Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

lundi 9 novembre 2015

7 novembre - Fête de la St Hubert



Bien chers amis, bien chers chasseurs, nous sommes maintenant rassemblés pour célébrer l’eucharistie du Seigneur, nous sommes rassemblés pour nous tourner vers le Seigneur. Et c’est une grâce que ce temps-là. Ce temps qui doit nous permettre de nous replacer devant le Seigneur, de prendre le temps de nous retrouver face à Lui. Ce temps est donc déjà un motif d’action de grâce que nous pouvons adresser à St Hubert. Mais cette messe que nous célébrons maintenant, il nous faut en respecter le mystère insondable, il nous faut percevoir ce don que Dieu fait de Lui-même, il nous faut nous laisser toucher par la présence aimante du Seigneur.
Et si c’est aujourd’hui la chasse qui vous conduit en cette église, en notre église St Martin de Peypin, et bien soyez certain que le Seigneur en est heureux. Mais n’ayez pas l’esprit rempli par les belles prises que vous avez faites, n’ayez pas à l’esprit non plus les belles prises que vous comptez faire cette année ou bien l’apéritif qui est à venir mais laissez-vous saisir par le Seigneur en lui faisant une place réelle en votre esprit, en vos cœurs, en vos âmes.
Ô ce n’est pas le curé seul qui vous y invite mais bien votre St Patron, St Hubert. Car St Hubert a été visité par le Seigneur sous les traits de ce cerf majestueux portant entre ses bois une croix rayonnante. Et ce que nous montre St Hubert aujourd’hui, c’est que le Seigneur nous rejoint là où nous sommes et même à la chasse !
Mais le Seigneur ne s’impose pas, il attend, il patiente jusqu’à ce que nous l’accueillions en nos cœurs en nos âmes. La Foi ne s’impose pas, tout comme elle ne se perd pas, la Foi se reçoit le jour du baptême et elle appelle à demeurer vive dans une relation véritable au Seigneur et à l’Eglise. Et si la Foi s’est affadie elle peut-être revigoré par le Seigneur Lui-même pour une âme qui le recherche vraiment.
Prenons donc le temps de nous remettre face à Dieu, prenons le temps de prier pour nous-mêmes, pour nos familles, pour nos proches défunts et lorsque tout cela sera fait, n’hésitez pas à demander au Seigneur qu’Il vous guide durant la chasse peut-être pour prendre le plus beau perdreau, le plus gros sanglier ou bien peut-être qu’à l’image de St Hubert vous pouvez demander que le Seigneur vous rejoigne ô peut-être pas dans les bois d’un cerf majestueux qui ne peuple pas notre Provence mais le Seigneur saura se faire connaître à nous si nous l’appelons de nos vœux.
Amen.

2 Novembre - Commémoraison des Fidèles défunts



Bien chers amis, en ce jour nous célébrons la Bonne Nouvelle que nous a révélé le Seigneur Jésus, cette Bonne Nouvelle que notre vie d’ici-bas n’est que le préambule à la vie véritable, n’est que la préface de l’éternité que le Seigneur nous a acquise par le bois de la croix. Aujourd’hui nous célébrons la belle espérance qui donne sens à notre existence en l’ouvrant à la réalité de la béatitude, au bonheur du Salut.
Et ce qui est assez étonnant c’est que pour beaucoup de nos contemporains, cette espérance est reléguée à une simple fuite devant le non-sens de la vie terrestre. Pour beaucoup, la Foi et donc l’Espérance qu’elle contient demeure une simple béquille qui permet au plus faibles du genre humain de pouvoir affronter la vie quotidienne. Et remarquons tout d’abord l’immense orgueil qui porte cette position car ceux qui la tiennent se considèrent supérieur à tous ceux qui vivent de la Foi, à tous ceux qui sont portés par l’Espérance révélée par le Christ. Mais cela ne doit pas nous irriter, bien au contraire, cela doit nous faire éprouver de la compassion à leur encontre car malheureusement ils se ferment à la réalité, ils se ferment à la vérité dévoilée par le Seigneur. Et nous pouvons les plaindre car le Seigneur nous permets de dépasser les contingences affligeantes de l’existence humaine. Grâce au Christ, la vie ne se réduit pas à une poignée d’années plus ou moins importantes, la vie ne se réduit pas à cette alternance de souffrances et de bonheurs, la vie ne se réduit pas à la simple recherche de marquer l’histoire humaine pour laisser une trace de son passage. Car sans le Seigneur la vie se résume à une fuite en avant vers cette fin inexorable qu’est la mort, sans le Seigneur la vie se résume à la multiplication des plaisirs comme si ceux-ci signifiait : « profiter de la vie », sans le Seigneur la vie se résume à une quête illusoire de l’immortalité dans la quête incessante de toutes les techniques modernes pour préserver son organisme de l’attaque inexorable du temps qui passe, sans le Seigneur la vie n’a pas de sens si ce n’est qu’elle se résume à des critères mondains de réussite, de gloire, d’argent, de confort alors que toute ceci sera engloutie par la mort implacable. Rendons-nous compte bien chers amis de la grâce de la révélation du Seigneur, rendons-nous compte que nous pouvons nous appuyer sur cette Révélation qui nous vient de Dieu Lui-même, rendons-nous compte aujourd’hui combien la Foi nous ouvre à la véritable réalité de notre temps tout entier tourné vers l’Eternité. Les aveugles modernes qui rejettent la Foi se condamne eux-mêmes à une existence périssable vécu dans l’effroi de la fin qu’est la mort qui, pour eux, est synonyme de néant.
Alors aujourd’hui, prions pour tous ceux de nos contemporains qui n’ont pas d’espérances afin qu’ils puissent se laisser illuminer par le Christ. Et aujourd’hui, prions également de tous cœurs pour chacun de nos défunts, prions pour eux dans le souvenir qu’ils nous ont laissés mais sans pour autant sombrer dans la tristesse car si nous prions pour eux c’est bien pour les porter jusqu’aux portes de l’éternelle béatitude, c’est bien pour les remettre entre les mains aimantes et attentionnées du Seigneur Jésus. La tristesse de l’absence ne doit pas éteindre cette certitude de la Foi et de l’Espérance. Et aujourd’hui, porté par le Seigneur et par la prière de toute l’Eglise, recommandons à la miséricorde divine tous ceux qui nous ont précédés par-delà la mort, prions pour toutes les âmes du purgatoire qui attendent de prendre part au banquet des noces de l’agneau. Et si notre prière est essentielle, rappelons-nous que seul le Christ demeure ce passage vers l’éternité, vers le Paradis et c’est en ce sens que lorsqu’une messe est célébrée pour un défunt c’est l’ensemble des mérites du Christ qui lui sont appliqués. Rappelons-nous, hier avec Ste Thérèse nous avons demandé au Seigneur d’être Lui-même notre sainteté car nous sommes incapables d’avancer sur le chemin de la sainteté sans être porté par le bon Dieu. Et bien demain, nous paraîtrons les mains vides devant le bon Dieu et le seul mérite que nous pourrons présenter au Seigneur c’est le mérite de la passion et de la croix du Seigneur. Dieu est notre sainteté, Dieu est notre salut, alors n’oublions pas de confier au Seigneur tous nos défunts en leur appliquant les mérites du sacrifice du Christ célébré en chaque eucharistie.
Un jour, une jeune religieuse m’avait posée cette question : « Mon Père, je prie bien souvent pour mon papa décédé il y’a bien longtemps, comment puis-je savoir qu’il est en paradis et que mes prières lui deviennent inutiles ? ». J’étais quelque peu embarrassé par cette question qui appelait une réponse certaine que seule la science divine pouvait apporter. Mais en réalité qu’importe que son papa soit déjà entré en paradis, ses prières ont du prix pour l’âme de son papa ou s’il est en paradis pour toutes les âmes qui patientent en purgatoire. Là se joue le grand mystère de la communion des saints. Alors ne cessons jamais de prier pour nos défunts et s’ils ont entrés dans la béatitude, nos prières seront ordonnées aux âmes abandonnées en purgatoire. Nos prières ne sont  jamais inutiles !
Alors aujourd’hui, prions avec zèle et force pour chacun de nos défunts, prions pour toutes les âmes du purgatoire et rendons-grâce au Seigneur pour le don de la belle Espérance qui nous permet de lever les yeux de l’âme vers le ciel pour en contempler l’éternité à laquelle nous sommes appelés.
Amen.

1er Novembre - Toussaint



Quelle joie en ce jour de fêter tous les saints du Ciel, quelle joie de célébrer la sainteté de tous ceux qui nous ont précédés sur ce chemin de la sainteté et qui aujourd’hui sont comblés de la béatitude éternelle, quelle joie de considérer aujourd’hui tous ces saints qui nous sont inconnus et parmi eux peut-être se trouvent-ils quelques-uns de nos proches parents, quelques-uns de nos amis, quelques sainte personne qui ont croisés notre route à un moment de notre vie. Et c’est bien en ce sens que la fête de la toussaint est devenue dans le peuple chrétien la fête des défunts. Ô bien sûr nous prierons pour eux particulièrement demain soir mais dans la pensée commune c’est aujourd’hui que l’on va fleurir les tombes, que l’on va penser à tous ceux qui nous ont précédés par-delà la mort. Et si la fête de la toussaint est devenu ce moment où nous nous souvenons de nos défunts c’est bien parce que nous avons compris que notre destinée c’est le ciel, c’est la béatitude, c’est l’éternité auprès du Seigneur, c’est bien parce que nous avons compris que notre vocation c’est d’être et de devenir des saints, des amoureux du Seigneur. Alors peut-être que tous nos proches défunts ne sont pas encore au ciel, peut-être que certain refuseront cette éternité que le Seigneur nous a acquise par sa croix mais aujourd’hui, fêtons tous ceux de nos proches qui sont dans la gloire céleste.
 Et aujourd’hui, ce qu’il nous faut considérer dans cette foule immense des saints du ciel c’est bien la sainteté en tant que telle. La sainteté qui n’est pas réservée à quelques élus choisis par le Seigneur pour leur grandeur, leur force, leur volonté ou leur vertu, la sainteté n’est pas scellée dans ces icônes antiques que l’on observe mais qui témoignent d’un temps révolu, la sainteté n’est pas le sort des héros de notre modernité. La sainteté est pour tous, la sainteté est à la portée de main de chacun de nous ici présent. Et si nous prenons cette affirmation au sérieux et bien peut-être que dans quelques dizaines d’années un socle accueillera notre statue en nos églises oh non pas pour notre gloire personnelle car nous serons saints et que l’orgueil aura désertée nos âmes mais bien pour la plus grande gloire de Dieu. Il nous faut percevoir combien la sainteté demeure cette voie accessible qui n’est pas d’abord le fruit de notre agir mais bien le fruit de notre amour, le fruit de notre amour de Dieu ! Ce ne sont pas nous qui nous ferons saints mais bien le Seigneur que nous accueillerons dans un cœur toujours plus tourné vers Lui qui nous recouvrira de sa sainteté à Lui.
Il faut que nous ayons ce désir de la sainteté chevillée au corps, chevillée à l’âme ! Il faut que nous ayons le désir du bon Dieu ! Mais pour cela il nous faut chasser de notre esprit ce sentiment qui nous ferait considérer que les saints ne profitent pas de la vie, que le chemin de sainteté est un chemin de tristesse. On l’entend parfois lorsqu’on évoque les religieuses cloitrées qui, enfermées, passent leurs vies dans la prière et le travail manuel. Certains estiment impensable de ne pas jouir de l’existence en allant au cinéma, au restaurant, en voyageant..etc. Comment peut-on passer sa vie enfermée entre quatre murs ? Et bien tout simplement par amour, ce n’est pas un challenge ou un pari fou fait contre soi-même mais ces religieuses cloîtrées ont été saisis par l’amour comblant du Seigneur et elles n’aspirent à rien d’autres que d’être auprès du bon Dieu. Or, reconnaissons-le, tous les films de cinéma, tous les restaurants, tous les voyages ne sauraient remplacer le bon Dieu, tout ceci paraît bien insignifiant par rapport au Seigneur Lui-même, par rapport à l’éternité. Ces religieuses nous rappellent que l’essentiel n’est pas ce qui occupe la majorité du temps de l’homme moderne, elles nous rappellent que l’essentiel c’est Dieu, c’est Dieu qui est amour. Mais en considérant ces religieuses ou les chartreux ou bien d’autres ordres cloîtrés nous pourrions dès lors penser que pour avancer sur le chemin de la sainteté il fait rentrer dans les ordres. Mais ce serait une erreur car la vocation religieuse est une vocation particulière alors que la vocation à la saintété est une vocation commune à tous quel que soient les états de vie. Et ce fut une grande joie que d’avoir vu les parents de Ste Thérèse de Lisieux être canonisé en couple car cela signifie bien que la sainteté nous rejoint tous, c’est là où nous sommes que le Seigneur nous attend, c’est là où nous sommes que le Seigneur désire que nous l’aimions plus que tout, c’est là où nous sommes que nous sommes appelés à devenir des saints, mariés, célibataires, veuves ou veufs, prêtre c’est là que le Seigneur nous guette. Et si nous recherchons la recette de la sainteté et bien laissons-nous enseigner par Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, ce passage est bien connu mais je ne résiste pas à l’envie de le ressaisir, je la cite :
« j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qu’il existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Eternelle : «  Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi »  (Proverbes IX 4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux ! » (Isaïe LXVI 13). Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma sainteté »
Alors aujourd’hui, de tout notre cœur, demandons au Seigneur d’être Lui-même notre sainteté, prenons la résolution de changer en notre vie un point qui nous éloigne du bon Dieu et surtout recherchons sans nous lasser l’amour du Seigneur car c’est Lui qui nous changera, c’est Lui qui nous sanctifieras. Et aujourd’hui, n’hésitons pas, mettons à contribution tous les saints du ciel qui jouissent dès à présent de la présence divine dans l’éternité, recommandons nous de grands cœurs à leurs intercessions, à l’intercession de tous les saints connus et méconnus afin qu’ils nous soutiennent sur notre chemin de sainteté et que demain nous puissions les rejoindre pour l’éternité.
Amen.

25 octobre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire



« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » tel est l’appel qui résonne par-delà la foule qui entoure le Seigneur Jésus, cri de l’espérance de cet aveugle désirant retrouver la vue, cri de tout ceux de notre humanité qui implore du ciel l’allègement de leur fardeau.
Mais en ce récit, il nous faut remarquer la manière d’agir du Seigneur, en effet, le Seigneur ne guérit pas immédiatement mais il demande à l’aveugle d’exprimer sa demande, non que le Seigneur ne le sache pas mais le Seigneur désire que l’aveugle soit dans cette disposition d’accueil de la grâce, dans cette disposition d’accueil du miracle. Et il nous faut suivre cette manière d’agir du bon Dieu, en nos prières il nous faut exprimer au Seigneur nos demandes, nos attentes, il nous faut l’exprimer non pas que le Seigneur ne sache pas ce qu’il nous faut mais pour que nous même ayons conscience des domaines pour lesquels nous appelons avec force les secours de la grâce. Car la grâce ne s’impose pas mais elle s’accueille, elle est attendue, implorée.
D’autre part, il est certain que ce miracle de guérison de l’aveugle demeure également image de la vision que nous sommes tous appelés à retrouver, vision non pas physique mais vision de Dieu qui nous sera donné dans l’éternelle béatitude. Le parallèle est si juste que là encore, notre entrée en paradis ne nous sera pas imposée, elle ne sera pas méritée mais elle nous sera offerte par le Seigneur Lui-même. La prophétie de Jérémie évoque cette foule de boiteux et d’aveugles ; cette foule disparate claudiquant et recevant malgré tout le salut et la bénédiction du Seigneur. Cette foule c’est l’Eglise. Et donc nous sommes de cette foule, boiteux car blessé par le péché qui nous empêche de nous élever jusqu’au ciel en nous clouant à terre, aveugle de la présence divine en nos vies. Et pourtant c’est bien cette foule que le Seigneur vient chercher, vient sauver, vient aimer. Non que cette foule le mérite mais parce que cette foule a Dieu pour père, parce que nous avons Dieu pour père depuis le saint jour de notre baptême, jour de notre adoption filiale. Alors comme l’aveugle de l’évangile, aux portes de la mort, n’oublions pas d’avoir ce cri jaillissant de l’âme : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » afin que le Christ nous sauve et nous établisse dans la vision de Dieu.
Et à ce sujet si essentiel de notre devenir éternel, il nous faut nous laisser éclairer par la seconde lecture tirée de la lettre aux hébreux et particulièrement par cette appellation du Christ qui est dit grand prêtre par établissement divin. Cette identité du Christ prêtre manifeste cette médiation essentielle qui permet au Christ de s’offrir Lui-même en sacrifice d’expiation pour mériter le salut pour l’ensemble de l’humanité. Le Christ est prêtre car il est ce trait d’union qui réunit le ciel et la terre ; le Christ prêtre est ce pont qui relie la basse réalité de notre existence terrestre blessée par le péché à la réalité céleste de l’éternelle béatitude. Tous les miracles du Seigneur, cette guérison dans l’évangile d’aujourd’hui, sont manifestations du sacerdoce du Christ qui permet l’action du pouvoir divin en notre terre. Dans la personne du Christ prêtre c’est le ciel tout entier qui vient jusqu’à nous comme une mise à disposition de toutes les grâces nécessaires à notre salut.
Et tous les prêtres de l’Eglise du Christ participent du sacerdoce du Seigneur Jésus, ils ont comme mission d’être les canaux de la grâce par la sainte eucharistie, canaux de la miséricorde par le sacrement de la confession. Le prêtre reçoit cet insigne pouvoir qu’il porte en son humanité. Que le prêtre est quelque chose de grand s’exclamait le St curé d’Ars. Et nous pouvons nous poser la question : « que serait le monde sans les prêtres ? », ce serait un monde affamée du pain du ciel, un monde assoiffée de la miséricorde céleste. Alors n’oublions pas en nos prières demander des prêtres, de demander beaucoup de prêtres, de demander beaucoup de saints prêtres.
Et en plus de cela, en ce dimanche, demandons au Seigneur la grâce de la guérison de nos aveuglements afin que nous puissions discerner sa présence en nos vies, afin que nous puissions percevoir la grandeur de tous ceux qui nous entourent, afin que nous puissions nous laisser illuminer par la grâce, afin que nous puissions reconnaître nos impuissances, afin que nous puissions nous laisser aimer et sauver par le Christ, afin que nous puissions nous enraciner dans l’amitié divine, afin que nous recherchions la sainteté plus que toute autre chose, afin que nous fassions nôtre ce cri d’amour et d’espérance : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ».
Amen.

18 octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire



L’évangile de ce dimanche a quelque chose de touchant car, concernant les apôtres nous avons cette demande qui mêle mondanité et spiritualité, qui même esprit du monde et esprit de Dieu. En effet, deux apôtres demandent à siéger de part et d’autre du Seigneur Jésus. Cette demande pourrait sembler légitime dans l’esprit du monde, dans notre monde où semble importer notre situation sociale. Nous le savons bien, ici-bas, il vaut mieux être près du patron qu’inconnu de lui… Mais cette demande est dérangeant dans l’esprit de l’évangile comme va le rappeler le Seigneur car qu’importe la situation que nous occuperons dans l’éternité ce qui importe c’est d’être établi dans cette béatitude emplie de la gloire de Dieu et un soupçon de vertu d’humilité nous ferait considérer que nous sommes bien trop misérable pour entrer dans la béatitude qui ne nous est ouverte que par mansuétude divine. Cet épisode est touchant car cela nous montre bien que les apôtres du Seigneur cheminent, progressent à chaque instant avec le Seigneur Jésus, ils ne sont pas au-dessus du reste de l’humanité mais comme nous tous, ils sont appelés à progresser sur le chemin de la sainteté, de la conversion, ils sont tout comme nous appelés à quitter l’esprit du monde pour se laisser éclairer par le Seigneur Lui-même.
Ceci étant clair, c’est sur les derniers mots du Seigneur que je désirerai m’arrêter quelque peu avec vous. Le Seigneur nous le dit clairement, Il est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude. Ce terme de rançon évoque pour la plupart d’entre nous un film à gros budget américain dans lequel une personne se fait enlever, séquestrer afin d’obtenir de ses proches une rançon financière ou d’autres natures. Dans ces films, bien entendu, un héros se lève et éliminant les kidnappeurs va se charger de délivrer le prisonnier. Et bien nous pouvons garder cette image car si le Christ doit payer de sa vie notre rançon c’est bien parce que nous sommes séquestrés c'est-à-dire que nous sommes éloignés de Lui. Mais séquestrés par qui ?
Une réponse un peu rapide serait de tenir le diable comme unique responsable. Le diable qui est à l’origine de la chute d’Adam et Eve et qui a marqué notre humanité de la blessure du péché, le diable qui par ce péché nous a séparé de Dieu, le diable qui nous tente en nos vies. Mais ce serait une lecture un peu rapide car si nous ne sommes pas responsables de ce péché des origines que nous héritons comme d’une tare génétique, nous sommes bien responsables de tous ces péchés actuels qui nous éloignent du bon Dieu. Et quand je dis péché ne considérons pas uniquement les péchés dramatiques ou dit important tel le meurtre, l’avortement ou le vol. Le péché désigne tout ce qui nous éloigne du bon Dieu et nous le savons bien nous pouvons nous éloigner du bon Dieu à petit pas, par des petits péchés, par des manques de charité, par des médisances, par des mensonges, par des colères, par la négligence de notre vie spirituelle..etc.
Et bien c’est tout cela qui nous séquestre loin du bon Dieu. Le diable a sa part mais la plus grande part nous revient. Dès lors ce qui est assez paradoxal c’est que l’homme se séquestre lui-même, l’homme est son propre kidnappeur, son propre bourreau ; nous sommes nos propres bourreaux. Et c’est bien cette situation, cette réalité que le Seigneur désire transformer en payant de sa vie la rançon de notre libération. Le Christ nous libère et nous tendant la main Il nous invite à embrasser cette liberté qu’Il nous offre. Et cette voie de liberté, le chemin de notre libération se construit donc dans cette amitié envers le Seigneur qui nous fait rechercher la conversion véritable, qui nous fait rechercher la sainteté. Malgré tout, une question subsiste : voulons-nous être libéré par le Christ ? Voulons-nous Le laisser faire, Le laisser agir en nos vies ? Voulons-nous renoncer au péché pour vivre de la grâce ? Le voulons-nous vraiment ? Si nous voulons répondre oui et bien considérons simplement notre semaine, regardons la place que nous avons donné au Seigneur, considérons le mal que nous avons pu faire, considérons les péchés qui l’ont habitée. Ce constat que nous aurions pu faire une plus grande place au Seigneur, que nous avons parfois mal agis, que nous nous sommes emportés, ne doit pas nous décourager mais doit nous faire prendre conscience des efforts que nous sommes appelés à faire. Car le bon Dieu désire nous délivrer de nous-même mais Il ne pourra le faire que si nous cherchons à nous libérer car nous sommes nos propres bourreaux…
Alors en ce dimanche rendons-grâce au Seigneur d’avoir payé notre rançons par le don de sa vie et demandons-Lui la grâce de nous libérer pleinement pour nous établir en sa grâce en augmentant notre désir du ciel, en fortifiant notre volonté pour l’orienter vers le Bien qu’Il est Lui-même. Le Seigneur vient nous chercher laissons-nous saisir par sa présence, par son sacré cœur.
Amen