Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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jeudi 10 décembre 2015

8 décembre - Solennité de l'Immaculée Conception

Les textes de la liturgie de ce jour nous rappelle l’organicité de notre Salut, nous permet de retrouver le sens essentiel de notre rédemption. La lecture du livre de la Genèse nous a rappelé la faute d’Adam et Eve, image prophétique de la blessure que subi notre humanité, blessure du péché, blessure de l’éloignement d’avec Dieu. L’image du serpent est l’image de ce mal ainsi personnifié qui conduisit l’humanité jusqu’au gouffre du péché. Et ce qui est essentiel à saisir, c’est que cette empreinte du péché a rendu l’humanité incapable de cohabiter avec Dieu, c’est le péché qui a produit cet éloignement entre nous et Dieu. Mais cet éloignement, aussi terrible soit-il, ne fut pas accepté par Dieu et c’est pourquoi Dieu s’est fait homme en Jésus Christ. Dieu s’est fait homme pour nous permettre de retrouver cette pureté originelle qui nous permet de demeurer avec Lui. C’est Dieu et Dieu seul qui nous permet d’accéder à l’éternité bienheureuse. C’est Dieu et Dieu seul qui accomplit notre salut comme nous l’a chanté l’épître aux Ephésiens.
Mais Dieu ne pouvait être Lui-même marqué par le péché en cette humanité. C’est bien pourquoi Dieu a choisi d’établir la Vierge Marie dans une Conception Immaculée. Si Marie est d’Immaculée Conception c’est afin de pouvoir lui permettre de devenir la mère du Sauveur, afin de lui permettre de devenir la Mère de Dieu. Cette état de conception immaculée est déjà présente dans la salutation de l’ange que nous a rapporté l’Evangile car Marie est comblée de grâce, elle est habité par la présence du Seigneur qui demeure avec elle. Et l’on ne peut que s’écrier combien la Vierge Marie est grande dans ce lien qui l’unit au Seigneur. Etablie dans la grâce, immaculée, Marie demeure proche du bon Dieu et cela en chaque instant car le péché ne l’a pas atteint. Ô, on pourrait jalouser la Vierge Marie car nous aussi nous aurions préféré naître sans ce péché qui nous accompagne, nous aurions préféré naître sans la tentation du péché qui habite nos vies. Mais si nous n’avons pas cette grâce là, nous avons la grâce d’avoir un Sauveur et de recevoir par Lui la Vierge Marie comme notre Mère à tous. Alors surtout, n’oublions jamais la Vierge Marie dans nos prières car elle est bien celle qui passe son éternité à prier pour nous, elle est bien celle qui passe son éternité à nous attirer au plus près du Sacré Cœur de son divin Fils.
Alors aujourd’hui, chantons les louanges de la Vierge Marie, chantons son Immaculée Conception qui nous a permis de recevoir un si grand Sauveur en son Fils Jésus Christ, chantons la gloire de la Vierge Marie notre Mère, chantons son couronnement au ciel elle qui demeure la Reine des anges et seulement après, confions nous à sa puissante intercession, demandons à la Vierge Marie qu’elle nous accompagne chaque jour, qu’elle nous aide à résister au péché et surtout qu’elle nous secourt au moment de la mort afin que nous connaissions à cet instant la joie de la béatitude.

Amen

6 décembre - 2ème Dimanche de l'Avent

En ce deuxième dimanche de l’avent, il nous faut remarquer le soin que met St Luc pour situer historiquement les prémices de la mission du Seigneur Jésus. Tibère, Hérode et Ponce Pilate nous sont donnés comme des marqueurs historique, nous rappelant si nécessaire que la naissance de Jésus appartient à l’histoire de l’humanité, que la crèche elle-même appartient à ce passé commun de notre monde, à cette Histoire avec un grand H. Et cela est bien entendu essentiel, car nous ne sommes dès lors pas dans l’ordre de la légende mais bien dans l’évènement, dans la réalité des faits qui se sont accomplis. Oh, il est certain que tout ne dépend pas de cela, ou bien plutôt que ce qui est essentiel pour chacun de nous ce n’est pas tant le moment qui a vu la venue dans la chaire de Dieu Lui-même mais bien que ce moment fut décisif pour nous dans le salut opéré qui transcende le temps et l’histoire. Oui, Dieu est né à un moment donné mais Il a fait cela pour atteindre tous les hommes de tous les temps, pour nous atteindre nous tous. Et nous pouvons garder comme en pensée que si Dieu est venue c’est aussi pour nous, pour moi. Ce lien qui nous unit au Seigneur était déjà présent dans la pensée divine.
Quoi qu’il en soit, l’Evangile nous rappelle que si la venue du Seigneur est portée par l’ensemble des prophètes de l’histoire d’Israël, cet avènement est préparé d’une manière unique par St Jean-Baptiste, lui qui annonce quelques jours avant le dévoilement de l’identité divine du Seigneur Jésus, lui qui annonce un baptême de conversion pour la rémission des péchés. Le pardon des péchés, la miséricorde, voilà bien deux thématiques essentielles pour chacun de nous portée par cette finale existentielle qu’est celle de notre salut. Et en ce dimanche, je me dois d’imiter St Jean-Baptiste en vous annonçant, en nous annonçant que la miséricorde divine va nous être accessible d’une manière toute particulière, que notre conversion est convoquée par cette même miséricorde. Dans quelques heures maintenant va en effet s’ouvrir le jubilé de la miséricorde voulu par notre St Père le Pape François qui permet en cela que le monde soit inondé de la miséricorde divine. Mais qu’est ce que le Jubilé ? Le jubilé est un temps donné fixé à environ une année où l’indulgence plénière peut être acquise en passant ce que l’on appelle les portes saintes. Ces portes saintes sont signes du Christ et de l’Eglise qui permettent notre accès au monde de la grâce et de la présence divine. Mais qu’est ce que l’indulgence plénière ? C’est un petit peu précis mais je tiens à vous l’expliciter.
Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Église il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la " peine éternelle " du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la " peine temporelle " du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. " L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints " Pendant le jubilé, l’indulgence est plénière en ce sens qu’elle libère totalement de la peine temporelle dû au péché.
            D’une manière plus concise, le péché mortel conduit en enfer qui est une peine éternelle, les péchés mortels ou véniels induisent un attachement désordonné à d’autres choses que Dieu, attachement qui conduit au purgatoire qui est une peine temporelle. La confession sacramentelle permet le rachat de la peine éternelle, l’indulgence plénière permet le rachat de la peine temporelle.
C’est donc une grâce immense qui nous est proposé durant le jubilé. Cette indulgence plénière est accessible aux conditions suivantes : passer une porte sainte, se confesser dans les 8 jours avant ou après le passage de la porte sainte, offrir un credo un pater et un ave aux intentions du souverain pontife. En entendant cela, nous pourrions penser que c’est plutôt de l’ordre de la recette de cuisine que de la grâce dispenser alors qu’en réalité passer la porte sainte signifie se déplacer physiquement en vue d’un mouvement de conversion intérieur, signifie retrouver notre état de pèlerin en quête du Royaume céleste ; recevoir le sacrement de la confession c’est, nous le savons, retrouver par grâce l’amitié pleine et entière avec Dieu ; prier aux intentions du Pape c’est reconnaître que toutes ces grâces sont fruits de l’Eglise dans la communion des saints qu’elle est.
Ainsi, mardi prochain, fête de l’immaculée conception, le Pape François ouvrira solennellement la porte sainte à St Pierre de Rome, Dimanche prochain, notre archevêque ouvrira la porte sainte en notre cathédrale de Marseille, et, rassurons-nous, juste à côté d’ici, à St Jean de Garguier une porte sainte sera également ouverte. Alors surtout, profitons de cette grâce qui nous est faite, allons chercher l’indulgence pour nous même et surtout rappelons-nous que nous pouvons l’obtenir également pour d’autres en l’appliquant intérieurement à telle ou telle personne.
Dieu nous propose se grâce alors n’hésitons pas, courant au devant de Lui qui nous tend les bras et nous ouvre son cœur.

Amen.

29 Novembre - 1er Dimanche de l'Avent

Ça y est, l’avent est là, ce temps qui va nous conduire jusqu’au saint jour de Noël, jusqu’à la célébration de la venue dans la chair de Notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Et je serai tenté de dire déjà, une année tire à sa fin, une autre se prépare à l’horizon. Comme le temps passe vite ! Oh je ne suis pas bien vieux et l’on me dit que le temps s’accélère encore avec les années qui passent… Le temps, il nous faudrait le considérer dans ce qu’il a de fuyant, dans cet instant présent qui ne cesse de renaître dans un renouvellement perpétuel, le présent est une idée cernée entre deux réalités que sont le passé et le futur. Le passé sur lequel nous n’avons plus de prises, qui est inscrit dans le marbre, que l’on ne peut plus changer, ce qui fait que le passé ne peut-être regretté car ces regrets sont de toute manière infructueux, inutiles. Ce passé qu’il nous faut assumer car c‘est bien notre passé qui nous éduque afin de ne pas commettre les mêmes erreurs qu’hier, afin de soutenir les efforts consentis hier. Et puis il y’a le futur, ce futur fait de prévision, porté par nos désirs d’accomplissements mais en même temps plongé dans une incertitude telle que nos plans semblent bien dérisoire face à la réalité des évènements qui s’imposeront à nous. Quelle erreur que de croire que nous sommes les capitaines de nos vies car nos vies sont portés par les évènements du monde, car notre prise demeure plus que limités sur tout ce qui va se passer. Oh nous ne sommes pas non plus des spectateurs indolents qui subiraient leurs existences dans un marasme ennuyeux. Reconnaissons simplement que nous tâchons de faire de notre mieux dans l’existence que l’on reçoit de l’histoire. Entre un passé figé et un futur imprévisible seul le présent nous est donné pour agir, pour orienter notre existence, pour assumer la vie. Mais dans ces propos d’un raisonnement humain une question doit jaillir : et le Seigneur dans tout cela ? Et bien ce qui est merveilleux c’est que le Seigneur demeure présent dans ce mouvement continuel du temps, dans cette écriture constante de notre histoire personnelle. Quant au passé, le Seigneur demeure celui qui soutient et guérit les évènements douloureux de celui-ci, Il est celui qui resplendit dans les évènements heureux qui se sont écoulés. Quant au futur, le Seigneur nous assure de notre victoire qu’il a scellé dans le bois de la croix, Il nous assure que nous sommes appelés à recevoir cette victoire de ses mains à Lui. Et quant au présent, le Seigneur est bien Celui qui demeure à l’intime de nos âmes fortifiant notre volonté à vivre de sa vie, attisant notre désir de Lui être uni dans l’éternité. Sans le Seigneur, l’existence semble désarticulée, semble même cruelle et dramatique car subie sans élan. Rendons-nous compte que nous avons cette grâce de regarder l’existence dans la réalité de ce qu’elle est c'est-à-dire originée en Dieu et destinée à Dieu. Le bon Dieu nous révèle un passé qui nous importe car ce passé qu’Il nous révèle est celui de Sa victoire à Lui, de Sa présence éternelle à nos côtés, Il nous invite à ce futur qu’Il est Lui-même, à ce futur qui est uni  la béatitude éternelle. Voilà le passé et le futur qui doivent nous importer. Il nous faut prendre de la hauteur, il nous faut considérer l’existence non pas du point de vue de notre humanité plaqué au sol des mondanités, il nous faut considérer l’existence du point de vue de l’éternité, du point de vue de l’Eternel Lui-même. C’est ce changement de référentiel qui nous permet de féconder notre présent en le fondant sur le Seigneur Lui-même, ancrée dans la certitude de sa victoire, de sa présence, de son amour, porté par le désir du ciel.
Et c’est bien ce que nous rappellent les textes de la liturgie de ce dimanche, le psaume nous l’affirme, le Seigneur est le Dieu qui nous sauve, et le prophète Jérémie désigne le bon Dieu en son incarnation comme étant ce germe de justice en vue du salut. Redisons le à nos âmes, embrasons nos cœurs de cette certitude, la victoire est à Dieu ! Mais cette victoire à laquelle nous sommes invités comme permettant notre accès à l’éternelle béatitude, il nous faut la désirer, il nous faut la rechercher ô non pas pour avoir le simple plaisir d’être victorieux mais pour avoir la joie immense d’être unie au Seigneur dans l’éternité car c’est Dieu et Dieu seul que nous devons désirer. Et ce chemin d’union à Dieu dans l’éternité se parcourt chaque jour dans l’instant présent qui doit être habité par notre attention à Dieu. Oui il nous faut veiller, oui il nous faut prier sans cesse car notre éternité en dépend, car notre destinée éternelle se construit aujourd’hui, dans le présent, dans le désir ardent qui doit être le nôtre.
Alors ne cherchons pas comment vivre ce temps de l’Avent autrement qu’en permettant au Seigneur d’habiter notre présent, d’habiter notre quotidien. Que notre présent soit un constant accueil de la présence divine éclairée par une vie de prière, transformé par une charité active, une espérance lumineuse et une foi ardente. Le présent nous appartient alors remettons le toujours au Seigneur car c’est bien Lui qui pourra le transformer, le transfigurer, l’habiter.

Amen.

lundi 23 novembre 2015

23 Novembre - Solennité du Christ Roi de l'univers



En ce dimanche il nous faut nous laisser saisir par la lecture de l’apocalypse de St Jean, par ce passage de la seconde lecture qui nous le rappelle et nous l’affirme, le Seigneur Jésus est le souverain de l’univers, Il est le Roi de la terre. Le Christ, vrai homme et vrai Dieu, Lui qui nous a racheté par les mérites de sa passion, Lui victorieux de la mort, Lui établit à la droite de Dieu le Père, Lui reviendra et règnera sur l’ensemble de l’univers, sur l’ensemble de la création. Et cet avènement ne doit pas provoquer en nous crainte et tremblement, cet avènement nous devons l’espérer et nous l’appelons à chaque prière du Notre Père, nous l’espérons car l’établissement de ce règne est synonyme de cette paix universelle à laquelle nous aspirons tous, est synonyme d’union à Dieu à laquelle nous goûtons suavement dans la prière, est synonyme de l’embrasement du monde par l’Amour divin.
Et nous pourrions nous interroger pour savoir pourquoi le Seigneur attend-il si longtemps avant de revenir, pourquoi tant de siècles se sont écoulés depuis son ascension en portant avec eux leurs lots de guerres et de massacres ? Cette question ne trouvera pas sa réponse ici-bas car elle appartient à Dieu, car elle appartient à Dieu le Père qui seul connaît le moment mais si nous ne connaissons pas la réponse nous devons tout de même nous établir dans une confiance absolue dans la justesse de l’action divine. Dieu agit toujours en faveur de l’humanité et si nous en doutons il nous suffit simplement de lever notre regard jusqu’à la croix. Dieu agit toujours en faveur de l’homme mais cette action divine dépasse l’entendement humain, dépasse nos simples vues. La certitude qui doit être la nôtre, la certitude qui doit illuminer notre pensée, notre cœur et notre âme particulièrement dans les moments les plus difficiles de notre existence et dans les moments les plus dramatiques de l’histoire du monde, cette certitude est celle de la victoire de notre Dieu. Nous savons que la croix du Christ est déjà victorieuse, nous savons que le Seigneur a déjà vaincu et la mort et le mal, nous savons que le règne de Dieu a déjà débuté et qu’il attend le juste moment qui ne nous appartient pas pour s’établir pleinement. Par le Christ nous savons que nous sommes déjà victorieux. Et si le mal semble parfois se déchaîner il ne réagit que comme une bête féroce coincée de toute part qui cherche à mordre dans un dernier soubresaut sachant que sa fin est proche. Mais ces derniers soubresauts peuvent être eux-mêmes dramatiques car la bête féroce ne devient inoffensive que lorsqu’elle est totalement anéantie.
C’est ainsi qu’il nous faut demeurer attentif, qu’il nous faut demeurer fidèle car si la victoire est déjà scellée dans le bois de la croix il nous faut nous préserver du mal jusqu’à la fin, jusqu’à la fin de notre vie ou jusqu’à l’avènement total du Royaume. Et c’est notre vie qui demeure le lieu du combat, de ce combat final non pour la victoire qui est acquise mais pour nos âmes que nous voulons être à Dieu et que le diable désire s’attirer à lui. C’est bien pourquoi il nous faut laisser le Royaume de Dieu s’établir en nos âmes par la fidélité de notre vie spirituelle, par une vie portée par la grâce et l’amitié avec le Seigneur. Le Royaume de Dieu est déjà au-dedans de nous présent d’une manière diffuse mais bien réellement comme le fruit premier de la présence divine en chacune de nos âmes.
Dans l’ordre humain nous connaissons tous le fameux adage qui nous dit que pour changer le monde il faut commencer par se changer soi-même et bien nous pouvons tout à fait faire un parallèle car pour que le Royaume de Dieu s’établisse dans le monde il nous faut d’abord commencer à l’établir en nos âmes. Si nous trouvons que le monde est gorgé de violence et bien gorgeons nous de paix, si nous trouvons que le vie est injuste et bien ancrons nous dans la justice, si nous trouvons que les catholiques ne sont pas assez empreint de sainteté et bien soyons saints ! Œuvrons ce sur quoi nous avons un brin de pouvoir à savoir nous-même et travaillons à notre conversion avant de penser à la conversion du monde. La sainteté est contagieuse soyons en assuré.
Alors en cette eucharistie, appelons le règne de Dieu en chacun de nous, appelons les flots de grâce et de miséricorde sur chacune de nos âmes, vivons de la vie du Christ en chaque instant et le monde changera car nous aurons fait une plus grande place à Dieu dans nos vies car seul Dieu peut établir ce monde dans la paix de son Amour.
Amen.

lundi 16 novembre 2015

Dimanche 15 novembre - 33ème Dimanche du Temps Ordinaire - Attentats à Paris



 « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

lundi 9 novembre 2015

8 novembre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire



Dans l’évangile de ce Dimanche, le Seigneur nous invite une nouvelle fois à la distinction entre l’être et le paraître, distinction entre la gloire rendue par le monde et la réalité de la bonté de la personne ainsi honorée, distinction entre les dons importants fait par les puissants et la valeur réelle de ces dons supplantée par l’obole de la petite veuve de l’évangile, distinction entre ce que nous-même donnons à voir et à connaître et la réalité de notre personne.
On pourrait penser que cette distinction est seconde dans l’ordre de la vertu et de la vie chrétienne mais il nous faut reconnaître que nous appartenons à un temps qui maximise le marketing, qui maximise l’emballage pour bien souvent faire oublier la réalité. Nous appartenons au siècle de l’apparence qui ne doit pas être confondu avec l’être, qui ne doit pas être confondu avec la réalité. Et pour nous chrétiens, le grand danger, serait de paraître appartenir au Christ sans l’être vraiment, en posant des actes qui ne soient pas en adéquation avec notre Foi. Il nous faut être attentif à l’unité de nos vies, de nos consciences, de nos réflexions, il nous faut être attentif à ne pas être schizophrène en prônant le Christ avec les chrétiens et en le mettant de côté avec ceux qui malheureusement ne le sont pas. Il nous faut demander comme une grâce au Seigneur l’unification de nos vies autour du Christ Lui-même. Et c’est par ailleurs dans le Christ Lui-même que nous trouvons cette unification parfaite, Lui qui a parlé, Lui qui agit, Lui qui s’est révélé à nous, Lui qui s’est sacrifié pour nous et pour notre salut n’a pas fait semblant, le Christ s’est livré tout entier à notre humanité dans la clarté étincelante de la Vérité qu’Il est en Lui-même. Et c’est bien le Christ que nous sommes appelés à imiter.
D’autre part, cette distinction entre l’être et le paraître doit nous conduire à être particulièrement prudent dans la considération que nous avons des uns des autres car malgré la volonté actuelle d’un égalitarisme totalitaire, il nous faut reconnaître que nous sommes tous différents et que ces différences induisent des comportements différents, comportements différents qui ne peuvent pas être jugés selon les mêmes critères mais relativement à chaque personne. Ainsi, si l’ordre moral demeure un absolu qui supplante les particularismes, les circonstances sont essentielles dans le discernement des personnes et des actes et ces circonstances influent sur la qualification morale des actes et des personnes. C’est bien en ce sens que nous sommes appelés à recevoir ce commandement du Seigneur à ne pas juger car lorsque nous jugeons nous faisons fi des circonstances qui nous sont inconnues et notre jugement est dès lors faussé. Ainsi seul Dieu peut juger car Lui seul peut sonder les reins et les cœurs. Et si nous considérons le jugement divin, remarquons qu’il est inséparable de la miséricorde et que la miséricorde se moque du jugement. Le jugement divin n’est donc pas un couperet assassin mais une main tendue à notre propre faiblesse pour nous relever et nous établir dans cette dignité d’enfant de Dieu qui est la nôtre. Le jugement divin invite et invoque la charité divine et c’est là encore, en cette charité que nous sommes appelés à imiter le Seigneur.
L’unification de notre personne en Jésus Christ, l’absence de jugement envers notre prochain, la charité qui doit être déployé pour secourir, tout ceci constitue des points d’attention pour notre vie spirituelle qui doit féconder notre agir. Je dis bien : qui dois féconder notre agir car si nous pouvons prendre de bonnes résolutions, il nous faut toujours chercher le moyen de les mettre en acte. Or l’unification de  notre personne en Jésus Christ ne peut-être que le fruit d’une véritable relation avec le Seigneur, relation construite dans l’intimité de la prière. L’absence de jugement envers les personnes procède quant à lui d’un double mouvement, le premier est celui du pardon que nous sommes appelés à donner à ceux qui nous ont fait souffrir et le second celui de la reconnaissance réaliste de notre propre imperfection. La Charité quant à elle se nourrit de notre prière, de notre attachement au Seigneur et se déploie dans des secours que nous apportons effectivement.
Alors en ce dimanche appelons pour chacun de nous les grâces et les secours du Seigneur et tâchons de coopérer à sa grâce de toute la force de notre volonté.
Amen.