Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

lundi 9 novembre 2015

1er Novembre - Toussaint



Quelle joie en ce jour de fêter tous les saints du Ciel, quelle joie de célébrer la sainteté de tous ceux qui nous ont précédés sur ce chemin de la sainteté et qui aujourd’hui sont comblés de la béatitude éternelle, quelle joie de considérer aujourd’hui tous ces saints qui nous sont inconnus et parmi eux peut-être se trouvent-ils quelques-uns de nos proches parents, quelques-uns de nos amis, quelques sainte personne qui ont croisés notre route à un moment de notre vie. Et c’est bien en ce sens que la fête de la toussaint est devenue dans le peuple chrétien la fête des défunts. Ô bien sûr nous prierons pour eux particulièrement demain soir mais dans la pensée commune c’est aujourd’hui que l’on va fleurir les tombes, que l’on va penser à tous ceux qui nous ont précédés par-delà la mort. Et si la fête de la toussaint est devenu ce moment où nous nous souvenons de nos défunts c’est bien parce que nous avons compris que notre destinée c’est le ciel, c’est la béatitude, c’est l’éternité auprès du Seigneur, c’est bien parce que nous avons compris que notre vocation c’est d’être et de devenir des saints, des amoureux du Seigneur. Alors peut-être que tous nos proches défunts ne sont pas encore au ciel, peut-être que certain refuseront cette éternité que le Seigneur nous a acquise par sa croix mais aujourd’hui, fêtons tous ceux de nos proches qui sont dans la gloire céleste.
 Et aujourd’hui, ce qu’il nous faut considérer dans cette foule immense des saints du ciel c’est bien la sainteté en tant que telle. La sainteté qui n’est pas réservée à quelques élus choisis par le Seigneur pour leur grandeur, leur force, leur volonté ou leur vertu, la sainteté n’est pas scellée dans ces icônes antiques que l’on observe mais qui témoignent d’un temps révolu, la sainteté n’est pas le sort des héros de notre modernité. La sainteté est pour tous, la sainteté est à la portée de main de chacun de nous ici présent. Et si nous prenons cette affirmation au sérieux et bien peut-être que dans quelques dizaines d’années un socle accueillera notre statue en nos églises oh non pas pour notre gloire personnelle car nous serons saints et que l’orgueil aura désertée nos âmes mais bien pour la plus grande gloire de Dieu. Il nous faut percevoir combien la sainteté demeure cette voie accessible qui n’est pas d’abord le fruit de notre agir mais bien le fruit de notre amour, le fruit de notre amour de Dieu ! Ce ne sont pas nous qui nous ferons saints mais bien le Seigneur que nous accueillerons dans un cœur toujours plus tourné vers Lui qui nous recouvrira de sa sainteté à Lui.
Il faut que nous ayons ce désir de la sainteté chevillée au corps, chevillée à l’âme ! Il faut que nous ayons le désir du bon Dieu ! Mais pour cela il nous faut chasser de notre esprit ce sentiment qui nous ferait considérer que les saints ne profitent pas de la vie, que le chemin de sainteté est un chemin de tristesse. On l’entend parfois lorsqu’on évoque les religieuses cloitrées qui, enfermées, passent leurs vies dans la prière et le travail manuel. Certains estiment impensable de ne pas jouir de l’existence en allant au cinéma, au restaurant, en voyageant..etc. Comment peut-on passer sa vie enfermée entre quatre murs ? Et bien tout simplement par amour, ce n’est pas un challenge ou un pari fou fait contre soi-même mais ces religieuses cloîtrées ont été saisis par l’amour comblant du Seigneur et elles n’aspirent à rien d’autres que d’être auprès du bon Dieu. Or, reconnaissons-le, tous les films de cinéma, tous les restaurants, tous les voyages ne sauraient remplacer le bon Dieu, tout ceci paraît bien insignifiant par rapport au Seigneur Lui-même, par rapport à l’éternité. Ces religieuses nous rappellent que l’essentiel n’est pas ce qui occupe la majorité du temps de l’homme moderne, elles nous rappellent que l’essentiel c’est Dieu, c’est Dieu qui est amour. Mais en considérant ces religieuses ou les chartreux ou bien d’autres ordres cloîtrés nous pourrions dès lors penser que pour avancer sur le chemin de la sainteté il fait rentrer dans les ordres. Mais ce serait une erreur car la vocation religieuse est une vocation particulière alors que la vocation à la saintété est une vocation commune à tous quel que soient les états de vie. Et ce fut une grande joie que d’avoir vu les parents de Ste Thérèse de Lisieux être canonisé en couple car cela signifie bien que la sainteté nous rejoint tous, c’est là où nous sommes que le Seigneur nous attend, c’est là où nous sommes que le Seigneur désire que nous l’aimions plus que tout, c’est là où nous sommes que nous sommes appelés à devenir des saints, mariés, célibataires, veuves ou veufs, prêtre c’est là que le Seigneur nous guette. Et si nous recherchons la recette de la sainteté et bien laissons-nous enseigner par Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, ce passage est bien connu mais je ne résiste pas à l’envie de le ressaisir, je la cite :
« j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qu’il existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Eternelle : «  Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi »  (Proverbes IX 4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux ! » (Isaïe LXVI 13). Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma sainteté »
Alors aujourd’hui, de tout notre cœur, demandons au Seigneur d’être Lui-même notre sainteté, prenons la résolution de changer en notre vie un point qui nous éloigne du bon Dieu et surtout recherchons sans nous lasser l’amour du Seigneur car c’est Lui qui nous changera, c’est Lui qui nous sanctifieras. Et aujourd’hui, n’hésitons pas, mettons à contribution tous les saints du ciel qui jouissent dès à présent de la présence divine dans l’éternité, recommandons nous de grands cœurs à leurs intercessions, à l’intercession de tous les saints connus et méconnus afin qu’ils nous soutiennent sur notre chemin de sainteté et que demain nous puissions les rejoindre pour l’éternité.
Amen.

25 octobre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire



« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » tel est l’appel qui résonne par-delà la foule qui entoure le Seigneur Jésus, cri de l’espérance de cet aveugle désirant retrouver la vue, cri de tout ceux de notre humanité qui implore du ciel l’allègement de leur fardeau.
Mais en ce récit, il nous faut remarquer la manière d’agir du Seigneur, en effet, le Seigneur ne guérit pas immédiatement mais il demande à l’aveugle d’exprimer sa demande, non que le Seigneur ne le sache pas mais le Seigneur désire que l’aveugle soit dans cette disposition d’accueil de la grâce, dans cette disposition d’accueil du miracle. Et il nous faut suivre cette manière d’agir du bon Dieu, en nos prières il nous faut exprimer au Seigneur nos demandes, nos attentes, il nous faut l’exprimer non pas que le Seigneur ne sache pas ce qu’il nous faut mais pour que nous même ayons conscience des domaines pour lesquels nous appelons avec force les secours de la grâce. Car la grâce ne s’impose pas mais elle s’accueille, elle est attendue, implorée.
D’autre part, il est certain que ce miracle de guérison de l’aveugle demeure également image de la vision que nous sommes tous appelés à retrouver, vision non pas physique mais vision de Dieu qui nous sera donné dans l’éternelle béatitude. Le parallèle est si juste que là encore, notre entrée en paradis ne nous sera pas imposée, elle ne sera pas méritée mais elle nous sera offerte par le Seigneur Lui-même. La prophétie de Jérémie évoque cette foule de boiteux et d’aveugles ; cette foule disparate claudiquant et recevant malgré tout le salut et la bénédiction du Seigneur. Cette foule c’est l’Eglise. Et donc nous sommes de cette foule, boiteux car blessé par le péché qui nous empêche de nous élever jusqu’au ciel en nous clouant à terre, aveugle de la présence divine en nos vies. Et pourtant c’est bien cette foule que le Seigneur vient chercher, vient sauver, vient aimer. Non que cette foule le mérite mais parce que cette foule a Dieu pour père, parce que nous avons Dieu pour père depuis le saint jour de notre baptême, jour de notre adoption filiale. Alors comme l’aveugle de l’évangile, aux portes de la mort, n’oublions pas d’avoir ce cri jaillissant de l’âme : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » afin que le Christ nous sauve et nous établisse dans la vision de Dieu.
Et à ce sujet si essentiel de notre devenir éternel, il nous faut nous laisser éclairer par la seconde lecture tirée de la lettre aux hébreux et particulièrement par cette appellation du Christ qui est dit grand prêtre par établissement divin. Cette identité du Christ prêtre manifeste cette médiation essentielle qui permet au Christ de s’offrir Lui-même en sacrifice d’expiation pour mériter le salut pour l’ensemble de l’humanité. Le Christ est prêtre car il est ce trait d’union qui réunit le ciel et la terre ; le Christ prêtre est ce pont qui relie la basse réalité de notre existence terrestre blessée par le péché à la réalité céleste de l’éternelle béatitude. Tous les miracles du Seigneur, cette guérison dans l’évangile d’aujourd’hui, sont manifestations du sacerdoce du Christ qui permet l’action du pouvoir divin en notre terre. Dans la personne du Christ prêtre c’est le ciel tout entier qui vient jusqu’à nous comme une mise à disposition de toutes les grâces nécessaires à notre salut.
Et tous les prêtres de l’Eglise du Christ participent du sacerdoce du Seigneur Jésus, ils ont comme mission d’être les canaux de la grâce par la sainte eucharistie, canaux de la miséricorde par le sacrement de la confession. Le prêtre reçoit cet insigne pouvoir qu’il porte en son humanité. Que le prêtre est quelque chose de grand s’exclamait le St curé d’Ars. Et nous pouvons nous poser la question : « que serait le monde sans les prêtres ? », ce serait un monde affamée du pain du ciel, un monde assoiffée de la miséricorde céleste. Alors n’oublions pas en nos prières demander des prêtres, de demander beaucoup de prêtres, de demander beaucoup de saints prêtres.
Et en plus de cela, en ce dimanche, demandons au Seigneur la grâce de la guérison de nos aveuglements afin que nous puissions discerner sa présence en nos vies, afin que nous puissions percevoir la grandeur de tous ceux qui nous entourent, afin que nous puissions nous laisser illuminer par la grâce, afin que nous puissions reconnaître nos impuissances, afin que nous puissions nous laisser aimer et sauver par le Christ, afin que nous puissions nous enraciner dans l’amitié divine, afin que nous recherchions la sainteté plus que toute autre chose, afin que nous fassions nôtre ce cri d’amour et d’espérance : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ».
Amen.

18 octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire



L’évangile de ce dimanche a quelque chose de touchant car, concernant les apôtres nous avons cette demande qui mêle mondanité et spiritualité, qui même esprit du monde et esprit de Dieu. En effet, deux apôtres demandent à siéger de part et d’autre du Seigneur Jésus. Cette demande pourrait sembler légitime dans l’esprit du monde, dans notre monde où semble importer notre situation sociale. Nous le savons bien, ici-bas, il vaut mieux être près du patron qu’inconnu de lui… Mais cette demande est dérangeant dans l’esprit de l’évangile comme va le rappeler le Seigneur car qu’importe la situation que nous occuperons dans l’éternité ce qui importe c’est d’être établi dans cette béatitude emplie de la gloire de Dieu et un soupçon de vertu d’humilité nous ferait considérer que nous sommes bien trop misérable pour entrer dans la béatitude qui ne nous est ouverte que par mansuétude divine. Cet épisode est touchant car cela nous montre bien que les apôtres du Seigneur cheminent, progressent à chaque instant avec le Seigneur Jésus, ils ne sont pas au-dessus du reste de l’humanité mais comme nous tous, ils sont appelés à progresser sur le chemin de la sainteté, de la conversion, ils sont tout comme nous appelés à quitter l’esprit du monde pour se laisser éclairer par le Seigneur Lui-même.
Ceci étant clair, c’est sur les derniers mots du Seigneur que je désirerai m’arrêter quelque peu avec vous. Le Seigneur nous le dit clairement, Il est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude. Ce terme de rançon évoque pour la plupart d’entre nous un film à gros budget américain dans lequel une personne se fait enlever, séquestrer afin d’obtenir de ses proches une rançon financière ou d’autres natures. Dans ces films, bien entendu, un héros se lève et éliminant les kidnappeurs va se charger de délivrer le prisonnier. Et bien nous pouvons garder cette image car si le Christ doit payer de sa vie notre rançon c’est bien parce que nous sommes séquestrés c'est-à-dire que nous sommes éloignés de Lui. Mais séquestrés par qui ?
Une réponse un peu rapide serait de tenir le diable comme unique responsable. Le diable qui est à l’origine de la chute d’Adam et Eve et qui a marqué notre humanité de la blessure du péché, le diable qui par ce péché nous a séparé de Dieu, le diable qui nous tente en nos vies. Mais ce serait une lecture un peu rapide car si nous ne sommes pas responsables de ce péché des origines que nous héritons comme d’une tare génétique, nous sommes bien responsables de tous ces péchés actuels qui nous éloignent du bon Dieu. Et quand je dis péché ne considérons pas uniquement les péchés dramatiques ou dit important tel le meurtre, l’avortement ou le vol. Le péché désigne tout ce qui nous éloigne du bon Dieu et nous le savons bien nous pouvons nous éloigner du bon Dieu à petit pas, par des petits péchés, par des manques de charité, par des médisances, par des mensonges, par des colères, par la négligence de notre vie spirituelle..etc.
Et bien c’est tout cela qui nous séquestre loin du bon Dieu. Le diable a sa part mais la plus grande part nous revient. Dès lors ce qui est assez paradoxal c’est que l’homme se séquestre lui-même, l’homme est son propre kidnappeur, son propre bourreau ; nous sommes nos propres bourreaux. Et c’est bien cette situation, cette réalité que le Seigneur désire transformer en payant de sa vie la rançon de notre libération. Le Christ nous libère et nous tendant la main Il nous invite à embrasser cette liberté qu’Il nous offre. Et cette voie de liberté, le chemin de notre libération se construit donc dans cette amitié envers le Seigneur qui nous fait rechercher la conversion véritable, qui nous fait rechercher la sainteté. Malgré tout, une question subsiste : voulons-nous être libéré par le Christ ? Voulons-nous Le laisser faire, Le laisser agir en nos vies ? Voulons-nous renoncer au péché pour vivre de la grâce ? Le voulons-nous vraiment ? Si nous voulons répondre oui et bien considérons simplement notre semaine, regardons la place que nous avons donné au Seigneur, considérons le mal que nous avons pu faire, considérons les péchés qui l’ont habitée. Ce constat que nous aurions pu faire une plus grande place au Seigneur, que nous avons parfois mal agis, que nous nous sommes emportés, ne doit pas nous décourager mais doit nous faire prendre conscience des efforts que nous sommes appelés à faire. Car le bon Dieu désire nous délivrer de nous-même mais Il ne pourra le faire que si nous cherchons à nous libérer car nous sommes nos propres bourreaux…
Alors en ce dimanche rendons-grâce au Seigneur d’avoir payé notre rançons par le don de sa vie et demandons-Lui la grâce de nous libérer pleinement pour nous établir en sa grâce en augmentant notre désir du ciel, en fortifiant notre volonté pour l’orienter vers le Bien qu’Il est Lui-même. Le Seigneur vient nous chercher laissons-nous saisir par sa présence, par son sacré cœur.
Amen

mardi 13 octobre 2015

11 octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire



« Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? », telle est la demande qui est formulée au Seigneur dans l’évangile de ce dimanche et il est bon de pouvoir être attentif à la qualité de sa demande car nous sommes bien souvent habituer à d’autres types de demandes des demandes de guérisons, des demandes de miracles et même de résurrection mais aujourd’hui, c’est toute la densité de l’éternité qui semble être contenu dans cette simple demande : avoir part à la vie éternelle ! La vie éternelle, nous le savons, c’est bien elle que nous sommes appelées à désirer porter en cela par la belle vertu de l’espérance, mais la désirons-nous vraiment ? Désirons-nous le ciel, l’éternité, la béatitude, l’union à Dieu dans sa gloire ? Peut-être serions-nous tentés de répondre oui du bout des lèvres. Mais si tel est le cas, interrogeons-nous sur nos désirs, que désirons-nous, que recherchons-nous, quel est le but à atteindre en nos vies. La question ainsi posée écarte l’ensemble des choses matérielles car nous le savons, ces choses matérielles peuvent nous combler mais juste un certain temps, un bref instant. Nous pourrions dire le grand amour, le bel amour de celle qui nous est destinée, de celui qui nous est destinée mais si l’amour comble il demeure toujours pétri de ces imperfections qui le fortifie mais qui l’appelle toujours à se dépasser. Mais nous le savons bien, la réponse essentielle à cette question de savoir ce que nous désirons doit nous conduire à lever les yeux vers le ciel. Oui, c’est bien le ciel que nous devons désirer comme un aboutissement, comme l’établissement de notre plénitude, c’est bien le ciel que nous devons rechercher dans la découverte de cette intensité rayonnante de l’amour divin qui nous appelle à lui. Nulle question d’une fontaine de jouvence, nulle question de vains plaisirs, de glorioles éphémères, si c’est l’éternité que nous désirons alors recherchons l’Eternel et l’Eternel Amour, si c’est l’éternité que nous recherchons suivons le Christ qui nous en ouvre les portes.
Car cette recherche n’est pas affaire de raisonnement, de réflexion, d’option fondamentale, cette recherche n’est pas affaire d’opinions, cette recherche s’ordonne et s’articule dans cette suite du Christ qui nous convoque à embrasser notre réalité par sa présence. Et c’est bien ce que le Christ demande à cet homme riche qui l’interroge : « Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère ». Voici présentés ces commandements fruits des prophètes et expression de la pensée divine. L’éternité suit donc un chemin balisé, un chemin définit, chemin que nous refaisons du Christ Lui-même qui a quitté l’éternité pour nous en montrer l’unique chemin qu’Il est Lui-même. Les commandements demeurent donc l’étalon de mesure de notre attachement au Seigneur, l’étalon de mesure de notre désir du ciel mais, mais le Christ désire aller plus loin, Il invite à la pauvreté à sa suite : « va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi ». Devenir pauvre, voilà l’invitation du Seigneur, devenir pauvre peut-être dans une pauvreté matérielle mais surtout pauvre face au Seigneur, devenir mendiant de Dieu appelant de nos désirs en chaque instants les secours de la grâce, l’illumination de la charité divine, la clairvoyance de Dieu Lui-même. La pauvreté est toujours à considérer sous ces deux aspects, matériel et spirituel car la pauvreté n’a de sens que lorsqu’elle est vécue comme engagement à la suite du Christ. Ainsi, nous sommes tous appelés à devenir pauvre, nous sommes tous appelés à nous dépouiller de nous-même pour faire place au Seigneur, nous sommes tous appelés à mourir à nous même pour laisser le Christ vivre en nous.
Alors chers amis, en ce dimanche, relevons notre regard, quittons les considérations bassement matériel qui nous encombrent bien souvent l’esprit, considérons le Ciel, considérons Dieu Lui-même qui qualifie ce ciel que nous désirons, laissons-nous saisir par l’éternité dévoilé par le Christ. Et les yeux emprunts de la bonté éternelle oeuvrons dès maintenant à vivre de cette éternité. Nous sommes faits pour l’éternité, nous sommes fait pour l’Amour qu’est Dieu Lui-même, nous sommes fait pour être saisi éternellement par l’Amour divine alors faisons de notre vie le préambule de cette béatitude, faisons de notre vie l’expression de notre désir de Dieu, laissons Dieu habiter notre vie en la construisant sous son regard selon le cordeau de son enseignement. Aujourd’hui demandons au Seigneur la force, le courage et l’humilité de parcourir cette vie en l’inscrivant déjà dans l’éternité qu’Il est Lui-même.
Amen.

4 octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire



Pour ne rien vous cacher, ma première pensée pour l’homélie de ce dimanche consistait à rappeler les exigences du mariage, l’engagement librement conclu devant Dieu jusqu’à ce que la mort sépare ceux qui se sont unis, rappeler la discipline de l’Eglise fondée sur l’évangile quant aux situations des divorcés remariés et puis, et puis je me suis dit que ce sujet revenait bien souvent sur le devant de la scène alors que dans ce sacrement du mariage se joue une réalité bien plus belle que les difficultés qui lui sont inhérentes. Alors en ce dimanche, redisons le haut et fort avec toute la force des plus beaux témoignages le sacrement de mariage demeure un chemin qui peut-être rayonnant même s’il n’est pas linéaire ou idyllique tous les jours.
Et peut-être que tout comme moi avez-vous peut-être souri de tendresse en voyant un couple âgée avancée dans la rue main dans la main, exprimant dans ce simple geste toute la tendresse d’un amour vécu, exprimant cet amour qui a traversé les âges dans le bonheur et les épreuves, dans la santé et dans la maladie comme le dit la formule consacrée. N’est-il pas merveilleux de voir ces couples fêtant leurs 50, 60 et pourquoi pas 70 ans de mariage ! Est-ce que la vie les a épargnés ? Certainement pas car la vie est parfois éprouvante et c’est le lot commun.
Et nous avons bien souvent sous les yeux un beau témoignage de la grandeur et de la force de l’amour humain, de cet amour qui fait parfois ces héros qui traversent les épreuves, qui pardonnent, qui aiment pleinement. Oui, l’amour humain a bien cela de merveilleux.
Et dans la Foi nous ne pouvons que reconnaître combien le bon Dieu estime cet amour humain, estime ces couples qui se fondent non pas sur de vains calculs de carrière, d’ascension sociale, de gloire ou d’argent, le bon Dieu estime ces couples qui se fondent sur l’amour mutuel, l’amour vraie qui n’idéalise pas l’autre mais qui le choisi avec ses grandeurs et ses faiblesses, l’amour entier qui encourage et soutient dans les épreuves, l’amour humble qui permet de reconnaître ses torts et de demander pardon, l’amour total qui pardonne les erreurs et se reconstruit, c’est cet amour-là que le bon Dieu respecte et estime, c’est cet amour-là que le bon Dieu désire soutenir dans l’unicité de l’amour qui n’est pas volatile mais qui s’attache à l’autre pour le meilleur et pour le pire. C’est là que réside toute la grandeur et la force du sacrement du mariage qui soutient l’unité du couple dans les aléas de l’existence jusqu’à le conduire à être vécu pleinement jusqu’au bout, jusqu’au moment où la maladie s’impose, où l’âge se fait sentir.
Et reconnaissons-le, c’est peut-être dans ces moments de maladie ou de vieillesse que l’amour prend le plus son sens ; car à ce moment-là la passion a laissé sa place à l’amour avec un grand A, a laissé sa place au soutient de ces deux mains unies même si l’une conduit jusqu’à un lit d’hôpital, a laissé sa place à l’intensité des regards aimant qui se croisent et semble s’unir dans un amour ardent sans parfois pouvoir communiquer autrement.
Ces moments d’intimité, ces moments intenses sont une des plus belles expressions de nos origines car là transparaît notre vraie nature qui s’origine en Dieu qui est amour. Et en un sens, ces couples sans en avoir souvent conscience agissent comme le bon Dieu le fait avec nous tous Lui qui nous aime plus que nous n’aimerons jamais. Quelle beauté, quelle grandeur que le sacrement de mariage lorsqu’il est vécu en vérité et dans une relations intense au Seigneur source de toute grâce.
Alors en ce dimanche, pour vous qui malheureusement êtes séparé, priés pour celui ou celle qui vous demeure uni malgré les blessures et la séparation ; pour vous qui êtes mariés demandez au Seigneur un surcroît de grâce pour votre couple et demandez au Seigneur la force de poser aujourd’hui un geste pour votre couple que ça soit un pardon à donner, une attention à avoir, des excuses à présenter. Pour vous qui êtes veufs ou veuves et bien rendez grâce au Seigneur pour ce mariage que vous avez vécu jusqu’au bout et présentez à la miséricorde du Seigneur celui ou celle qui demeure votre moitié maintenant dans l’éternité. Et pour vous qui pensez-vous marier, jeunes ou moins jeunes, n’allez pas trop vite car l’amour se construit dans une relation qui prend le temps de donner à l’autre toute sa place et demandez au Seigneur qu’Il vous guide pour trouver celui ou celle qui vous est destiné.
Et pour conclure permettez-moi de citer quelques mots de notre Pape émérite Benoît XVI : « Dans un contexte culturel où beaucoup de personnes considèrent le mariage comme un contrat à durée déterminée, il est d'importance vitale de comprendre que l'amour est fidèle, don de soi définitif ». Puisque le Christ « consacre l'amour des époux chrétiens et s'engage avec eux, non seulement cette fidélité est possible, mais elle est la voie pour entrer dans une charité toujours plus grande ». […] « Ainsi, dans la vie quotidienne de couple et de famille, les époux apprennent à aimer comme le Christ aime ».
Quel que soit notre état de vie voilà notre vocation : « aimer comme le Christ aime ».
Amen