Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

Site d'information des Paroisses de St Laurent (La Bouilladisse) – St Pierre (La Destrousse) – St Martin (Peypin) – St Jacques le mineur (Belcodène)


Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mardi 9 février 2016

7 février - 5ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Laissant tout ils le suivirent », ces quelques mots de l’Evangile devraient nous faire envie, devraient nous faire désirer être à la place de ces apôtres qui jadis n’ont pas hésité à tout abandonner pour suivre le Seigneur Jésus. Ils ont abandonné un métier bien sûr, mais aussi une famille, des amis, une société, ils ont abandonné des habitudes, une maison, un certain confort, ils ont abandonné leurs vies, ils ont tout laissé derrière eux. Mais si les apôtres ont pu faire cela c’est bien à cause du Seigneur Jésus car ils ont reconnu que le Seigneur valait la peine de tout abandonner, car ils ont pris conscience que le Seigneur allait les combler. Ils n’ont pas tout abandonné pour rien mais ils ont tout abandonné pour Dieu et pour Dieu seul.
Mais cet Evangile que nous recevons aujourd’hui avec toute l’intensité propre à la Parole de Dieu, nous le recevons dans ce qui fait nos existences, dans ce qui fait, chacun, chacune, notre vie. Dès lors serait-il bon que la mère de famille abandonne son mari et ses enfants pour suivre Jésus sur d’autres chemins ? De même pour le père de famille ? Serait-il bon que le curé que je suis abandonne ses paroisses et ses paroissiens pour suivre Jésus sur d’autres chemins ? Nous savons bien que ce ne serait pas là l’expression de la volonté divine car si Dieu invite quelques uns à le suivre dans un abandon total des exigences de ce monde ce n’est pas le lot de tous. Et pour la mère ou le père de famille, pour le curé de paroisse, et pour chacun d’entre nous tout abandonner pour suivre le Christ cela signifie remettre sans cesse le bon Dieu à la première place. Et ce n’est pas une idée vaine mais bien une réalité à laquelle il nous faut prêter attention car le rythme de la vie est tel que de nombreuses autres choses peuvent prendre une place plus importante que le bon Dieu et le chasser peu à peu. Et c’est bien en ce sens qu’il nous faut toujours être attentif à ce qui conduit foncièrement notre vie. Ainsi être chrétien, tâcher de suivre le Christ en vivant de la Foi cela ne signifie pas rejeter le monde mais au contraire féconder le monde par la présence du Christ. Il y’a bien une manière éminemment chrétienne d’être ce que nous sommes, il y’a bien une manière d’être ce que nous sommes dans la radicalité évangélique. Mais nous le savons, pour être attaché davantage au Christ il nous faut nous détacher d’autres choses, pour être uni au Christ il faut nous abandonner entre ses mains. Ainsi oui, il faut tout abandonner, mais tout abandonner entre les mains de Dieu afin que nous puissions conduire nos vies sous le regard, sous l’impulsion du Christ Lui-même. Cela nous rejoint nous tous, quels que soient nos états de vie. Et si nous prenions un instant de réflexion et de prière devant le bon Dieu, nous verrions tous en nous même les déplacements que nous sommes appelés à faire pour être davantage au Seigneur Jésus voilà l’essence même de la conversion permanente à laquelle nous sommes appelés.
Mais je ne peux finir cette homélie sans nous rappeler à nous tous qu’il y’a bien un moment où nous abandonnerons tout. Je veux bien sûr parler de notre mort. Cet instant nous cueillera et quoi que nous fassions, où que nous soyons, cet instant s’imposera à nous et à notre volonté, nous abandonnerons tout, tout ce qui fait notre vie actuelle n’aura plus aucune importance et même perdra ce sens essentielle que lui prête le monde. Milliardaire ou sans le sous, entreprenant ou lancinant, fort ou faible, beau ou laid, grand ou petit, toutes ces différences érigées en critère de réussite n’auront plus aucune importance. La mort, lorsque nous y pensons, la mort a la formidable capacité de nous remettre face à l’essentiel qu’est l’Amour avec un grand A, qu’est Dieu Lui-même. Au moment de la mort nous abandonnerons tout mais il faut tout faire dès maintenant pour que ce soit pour suivre Jésus dans l’éternité et non pas pour sombrer dans les ténèbres de l’absence de Dieu. Au moment de la mort nous abandonnerons tout alors orientons notre vie dès maintenant vers la béatitude en faisant naître la béatitude en notre quotidien par l’intensité de notre relation au Seigneur et cela au cœur de ce qui fait notre quotidien.
Alors dès maintenant abandonnons tout entre les mains du Seigneur pour nous en soucier avec Lui, mettons le Seigneur a la première place en nos vies en travaillant à notre propre conversion afin qu’en quittant cette terre nous soyons déjà orienté vers le Christ et qu’abandonnant tout nous le suivions pour toujours.

Amen.

lundi 1 février 2016

31 janvier - 4ème Dimanche du Temps Ordinaire

En ce dimanche, bien chers amis, il nous faut nous laisser saisir par l’hymne à la Charité de St Paul, il nous faut laisser résonner cet hymne en nos âmes pour en découvrir toute la magnificence. Et avant que de considérer la charité de notre point de vue, laissons St Paul définir l’identité de Dieu car St Jean nous le dit : Dieu est Amour, Dieu est charité. Et en reprenant cet hymne à la charité de manière quelque peu exhaustive nous pouvons donc dire que : Dieu prend patience, rend service, ne s’emporte pas, n’entretient pas de rancune, ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; Dieu supporte tout, fait confiance en tout.
Dieu prend patience ; cette patience divine il nous faut tout d’abord la considérer pour nous même car oui Dieu prend patience envers chacun de nous car Dieu nous voudrait tout auprès de Lui, Il voudrait habiter pleinement chacune de nos âmes, chacune de nos vies mais Dieu patiente envers nous à cause du péché qui nous cloue au sol et nous éloigne de Lui. Dieu patiente envers nous et aussi envers le monde, désirant là encore que le monde entier vibre à sa présence, désirant que tout homme le connaisse et le reconnaisse et Dieu patiente envers tous demeurant à la porte de chacune des âmes humaine espérant être accueilli en plénitude.
Et nous pouvons dire que  Dieu rend service ; ce service divin il nous faut le recevoir dans ce don inestimable du Salut, du rachat, dans ce don inestimable de Sa miséricorde, il nous faut le recevoir également dans toutes ces grâces dont le Seigneur nous comble si nous lui faisons une réelle place en nos vies.
Et nous pouvons dire que Dieu ne s’emporte pas ; en ce sens la colère divine qui habite l’Ancien Testament ne peut-être reçue que comme une lecture par trop humaine des évènements malheureux de l’histoire car la soi-disant violence de Dieu est balayée par le mystère de la croix, par le mystère de la mort du Seigneur.
Et nous pouvons dire que Dieu n’entretient pas de rancune, ô combien il ne nous faut pas nous lasser de répéter que Dieu n’entretient pas de rancune car bien souvent les évènements difficiles de la vie sont perçus comme une punition divine alors que ce qui qualifie Dieu en son être même c’est bien sa miséricorde et cela bien avant sa justice. Ô bien sûr les évènements difficiles de la vie peuvent être parfois salvateur mais Dieu n’est jamais à l’origine du mal et seule sa grâce permet que d’un mal puisse jaillir le bien.
Dans un même sens que nous pouvons affirmer que Dieu ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; que Dieu supporte tout. Il nous faut faire le deuil de l’image d’un dieu vengeur pour recevoir la véritable identité divine. La vérité de l’identité divine est bien ce qui donne de la Joie à Dieu car la véritable identité divine attire à Dieu tous les cœurs humains.
Et nous pouvons dire que Dieu fait confiance en tout. Habituellement, nous considérons la confiance de notre point de vue en nous redisant sans cesse qu’il nous faut faire confiance à Dieu mais notre confiance est d’abord le fruit de la confiance première de Dieu envers chacun de nous car oui Dieu nous fait confiance, Lui qui nous a sauvé, Lui qui a fait de nous ses enfants par les eaux sacrés du baptême, Lui qui nous nourrit de sa vie en chaque eucharistie, Lui qui nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, et si Dieu nous fait confiance c’est bien par amour. Mais cette confiance de Dieu envers l’humanité s’exprime paradoxalement dans cette capacité qu’à l’homme de le refuser, dans cette capacité qu’à l’homme de choisir le mal. Dieu fait confiance à l’humanité pour qu’elle choisisse le Bien, pour qu’elle Le choisisse. Alors oui, la confiance que Dieu a envers chacun de nous est risquée mais il ne peut y avoir de confiance sans amour, il ne peut y avoir de confiance sans risque, il ne peut y avoir de confiance sans liberté.
Et nous pouvons dire enfin que Dieu endure tout. Dieu endure tout comme Il nous l’a montré jadis en sa crucifixion, comme Il nous le montre quotidiennement en endurant nos infidélités ; Dieu endure tout non pas par indifférence mais bien par Amour ; Dieu endure tout, patiemment, sans rancune, guettant le moment où l’âme le recevra véritablement.
            Voilà l’identité divine qui doit rayonner en nos âmes, qui nourrit notre Foi et nous établi dans une espérance sans faille, qui doit nous conduire à l’imiter en nos vies en vivant la charité. Et nous pouvons recevoir notre programme de vie, nous pouvons recevoir ce qui doit porter notre vie, orienter nos efforts. Par notre Foi nous sommes convoqués à nous établir dans la charité et cela n’est pas indéfini, cela n’est pas porté par une vision digne des bisounours, la charité qui doit être la nôtre est exigeante car elle doit nous conduire à prendre patience ; à rendre service ; à ne pas jalouser ; à ne pas nous vanter, à ne pas nous gonfler d’orgueil ; à ne rien faire d’inconvenant ; à ne pas chercher nos intérêts ; à ne pas nous emporter ; à ne pas entretenir de rancune ; à ne pas nous réjouir de ce qui est injuste, mais à trouver notre joie dans ce qui est vrai ; à tout supporter, à faire confiance en tout, à tout espérer, à tout endurer.

Voilà établi toute la radicalité de l’Evangile, toute la radicalité de la Foi, voilà dessiné le chemin que nous sommes tous appelés à parcourir patient envers nous même et confiant en la providence divine. Alors en ce dimanche exultons dans la contemplation de l’identité divine et prenons résolument le chemin de la Charité vraie en nous confiant au secours des grâces divines, voilà notre chemin, voilà notre vie, voilà notre identité. Amen

dimanche 24 janvier 2016

24 Janvier - 3ème Dimanche du Temps Ordinaire

Nous sommes le corps du Christ, nous sommes nous tous membre de ce corps qu’est l’Eglise. Voilà cette douce réalité que nous recevons de la 1ère lettre de St Paul aux Corinthiens. Et cette affirmation il nous faut tout d’abord la recevoir comme titre de gloire et d’honneur, nous appartenons à l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je dis bien titre d’honneur car l’Eglise étant bien souvent décriée sur la place publique il nous faut constamment retrouver cette grâce qui est la nôtre de Lui appartenir. Et si nous nous posions la question de savoir quelle est cette gloire et bien elle réside dans cet attachement organique entre nous et le Seigneur Jésus, elle réside dans cette communion des saints à laquelle nous appartenons, elle réside dans ces grâces que le Seigneur nous communique à travers les sacrements de l’Eglise, elle réside dans l’orientation de notre existence toute tendue vers les réalités célestes. Quelle grâce immense que l’Eglise ! Quelle grâce immense que d’en être membre.
Nous sommes membre de l’Eglise, cela est bien un titre de gloire et d’honneur mais cette appartenance appelle pour chacun d’entre nous un respect de ce lien qui ne peut s’exprimer que dans la recherche d’une plus grande dignité personnelle. Oh nous ne serons jamais digne au sens strict du terme de notre appartenance à l’Eglise, de notre appartenance au Christ mais ce qui nous revient c’est bien de tout faire pour être à la hauteur de cette appartenance, d’être à la hauteur par la recherche incessante de la sainteté, par l’élan constant de notre conversion.
Ces deux fondements spirituels de notre identité catholique, de notre identité de membre de l’Eglise du Christ doit produire dans notre vie quotidienne un engagement qui soit réel.  Car oui cette communauté humaine qu’est l’Eglise ici-bas a besoin de chacun de nous, nous avons tous à prendre part à sa vie. Et cela peut être explicité en conservant l’image du corps car si en notre corps l’un des membres refuse d’assumer sa fonction, le corps est dit handicapé. Ainsi, n’handicapons pas l’Eglise en n’assumant le rôle que le bon Dieu nous a confié. Et ce rôle peut être multiple, il peut-être dans un service pratique, de l’accueil à l’aumônerie en passant par la catéchèse, dans une implication de gestion, dans un coup de main ponctuel ou bien, cela peut-être dans un service spirituel qui s’exprime dans la prière en faveur de l’Eglise et de la paroisse. Ce qui est essentiel c’est bien de ne pas demeurer un simple consommateur de l’Eglise mais de s’établir comme membre actif de la vie du Corps du Christ. Ce n’est pas une simple formule, je nous le redis, la paroisse a besoin de chacun de nous tous dans cet ordre pratique ou spirituel alors surtout n’hésitez pas à manifester l’appel que le Seigneur vous adresse.
D’autre part, ce dimanche clôt la semaine de prière pour l’unité des chrétiens et à ce sujet je ne ferai que rappeler ce que nous enseigne le concile Vatican II qui réaffirme que « pour établir en tout lieu son Église sainte jusqu’à la consommation des siècles, le Christ a confié au collège des Douze la charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier. Parmi eux, il choisit Pierre, sur lequel, après sa profession de foi, il décida d’édifier son Église ; il lui promit les clefs du Royaume et, après que l’apôtre lui eut donné l’attestation de son amour, il lui confia toutes les brebis pour les confirmer dans la foi et pour les paître en unité parfaite, Jésus Christ lui-même demeurant éternellement la suprême pierre angulaire et le Pasteur de nos âmes. […Dans cette perspective], nos frères séparés, soit eux-mêmes individuellement, soit leurs communautés ou leurs Églises, ne jouissent pas de cette unité que Jésus Christ a voulu dispenser à tous ceux qu’il a régénérés et vivifiés pour former un seul Corps en vue d’une vie nouvelle, et qui est attestée par l’Écriture Sainte et la vénérable Tradition de l’Église. C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est le « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, présidé par Pierre, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au Peuple de Dieu. Durant son pèlerinage terrestre, ce peuple, bien qu’il demeure en ses membres exposé au péché, continue sa croissance dans le Christ, doucement guidé par Dieu selon ses mystérieux desseins, jusqu’à ce que, dans la Jérusalem céleste, il atteigne joyeux la totale plénitude de la gloire éternelle » (Unitatis Redintegratio).
Ainsi, rendons grâce à Dieu qui a fait de nous les membres l’Eglise catholique, corps du Christ, confions-nous avec zèle et ardeur à la grâce du Seigneur afin que nous soyons toujours lus digne de cette appartenance et prions pour l’unité de tous les chrétiens dans l’unique Eglise du Christ qui subsiste dans l’Eglise Catholique.



jeudi 21 janvier 2016

17 janvier - 2ème Dimanche du Temps Ordinaire

En ce dimanche, je voudrais ressaisir avec vous un des faits essentiel qui prend racine au moment de l’Annonciation et qui se déploie jusque dans la résurrection du Seigneur, je veux parler de l’incarnation. Nous l’avons célébré le St Jour de Noël en considérant ce fait exceptionnel de la venue dans la chair du Seigneur Jésus mais il y’a un autre pan de l’incarnation qui demande à être mis en lumière c’est celui de la valeur sanctifiante de la corporéité humaine, de la valeur de notre corps.
Dans une perception socratique, le corps n’a pas d’autre valeur que celle d’être le véhicule de l’âme ; pour une autre mouvance philosophique, les œuvres du corps appartiennent à la bassesse terrestre et doivent être considérées uniquement dans les besoins primaires qui doivent être satisfait. Le Christ met à bas ces conceptions en donnant au corps une valeur unique et essentielle car notre corps lui-même est appelé à entrer dans la béatitude, à participer à l’union à Dieu. Le corps humain trouve dans l’incarnation sa vocation éternelle.
C’est dans cette considération de la valeur sanctifiante de notre corps qu’il nous faut donner une place à notre corps dans notre vie spirituelle, dans la vie de la grâce car les actions du corps influent sur la vie de l’âme. C’est ainsi que la liturgie concerne certes la vie de la grâce en nos âmes mais également notre corps. Lorsque nous assistons à la messe, certes nous nourrissons nos âmes de la vie même de Dieu par la sainte communion mais nous le faisons à travers ce que nous sommes, à travers notre corporéité. Et il nous faut être attentif à ne jamais séparé ces deux domaines celui de l’intellect et celui du corps, celui de l’âme et celui de notre agir.
En ce sens, lorsque nous rentrons dans une église, nous nous signons et nous faisons la génuflexion manifestant physiquement le respect et la reconnaissance de la présence réelle du Seigneur. Mais parfois ces gestes sont posés sans y penser, dans une habitude qui en soit n’est pas mauvaise mais qui appelle constamment à retrouver son sens essentiel. Faire le signe de croix ou faire la génuflexion doit faire concourir notre agir et notre raison afin que le geste ne perde pas son sens mais qu’il soit expression de notre attitude intérieure. Et dans la liturgie de la messe, beaucoup d’autres signes appellent à retrouver leur sens véritable.
Si nous nous levons au moment de toutes les oraisons, de toutes les prières ainsi que de l’Evangile c’est pour manifester le respect que nous avons pour Dieu, pour manifester l’attention plus particulière que nous portons à ces moments. Si au moment de l’agneau de Dieu nous nous frappons la poitrine par trois fois c’est pour manifester la reconnaissance de notre état de pécheur appelant la miséricorde du Seigneur. Si nous nous mettons à genoux au moment de la consécration c’est pour manifester notre reconnaissance de la présence divine. Se mettre à genoux, nous ne le faisons jamais de manière habituelle mais cette attitude demeure symbole d’une attitude de prière humble et confiante [et les agenouilloirs de nos nouveaux bancs sont là pour faciliter cette manifestation physique de notre foi intérieur]. Et je voudrais m’arrêter avec vous d’une manière plus particulière sur le signe de paix. Comme le rappelle l’Eglise, le signe de paix ne doit pas être le moment des salutations, des congratulations car le signe de paix s’origine en Dieu et procède de Dieu, c’est un acte éminemment liturgique. Ainsi ce qui doit porter le signe de paix ce doit être la paix que nous recevons de Dieu présent sur l’autel et que nous transmettons nos voisins les plus proches. Il ne s’agit donc pas de faire le tour de l’église mais de demeurer dans la présence du Seigneur qui nourrit en nous la paix que nous partageons avec ceux qui nous entourent. Cela en nous rappelant que le premier sens du signe de paix s’origine dans la parole du Seigneur qui nous invite à nous réconcilier avec nos ennemis avant de recevoir la sainte communion. Il nous faut retrouver ce sens profond, ce sens liturgique, ce sens divin du signe de paix afin que ce geste ne soit pas une parenthèse dans le rite de la messe mais qu’il en manifeste la communion fraternelle qu’il induit et nourrit.
Cette union entre notre agir et notre Foi s’exprimer certes d’une manière particulière dans la liturgie mais elle doit demeurer l’accord qui doit gouverner notre vie afin que notre Foi resplendisse et rayonne dans nos actions, afin que nos actions porte et stimule notre Foi. C’est corps et âmes que nous sommes appelés à entrer dans l’éternité alors sanctifions nous tout entier, corps et âmes.

Amen.

jeudi 14 janvier 2016

10 janvier - Baptême du Seigneur

Alors que la crèche demeure encore bien présente, l’évangile de ce dimanche nous rappelle le grand jour du baptême du Seigneur faisant un saut dans le temps de près de trente année. Entre la naissance et le baptême du Seigneur, l’Ecriture Sainte ne nous renseigne pas sur la vie du Seigneur Jésus, seuls demeurent ces mots qui concluent la venue de St Joseph et de la Vierge Marie à Jérusalem avec Jésus alors âgé de 12 ans : « Jésus grandissait en sagesse et en sainteté devant Dieu et devant les hommes ». Voilà en ces quelques mots 30 années résumées. Et il serait bien inutile d’émettre quelques hypothèses quant aux évènements de ces années, de cette période de la vie cachée de Jésus qui ne fut très certainement portée que par cette croissance humaine à laquelle le Christ s’est soumis en se faisant homme, croissance humaine qui devait ensuite permettre la vie publique de Jésus qui nous accompagne tout au long de l’année. Pendant trente années, le Seigneur s’est préparé à l’accomplissement de sa mission qui débute aujourd’hui, qui débute par ce baptême opéré par Jean le Baptiste dans les eaux du Jourdain.
Mais tout d’abord, est-ce que le Seigneur Jésus avait besoin d’être baptisé ? Nous savons que le Seigneur Jésus n’en avait pas besoin mais en recevant le baptême Il l’a élevé au rang de sacrement, Il a donné au baptême cette force et cette puissance que nous lui connaissons aujourd’hui. Aujourd’hui, le Seigneur nous rappelle à tous le don qui nous a été fait le jour de notre propre baptême. Oh il est certain que pour bon nombre d’entre nous ce jour n’appartient même pas à nos souvenirs mais bien à ce temps de la petite enfance mais ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu ! et c’est bien là ce qui est important !
Et en considérant l’Evangile de ce dimanche, l’élément essentiel qui nous est rappelé est celui de cet établissement de la relation entre l’homme et Dieu, relation qui est portée par le don de l’Esprit Saint manifesté par une colombe, relation de filiation qui est exprimée par Dieu le Père Lui-même. Et ces éléments appartiennent en propre au sacrement que nous avons jadis reçu, par le baptême nous sommes entré dans une relation véritable avec Dieu et nous avons reçu la dignité d’enfant de Dieu, nous avons reçu en chacune de nos âmes Dieu Lui-même en la personne du Saint Esprit, nous avons été incorporé à l’Eglise qui est le Corps du Christ, nous avons été racheté du péché originel et établi dans l’ordre de la grâce. Voilà ce qui appartient à notre histoire, voilà sur quoi notre vie a été établi.
Le baptême est bien un sacrement exceptionnel de par les fruits qu’il nous communique et qui sont nôtres. Mais le baptême appartient à notre histoire et il n’y  qu’un pas pour qu’il n’appartienne qu’à notre passé. Car oui, le baptême ne fait pas tout car le baptême est concentré dans cette relation entre nous et Dieu et cette relation a besoin d’être entretenue, d’être vécue pleinement. Et nous ne pouvons que déplorer de voir combien nombreux sont ceux qui ont été établi dans cette relation et qui ne s’en soucie guère, combien nombreux sont ceux qui ont été baptisé mais qui n’entretiennent pas l’amitié avec le Seigneur, reniant de fait cette amitié. 90 baptêmes chaque année sont célébrés en notre paroisse mais où sont-ils ? Ô comme le cœur du Seigneur doit être attristé de voir ceux qu’Il a adopté le rejetant peu à peu…
Mais considérons avant que de blâmer les autres, considérons-nous et entendons pour nous cette interrogation : « qu’as-tu fait de ton baptême ? ». Oh ce n’est bien sûr par pour nous affliger de nos errements mais pour percevoir combien il nous faut nous attacher à vivre de cette grâce que nous avons reçu, vivre de cette relation essentielle avec le Seigneur par la réception des sacrements et par une vie de prière réelle, qu’il nous faut constamment rechercher à être digne de ce titre d’enfants de Dieu.
Alors aujourd’hui, prions bien sûr pour tous ceux qui ont reçu le sacrement de baptême sans en vivre actuellement afin qu’ils puissent découvrir l’immensité du don qu’ils ont reçu et prions également les uns pour les autres afin que nous puissions nous attacher à vivre nous même de ce baptême fondateur de notre relation avec le Seigneur et initiateur de notre propre salut. Baptisé nous le sommes, saint il nous faut maintenant le devenir.

Amen.

3 janvier - Epiphanie

Nous voilà déjà en ce saint dimanche de l’épiphanie. Après avoir accompagné la Vierge Marie et St Joseph jusque dans la grotte de Bethléem, après avoir entendu résonner les cris de l’enfant Dieu, après avoir suivi les bergers jusqu’à la mangeoire accueillant l’enfant Jésus, ce sont maintenant trois personnages étranges qui s’approchent en douceur jusqu’auprès du couffin de pailles. Ces personnages l’évangile nous les décrit comme étant des mages c'est-à-dire comme étant ces prêtres de l’ancien temps que l’on nommerait aujourd’hui des astrologues. Et il nous faut nous attacher à ces trois personnages. Les yeux rivés vers le ciel, observant le mouvement perpétuel de la voie lactée, ils ont remarqués une étoile. Une étoile bien particulière car ils l’identifient comme étant l’étoile du roi des Juifs. Quelle était la nature de cette étoile si particulière, une commette ou un autre astre épisodique, nous n’en savons rien mais ce que nous savons c’est que c’est bien cette étoile si particulière qui conduisit ces mages jusqu’en la petite bourgade de Bethléem, c’est bien cette étoile qui les amena jusqu’auprès de St Joseph et de la Vierge Marie contemplant le Sauveur, le Roi des Juifs, Dieu fait homme. Il y’a bien quelque chose de mystérieux mais de bien réel.
Et il est un enseignement qu’il nous faut retirer de ce voyage extraordinaire des mages. Tout d’abord, les mages nous rappellent que Dieu s’adresse à tous et à chacun en fonction de ce qu’il est. Les bergers dans leur simplicité ont eu la visite d’un ange qui leur parla et leur annonça la fabuleuse naissance. Les mages, ces scientifiques d’antan, ont été rejoint par un langage qu’ils comprenaient, celui des astres qu’ils observaient. Dieu nous rejoint dans ce que nous sommes, et il n’y a donc pas une manière divine de se communiquer à l’homme mais il y’a autant de manières que d’hommes. Dieu nous rejoint dans ce que nous sommes parce qu’Il nous connait mieux que nous même et parce qu’Il sait comment nous rejoindre idéalement. Ainsi pour nous, nous n’avons peut-être pas eu la visite d’un ange, nous n’avons peut-être pas vu se lever une étoile étonnante mais cela ne signifie pas que Dieu nous oublie car Dieu nous parle dans un langage qui nous correspond. Dès lors ne cherchons pas à écouter Dieu de la même manière que notre voisin mais recherchons comment Dieu nous rejoint dans ce respect immense qu’Il a pour notre personne. Dieu nous parle, à nous de l’entendre en étant pleinement nous-mêmes.
En plus de cela, il nous faut demeurer admiratif quant à l’élan qui porta les mages car ils ont vu cette étoile particulière mais surtout ils se sont laissés interroger par elle au point de tout quitter et de partir pour cet étrange voyage qui les conduisit jusqu’à Bethléem. Quelle magnifique manifestation de volonté, de cette volonté qui les conduisit à aller au bout, à tout quitter pour suivre le mystère. Et les mages nous invitent à faire de même, ils nous invitent à écouter, à recevoir la Parole que Dieu nous adresse et ils nous invitent surtout à suivre cette parole, ils nous invitent à l’entendre et à l’écouter pour la mettre pratique dans nos vies. Les mages auraient très bien pu rester chez eux, observant de loin l’étoile mais s’ils avaient agi ainsi, ils n’auraient pas découvert le Sauveur du monde. Et bien pour nous il en est de même dans l’ordre de la Foi, si nous suivons Dieu sans nous mouvoir vers Lui, si nous entendons la Parole que Dieu nous adresse sans lui prêter plus d’attention, si nous percevons le chemin sur lequel Dieu nous attend sans nous lever pour le parcourir résolument, cela ne sert à rien. Il nous faut vouloir, chers amis, vouloir suivre Dieu en nos vies, non pas comme spectateur mais bien comme acteur afin que nous aussi nous puissions arriver au bout du chemin, afin que nous aussi nous puissions arriver jusqu’à la contemplation de Dieu Lui-même. Il nous faut vouloir et cela ne tient qu’à nous, vouloir quitter l’indolence pour la sanctification de nos vies, de nos êtres.
Les mages n’appartenaient pas au peuple d’Israël, ils n’appartenaient pas au peuple de l’Alliance et pourtant Dieu les a rejoints et les a conduit mais ce fut possible car les mages se sont mis en route, ils ont suivi le chemin que Dieu leur indiquait. Quant à nous nous avons la grâce d’être enfant de Dieu par notre baptême, nous avons la grâce d’être uni au Seigneur par ce grand sacrement, nous avons la grâce de connaître les saintes Ecritures, nous avons la grâce de recevoir l’enseignement de l’Eglise du Christ, tout cela nous l’avons, nous le recevons et de notre côté, il nous faut vouloir recevoir tout cela dans la réalité de la divinité qui la porte, il nous faut vouloir nous bouger pour nous rapprocher du Seigneur sur le chemin de la grâce et de la sainteté.
Alors en ce dimanche, levons nous aussi les yeux de nos âmes vers le Seigneur et découvrons l’étoile qu’Il est Lui-même, et après cela, mettons nous en route pour rejoindre Dieu qui nous guide en chaque moment, qui nous rejoint dans la réalité de ce que nous sommes et qui nous attire à Lui. Dieu se livre à nous, recevons-Le et courrons jusqu’auprès de Lui, cela nous appartient.

Amen.

1er Janvier - Vierge Marie Mère de Dieu

Ça y’est, l’année 2015 est maintenant derrière nous, une nouvelle année s’inaugure et comme lors de tout changement de cycle, vient l’heure du bilan et perspective. Bilan sur l’année écoulée, bilan des évènements heureux et malheureux, bilan de ses défaites et de ses victoires personnelles. Perspective pour cette nouvelle année qui malgré toutes les bonnes volontés restent inconnus dans les évènements qui la ponctueront. L’inconnu s’offre à nous, l’inconnu des jours à venir que nous affronterons avec ce que nous sommes et du mieux que nous pourrons certain du soutient et de la grâce du Seigneur. Et il ne nous faut pas oublier que cette année est portée par la grâce du Jubilé, par la grâce de l’indulgence plénière qui nous accompagnera jusqu’à la fin de 2016.
Mais aujourd’hui, la liturgie nous invite à célébrer la Vierge Marie et elle nous invite à le faire en nous concentrant d’une manière plus particulière que la dimension de la maternité de Marie que nous honorons aujourd’hui sous le vocable de Sainte Marie Mère de Dieu. Pourquoi cela ? Pourquoi débuter cette année dans la contemplation du mystère de la maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie ? Nul hasard en cela mais bien la volonté pour nous tous de nous confier à celle qui a cru dans les paroles de l’ange, à celle qui a donné naissance au Sauveur, à celle qui a coopéré au dessein divin. Car si nous nous prenions à réfléchir dans l’ordre de l’absurde, nous pourrions nous poser la question insensée de savoir ce qui se serait passé si Marie n’avait pas dit oui, si Marie n’avait pas accepté cette mission que Dieu lui confiait. Bien sûr la question ne se pose pas car Marie a dit oui de tout son être, de toute son âme et c’est ce oui qui la conduisit à devenir la mère de Jésus et donc la mère de Dieu. Et bien c’est le pari que nous pouvons faire pour cette nouvelle année, c’est la recherche qui doit porter notre vie et donc cette année qui s’initie aujourd’hui, ce pari c’est celui de coopérer nous tous au dessein divin, le pari de rechercher en chaque instant la volonté de Dieu pour l’embrasser pleinement. Dire oui au Seigneur tout au long de l’année, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé ou dans la maladie, dire oui au Seigneur pour affronter la vie avec Lui porté par sa présence, élevé par sa grâce jusqu’aux réalités célestes.
Et bien en ces premières heures de l’année, que cette eucharistie, soit un véritable cri adressé au Seigneur, un cri d’amour et de confiance, un jaillissement de notre volonté à le suivre en chaque instant, un désir ardent de lui dire oui en chaque moment tout comme la Vierge Marie Mère de Dieu et notre Mère à qui nous nous confions avec douceur. Ainsi le meilleur vœu que nous pouvons nous adresser les uns aux autres c’est celui de la sainteté, de la communion avec le Seigneur, de l’amitié ardente avec notre Dieu. Alors Bonne et sainte année 2016 à tous et cela dans l’Amour de Dieu.

Amen.