nous avons trouvé dans les égouts, à moitié mangé par des vers, et après l'avoir amené à la maison, il nous a dit en toute simplicité : "J'ai vécu ma vie comme un animal, mais je vais mourir comme un ange, qu'on aime et dont on prend tant de soin". Plus tard, une fois que nous avons enlevé tous les vers de son corps, il a dit une seule phrase : " Ma sœur, je vais rentrer chez moi, dans la maison de Dieu " et il est mort. C'était tellement beau à voir, la grandeur d'âme de cet homme qui a pu parler ainsi sans blâmer personne, sans aucune comparaison avec les autres. Comme un ange ! C'est la grandeur des gens qui sont très riches spirituellement, même lors qu'ils sont si pauvres matériellement ». Face à cette pauvreté matérielle, Sainte Mère Teresa rappelait également que la plus grande pauvreté c’est le manque d’amour.
Mère Teresa avait coutume de dire que son action n'était qu'une "goutte de délivrance dans un océan de souffrance", mais que "si cette goutte n'existait pas, elle manquerait à la mer". Et bien nous, chers frères et sœurs, nous sommes aussi appelés à apporter notre goutte de délivrance, à être nous même des missionnaires, des disciples de la charité, à notre mesure, dans les lieux qui sont les nôtres, affrontant les pauvretés de notre temps. Ne disons pas que c eque nous ferons sera insignifiant car la charité n’est jamais insignifiante. Il nous faut suivre cet exemple de Ste Mère Teresa en nous rappelant que toute l’action de Sainte Mère Teresa, aussi louable soit-elle, n’avait comme origine que l’amour premier pour le Christ. Ainsi, il nous faut nous aussi avoir cet amour préférentiel pour le Christ, amour préférentiel qui fera de nous les disciples de la charité divine.
Mais parmi toutes les misères, toutes les difficultés qu’a affronté Sainte Mère Teresa il y’en a une qu’elle a toujours considéré comme étant la plus grande menace auquel devait faire face l’humanité, il s’agit de l’avortement. Elle a dit lors de son discours à Oslo en recevant le prix Nobel : «Le plus grand destructeur de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu'est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L'Écriture déclare elle-même : « Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main. » Même si une mère pouvait oublier... Mais aujourd'hui on tue des millions d'enfants à naître. Et nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi, avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien » ou encore « Si vous ne voulez pas l’enfant à naître, donnez-le-moi, je le veux ! », s’est-elle écriée à Ottawa en septembre 1988. Sainte Mère Teresa nous rappelle que : « faire un avortement c’est tuer l’amour » ; elle nous rappelle le prix et l’importance de la vie, de toute vie qui demeure sacrée.
Et je ne peux conclure cette trop brève ébauche de la personnalité de Sainte Mère Teresa sans évoquer la joie qui l’habitait. Elle, au milieu des souffrances et atrocités humaines, confrontée tous les jours à la douleur, à la souffrance et à la mort, gardait en son âme une joie intacte. C’est ce dont témoigne un prélat qui l’a bien connu : «Ce qui m'a toujours frappé avant tout chez elle, c'est sa joie. Elle n'avait rien de sinistre! Elle semait la joie partout où elle passait, comme une mère aimante. Trois mots revenaient sans cesse chez elle qui s'exprimait en anglais: “cheerfulness”, la joie, l'allégresse, “total surrender”, l'abandon total, au Christ, et surtout “loving trust”, l'amour confiance.» Ce prélat dit aussi être marqué par cette phrase « antidote de morosité » qui guidait cette sainte: «Ne laissez aucune tristesse être si forte au point qu'elle vous fait oublier que le Christ est ressuscité.».
En ce dimanche, laissons-nous enseigner par Sainte Mère Teresa, choisissons le Christ comme principe de nos vies en enracinant nos existences dans la prière car Sainte Mère Teresa  nous le dit : « nous avons besoin de prier ! Sans la force de la prière, notre vie est insupportable » et  « plus nous recevons dans le silence de la prière, plus nous donnerons dans la vie active ». Ainsi gardons à l’esprit le chemin de la charité vraie que nous laisse Sainte Mère Teresa : « La prière engendre la foi, la foi engendre l'amour, et l'amour engendre le service des pauvres ». Alors attachons-nous à la prière pour la Foi, l’amour et le service des pauvres de notre temps.

Amen.

28 août - 22ème Dimanche du Temps Ordinaire

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Donner sans rien attendre en retour, voilà l’enseignement de la finale de l’évangile de ce dimanche, le Seigneur Jésus nous invite à cela, à donner de notre temps, de notre argent, de notre personne, de notre vie, à nous donner nous même sans rien attendre en retour. Et il nous faut bien nous rendre compte combien cela est difficile car cela nous éloigne de notre mentalité moderne qui donne à chaque chose un prix et qui établi les relations personnelles sous ce modèle commercial qui imprègne toute notre société. Ainsi, nous allons aidé mais il ne faut pas que la personne que nous avons aidé nous oublie le jour où nous aurons besoin d’aide ; nous allons invité mais il faut que l’invitation nous soit rendue ; nous allons prêté mais là aussi quand nous aurons besoin la réciproque devra se produire..etc. Ô bien entendu la réciprocité n’est pas quelque chose de mauvais c’est certain et je dirai même que cela participe à l’établissement des relations qui nous unissent et notons bien que ce n’est pas la réciprocité qui est pointé du doigt par le Seigneur Jésus. Ce qui dénonce le Seigneur Jésus c’est bien plus l’utilitarisme qui peut se cacher derrière une charité quelconque, c’est le fait de bien agir en vu de retirer un quelconque profit aussi insignifiant soit-il. Ainsi il nous faut être attentif dans la réalité des actes de charité que nous posons, sont-ils posés  en vertu de l’amour de Dieu et du prochain ou bien sont-ils posés pour nous même c'est-à-dire pour un profit futur. Est-ce que nos actes de charité ont comme but l’amour de Dieu et du prochain ou bien sommes nous au centre de celui-ci dans un égocentrisme non avoué ? Est-ce que nous agissons pour les autres ou bien est-ce que nous n’agissons que pour nous même usant des autres pour nos propres intérêts ?
Ce questionnement peut sembler fastidieux car nos actes ne sont jamais portés par une pureté totale d’intention, agir bien nous procure du bonheur et ce bonheur nous revient, donc, agir bien conduit nécessairement à un certain contentement, mais il nous faut discerner pour savoir quelle est l’harmonique principale qui nous pousse agir : nous même ou bien Dieu et les autres ? Et c’est là que l’enseignement de l’évangile nous donne une clef d’action en nous appelant également à l’humilité : « quiconque s’élève sera abaissé, quiconque s’abaisse sera élevé ». L’humilité, voilà cette vertu oubliée de nos temps modernes bien plus intéressé à la quête du surhomme hyper productif. L’humilité consiste en cette attitude juste envers nous même, cette attitude qui nous conduit à ne pas vouloir utiliser l’autre qui est une des marques les plus essentielles de l’orgueil. L’humilité envers nous-mêmes nous conduit à nous considérer comme un serviteur inutile ; l’humilité envers les autres nous conduits à considérer comme étant déjà une grâce immense que celle de pouvoir les aider et les soutenir en effet, le serviteur inutile ne saurait prétendre à quoi que ce soit ; l’humilité envers Dieu nous donne de reconnaître combien Dieu demeure la source unique du bien que nous pouvons produire.

Nous percevons ainsi que la charité qui doit nous conduire à agir par amour de Dieu et des autres ne sera réelle que si elle est couronnée de la vertu d’humilité qui nous donnera de purifier nos intentions et d’attribuer à Dieu seul le mérite de nos bonnes actions.

mercredi 24 août 2016

Dimanche 21 août - 21ème Dimanche du Temps Ordinaire

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C’est bien le salut, notre salut, notre avenir éternel dont il est question en l’évangile de ce dimanche. Et c’est bien une interrogation que nous devons faire nôtre que nous livre l’évangile : qui seras sauvé ? Est-ce que le nombre des sauvés est infime, est-il immense ?
Cette question du salut rejoint même notre modernité qui se réfugie bien souvent dans l’affirmation que nous irons tous au paradis dans une apocatastase universelle. Ce salut universel donné à tous tend à répondre à cette angoisse existentielle qui habite chaque personne humaine. Je dis bien chaque personne humaine car par delà le paraître, par delà les belles envolées lyriques sur la finitude des choses et leur engloutissement dans le néant, lorsque l’homme se retrouve seul, cette question l’assaille malgré tous les faux semblants. Et pour exorciser cette angoisse, on tend à affirmer que le salut est à tous. Et bien non, le salut n’est pas à tous mais il est bien pour tous. C'est-à-dire que nul ne peut se dire sauvé mais tous nous sommes sauvable. C'est-à-dire que nous ne possédons pas le salut, il n’est pas nôtre, mais nous le recevons et nous le recevons de celui qui l’a inauguré, le Christ Jésus.
Et c’est bien là que se dessine la porte étroite qui tend à désigner cette relation unique qui doit nous permettre, au jour qui sera le nôtre, qui doit nous permettre de recevoir le salut des mains du Seigneur Jésus. Dès lors nous n’irons peut-être pas tous au Paradis même si c’est bien là une belle espérance mais ce que nous pouvons affirmer c’est que nous sommes tous appelés par le Christ Lui-même à y trouver notre demeure éternelle. Car oui, le Christ est mort pour tous, Il est ressuscité pour tous, Il est vivant pour tous et Il tend la main à tous. Et la porte étroite ne pourra s’ouvrir pour chacun des membres de notre humanité uniquement si tous reconnaissent le Christ Seigneur et l’aimant, désirent être uni à Lui dans l’éternité.
Et si aujourd’hui, maintenant, je demandais à chaque personne humaine si elle veut entrer dans l’éternité, je suis pratiquement certain que tous répondront oui mais l’éternité n’est pas un concept qui permettrait à l’homme d’échapper à la mort et de posséder ce pouvoir immortel qui le ferait vainqueur du temps. L’éternité a un visage, c’est celui de le Trinité Sainte, l’éternité a un seul accès c’est le Christ et l’Eglise, l’éternité se poursuit en un chemin qui est celui de la sainteté.
Alors oui, le salut est possible, mais la damnation l’est également. L’enfer existe et les grands spirituels nous disent qu’il est peuplé. L’enfer n’est pas un grand méchant loup inventé pour dompter les adultes, l’enfer est cette réalité de la négation de Dieu, du refus du Christ et de son salut. Notre éternité a donc potentiellement ces deux visages et l’ensemble de notre existence oriente notre choix qui ne sera posé qu’au moment de notre mort. Et ici, maintenant, reprenons conscience que Dieu attend jusqu’au dernier moment, jusqu’à notre dernier souffle, Dieu guette de la part de chacun un élan vers Lui pour l’orienter vers l’éternelle béatitude. Dieu patiente jusqu’au dernier moment, jusqu’au dernier battement de notre cœur. Et Dieu patiente par amour.
O bien sûr il y’a des vies plus maléfiques que d’autres et les évènements nous en donnent quelques visages, mais même pour ceux là, Dieu patiente et désire répandre sa miséricorde. Et cela nous fait mal de l’admettre car l’image d’un dieu vengeur rôde encore en nos esprits. Mais prenons un exemple. Prenons l’exemple d’une mère qui a deux fils, l’un est parfait aux yeux du monde, il a réussi, diplômé, embauché, riche, tout va pour le mieux. L’autre fils quant à lui a tout râté, ses études, son avenir, il sombre dans la délinquance, la drogue, le crime. Il est vrai que certaine mère aurait tôt fait de déshériter le second fils mais d’autre mères demeureront fidèle à cet amour charnel, à cet amour maternel et continueront, malgré tout, de soutenir, d’accompagner et d’essayer d’aider ce fils, elles continueront d’aimer ce vilain petit canard. Et jusqu’au bout elles espéreront une conversion, un mouvement de retour. Et bien Dieu agît ainsi avec nous tous, Dieu est cette mère pétrie de patience, cette mère emprunte d’une folle miséricorde car Dieu nous aime tous d’un amour infini et Il n’a qu’un seul désir, que nous le laissions nous serrer contre son Sacré Cœur.
Et cet exemple peut tout à fait expliciter la finale de l’évangile : « il y’a des derniers  qui seront premiers et des premiers qui seront derniers » car ce second fils au milieu de ses frasques aura peut-être fait une petite place au Seigneur au milieu de sa misère morale et, se confiant à Lui malgré tout, atteindra peut-être le ciel alors que le premier fils, celui qui a réussi aux yeux du monde, pétri de sa suffisance, aura peut-être évacué totalement le bon Dieu jusqu’à le rejeter consciemment. Il y’a bien des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers…
Alors en ce dimanche, prions les uns pour les autres afin que notre attachement au Christ soit réel en notre vie et qu’il nous ouvre à l’éternité bienheureuse et prions également pour tous les membres de notre humanité, les bons comme les méchants, prions pour qu’ils reconnaissent le Christ, qu’en le reconnaissant ils l’aiment ardemment et qu’en l’aimant ils se laissent tous combler de la miséricorde divine pour entrer dans le Royaume Eternel.

Amen.