Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

jeudi 19 mars 2015

15 Mars - 4ème Dimanche de Carême



St Paul nous le dit en la première lecture « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi ». Dès lors « Nous ne sommes que des serviteurs quelconques », mais cela peut nous sembler difficile à entendre au premier abord car pour nous qui peinons sur le chemin de la vertu, pour nous qui essayons de suivre l’appel du Christ en nos vies nous aimerions pouvoir avoir une petite récompense. Mais cette pensée de récompense, cette pensée qui place Dieu comme nous devant quelque chose n’est pas juste dans l’ordre de la grâce et dans l’ordre du salut. Car nous tous qui sommes ici, nous qui avons la grâce d’avoir la foi et de connaître le Seigneur Jésus, nous qui tâchons d’être digne de l’Amour que Dieu nous porte en essayant de vivre pleinement comme Dieu le désire nous avons déjà notre récompense car nous tendons vers le salut que Dieu nous offre.
Oui nous travaillons à vivre droitement mais c’est pour notre propre bonheur, oui nous essayons d’être charitables mais c’est pour vivre davantage en Jésus et nous rapprocher de Dieu à travers nos frères. Toute notre vie chrétienne même si elle est un chemin de conversion est également un chemin de bonheur où Dieu nous accompagne. Et tout le bien que nous pouvons faire, nous savons que c’est Dieu qui en est l’origine et l’auteur. Sans le Seigneur, nous serions incapables de vivre une once de charité. Ainsi lorsque nous nous disposons à la grâce de Dieu alors Dieu peut agir à travers nous comme à travers des instruments volontaires. Et même cette disposition à recevoir la grâce du Seigneur n’est que le fruit de notre propre origine pour nous qui sommes de Dieu et qui sommes appelés à revenir à Dieu.
            Alors s’il est vrai que nous sommes des serviteurs quelconques car nous ne pouvons ne prévaloir d’aucun droit sur Dieu, nous savons également que le Christ ne nous appelle plus serviteurs mais ami. Nous sommes donc des amis de Dieu, amis par la seule grâce et volonté de Dieu, y’a-t-il un titre plus beau que d’être l’ami de Dieu ? Amen.

8 mars - 3ème DImanche de Carême



En recevant l’évangile de ce Dimanche nous pourrions être quelque peu désorienté ou bien rassuré. En effet, en voyant la colère de Jésus face aux marchands du temple certain pourrait très bien se dire en eux-mêmes que, puisque le Christ a eu ce mouvement de colère et bien la colère peut être justifiée, ma propre colère peut être justifiée. D’autres, au contraire, vont être quelque peu abasourdi car comment Jésus, Lui qui est sans péché, sans défaut, dans la perfection de la bonté de Dieu, comment Lui a-t-il pu avoir ce mouvement de colère c’est incompréhensible.
Tout d’abord il nous faut discerner que tout mouvement de colère n’est pas équivalent. Nous le savons pour nous même, il y’a de grandes colères et de petites colères, il y’a des colères qui ne sont manifestées que par un mouvement d’humeur, il y’a d’autres colères qui vont beaucoup plus loin jusqu’à l’agression pure et simple comme on peut l’entendre dans nos journaux d’information. Il ne nous faut donc pas considérer la colère dans une globalité mais bien la considérer pour ce qu’elle est, pour les effets qu’elle a et bien entendu pour son origine.
C’est ainsi qu’il peut y avoir parfois de « saintes colères ». Cette « sainte colère » désigne l’indignation de quelqu'un qui, voyant quelque chose de bon abîmé ou profané, n'a pas d'autre réaction possible que de se déchaîner dans un comportement un peu insensé pour protester devant le bien qui est ainsi dévasté.
Et pour en revenir à Jésus, la colère provient bien du fait qu’Il voit le Temple de Jérusalem profané par les marchands et les changeurs. Le Christ a été ravagé par la colère car ce Temple ainsi profané, Il nous le dit Lui-même, ce Temple c’est Lui-même, c’est sa présence au sein du peuple d’Israël, c’est sa présence au sein du monde. Le Christ est touché en son être profond par la profanation du peuple d’Israël qui profane la présence de Dieu dans le temple en avilissant la dimension spirituelle du sacrifice à des intérêts commerciaux.
Dans le Temple, c’est Dieu qui est bafoué, c’est le Christ qui est bafoué et profané. Dans le temple c’est Dieu qui est utilisé à des fins commerciales, c’est le Christ qui voit sa mission détournée de la même façon. Dès lors, ce mouvement de colère est porté malgré tout par l’Amour, par le Zèle du Seigneur qui désire défendre ce salut qu’Il vient apporter au monde, qui désire défendre la réalité de sa présence.
Ces changeurs, ces marchands du Temple détournent Dieu à leur propre profit, et, en extrapolant quelque peu, nous pourrions dire qu’ils n’ont que faire de Dieu et qu’ils ne sont là que pour faire des affaires. Ils utilisent Dieu pour leur propre service, leur propre désir et Dieu n’est pas présent dans leurs actions.
Et c’est bien pour cela que le Seigneur Jésus l’affirme, ce temple de pierre, ce temple profané sera détruit mais il sera relevé, ô d’une bien autre manière, car il ne sera plus fait de pierre mais Il sera le Christ Lui-même, le Christ ressuscité, le Christ offrant au monde son Salut. Et pour notre part, nous n’appartenons pas à ce monde ni à ce temps du temple de Jérusalem, nous avons cette grâce, nous tous, d’être des membres du Temple qu’est le Christ Lui-même, nous avons cette grâce, de par notre baptême, d’être membre du corps du Christ, d’être nous-même ces temples du Seigneur. Et si nous sommes tout cela, il convient dans un surcroît d’humilité de pouvoir reconnaître que nous faisons parfois comme ces changeurs ou marchands du Temple, c'est-à-dire que nous mettons parfois le bon Dieu de côté et que nous traitons nos affaires de notre côté, sans Dieu. Il nous faut reconnaître qu’à certains moments, nous dévastons le Temple Nouveau qui est le corps du Christ. Nous ravageons l'Église, nous méconnaissons le mystère même de la présence de Dieu par toutes sortes de péchés, de manques de confiance, de manques de bienveillance, de manques de fois, de manques d'espérance, de manque d'amour les uns vis-à-vis des autres. Et tout ceci nous est rappelé particulièrement en ce temps de carême qui est un temps propice à la conversion, à notre propre conversion du cœur car devant notre péché imaginons la sainte colère du Seigneur qui désire chasser de nos cœurs, de nos âmes tout ce qui lui est étranger. Alors en ce troisième Dimanche de carême, l’effort que nous sommes appelés à faire c’est peut-être de laisser faire le Seigneur, de laisser le Seigneur déblayer nos âmes, nos cœurs de tout ce qui lui est étranger. Il faut que nous laissions le Christ déblayer lui-même le terrain pour que sa Résurrection opère en nous son œuvre de miséricorde et de vie. Mais rappelons-nous, laisser faire ce n’est pas se dédouaner de toute action, c’est se laisser modeler par la grâce du Seigneur qui travaille dans un cœur, dans une âme tournée vers Lui et cela dans la prière, dans le jeûne et aussi dans l’aumône. Alors travaillons pour laisser le Christ déblayer le chemin de l’action de sa grâce.
Amen.

samedi 7 mars 2015

1er Mars - 2ème DImanche de Carême



Laissons-nous saisir en ce dimanche par cette demande étrange et terrifiante, laissons-nous saisir par cette demande que reçut Abraham qui condamnait son fils à être offert en holocauste. Comment, comment comprendre cette demande pourtant toute divine, comment reconnaître à travers elle le visage aimant de notre Dieu ? Nous ne pouvons la recevoir qu'unit à ce dénouement qui vit la main de l'ange arrêter l'élan du couteau du sacrifice car cela nous révèle que cette demande aussi terrifiante soit-elle n'avait que pour seul objet de recevoir la confiance pleine et entière d'Abraham, lui qui est prêt à offrir au Seigneur son bien le plus précieux, plus précieux que lui-même, lui qui est prêt à offrir son fils unique pour souscrire à la volonté que le Seigneur Lui a exprimé.

Dieu ne voulait pas voir couler le sang mais Il désirait recevoir cette confiance d'Abraham, cette confiance qui traversa les siècles et qui nous est rappelé en ce 2ème dimanche de carême. Et si nous nous laissons toucher par cette foi d'Abraham, cela ne doit que nous conduire à augmenter notre propre foi, cela doit nous conduire à recevoir du Seigneur sa volonté Lui qui ne désire ni offrande, ni holocauste mais qui désire simplement notre amour plein et entier, qui désire notre confiance amoureuse, qui désire nous embraser par sa présence.

Abraham n'hésita pas, n'hésitons pas non plus, lâchons prise en faveur de l'action du Seigneur et pour ce faire, ne recherchons pas d'autres chemin que ceux que le Seigneur nous propose, ne recherchons pas d'autres chemin que celui du jeûne, de la prière et de l'aumône. Ce jeûne du corps qui nous ouvre l'esprit et nous introduit à la prière dans cette relation unique que nous sommes appelés à construire avec notre Seigneur et qui nous fera nous tourner vers les autres pour les secourir, pour les soutenir.

Et si nous doutions encore un peu, laissons-nous saisir par cette si belle affirmation de St Paul : « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous », Dieu est avec nous, nous le savons, Dieu est avec nous, quelle belle affirmation. Dieu est avec nous Lui qui n'a pas hésité à se jeter en notre humanité pour la racheter par les mérites de sa passion et de sa croix, par les mérites de sa propre mort. Oui, nous pouvons l'affirmer Dieu est pour nous, et c'est bien pour nous qu'Il a tout donné, qu'Il s'est offert Lui-même en rançon pour notre rachat éternel. Dieu est avec nous, c'est une certitude et c'est bien ce que nous rappellent tous les crucifix du monde. Dieu est avec nous mais et nous ? Et nous, sommes-nous avec Dieu ?

Et nous pouvons entendre cette question dans ce langage d'enfant qui lors des jeux d'équipes se désignent simplement par l'affirmation : « Tu es avec moi ». Tu es avec moi pour gagner, pour vaincre, pour l'emporter, pour mener avec moi les mêmes combats, livrer les mêmes batailles. Oh la vie n'est pas un jeu mais si nous sommes avec Dieu dès lors il nous faut prendre la même direction qu'Il prend Lui-même, il nous faut prendre la direction de la vertu ; il nous faut livrer les mêmes combats contre les assauts du tentateurs, contre le péché ; il nous faut livrer les mêmes batailles pour notre propre salut et pour le salut du monde.

Mais reprenons un peu de hauteur et recevons cet : « être avec Dieu » d'une manière plus profonde, d'une manière plus existentielle, plus essentielle. Car être avec Dieu c'est être en Dieu en chaque instant, en chaque moment, c'est ancrer son âme en son être divin, c'est fonder son cœur sur ce Sacré Cœur qui ne cesse de battre par amour du genre humain, c'est asservir ses mains pour les lui offrir afin de collaborer à sa mission rédemptrice, c'est aiguiser nos esprits afin de pénétrer toujours plus avant dans le mystère qu'Il est Lui-même afin de pouvoir en témoigner au regard du monde. Être avec Dieu c'est vivre en Lui, chaque instant, chaque seconde en y restant uni par le cœur, en y restant uni par Amour.

Et si l'évangile en ce dimanche nous rappelle la transfiguration du Seigneur qui, dans ce flot lumineux, entrouvre le voile sur cette réalité en laquelle nous avons Foi et qui embrasse l'éternité, car cette douce lumière, cette resplendissante lumière n'est que le halo de l'Amour divin dont on sera comblé dans l'éternité. Le Christ nous montre par-delà ce que nos sens peuvent considérer, le Christ nous montre son Eternité, notre Eternité. Cette Eternité qui nous verra uni à Lui, cette Eternité qui fera que nous serons pleinement avec Dieu, abîmé en Lui,

Considérons cet avenir bienheureux mais ne laissons pas nos yeux s'arrêter sur ce lendemain auquel nous aspirons car c'est dans l'aujourd'hui que nous parcourons le chemin qui nous y conduira, car c'est aujourd'hui que nous construisons cette unité avec le Seigneur, c'est aujourd'hui que nous sommes appelés à être avec le bon Dieu. Alors regardons l'éternité et œuvrons dès maintenant à être avec le bon Dieu, à être avec Lui pleinement, entièrement.

Amen,

22 Février - 1er Dimanche de Carême



« Convertissez-vous et croyez à l’évangile », cette phrase du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce dimanche nous l’avons déjà entendu mercredi, lors de l’imposition des cendres. « Convertissez-vous et croyez à l’évangile », cet appel du Seigneur Jésus il nous faut le recevoir comme fil directeur de notre carême, comme étant la constituante de cette recherche de conversion qui doit être la nôtre dans une attention particulière au jeûne, à la prière et à l’aumône. Remarquons que le fondement de l’ensemble de ce mouvement demeure l’évangile, demeure cette parole que le Seigneur nous adresse et qui a une puissance en elle-même, qui est efficace par elle-même. Cette parole du Seigneur nous invite à sortir de nous-même, à quitter nos sécurités pour nous lancer corps et âme à la suite du Christ ou pour reprendre notre pape François : l’Evangile nous invite à sortir de notre propre confort et à avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile. Et comme le souligne le St Père, cette quête de conversion qui doit être la nôtre est pour nous et pour tous c'est-à-dire que cette quête de conversion n’est pas uniquement en vue de notre sanctification personnelle mais elle est aussi en vue du salut du monde, en vue de l’annonce de l’Evangile, en vue de la mission à laquelle le Seigneur nous invite à collaborer.
Se convertit, avoir foi en l’évangile doit donc produire en nous-même se double mouvement : entre nous et le Seigneur d’abord puis entre nous et tous ceux qui nous entourent. Et « il est vital qu’aujourd’hui l’Eglise sorte pour annoncer l’Evangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur » (EG 23). Dès lors, ne pensons pas notre carême comme un lieu égocentrique qui ne nous ferait regarder que nous même dans ces progrès auxquels la grâce nous invite, rendons nous compte que nous participons de cet élan du Christ qui va souffrir sa passion pour l’ensemble du genre humain, qui va mourir sur cette croix de douleur pour tous. Prenons conscience que nous avons tous un rôle à jouer certes à notre mesure mais un rôle à jouer et un rôle nécessaire dans l’édification du Royaume en notre temps, en notre monde, prenons conscience que nous avons à participer à l’unique mission rédemptrice du Seigneur Jésus qui nous invite à nous remettre entre ses mains comme des instruments de l’avènement  de son règne.
C’est ainsi que nous pouvons percevoir que ce double appel du carême à la conversion et à la Foi constitue en réalité un fruit unique de notre relation au Seigneur Jésus. C’est parce que nous avons rencontré le Seigneur Jésus, c’est parce que nous nous sommes laissés saisir par son amour infini que nous sommes appelés à rechercher constamment à nous rapprocher de Lui par nos vies et en nos cœurs, par la conversion de notre être et l’embrasement de nos cœurs par la Foi. Le carême ne fait que nous rappeler cet essentiel du mouvement spirituel, cet essentiel de la relation véritable avec le Seigneur qui tout en se concentrant sur notre être personnel nous dépasse dans la participation qui est la nôtre à l’avènement du règne de Dieu. Alors oui, recherchons de tout notre être à grandir dans notre union au Seigneur par la prière, par le jeûne, par l’aumôner, faisons le pour nous dans cette certitude que nous rapprocher du Seigneur en nos vies constitue le plus grand bien mais faisons le également pour tous, pour le monde, pour ceux qui nous entourent afin que notre propre conversion suscite en eux ce même mouvement vers le Seigneur car nous participons nous tous à ce rayonnement du Seigneur Jésus en notre temps, en notre monde. Tel ces prismes qui laissent passer la lumière et la réfracte en illuminant tout ce qui les entourent nous sommes appelés à devenir des prismes de la présence de Dieu. Mais nous le savons un prisme recouvert d’imperfection ne rempliras pas ou peu son office, seul un prisme étincelant le fera. Les prismes étincelants ce sont les saints qui se sont laissés transformés, convertir par le Seigneur, nous nous avons besoin de grandir sur ce chemin, nous avons besoin de nous convertir mais dés maintenant nous sommes appelés à réfracter cette présence du Seigneur qui illumine nos âmes.
Alors oui, débutons saintement notre carême pour nous-même et pour tous, pour notre conversion personnelle qui nous rapprochera du Seigneur ainsi que pour l’édification du Royaume de Dieu. Dieu nous fait confiance en faisant de nous des acteurs du salut qu’Il mérita par les douleurs de sa passion et de sa croix, Dieu nous fait confiance alors n’hésitons pas à Lui faire confiance et jetons nous en ces bras, Dieu nous fait confiance alors n’hésitons pas convertissons-nous et croyons à l’Evangile.
Amen.

15 Février - 6ème Dimanche du Temps Ordinaire



C’est la maladie de la lèpre qui est au cœur des lectures de ce dimanche, la lèpre, ce mal d’un autre temps qui plaçait celui qui en était touché à l’écart de toute relation sociale. Ce mal incurable pendant longtemps qui était synonyme de mort et de souffrance. Et pourtant, l’évangile nous rapporte cette rencontre étonnante entre le Seigneur Jésus et un lépreux qui alla jusqu’à tomber à ses genoux. Cette proximité avec le mal que représentait la lèpre aurait du conduire à un recul de Jésus, aurait dû conduire Jésus à repousser cet individu malade, cet individu impur, telle aurait été du moins la réaction de la plupart mais il n’en est rien et même au contraire, le Seigneur va l’écouter, va étendre la main jusqu’à le toucher. Et le miracle s’est accompli, la lèpre fut vaincue. Aujourd’hui, nous pourrions considérer cette histoire comme un élément d’antan car le Seigneur ne pourrait nous guérir de la lèpre, cette maladie ayant déserté nos contrées mais la lèpre est bien synonyme de tout ce qui conduit à la mort, la lèpre est paradigme de tout mal aussi bien maladif que peccamineux. Dés lors, le Seigneur peut encore agir envers nous en nous purifiant des racines du mal et du péché qui nous habite, oui, Dieu a cette capacité. Mais attardons-nous sur la simple demande du lépreux : « Si tu le veux, tu peux me purifier », « si tu le veux ». Le lépreux n’ordonne pas au Seigneur de le guérir, il n’y a pas d’impératif dans sa demande qui reconnaît la puissance du Seigneur, qui reconnaît la capacité du Seigneur à agir contre son mal mais qui en même temps le laisse libre de son action. Et ce peut-être un bel enseignement pour nous en ce dimanche car bien souvent nous traitons avec le Seigneur en lui demandant d’agir de telle ou telle manière, en demandant au Seigneur de suivre nos voies, nos perceptions, nos désirs. Nous agissons bien souvent envers le Seigneur comme envers un distributeur de boisson. Pour un distributeur nous mettons une pièce et nous obtenons en échange la boisson que nous désirons, avec le Seigneur on a parfois la tentation de dire une prière pour obtenir en échange ce que nous demandons et si nous n’obtenons pas ce que nous voulons nous réagissons comme envers un distributeur qui nous aurait avalé notre pièce sans nous donner notre boisson, nous réagissons contre le Seigneur comme s’Il avait rompu un contrat déterminé. Comment, j’ai prié 45 chapelets, j’ai fait un pèlerinage à genoux jusqu’à Jérusalem et tu ne me donnes pas ce que je veux, c’est une honte… Nous pouvons sourire mais spirituellement c’est un peu comme cela que nous réfléchissons, que nous agissons. Dans l’évangile, le lépreux a la juste attitude, il se soumet à la volonté du Seigneur et pourtant son cas n’admet que deux issues, la guérison miraculeuse ou la mort. Et bien nous aussi il nous faut révérer la volonté du Seigneur en la plaçant au-dessus de la nôtre même s’il nous semble que notre demande est des plus légitimes car nous ne détenons pas la vision totale du monde, de notre petit monde et même de nous-même. Révérer la volonté du Seigneur c’est lui faire confiance en sachant que son action ou son inaction éventuelle est ce qui est le meilleur. Et le Seigneur Jésus a agit de même envers son Père, rappelons-nous au jardin des oliviers, pressentant la mort qui approche le Seigneur Jésus a demandé d’être délivré de cette heure mais il a conclu sa prière en disant : « non pas ce que Je veux mais ce que Tu veux ». Et bien, ne cessons jamais de le dire, il nous faut imiter le Seigneur en nos vies et conclure chacune de nos prières par ce « non pas ce que je veux mais ce que Tu veux », non dans une résignation soumise mais dans une confiance éclairée. C’est bien ce que nous dis St Paul en sa lettre aux Corinthiens : « Imitez-moi comme moi aussi j’imite le Christ » et cela en toute circonstance.
Nous avons tous des intentions particulières, nous avons tous en nos cœurs, en nos âmes des demandes que nous portons régulièrement devant le Seigneur en lui demandant d’agir de telle ou telle manière, continuons tout en laissant à Dieu qui est  plein de bonté, tout en laissant au Seigneur qui agit envers ses enfants de la meilleure des manières, tout en laissant au bon Dieu l’initiative de son agir dans une confiance absolue, dans un abandon amoureux.
Amen.