Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

vendredi 17 juin 2016

5 juin - 1ères communions

En ce dimanche, alors que les jeunes de nos paroisses vont s’avancer pour la première fois pour recevoir le très saint corps du Seigneur, il est bon que nous ressaisissions ensemble la réalité immense de la communion eucharistique.
Dimanche dernier, nous avons reçu le miracle eucharistique de Noël 2013 comme un signe de la réalité de la présence du Seigneur en son eucharistie. Redisons le haut et fort en ce dimanche, en chaque eucharistie c’est Dieu Lui-même qui se fait pain et qui se fait vin et ce n’est pas une manière de parler mais bien la réalité de la présence de Dieu. Dieu est là dans le pain et le vin consacré ; Dieu se donne à nous en communion  pour que nous demeurions en Lui, pour que nous soyons éclairés et portés par sa présence, pour que nous vivions de sa vie, de sa grâce et de ses secours.
Ô comme il est parfois malheureux, ô combien cela doit attristé le bon Dieu, que de voir certains de ses enfants faire la première communion puis ensuite l’ignorer, pour ensuite le remplacer par le tennis, la danse, le judo ou le football. Comment préférer ces activités de loisir à Dieu Lui-même ? Dieu désire nous nourrir de sa vie, nous nourrir de Lui et certains lui préfèrent des futilités. Oh en nous disant cela je ne porte pas une accusation mais je sombre dans la tristesse car écarter Dieu revient à constater que Dieu n’a pas une réelle place dans la vie de ceux qui pourtant l’ont reçu au moins une fois. Et j’entends bien souvent le fameux petit refrain du je suis croyant non pratiquant et bien moi je suis nudiste non pratiquant. Sans rire vous percevez avec moi qu’il n’est pas possible d’être croyant non pratiquant car comment croire que Dieu est véritablement là, présent dans la tabernacle, comment croire que Dieu se donne à nous en la Sainte Communion pour nous faire vivre de sa vie et ne pas prendre le temps de Le recevoir. La formule « croyant non pratiquant » n’est qu’une formule qui tend donner bonne conscience mais elle n’en demeure pas moins fausse.
Bien chers enfants, aujourd’hui vous allez faire votre première communion, ne permettez pas qu’elle soit l’unique de vos vies mais demeurez fidèle au Seigneur qui va se donner à vous totalement, pleinement et qui ne désire qu’une chose c’est vous nourrir au moins chaque dimanche pour vous faire parvenir jusqu’auprès de Lui dans l’éternité bienheureuse ; vivez avec le Seigneur qui vous accompagnera si vous lui faites une place réelle, non pas une place optionnelle, la place du temps perdu ou inoccupé mais une place essentielle en votre vie, une place éternelle.
Parmi la fameuse catégorie des croyants non pratiquant, il nous faut reconnaître que leur pratique augmente proportionnellement aux difficultés qu’ils rencontrent en leurs vies. Une maladie grave, un décès douloureux et le bon Dieu fait de nouveau parti de leurs réalités. C’est ce que j’appelle faire du bon Dieu la roue de secours de nos existences. Vous savez cette roue de secours à laquelle on ne pense jamais mais qui s’impose à nous lorsque nous en avons besoin. Une grave difficulté et on va faire un pèlerinage à Notre Dame de la Garde pour y déposer un cierge en demandant au Seigneur que l’on a ignoré tout au long de sa vie une grâce formidable et exceptionnelle. Certain dirait que c’est de l’hypocrisie, mais je n’irai pas jusque là car il est certain que le Seigneur demeure attentif à toute prière même si la relation de prière s’était tût durant de nombreuses années… Et ce peut-être en ces moments difficiles où l’âme retrouve le sens profond de la réalité qu’une expérience de Dieu peut-être faite embrasant la Foi de celui qui était mécréant. Mais en même temps, reconnaissons que ce n’est pas là le meilleur chemin car si nous nous rendons disponible à l’action de la grâce tout au long de notre et bien le Seigneur nous comblera tout au long de notre vie jusque dans l’éternité.
Pour illustrer quelque peu mon propos, et la réalité de la présence divine laissez-moi vous donner le témoignage d’André Frossard. André Frossard, jeune athée, fils du premier secrétaire du Parti communiste français, nous livre l’admirable récit de sa conversion :
« Mon père aurait voulu me voir rue d'Ulm. J'y suis allé à vingt ans, mais je me suis trompé de trottoir, et au lieu d'entrer à l'Ecole Normale Supérieure, je suis entré chez les religieuses de l'Adoration pour y chercher un camarade avec qui je devais dîner. Ce que je vais vous raconter n'est pas l'histoire d'une découverte intellectuelle. C'est le récit d'une expérience de physique, presque d'une expérience de laboratoire.
Poussant le portail de fer du couvent, j'étais athée d’un athéisme idiot. L'athée idiot ne se pose pas de question. Il trouve naturel d'être posé sur une boule de feu recouverte d'une mince enveloppe de boue séchée, tournant sur elle-même à une vitesse supersonique et autour d'une espèce de bombe à hydrogène entraînée dans la giration de milliards de lampions d'origine énigmatique et de destination inconnue. J'étais encore cet athée-là en passant par la porte de la chapelle, et j'étais toujours à l'intérieur. L'assistance à contre-jour ne me proposait que des ombres, parmi lesquelles je ne pouvais distinguer mon ami, et une espèce de soleil rayonnant au fond de l'édifice : je ne savais pas qu'il s'agissait du Saint-Sacrement. Cette lumière, que je n'ai pas vue avec les yeux du corps, n'était pas celle qui nous éclaire, ou qui nous bronze ; c'était une lumière spirituelle, c'est à dire comme une lumière enseignante et comme l'incandescence de la vérité. La signification de tout cela m’échappe. Mais c’est alors que commence l’avalanche à rebours. Je ne dis pas que le ciel s’ouvre ; il ne s’ouvre pas, il s’élance, il s’élève soudain, fulguration silencieuse. Evidence de Dieu… Irruption déferlante de lumière, joie du naufragé. Tout est dominé par la présence de Celui dont je ne pourrai plus jamais écrire le nom sans que me vienne la crainte de blesser sa tendresse, devant qui j’ai le bonheur d’être un enfant pardonné : je suis catholique. Elle a définitivement inversé l'ordre naturel des choses. Depuis que je l'ai entrevue, je pourrais presque dire que pour moi Dieu seul existe, et que le reste n'est qu'hypothèse. »
Alors surtout chers enfants, ne vivez pas ensuite comme si le bon Dieu n’existait pas, comme si vous aviez achevé votre parcours de Foi en faisant votre première communion car s’inaugure aujourd’hui pour chacun de vous un appel à la fidélité au sacrement de l’eucharistie, à la messe. Et chaque dimanche le Seigneur Jésus vous guettera, Il attendra jusqu’au début de chaque messe votre venue, Il l’espèrera de tout son Amour pour vous. Dieu désire vous combler et pour vous il suffit simplement de vous laisser combler par Dieu en vivant de sa vie, en le recevant chaque semaine. Et pour nous tous qui accompagnons ces jeunes, pour les pratiquants réguliers, pour les pratiquants irréguliers, pour les croyant non pratiquant, rendons nous intérieurement disponible au Seigneur, ouvrons nos âmes et nos cœurs à sa présence, Dieu désire tous nous combler aujourd’hui, laissons-nous combler par Lui.
Et nous tous, laissons-nous saisir par la présence divine, ouvrons nos âmes et nos cœurs afin que le Christ Lui-même puisse faire sa demeure en nous, afin que nous redécouvrions sans cesse l’Amour infini que le bon Dieu nous porte en sa sainte eucharistie, en sa sainte messe, en la sainte communion où Il se donne à nous.

Amen.

mercredi 1 juin 2016

29 Mai - St Sacrement

En ce dimanche, solennité du St Sacrement, nous sommes invités à honorer ce don infini que le Seigneur nous fait en chaque eucharistie. En effet, chaque jour, lorsqu’un prêtre célèbre l’eucharistie, lorsqu’il prononce les paroles de la consécration sur le pain et le vin, le miracle le plus surprenant et le plus habituel s’opère, Dieu Lui-même est substantiellement présent en la matière du pain et du vin, Dieu est là ! Nos yeux de chair ne voient certes pas cette présence mais nombreuses sont les âmes fidèles qui en vivent irradiées par la présence divine. Ô combien il ne nous faut pas cesser d’être ébloui par la présence réelle du Seigneur en son eucharistie, ô combien il nous faut attiser ce désir qui est le nôtre de vivre de la vie même de Dieu en nous nourrissant de Dieu Lui-même. C’est en prenant conscience de la réalité mystérieuse de l’eucharistie que nous en retrouverons la soif, que nous chercherons à nous nourrir de Dieu chaque jour dans une communion d’Amour avec l’Eternel, avec le Christ, avec Dieu.
Et je ne peux m’empêcher d’utiliser quelque peu l’actualité pour nous rappeler combien il est nécessaire de vivre de l’eucharistie. Peut-être êtes vous de ceux qui avez dû patienter longuement pour faire le plein d’essence cette semaine, par nécessité car le voyant rouge vous pressait ou bien par sécurité, au cas ou. Et bien vous voyez si nos voitures ont besoin d’être alimentées en essence pour pouvoir fonctionner, nos âmes ont besoin d’être nourries de Dieu en l’eucharistie pour pouvoir grandir, pour pouvoir se sanctifier, pour pouvoir se dépouiller afin de laisser une place toujours plus importante au Seigneur. Sans essence on est coupé du monde et sans l’eucharistie on se coupe de la présence divine. Et avec un peu d’ironie, reconnaissons-le, on va patienter une heure pour avoir 20 litres d’essence et on a parfois bien du mal à accorder au Seigneur une heure le dimanche, ou encore la demi-heure en semaine pour Le recevoir à la messe. On va courir à l’autre bout du département afin de trouver la pompe à essence encore ouverte et l’on va grommeler parce qu’on n’a pas la messe à côté de chez soi ce qui nous oblige à faire 3 minutes de voitures. On va s’inquiéter de sa jauge à essence alors qu’on va peu se soucier de rater la messe… Et pour conclure cette ironie, il ne nous faut nous poser qu’une seule question celle de savoir ce qui est véritablement important car entre Dieu et 20 litres d’essence je suis certain que nous reconnaîtrons ensemble que Dieu a bien la première place et après avoir été à la messe nous irons ensemble à l’autre bout du département chercher nos 20 litres d’essence…
Mais en ce dimanche, solennité du St Sacrement, laissez-moi vous raconter l’Histoire avec un grand H, l’Histoire manifestant ce don ineffable de l’eucharistie, de la présence réelle du Seigneur dans le pain et le vin consacré.
Partons ensemble pour la Pologne, dans le diocèse de Legnica le jour de Noël 2013 ; il y’a donc à peine plus de 2 ans. Pendant une des messes de Noël, au moment de la Sainte Communion, une hostie consacrée tombe par terre et elle ne peut être consommée. Aussitôt, elle est recueillie et, comme cela est recommandé, elle est placée dans un vase rempli d’eau en attendant qu’elle se dissolve. En effet, la présence réelle du Seigneur étant unie substantiellement à la matière du pain, faire disparaître la matière conduit à la disparition de la présence réelle du Seigneur, faire se dissoudre la matière du pain conduit nécessairement à la dissolution de la présence du Seigneur Jésus en son eucharistie. L’hostie consacrée est donc placée dans un vase rempli d’eau et laissée ainsi dans l’attente de la dissolution de la matière.
Mais, peu après, des tâches rouges apparaissent. A la vue de ce phénomène, l’évêque de Legnica décida de l’étudier. En février 2014, un petit fragment rouge de l’hostie fut prélevé et déposé dans un corporal. Des échantillons ont ensuite été prélevés et envoyés aux organismes concernés pour enquêter sur le phénomène.
Dans l’annonce finale du Département de Médecine légale, on peut lire, je cite : « Dans l’image histopathologique, on a constaté que les fragments de tissus contiennent des parties fragmentées de muscle strié. (…) L’ensemble (…) est très similaire au myocarde avec des altérations qui apparaissent souvent pendant l’agonie. L’analyse ADN a conclu qu’il s’agit là de myocarde humain. »
En janvier 2016, ces conclusions ont été envoyées à la Congrégation pour la doctrine de la Foi au Vatican qui a reconnu le miracle : l’hostie consacrée est devenue chaire, chaire d’un cœur humain en souffrance.
Ô Combien, il nous faut rendre grâce pour ce miracle qui nous est bien contemporain, il nous faut rendre grâce pour ce signe que le Seigneur nous envoie pour affermir notre Foi en sa présence réelle en l’eucharistie, il nous faut rendre grâce pour le signe qui nous est donné afin d’approfondir le fait que c’est bien le Sacré-Cœur du Seigneur qui nous nourrit de sa présence divine et nous appelle à nous unir à Lui, il nous faut rendre grâce pour le signe qui nous est donné que cette présence divine du Seigneur qui nous sauve est fruit de son agonie, de sa passion et de sa résurrection. Mais surtout, bien chers amis, prenons biens conscience, qu’en Pologne ou en France, qu’ici ou là-bas, Dieu se donne à nous en son eucharistie, la matière du pain consacré recouvre le mystère de la présence réelle du Seigneur mais Dieu est là, Dieu est bien là alors recevons Le avec une dévotion extrême et cherchons à Le recevoir toujours plus souvent car c’est Dieu qui se donne à nous !
Amen.


22 Mai - Profession de Foi - Ste Trinité

En ce dimanche, alors que 3 parmi nous vont faire leurs professions de Foi (alors que 3 jeunes de la paroisse vont faire leur profession de Foi), je voudrais m’arrêter avec vous dans la considération de l’évangélisation, de l’annonce de la Bonne Nouvelle.
Nous le savons, il est de notre mission à tous que d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile, que d’annoncer la résurrection du Seigneur, sa miséricorde et son amour infinis. Nous savons que nous devons êtres les missionnaires de notre temps, des missionnaires qui ne sont pas appelés à partir à l’autre bout du monde pour annoncer le Christ mais des missionnaires qui sont appelés à annoncer le Seigneur Jésus ici, dans nos villages, dans nos relations, dans nos cadres de vies. Et par rapport à cela, je voudrais aujourd’hui dénoncer les mauvaises réflexions qui conduisent à museler les missionnaires que nous sommes appelés à être.
Une de ces réflexions consiste à dire que nous devons respecter l’autre dans ses opinions, dans ses réflexions, dans sa foi et que par conséquent il ne serait pas juste que de lui donner notre témoignage de Foi. Cette réflexion n’est pas ajustée car ce n’est pas parce que l’on partage notre Foi, parce que l’on échange sur la Foi que l’on oblige notre interlocuteur et de plus, il est pour nous un devoir impérieux que d’annoncer la vérité qu’est le Christ même si cela en vient à dénoncer l’erreur de l’autre. Mais d’une manière habituelle, reconnaissons le, ce genre de réflexion est simplement la bonne excuse qui a été trouvé pour éviter de parler de notre Foi, pour éviter d’en parler et donc aussi pour éviter tout rejet. En gros, on ne parle pas des choses qui fâchent ni des choses qui dérangent et donc on ne parle pas de Dieu ni de la Foi car il est certain que Dieu et la Foi dérangent la plupart des modernes. Mais nous ne pouvons pas agréer à ce genre de réflexion qui n’est porté que par un individualisme qui se caractérise par son indifférence. Nous ne pouvons pas être indifférents quant à ceux qui ne connaissent pas le Christ, nous ne pouvons pas être indifférents quant à ceux qui ne connaissent pas le salut que le Christ nous a obtenus, la miséricorde dont Il désire combler chaque personne humaine, l’Amour divin qui éclaire toutes ténèbres. Si nous sommes indifférents c’est comme si nous regardions du bastingage d’un navire toute une part de notre humanité se noyer et que nous refusions de leurs lancer les bouées de sauvetage parce qu’on ne veut pas les obliger…
Une autre réflexion qui peut conduire à ne pas parler de la Foi consiste à se dire que l’on en est pas digne ou pas capable. Pas digne dans le sens où avec un minimum d’humilité et de réalisme nous reconnaissons que nous ne sommes pas forcément mieux que les autres, pas capable dans le sens où on a du mal à rendre compte de notre Foi, à argumenter notre Foi. Mais vous voyez dans ces réflexions, c’est l’ego qui en est le cœur, le fameux « Moi Je ». Alors oui c’est vrai « moi je » ne suis pas digne, « moi je » ne suis pas capable, mais en même temps il est certain que le message dépasse le messager et surtout il nous faut toujours nous rappeler que c’est d’abord l’Esprit Saint en nous qui nous donne la grâce de rendre véritablement témoignage. Ainsi oui c’est vrai « moi je » ne suis pas digne, « moi je » ne suis pas capable mais l’Esprit Sainte en moi est digne et l’Esprit Saint en moi est capable. Faisons donc confiance à la grâce et à l’œuvre de l’Esprit Saint.

Alors, il nous faut nous le redire en ce jour, alors que 3 jeunes vont professer leurs Foi en public, alors qu’ils vont affirmer devant tous quelle est leur Foi, il nous faut nous aussi trouver la force et le courage de rendre compte de l’Espérance qui nous habite, il nous faut aussi trouver la force et le courage d’être ce que nous sommes, à savoir les missionnaires nécessaires de notre temps. Missionnaires d’abord dans une charité vécue avant que d’être un enseignement quelconque, missionnaires d’abord dans le témoignage d’une vie où le Christ est au centre, missionnaires d’abord en laissant l’Esprit Saint porter notre mission. Amen.

dimanche 15 mai 2016

15 Mai - Solennité de la Pentecôte

En ce dimanche, le Seigneur a accompli ce qu’Il avait promis, Il a envoyé sur le monde le paraclet, le défenseur, l’Esprit Saint. Et il ne nous faut pas cesser de scruter les actes des apôtres qui nous livrent cet évènement, évènement qui se poursuit jusqu’à ce jour. Nombreux sont les signes de la présence et de la grâce communiquée par la troisième personne de la Ste Trinité, par le St Esprit.
Le violent coup de vent qui manifeste cette descente énergique de l’Esprit Saint nous rappelle ce souffle doucereux du livre de la Genèse, ce souffle qui planait sur les eaux. Mais entre les deux textes, quelle évolution dans la force du St Esprit, évolution qui marque bien le changement d’état de notre humanité qui, avant le péché original était accompagné par le Seigneur dans un compagnonnage serein et notre humanité qui, après le péché originel, a besoin d’être arraché aux ténèbres pour être emporté jusqu’aux cieux.
Puis ce sont les langues de feu, ces langues de feu qui symbolisent ce don de la présence du Seigneur en son Esprit Saint, ce feu qui est celui de l’amour ardent du bon Dieu et qui demeure signifié par le cierge pascal. Et nous pouvons nous demander pourquoi le feu alors que la manifestation visible du St Esprit est plutôt celui de la colombe. Le feu manifeste l’amour ardent du Seigneur, manifeste également que l’Esprit Saint viens nous embraser par sa divine présence, viens nous éclairer par sa lumière toute divine, viens nous purifier du mal qui nous éloigne de Dieu, ce feu qui est également appelé à se communiquer pour embraser le monde et la terre.
Mais en ce jour je voudrai m’arrêter avec vous sur une réalité plus discrète du don de l’Esprit qui est celui de l’établissement de la communion des saints. Communion des saints du ciel bien sûr, eux qui sont unis dans la gloire divine, mais communion des saints dont nous faisons également parti dans cette part de sainteté qui est la nôtre. C’est bien la présence de l’Esprit Saint en chacun de nous qui nous lie et nous unit les uns aux autres. Oh bien sûr dans le respect de notre individualité mais dans la mise en commun de la grâce, de la sainteté, de la prière qui nous anime tous et chacun. Ce lien qui nous unit tous d’une manière mystique et spirituel, d’une manière bien réelle, il nous faut constamment le ressaisir dans cette unité qui doit être la nôtre. L’Esprit Saint nous anime tous ensemble dans cette communauté unique qu’est l’Eglise, par sa grâce, nous sommes tous attirés vers la même union à Dieu, nous sommes tous nourris du même corps du Christ, nous sommes tous orientés vers l’Eternité. C’est bien l’Esprit Saint qui fait de chacun d’entre nous un corps unique qu’est celui du Corps du Christ. C’est bien l’Esprit Saint qui nous convoque à cette amitié fraternelle qui doit régir chacune de nos relations, cette amitié fraternelle qui nous fait nous soucier du plus petit, du plus pauvre, du plus faible, qui nous fait nous soucier du chrétien persécuté, qui nous fait nous soucier de l’annonce de l’Evangile et de la transmission de la Foi. L’Esprit Saint nous pousse à quitter la sécurité de nos vies pour affronter le monde afin de le conduire à entrer dans la réalité du salut et de la miséricorde.
Alors oui en ce dimanche, en cette solennité de la Pentecôte, demandons pour chacun de nous une nouvelle effusion de l’Esprit Saint afin d’être arraché au mal, afin de brûler de la vie même de Dieu en nos âmes mais surtout laissons l’Esprit Saint agir afin qu’Il fasse de chacun de nous des annonciateurs de la Bonne Nouvelle, des évangélisateurs. C’est bien ce qu’on vécut les apôtres aujourd’hui, ils ont affrontés leurs peurs, leurs gênes, leurs questions et ils se sont lancés corps et âmes dans l’annonce de l’Evangile. Nombreux sont ceux qui parmi eux sont devenus martyr ayant perçu que l’essentiel d’une vie se mesure à l’aune de l’éternité. C’est bien ce même Esprit Saint qui souffle encore aujourd’hui et pour nous laisser emporter par Lui et cela jusqu’au ciel, il nous suffit de border les voiles de nos âmes c'est-à-dire de ne pas nous laisser porter au grès du temps qui passe, au grès des idées et des opinions du monde. Bordons nos voiles et mettons la barre vers le Christ, l’Esprit Saint nous fera avancer et nous fera jeter nos filets afin d’attirer le monde jusqu’à la béatitude.

Amen.

mardi 10 mai 2016

8 Mai - 7ème Dimanche du Temps Pascal

En contemplant le ciel, le regard fixant la gloire divine qui reçut en ascension notre Seigneur Jésus Christ c’est bien la Sainte Trinité qui nous est donnée de contempler, l’unité substantielle du Père, du Fils et du Saint-Esprit, unité des trois personnes divines qui dans le mystère trinitaire demeure dans l’unité divine. Expliquer la sainte Trinité ne nous est pas donnée car elle demeure un des plus grands et des plus beaux mystères de notre Foi.
Un des plus beaux car cette unité trinitaire se fonde sur les relations réciproques entre le Père et le Fils, entre le Fils et le Père et de cette relation unique entre le Père et le Fils jaillit l’Esprit Saint. Mais si dire cela demeure vrai dans l’ordre de la théologie, il convient de préciser, pour que la théologie rejoigne l’âme et le cœur, il convient de préciser que ce qui qualifie ces relations intra-trinitaire c’est l’Amour.
Et c’est ici que se trouve la plus belle explicitation de l’identité divine car oui Dieu est Amour mais comme l’Amour ne peut que se donner, comme l’Amour a toujours besoin de se communiquer en Dieu cette circulation d’Amour se fait entre chacune des trois personnes de la Sainte Trinité. Et c’est déjà un magnifique objet de contemplation et de méditation que de s’abimer dans la considération de Dieu Lui-même mais ô combien il est heureux de considérer que Dieu a voulu se communiquer, Dieu a voulu faire entrer notre humanité dans cette relation d’Amour qu’Il est en Lui-même.
Et c’est ainsi que la mission du Seigneur Jésus en donna l’accès par l’ouverture des portes du Salut, et c’est ainsi que l’Esprit Saint demeure ce lien unique qui permet au peuple chrétien de vivre dès à présent dans l’intimité trinitaire, de vivre dès à présent porté par la relation d’Amour qu’est Dieu en Lui-même. Ainsi, l’Amour se communique en la Sainte Trinité dans la relation de chacune des personnes divines et Dieu a voulu, a tenu, a permis que l’humanité entière soit invité à vivre de cet Amour divin dans une relation unique, dans une relation d’Amour avec Dieu Trinité sainte.
            Nous percevons alors la grâce, la chance qui est la nôtre de pouvoir dès à présent vivre en la Trinité Sainte même si cette vie ne trouvera son épanouissement plénier qu’en la gloire du Ciel. Nous percevons combien Dieu a le désir de notre humanité, combien Il désire notre amitié, notre amour. Nous percevons combien nous sommes appelés à vivre plus intensément en cette sainte compagnie du Père, du Fils et du Saint Esprit. Et c’est bien cela que nous exprimons à chaque fois que nous nous recouvrons du signe de la croix manifestant en ce geste usuel, habituel, notre propre désir d’être uni à la Sainte Trinité, d’être recouvert de sa présence, d’être habité par sa lumière.
Alors oui, la Sainte Trinité demeure un mystère mais cela ne nous empêche pas de vivre dès à présent uni à elle. Ne pas comprendre ne nous empêche pas d’aimer, ne pas tout saisir ne nous empêche pas de nous laisser saisir, ne pas pouvoir expliquer ne nous empêche pas d’aimer.

Amen.

5 Mai - Solennité de l'Ascension

« tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux […] emporté au ciel » c’est par ces quelques mots que St Luc rend compte de cette belle solennité de l’ascension, quelques mots qui nous enseignent que le dernier acte de la vie terrestre du Seigneur Jésus est un geste de bénédiction, bénédiction qui se poursuit encore jusque dans l’éternité « tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux », et c’est peut-être ce geste ultime qui manifeste que le premier désir du Seigneur entré dans l’éternité est bien celui de la bénédiction de notre humanité. Le Seigneur Jésus entrée dans la gloire n’est pas d’abord ce juge qu’il nous faut craindre mais Il est d’abord celui qui béni l’humanité, qui nous bénit nous tous jusqu’à nous inviter au salut, jusqu’à nous inviter à Le rejoindre jusque dans la gloire.
Et pour saisir le sens profond de cette fête d’aujourd’hui, il nous faut la remettre dans la belle perspective de l’incarnation, de la passion et de la résurrection. Remettre la fête de l’ascension dans la perspective de l’incarnation car Celui qui aujourd’hui est accueilli dans l’éternité, Celui qui aujourd’hui est en Paradis, en la gloire du Ciel c’est bien sûr Dieu Lui-même mais c’est aussi l’homme. Aujourd’hui, en la personne du Seigneur Jésus vrai homme et vrai Dieu, l’Humanité entre dans la béatitude, notre nature humaine prend place dans le Royaume éternel, prend place auprès de Dieu, en Dieu. Et il nous faut nous laisser saisir par la grandeur de cette affirmation, par la beauté et la bonté qui transparaît dans cette accueil de l’humanité en l’intimité divine. Et c’est bien pour cela que Dieu s’est fait homme en Jésus Christ, Dieu s’est fait homme en Jésus Christ afin de permettre à l’homme de revenir et de s’établir auprès de Dieu et c’est aujourd’hui que cela s’accompli.
Et il nous faut aussi remettre la fête de l’ascension dans la perspective de la passion et de la résurrection car par sa passion et sa résurrection le Christ nous offre le Salut, nous donne d’être sauvé, nous montre que notre vie d’ici bas ne se résume pas à notre vie terrestre, nous enseigne que nous sommes fait pour l’éternité, pour l’immortalité mais non pas pour une immortalité ici-bas mais bien pour une immortalité dans la gloire du Ciel, dans l’amitié divine, dans l’union à Dieu. Le Christ nous ouvre les portes du Ciel par sa passion et sa résurrection. Par sa résurrection, le Christ est victorieux de la mort et par son ascension le Christ nous montre le véritable sens de la vie qui n’est plus anéantie par la mort, qui ne se résume pas à une vie ici-bas mais qui s’inscrit dans l’éternité. Aujourd’hui, nous le savons, notre destinée c’est le ciel, notre désir doit être celui d’entrer dans l’éternité, de suivre le Seigneur Jésus en son ascension pour être établi à ses côtés dans le Royaume éternel.
Ô comme il nous faut avoir ce désir intense du ciel, ce désir de l’éternité. Nous qui sommes bien souvent empêtré dans nos soucis, dans nos difficultés, ces difficultés qu’il nous faut affronter mais qui ne doivent pas nous faire perdre la belle espérance, qui ne doivent pas nous empêcher de lever notre regard vers le Ciel pour exprimer à Dieu notre désir de le rejoindre. Nous sommes fait pour le ciel et c’est bien cette perspective qui doit gouverner nos existences sans pour autant démissionner de nos responsabilités terrestres mais en les mettant constamment dans la perspective éternelle. Aujourd’hui plus que jamais, rappelons-nous que le Chrétien doit avoir la tête au ciel et les pieds sur terre ! La tête au Ciel dans la contemplation de la bonté divine et les pieds sur terre pour assumer les exigences de la vie ; la tête au ciel pour nous laisser éclairer par la grâce divine et les pieds sur terre pour agir en disciple du Seigneur en nos vies.
Et alors que le Seigneur Jésus nous bénit dans l’éternité, alors que nous attendons de célébrer le don de l’Esprit Saint qui nous a été fait le jour de la Pentecôte, attachons-nous en ce soir à contempler le Crucifié, à contempler le Ressuscité qui a fait entrer notre humanité dans la gloire éternelle et qui nous redis dans l’Amour qu’Il est en Lui-même combien Il nous appelle à le rejoindre, combien Il nous attend. Le Ciel voilà notre désir.

Amen.

1er Mai - 6ème Dimanche du Temps Pascal

En ce 6ème Dimanche du Temps Pascal c’est bien la personne du St Esprit qui se dévoile et se révèle à nous. La personne de l’Esprit Saint qui agit en l’Eglise, aujourd’hui comme dans les commencements. La personne de l’Esprit Saint qui accompagne la réception  de la Révélation, de la Bonne Nouvelle, des enseignements du Seigneur Jésus. La personne de l’Esprit Saint qui demeure agissante en chacun de nous qui l’avons reçu le saint jour de notre baptême.
« L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé », cette phrase des Actes des apôtres manifeste combien les premiers chrétiens avaient foi en la présence et en l’action du Seigneur et cela à tel point que l’Esprit Saint nous est présenté comme fondant la première décision importante qui intervint dans la vie de l’Eglise en ce que l’on appelle aujourd’hui le premier concile de Jérusalem : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé ». Et c’est peut-être une part de notre foi qu’il nous faut retrouver, retrouver ce sens aigu de l’Eglise qui demeure certes pour une part cette communauté humaine faites de ses grandeurs et de ses faiblesses, faites de ses vertus et de ses péchés. Mais l’Eglise ne se réduit pas à cette simple communauté humaine, elle n’est pas un syndicat ou un parti. L’Eglise demeure unie au Christ Lui-même qui en est la tête, l’Eglise demeure uni à l’Esprit Saint qui en est l’âme. Et si nous considérons l’Eglise d’ici bas n’oublions pas l’Eglise qui est déjà entrée dans la gloire du Seigneur, qui est déjà entrée en Paradis, n’oublions pas aussi cette part de l’Eglise qui demeure aujourd’hui en purgatoire. L’Eglise c’est l’Eglise triomphante au ciel, souffrante en purgatoire et militante ici-bas, trois dimension d’une unique réalité. La personnalité de l’Eglise est donc source de notre Foi qui nous donne aujourd’hui encore de recevoir les appels de l’Eglise comme n’étant pas le fruit d’un consensus humain mais bien comme les appels du Christ et de l’Esprit Saint.
L’Esprit Saint qui poursuit ainsi son œuvre dans le monde en permettant à l’Eglise de discerner le meilleur chemin à emprunter à notre modernité et comme le Seigneur nous l’a promis : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Ne considérons pas que nous sommes abandonnés de Dieu parce que le Seigneur est remonté auprès de son Père le jour de l’ascension qui approche d’ailleurs à grand pas. Dieu ne nous a pas abandonné comme nous en faisons l’expérience en chaque eucharistie et il nous faut donc garder vive notre foi en l’action de Dieu dans la gouvernance de l’Eglise d’ici-bas. Cela ne veut pas dire de tout mettre sur le même plan et de rester aveugle face aux difficultés qu’il convient d’affronter mais cela signifie que dans l’ordre de la Foi et dans l’ordre des mœurs, le message de l’Eglise est bien celui que nous adresse le Christ par l’action de l’Esprit Saint.
Mais nous sentons bien, particulièrement en notre temps, qu’il est difficile de garder son regard pur, que notre espérance est parfois bien malmenée, que notre Foi elle-même est parfois mise en accusation mais en réalité qu’importe les aléas de l’histoire ce qui importe c’est le vrai, c’est la vérité du Christ et de l’Eglise. Mais pour avancer en notre vie, pour garder vive et intègre notre Foi là encore nous ne sommes pas abandonnés à nous même. N’oublions pas l’Esprit Saint qui nous accompagne et nous soutient, n’oublions pas que l’Esprit Saint nous aide à discerner le bien de nos vies et nous portent dans les efforts que nous faisons pour l’atteindre, n’oublions pas que l’Esprit Saint fortifie notre Foi, affute notre charité et aiguise notre Espérance. Là encore, pour nous qui sommes membre de l’Eglise nous sommes appelés à laisser le Christ être à notre tête et à laisser l’Esprit Saint être l’essence vitale de nos âmes. Et nous touchons du doigt cette réalité de la vie de Foi qui est bien celle d’un compagnonnage avec le Seigneur Père Fils et Saint Esprit. Dieu est avec nous alors soyons avec Lui pour vivre notre vie dans sa grâce et le rejoindre dans l’éternité.

Amen.