Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

dimanche 31 août 2014

24 août - 21ème Dimanche du Temps Ordinaire



Cette question du Seigneur Jésus que nous livre l’évangile de ce dimanche a parcouru l’ensemble des siècles : « pour vous qui suis-je ». Et si aujourd’hui nous posions cette question lors d’un micro trottoir nous aurions de bien d’autres réponses que celle des apôtres. Aujourd’hui pour beaucoup Jésus est un grand homme empli de sagesse et de philosophie, parfois certains diraient peut-être qu’Il est le plus grand usurpateur de l’histoire mais pour nous chrétien la réponse qui doit jaillir du plus profond de notre être c’est bien que Jésus est vrai Homme et vrai Dieu ou, pour reprendre la réponse de St Pierre qu’Il est le messie, le Fils du Dieu vivant. Dès lors, cette question n’est pas une question anodine car de la réponse dépend toute la considération du donné révélé, des saintes Ecritures.
Pour celui qui considère Jésus comme un philosophe emplie de sagesse et bien les évangiles ne vont être qu’un manuel parmi tant d’autres alors que pour celui qui reconnaît la véritable identité du Seigneur tout prend une autre dimension qui lui fait déjà toucher le ciel et l’éternité. Oui Jésus est un philosophe empli de sagesse mais c’est surtout parce qu’Il est Dieu que nous sommes rassemblés aujourd’hui, c’est parce que nous prêtons foi en sa Parole que dans quelques instants nous allons recevoir son très saint Corps.
En définitive, ce « Pour vous qui suis-je » est déterminant quant à la Foi car seule la Foi nous permet de suivre la réponse de St Pierre et de reconnaître la véritable identité du Seigneur. Et en plus de cela, en l’évangile, le Seigneur nous livre la fabuleuse vocation de St Pierre qui est choisi pour être le premier à la tête de l’Eglise. Le Christ a fondé son Eglise qu’est l’Eglise catholique et Il a choisi également le premier homme pour la gouverner en la personne de St Pierre. L’Eglise n’est donc pas le fruit d’une construction humaine, d’une institualisation d’une mouvance religieuse, l’Eglise est du Christ ce en quoi elle est sainte.
Mais pour bon nombre de catholique, l’Eglise est sainte mais dans une considération abstraite de sa réalité et nous comprenons bien pourquoi car comment reconnaître aujourd’hui la sainteté de l’Eglise, sa grandeur toute divine alors que son clergé commet parfois l’irréparable, alors que son clergé paraît parfois bien décadent. Mais si l’Eglise est sainte de par sa relation exclusive au Christ, les membres de l’Eglise ne sont, quant à eux pas tous saints, bien loin de là. Ste Thérèse en a fait l’expérience je la cite : « Lors de son voyage à Rome en 1887, Thérèse raconte : « La seconde expérience que j’ai faite regarde les prêtres. N’ayant jamais vécu dans leur intimité, je ne pouvais comprendre le but principal de la réforme du Carmel : prier pour les pécheurs me ravissait, mais prier pour les âmes des prêtres, que je croyais plus pures que le cristal, me semblait étonnant !… Ah, j’ai compris ma vocation en Italie, ce n’était pas allé chercher trop loin une si utile connaissance… Pendant un mois j’ai vécu avec beaucoup de saints prêtres, j’ai vu que, si leur sublime dignité les élève au-dessus des anges, ils n’en sont pas moins des hommes faibles et fragiles… ».
Pourquoi cela ? Et bien tout simplement car si l’Eglise est divine de par son institution, le Seigneur Lui-même a choisi de la confier au genre humaine et même St Pierre n’échappa pas à sa faiblesse lorsqu’il renia le Seigneur, même les  catholiques, laïcs ou clercs n’échappe pas à leurs faiblesses, même nous nous n’échappons pas à nos propres faiblesses. Or ce qui est véritablement important c’est de considérer le choix qui a été posé. St Pierre a été choisi malgré sa faiblesse tout comme les prêtres le sont malgré leurs faiblesses et c’est malgré leurs faiblesses qu’ils sont institués dispensateur des dons de Dieu, qu’ils sont institués instruments de la grâce salvifique pour le peuple chrétien. Ainsi oui l’Eglise est sainte car elle est au Christ mais tous les membres de l’Eglise qui sont ici-bas sur cette terre ont encore besoin de se convertir, prêtres ou laïcs.
Alors en cette eucharistie, en ce dimanche, demandons au Seigneur la grâce de croire en Lui non pas que nous ne croyons pas en Lui aujourd’hui, maintenant, mais demandons que notre Foi puisse embraser notre existence jusqu’à nous faire prendre résolument le chemin de la conversion, le chemin de la sainteté. Et prions également tout particulièrement pour tous les membres de l’Eglise spécialement pour les prêtres et donc pour votre humble serviteur afin qu’ensemble nous puissions faire rayonner la grâce immense dont Dieu désire combler le monde par son Eglise de laquelle nous sommes.
Amen.

lundi 18 août 2014

10 août - 19ème Dimanche du Temps Ordinaire



Il y’a maintenant quelques années, lorsque j’ai été ordonné diacre, j’avais choisi comme image d’ordination une représentation de l’évangile que nous venons d’entendre car il manifestait pour moi ce pas de la Foi que je faisais en m’avançant pour recevoir l’ordre sacré. Et bien souvent je repense à ce passage car que l’on soit diacre ou prêtre ou que l’on soit laïc, ce pas de la Foi est constitutif de notre être chrétien.
Mais reprenons quelque peu la scène de l’évangile. St Pierre est dans la barque, les vagues s’éclatent contre la coque. St Pierre est un marin et s’il a l’habitude de naviguer il connaît également la dureté de ces flots qui ont engloutis tant de marins. L’inquiétude et la maîtrise sont unies et gouvernent cette barque. Puis, au milieu des vagues se dessinent une silhouette qui s’approche. L’ensemble des apôtres sont saisis de crainte jusqu’à entendre la voix du Seigneur qui ne réussit pas totalement à les calmer mais qui les garde interloqués. Est-ce vrai ? Un homme qui marche sur les flots ça ne s’est jamais vu… St Pierre ose alors demander au Seigneur de le rejoindre ce que fait le Seigneur. St Pierre passe alors par-dessus-bord et se retrouve à marcher sur les eaux, son regard doit être abimé dans celui du Seigneur. Et d’un coup, il se rend compte de ce qu’il fait, de ce qui se passe, son regard quitte celui du Seigneur et se porte sur tout ce qui l’entoure et le doute l’envahi c’est alors qu’il sombre mais avant qu’il ne se noie, la main du Seigneur le secourt et le laisse avec cette simple question : « Pourquoi as-tu douté ? ».
Si de nombreuses lectures spirituelles peuvent jaillir de ce texte laissez-moi vous en livrer une. Cette barque battue par les flots cela représente notre vie, notre existence battue par les difficultés, les contradictions, battue par le mal et le péché. La barque représente cette sécurité que nous tentons d’établir en nos existences même si tel une barque au milieu de l’océan, cette sécurité semble bien insignifiante. Rappelons-nous cette petite phrase qui a accompagné le lancement du Titanic : « même Dieu ne pourrait pas le couler » et ce n’est pas Dieu qui le coula un simple morceau de glace… Et bien quels que soient les sécurités de nos existences tout peut basculer en un instant, la barque de nos vies peut prendre l’eau jusqu’à nous faire sombrer. Mais si nous portons notre regard un peu au-delà de nos vies, si nous recherchons l’unique sécurité c’est bien le regard du Seigneur que nous croisons. Le bon Dieu nous invite à quitter nos sécurités, nos habitudes pour venir jusqu’à Lui car Dieu sait bien que nos vies finiront pas être englouties dans les abîmes des ténèbres et Dieu désire nous sauver, venir à notre aide. Quitter nos sécurités et suivre le bon Dieu voilà ce qui est bien difficile à faire pour nous qui aimons tout contrôler ou qui plutôt voulons tenir ferme l’illusion de tout contrôler. C’est en définitive un réalisme auquel le Seigneur nous invite dans la reconnaissance que, comme le dit le psaume : « l’homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l’ombre qui passe ». Il nous faut balayer l’illusion de toute puissance et recevoir cet appel vibrant du Seigneur à Le rejoindre : « Viens ! », nous dit le Seigneur.
Il nous faut donc faire confiance au Seigneur, abandonner nos illusions et nos sécurités, passer par-dessus bord pour suivre le Seigneur. Tel est le pas de la Foi mais ce pas de la Foi n’est pas fait une fois pour toute, il est à renouveler chaque jours, chaque instant. Car tout comme St Pierre s’est mis à douter et à sombrer, nous pouvons nous aussi sombrer si nous ne tenons pas ferme l’Espérance qui est en nous ; si nous ne tenons pas vive notre Foi, notre attachement au Seigneur. Car malgré le pas de la Foi la mer continuera à mugir mais c’est dans le regard aimant du Seigneur que nous mettrons à nos pieds ces flots impétueux. Et ce pas de la Foi qui inaugure notre attachement quotidien au Seigneur cela doit avoir des résurgences, des conséquences en notre manière de vivre. On ne peut pas garder un pied dans la barque, on ne peut pas suivre le Seigneur à moitié. Mais si nous plongeons notre regard dans celui du Seigneur alors nous découvrirons tout son amour pour nous, alors nous découvrirons combien Dieu nous aime et cette découverte doit provoquer en nous cette conversion radicale de toute notre vie qui se manifestera dans notre agir ancrée dans les commandements divins. Ne séparons jamais Foi et vie morale et éthique, ne séparons jamais notre vie spirituelle de notre vie sociétale, nous ne sommes pas schizophrène et si nous sommes chrétien nous le sommes en chaque instant, en chaque moment, en chaque situation.
Alors chers amis, passons par-dessus bord, plongeons notre regard dans celui du Seigneur, recherchons soutenu par la grâce divine la conversion de chaque seconde de nos vies et alors nous mettrons à nos pieds toutes les difficultés de l’existence car notre vision nous abîmera en Dieu Lui-même. La vision de Dieu, voilà ce qu’il nous faut rechercher. Amen.

17 août - 20ème Dimanche du Temps Ordinaire



L’Evangile de ce dimanche nous invite à considérer cette part essentielle de notre être chrétien qu’est la prière. La prière, mais d’abord qu’est-ce que la prière ? Une définition commune serait très certainement de définir la prière comme un temps de rencontre particulier avec le Seigneur ou bien encore, comme nous l’enseigne le catéchisme de l’Eglise catholique, comme une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai ; comme une relation vivante des enfants de Dieu avec leur Père.
La prière c’est bien cela mais rendons-nous compte de ce que cela veut dire. Dans la prière nous rejoignons Dieu Lui-même ! La prière est l’un des dons les plus précieux fait à l’homme car elle permet cette relation avec le Seigneur, elle permet de rejoindre le Seigneur en chaque instant, en chaque moment. La prière est le regard intérieur de l'âme dirigé vers Dieu par la foi et par l'amour. La prière est ainsi l'acte vital et essentiel de notre vie chrétienne qui consiste à vivre avec Dieu en Le connaissant et en L'aimant. La prière nous est vitale, tout comme il nous faut manger et boire il nous faut prier. C’est une obligation qui s’impose à nous non pas que nous devons prier pour respecter je ne sais quelle règle mais nous devons prier tout simplement parce que nous aimons Dieu. C’est notre amour de Dieu qui nous invite à la prière. Prier c’est aimer.
Mais j’entends bien souvent que le temps manque, « on n’a pas le temps »… Oh, on a le temps pour beaucoup d’autres choses mais la prière est parfois ce parent pauvre qui est trop souvent oublié, ou bien plus la prière tend à devenir telle cette roue de secours qui se trouve dans le coffre de nos voitures et à laquelle on ne pense que lorsqu’on a un souci, un problème. Dieu Lui-même devient cette roue de secours qui, aux moments difficiles, sera recherchée par une ascension à Notre Dame de la Garde qui se trouvera iluminée d’un nouveau cierge. Mais attention, si nous ne trouvons pas le temps de prier c’est que soit nous sommes plus occupé que le Seigneur ne le désire, soit nous ne faisons pas de la prière un essentiel de nos journées. Et sans prendre parti je pencherai plutôt pour la deuxième hypothèse. Le temps, il nous faut le prendre et même si ce temps se réduit à quelques minutes chaque jour prenons conscience que ce sont les minutes les plus importantes de nos journées car : l'action vient avant la Prière, uniquement dans le dictionnaire. Si nous voulons agir comme des chrétiens que nous sommes nous ne pouvons le faire sans ce lien essentiel au Seigneur qui nous guidera par son Esprit Saint.
La prière est essentielle, primordiale, vitale c’est un premier point mais alors quand prier ? Permettez-moi de nous rappeler quelques conseils. Après s’être fixé un temps raisonnable de prière et bien tout simplement il faut prendre son agenda c'est-à-dire considérer ses journées pour voir quel est le moment le plus favorable de la journée. Certains sont du matin, d’autres du soir, qu’importe l’heure ce qui importe c’est le temps donné, le temps offert. Et pour les familles ici réunies, n’hésitez pas à prendre un temps de prière ensemble, c’est une excellente habitude !
Et si le quand est plus ou moins réglé maintenant arrive le comment, comment prier ? Jésus nous le dit en l’évangile selon St Matthieu (6,6) : « Toi, quand tu pries, entre dans ta chambre et, ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te donnera en retour ». Si prier est un cœur à cœur avec Dieu, le fondement de notre relation au Seigneur il convient dès lors de consacrer ce temps c'est-à-dire de se vider la tête des contingences sans importances pour se recentrer sur Dieu Lui-même avec tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons. Cette consécration du temps peut être facilitée par la lecture d’un texte d’évangile, par la récitation d’une prière appréciée, par la prière du chapelet le but étant de se mettre en présence de Dieu. Puis la prière se poursuivra en goûtant la présence divine, en se laissant irradier par Dieu Lui-même car voilà bien là le cœur de la prière.
Mais écoutons Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face nous enseigner sur la prière, elle écrivait :
 « Qu’elle est donc grande la puissance de la Prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu’elle demande. Il n’est point nécessaire pour être exaucée de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance ; s’il en était ainsi… hélas ! que je serais plaindre !… En dehors de l’office Divin que je suis bien indigne de réciter, je n’ai pas le courage de m’astreindre à chercher dans les livres de belles prières, cela me fait mal à la tête, il y en a tant !… et puis elles sont toutes plus belles les unes que les autres… Je ne saurais les réciter toutes et ne sachant laquelle choisir, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend… Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. » (Ms C, 25rv)
Alors en rentrant tout à l’heure, après cette prière commune essentielle qu’est l’eucharistie, prenez quelques instants et planifiez votre semaine, que ce soit une semaine prévue avec le Seigneur rejoint dans la prière. La prière demande cet effort-là qui n’est pas surhumain et si nous réalisons la grandeur de la prière nous devrions être prêt à accomplir tous les efforts pour être uni au Seigneur, alors prions, prions sans cesse !

15 août - Assomption



C’est la joie qui doit habiter nos âmes en voyant la Très Sainte Vierge Marie établie au milieu des anges dans la béatitude éternelle auprès de son divin Fils. Les yeux de l’âme fixant ce coin du ciel dans cet instant d’éternité qui a vu disparaître celle qui a donné au monde son Sauveur nous ne pouvons que nous laisser envahir par cette gloire qui resplendit en ce jour.
Mais, nous pourrions avoir l’impression d’une fin bienheureuse qui répond dans un même accord aux premiers instants où Marie s’est vue confiée l’incarnation du Christ. L’assomption pourrait nous apparaître comme le pendant de la descente de l’ange Gabriel qui annonçait la naissance de notre divin sauveur. Le bon Dieu est descendu jusqu’en cette fille immaculée et au terme de sa mission l’a rappelé en sa gloire. Mais l’assomption de la Vierge Marie n’est pas une conclusion, bien au contraire, elle est une inauguration, inauguration de ce temps de l’humanité rachetée, car en Marie accueilli par les anges au paradis c’est l’ensemble de notre humanité qui reçoit par son intermédiaire cette douce invitation à nous orienter d’ores et déjà vers notre unique but à savoir l’entrée dans la béatitude. La Vierge Marie, l’Immaculée Conception, est figure de notre humanité rachetée et nous préfigure nous tous dans l’accomplissement de notre propre destinée, dans l’accomplissement de notre propre nature qui ne se trouve qu’auprès du Seigneur. Et voilà en réalité toute la grandeur et la beauté de la Vierge Marie qui nous révèle à chacun quelle est la réalité de l’humanité racheté. Nous qui avançons sur cette terre, emplie de foi mais porteur du fardeau de notre imperfection nous pouvons et avec raison nous demander qui nous sommes en réalité. Car le bon Dieu ne nous a pas créé comme cela, le bon Dieu ne nous a pas créé pécheur mais Il nous a fait à son image et à sa ressemblance, il nous a établi à ses côtés. Mais le péché est entré dans le monde et notre humanité porte encore ce dualisme qui l’habite, porte en elle-même la grandeur de la bonté qui vient de Dieu et l’errement inhérent au péché. Mais nous n’avons jamais connu ce temps où nous étions nous même immaculé, nous n’avons jamais connu ce temps où nous étions comblés en toute chose du bonheur divin. En Marie, Dieu nous permet de lire ce que nous sommes en réalité, en Marie il nous permet de discerner que nous avons été conçu pour faire la volonté de Dieu, en Marie nous reconnaissons que nous sommes appelés à une confiance indéfectible en l’action de Dieu. Et ce jour de l’assomption, le Seigneur nous permet de voir quel est notre objectif, quel est le but ultime de notre vie, quel est en réalité l’unique objet qui doit orienter chacune de nos vies à savoir Dieu Lui-même. Car avec Marie nous voyons bien que l’accomplissement de l’homme ce n’est pas l’homme lui-même, que l’accomplissement de l’homme ne se trouve pas non plus dans un sur-homme quelconque fruit du désir de toute puissance fondé sur notre propre déraison. L’accomplissement de l’homme c’est Dieu et c’est bien cela que nous dévoile Marie aujourd’hui. Elle qui est toute pure, préservée du péché originel, elle qui a donné son corps à Dieu Lui-même pour qu’Il soit son Fils en s’abandonnant toute entière à sa parole, elle qui a ouvert la mission de son divin Fils le jour des noces de Cana, elle qui a gardé sa foi pure dans les douleurs de la croix, elle reçoit aujourd’hui la couronne éternelle qui l’a fait entrer dans la béatitude, dans le bonheur divin. Et nous qui sommes ici, n’avons-nous pas ce désir au fond de nous, ce désir d’être tout à Dieu, ce désir de n’agir qu’en fonction de Lui, de n’être que tout à Lui. Et si ce désir est noyé parmi tant d’autres, si ce désir d’être tout à Dieu est en concurrence par rapport à d’autres et bien aujourd’hui, en Marie, le bon Dieu nous rappelle le véritable but de notre existence, nous rappelle en réalité l’unique source du bonheur. Par l’assomption de la très sainte Vierge Marie le Seigneur nous montre le chemin à suivre, nous donne Marie comme exemple pour chacune de nos vies. Et surtout ne nous disons pas que nous n’y arriverons jamais, que cette gloire divine à laquelle nous sommes invités nous semble trop lointaine, presque inatteignable. Car le bon Dieu sait que cela nous est difficile mais Il nous a Lui-même donnée Marie comme mère afin que, comme toutes les mères, elle nous aide à grandir, à nous construire et en définitive à devenir ce que nous sommes à savoir de véritables enfants de Dieu.
Alors oui, aujourd’hui, levons les yeux vers le ciel pour y percevoir la gloire de Dieu qui accueille la Très Sainte Vierge Marie, levons les yeux vers le ciel pour nous rappeler que nous sommes appelés nous même à entrer dans la béatitude éternelle, laissons nous embraser par la joie divine qui transparaît en ce jour. Et lorsque nous baisserons les yeux, retrouvant notre réalité alors nous saurons que Dieu nous accompagne et que Marie elle-même intercède pour nous, nous obtenant les grâces nécessaires pour nous permettre d’avancer. En Marie, Dieu nous a donné la figure de notre humanité racheté l’établissant pour l’éternité Mère de chacun quémandant pour nous tous les grâces nécessaires à notre salut. Prions-la de tout notre cœur tout particulièrement en ce jour car comme une mère se démène pour chacun de ses enfants, elle-même se démènera pour chacun d’entre nous.
Amen

samedi 9 août 2014

3 août - 18ème Dimanche du Temps Ordinaire



« Rien ne peut nous séparer de l’Amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur », telle est l’affirmation que nous révèle St Paul et qui doit illuminer chacune de nos âmes quelles qu’elles soient. Car cette affirmation est totale et plénière, rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ. L’amour du Christ est total, plénier, inconditionnel. Dieu nous aime voilà la certitude sur laquelle nous pouvons bâtir nos existences. Et cet amour est identique aussi bien pour le plus grand des pécheurs que pour le plus grand saint car tel un père idéal Dieu aime chacun de ses enfants de la même manière, ô peut-être souffre-t-il des errances d’un de ses enfants, peut-être désire-t-il un changement de cap pour l’un de ses enfants mais cela n’influe pas sur l’amour qu’Il porte à chacun d’eux qu’importe les actes qu’ils peuvent poser. Mais il n’est parfois pas aisé de garder ferme cette certitude de l’amour divin lorsqu’il nous faut affronter de grande difficulté car certains chrétiens ont soutenu l’idée que Dieu tiendrait toutes choses dans ses mains, la pluie comme le soleil, la santé et la maladie, les tremblements de terre… Jean Calvin, fondateur d’une grande ligne du protestantisme, Jean Calvin était un ardent défenseur de cette idée que rien n’arrive sans que ce soit déterminé par Dieu, et que le hasard n’existe pas. Certains textes bibliques peuvent être compris dans ce sens, mais cela ne rend pas cette théorie meilleure. Elle est souvent une souffrance supplémentaire pour les victimes, et elle a fait perdre la foi à un nombre incroyable de gens. Mais ils perdent la foi en un dieu qui n’existe pas. C’est plutôt une bonne chose, en soi, de perdre une illusion, c’est comme cela que l’on devient un petit peu plus adulte, mais la désillusion peut être si cruelle que l’on en sort blessé. Et St Paul ne joue pas ce jeu de la superstition ou jeu de ces sectes qui attirent de pauvres gens par de fausses promesses de protection et de guérisons. St Paul nous dit que l’amour de Dieu est bien réel, mais que ce n’est pas cela qui empêchera que nous subissions, malheureusement, la souffrance, l'angoisse, la violence et autres catastrophes.
Ainsi, ce qui est dramatique pour l’être chrétien c’est que lorsque survient la détresse, l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le supplice ou bien encore la mort, lorsque cela survient il y’a une tentation néfaste qui consiste à rendre Dieu responsable de ceci ou de cela, de rendre Dieu responsable et de s’en détourner, de s’en éloigner, de s’en séparer. Comment Dieu peut-Il nous aimer et laisser telle ou telle chose arriver ? Et en plaçant cette question dans un contexte actuel, comment Dieu peut-Il aimer les chrétiens d’Irak et les laisser être anéanti ? Et la réponse à ces questions se trouvent dans cette double alliance de l’amour de Dieu et de la liberté de l’homme. Car bien sûr que Dieu soutient le chrétien persécuté, Il le soutient parfois jusqu’à la grâce du martyr qui ouvre en grand les portes de la béatitude mais si Dieu aime le chrétien persécuté Il aime également le persécuteur et patiente envers Lui en pleurant sur le mal qu’il commet et en espérant sa conversion. Relisons toujours les évènements du monde et de nos propres vies en fondant notre analyse sur l’amour inconditionnel du bon Dieu envers l’humanité, tout en considérant la capacité qu’à l’homme d’être le meilleur ou le pire, et en considérant également que le référentiel de tout cela n’est pas notre vie d’ici-bas mais l’éternité car comme nous le dit le Christ en St Matthieu : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ». Et je pense que cela est difficile pour nous tous d’entendre mais surtout de vivre existentiellement tout cela car nous voulons réussir notre vie et bien souvent, trop souvent, en considérant notre réussite à la manière du monde alors qu’une vie réussie est une vie sanctifiée, une vie sainte qui est habitée par l’amour de Dieu et qui se verra ouvrir les portes du Royaume éternel.
Ainsi oui nous pouvons et devons souffrir intérieurement avec les martyrs chrétiens mais non pas à la manière du monde, il nous faut nous laisser éclairer également par quelques mots de Ste Thérèse de Lisieux qui écrivit : « Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse, ce rêve il a grandi avec moi sous les cloîtres du Carmel... Mais là encore, je sens que mon rêve est une folie, car je ne saurais me borner à désirer un genre de martyre... Pour me satisfaire, il me les faudrait tous... Comme toi, mon Epoux Adoré, je voudrais être flagellée et crucifiée... je voudrais mourir dépouillée comme St Barthélémy... Comme St Jean, je voudrais être plongé dans l'huile bouillante, je voudrais subir tous les supplices infligés aux martyrs... Avec Ste Agnès et Ste Cécile, je voudrais présenter mon cou au glaive et comme Jeanne d'Arc, ma sœur chérie, je voudrais sur le bûcher murmurer ton nom, o Jésus... En songeant aux tourments qui seront le partage des chrétiens au temps de l'Antéchrist, je sens mon cœur tressaillir et je voudrais que ces tourments me soient réservés... Jésus, Jésus, si je voulais écrire tous mes désirs, il me faudrait emprunter ton livre de vie, là sont rapportées les actions de tous les Saints et ces actions, je voudrais les avoir accomplies pour toi... ».
Rappelons-nous que dans les premiers siècles chrétiens, le martyr était désiré car il demeure la voie éminente de l’entrée en Paradis. Et ne nous étonnons pas outre mesure, même si nous devons la déplorer et la combattre, ne nous étonnons pas outre mesure de la persécution qui atteint le monde chrétien car les disciples ne sont pas plus grand que le maître, les chrétiens ne sont pas plus grands que le Christ qui fut cloué sur une croix. Il nous faut considérer tout cela avec un réalisme saisissant qui n’a rien à voir avec une mentalité de victime. Comme l’affirmait récemment le patriarche d’Antioche, dans ce monde ici-bas « le chrétien est vulnérable car il ne veut ni la guerre, ni les armes, ni les partis politiques » ; [le martyr], « c’est une tradition chez les chrétiens » mais malgré la persécution, malgré la détresse, l'angoisse, la faim, le dénuement, le danger, le supplice ou bien encore la mort le chrétien sait qu’il peut compter sur le bon Dieu qui le secourt et le soutient, non pas à la manière du monde mais en vue de ce qui compte réellement, en vue de l’éternité.
Chers amis, ayons soif de l’éternité, désirons là en désirant Dieu, agissons en vue de l’éternité et donc en vue de Dieu et dès lors notre vie sera réussi non pas à la manière de ce monde qui passe mais à la manière de l’Eternel qui par définition demeure. Avançons toujours avec certitude : « Rien ne peut nous séparer de l’Amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur ».
Amen.