Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

jeudi 16 octobre 2014

12 octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire



En ce dimanche, il nous faut recevoir toute la substance de la parabole que nous livre le Seigneur Jésus. En évoquant la figure du Roi, image de Dieu le Père, il nous faut percevoir combien Dieu convie chacun des membres de notre humanité au banquet éternel, au banquet des noces du Royaume. Les premiers invités, ceux qui refusent, sont images des membres du peuple d’Israël qui refusent l’invitation du Seigneur, cette invitation qui est portée par le Christ Lui-même. Ils refusent, c'est-à-dire qu’ils choisissent de ne pas se laisser toucher par le Seigneur, ils refusent l’invitation que le Seigneur leur adresse, ils refusent de croire en cette invitation qui est portée par le Christ et qui est le Christ Lui-même. Il y’a donc un choix qui s’opère en chacun d’eux. Ce n’est pas Dieu qui les exclue mais ce sont eux qui choisissent de Le rejeter. Et cet élément est important car Dieu agit de même aujourd’hui.
Dieu n’exclue personne de la Foi mais chacun des membres de notre humanité est appelé à se situer face à la Foi. C'est-à-dire que tous les membres de notre humanité sont invités à la Foi, il n’y a pas d’exclusivité comme nous le montre la deuxième partie de la parabole, ce sont tous les hommes rencontrés aux croisées des chemins qui sont appelés à rejoindre le bon Dieu. Malgré cela, nous entendons parfois cette petite réflexion empreinte souvent d’un regret sincère : « Moi je n’ai pas la foi, j’aimerai bien mais je ne l’ai pas ». Petite phrase qui semblerait placer les croyants comme étant des élus de Dieu et qui ferait du bon Dieu un être vil qui, selon des critères indéterminés, accepterait ou refuserait certain des membres de l’humanité. Non, la Foi est accessible à tous ou bien plutôt à tous les hommes de bonne volonté c'est-à-dire à tous ceux qui choisissent par leur volonté propre de croire. Et cette action de la volonté n’est pas déconnectée de toute rationalité car la Révélation en tant que tel, acceptée, reçue comme étant la Parole de Dieu, la Révélation nous conduit à accorder notre Foi à la personne du Christ. Il est certain que dire qu’il nous faut vouloir croire pour avoir la Foi va à l’encontre de cette acception commune qui considère que la Foi est reçue sans concourt de la personne qui la reçoit. Et bien non, si nous recevons la Foi le jour de notre baptême, nous avons tous besoin de nous situer par rapport à elle, d’y accorder notre volonté dans le vouloir croire, d’y accorder notre intelligence dans le quoi croire. Et c’est bien ce que nous dit la parabole qui nous rappelle que tous les hommes, les mauvais comme les bons sont appelés à la Foi car en ce qui concerne les mauvais rappelons-nous que le Christ est venu non pas pour les justes mais pour les pécheurs, ainsi tous sont appelés à la Foi mais cet appel doit conduire à revêtir ce vêtement de noce qui fait tant défaut à celui qui, dans la parabole, sera jeté dans les ténèbres. Choisir la Foi c’est entamer un chemin de découverte de la personne du Christ qui conduit à revêtir le Christ c'est-à-dire à se placer sous l’étendard du Seigneur, à le suivre dans sa mort et sa résurrection, c'est-à-dire à le suivre dans le sacrement de baptême qui initie cette amitié existentielle avec le Seigneur.
Chers amis, il nous faut bien comprendre cette grâce qui nous est faite, nous sommes tous appelés au banquet des noces du Royaume, nous sommes tous invités par le Seigneur et si nous avons cette grâce ineffable de connaître le Seigneur pensons à tous ceux qui l’ignorent, le rejettent, le considèrent comme une simple option négligeable. En les considérant, notre cœur devrait être empli de tristesse tout comme le cœur du Seigneur l’est. C’est ce que le Seigneur Lui-même a dit à Ste Marguerite Marie ALACOQUE en évoquant avec elle son Sacré Cœur, le Seigneur lui a dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qui n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes ». Dieu s’épuise à rechercher chacun des membres de notre humanité, Dieu s’épuise à nous rechercher nous-même et ô combien nous devrions être désolés de ne pas être embrasé par sa présence et par sa grâce. Dieu est là, juste là, plus près de nous que nous même et combien de temps vivons-nous en l’ignorant, en l’écartant. Mais malgré tout réjouissons-nous car le Seigneur nous attend, Il nous guette à chaque instant espérant de notre part, un regard, une prière, une pensée. Combien de fois nous perdons nous nous même dans de vaines réflexions. Il nous faut vouloir croire, il nous faut vouloir vivre de notre Foi, il nous faut vouloir vivre de Dieu non pas dans cette tiédeur que le Seigneur vomit mais dans ce zèle qui qualifie les saints qui peuplent l’histoire de l’Eglise.
Et bien en ce dimanche, demandons pardon au Seigneur, demandons-Lui pardon pour notre tiédeur et abandonnons nous entre ses mains dans une confiance inébranlable, forgeons notre volonté pour que notre Foi soit sereine et certaine, éclairons nos intelligences des mystères de la Foi, en un mot vivons de Dieu Lui-même. Dieu nous appelle, nous recherche, répondons à son appel par l’offrande de nos vies et c‘est cette offrande qui fera de chacun de nous les serviteurs du Seigneur, ces serviteurs qui convient le monde à l’amitié avec le bon Dieu, qui convient le monde à la Foi. Ayons Foi en Dieu par notre volonté et notre intelligence, acceptons le Seigneur en nos vies, en nos âmes, en nos cœurs, ne laissons pas l’indifférence nous gagner mais laissons-nous embraser par Sa présence.
Amen.

11 octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire



Voilà une certitude que nous enseigne l’évangile de ce Dimanche et qui est issue de la bonté de Dieu : le Seigneur appelle, le Seigneur ne cesse d’appeler l’humanité. Tout comme ce roi de la parabole, le Seigneur envoie ses serviteurs pour appeler le monde à l’éternité, pour appeler le monde au bonheur et à la béatitude. Dieu n’a de cesse de rechercher chaque personne humaine, notre Dieu est en quête de l’homme et de chaque homme.
Mais si Dieu est à la recherche de chaque homme, comment comprendre ceux qui disent « qu’ils aimeraient avoir la foi mais qu’ils ne l’ont pas », comment les comprendre si Dieu se tient devant la porte de leur cœur et de leur âme pour les appeler à le reconnaître, pour les appeler à le connaître, pour les appeler à se laisser aimer par Lui et à L’aimer. Si Dieu appelle, si Dieu invite à avoir Foi en Lui alors la Foi est accessible à tout homme de bonne volonté. Mais la grande difficulté se trouve en réalité dans la considération commune de la Foi. En effet, pour un bon nombre et même peut-être pour nous, la Foi doit se sentir, se ressentir, doit effleurer notre sensibilité, doit nous embraser de cette chaleur intérieur qui manifeste l’amour infini de Dieu pour nous,  doit nous ravir l’âme et l’esprit. Ainsi on aurait la Foi si, et uniquement si, ses effets pouvaient être ressenti. Mais cette vision de la Foi est réductrice car dans l’ensemble de la Tradition spirituelle, et comme nous l’enseignent ces grands amis de Dieu que sont les saints tels St Jean de la Croix ou bien encore la Bienheureuse Mère Teresa, ils nous enseignent que la Foi dépasse la sensibilité. Car, ces saints ont vécu dans l’amitié avec le Seigneur qui embrasait leurs vies mais ils vivaient également ce qui est communément appelé la nuit de la Foi.
Qu’est-ce que la nuit de la Foi ? Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face la décrit à partir de cette image : « Moi je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d'un léger duvet ; je ne suis pas un aigle, j'en ai simplement les YEUX et le COEUR car malgré ma petitesse extrême j'ose fixer le Soleil Divin, le Soleil de l'Amour et mon cœur sent en lui toutes les aspirations de l'Aigle... Le petit oiseau ne va même pas s'affliger. Avec un audacieux abandon, il veut rester à fixer son divin Soleil ; rien ne saurait l'effrayer, ni le vent ni la pluie, et si de sombres nuages viennent à cacher l'Astre d'Amour, le petit oiseau ne change pas de place, il sait que par-delà les nuages son Soleil brille toujours, que son éclat ne saurait s'éclipser un instant. Parfois, il est vrai, le cœur du petit oiseau se trouve assailli par la tempête, il lui semble ne pas croire qu'il existe autre chose que les nuages qui l'enveloppent ».
La nuit de la Foi décrit cet état de l’âme qui ne voit plus, qui ne ressent plus le Seigneur mais c’est par la Foi que l’âme sait que le Seigneur demeure toujours là comme le soleil au-dessus des nuages. Et cet état de l’âme doit la conduire à la foi parfaite, à cette foi qui sait par son intelligence, qui sait par la Révélation, que Dieu demeure là certes voilé mais bien présent ; et par sa volonté l’âme veut croire à cette présence diffuse mais réelle, à cette présence qui n’est pas ressentie mais qui est certaine. Ainsi la Foi n’est pas affaire de sensibilité même si Dieu, par grâce, nous rejoint parfois en elle ; la Foi est un acte humain, un acte fruit de la volonté et de l’intelligence. Dans l’ordre de la Foi, il nous faut donc vouloir. Et c’est bien ce que nous dit la parabole de l’Evangile, les premiers invités ne veulent pas, ils refusent l’invitation, leurs volontés sont contraires à l’appel du Roi, à l’appel divin. Ces invités refusent la Foi à laquelle ils étaient pourtant invités. Et c’est ainsi que tous sont invités, les mauvais comme les bons car tout homme est appelé à la Foi. Les mauvais comme les bons sont appelés à reconnaître l’amour infini du Seigneur pour eux, ils sont appelés à reconnaître cet amour qui ensuite les conduit à la conversion.
Mais la parabole nous rapporte un évènement qui peut nous paraître étrange, en effet : « [le roi] vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.'
Qu’est-ce que ce vêtement de noces si ce n’est ce vêtement  blanc que nous avons reçu le saint jour de notre baptême, ce vêtement blanc qui manifeste notre rachat par la passion la mort et la résurrection du Seigneur, ce vêtement blanc qui manifeste ce don de la Foi qui nous a été fait par notre baptême. Rappelons-nous ce passage de l’évangile selon St Marc chapitre 16 : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé [mais celui qui ne croira pas sera condamné] » (Mc 16,16). La Foi est intimement liée au sacrement de baptême qui demeure la voie royale du salut.
La Foi nous est communiquée par le sacrement de baptême qui nous établit dans la relation avec le Seigneur, qui nous y établit tous, bon ou mauvais mais la Foi se doit d’être reçue dans sa plénitude, elle se doit d’être portée par notre intelligence qui creuse les mystères divins, par notre volonté qui décide de croire et qui cherche à accorder l’ensemble de l’existence à Dieu Lui-même. Et soyons certains que Dieu invite tout homme car la volonté du Seigneur c’est que tout homme soit sauvé et parvienne à la connaissance du Salut.
Et pour nous qui sommes ici présent, nous répondons chaque jour à cette invitation du Seigneur, nous tâchons d’être toujours davantage fidèle à notre baptême. Mais combien sont ceux qui refusent l’invitation du Seigneur et qui par-là, s’excluent eux-mêmes du repas du Royaume. Constatation que le Seigneur a fait Lui-même dans son dialogue avec Ste Marguerite Marie ALACOQUE lorsqu’Il disait en montrant son Sacré Cœur : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes ». Et en reprenant la finale de l’Evangile, soyons certain que la multitude des hommes est appelée mais si les élus sont peu nombreux c’est parce que nombreux sont ceux qui refusent de croire.
Il nous faut donc rendre grâce au Seigneur de cette invitation universelle au Salut qu’Il a fait à l’humanité par le bois de la croix, il nous faut entretenir notre Foi par notre intelligence et notre volonté dans la certitude de la présence attentive du Seigneur et il nous faut prier pour tous ceux qui aujourd’hui n’ose pas faire ce pas de la Foi, pour tous ceux qui ne connaissent pas le Seigneur. Car nous tous sommes invités par le Seigneur au banquet éternel mais nous sommes aussi ces serviteurs envoyés aux quatre coins du monde pour y appeler l’humanité. Le Seigneur appelle l’humanité à la béatitude, le Seigneur nous appelle à la béatitude ayons Foi en Lui et le moment venu Il nous accueillera en son banquet éternel.
Amen.

mardi 7 octobre 2014

5 octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire



Par la parabole de l’évangile de ce Dimanche, le Seigneur Jésus nous retrace la grande histoire de notre salut. De cette histoire qui s’origine en la personne d’Abraham, qui se poursuit par l’élection du peuple d’Israël, ce peuple choisi par Dieu, ce peuple avec qui Dieu fit alliance et qui pourtant ne fut pas fidèle à cette alliance. Comme nous le dit le prophète Isaïe, Dieu « en attendait le droit, et voici l'iniquité ; Il en attendait la justice, et voici les cris de détresse ». Le peuple d’Israël s’est perverti jusqu’à faire périr les prophètes du Seigneur. Mais dans sa bonté, Dieu le Père a tenu à demeurer fidèle à son Alliance et c’est ainsi qu’Il a envoyé le Fils, le Fils unique, le Christ notre Seigneur. Mais même Lui fut rejeté, tué, crucifié. Ce peuple choisi par Dieu fut celui qui dans son aveuglement tua Dieu de la plus atroce des manières. Et rendons-nous compte que ceci n’est pas un conte pour enfant, cela appartient à l’Histoire, à cette histoire vécue qui constitue une large part de l’histoire de l’humanité. Mais, même la mort du Christ ne vint pas à bout de la bonté de Dieu qui se constitua un peuple nouveau, le peuple des chrétiens, le peuple de l’Eglise de laquelle nous sommes. L’Eglise a reçu du Seigneur le Royaume de Dieu, non qu’elle le possède mais que l’Eglise en est constituée la voie commune d’accès.
            Et c’est bien dans cette histoire que se révèle l’identité de Dieu, la bonté infinie du Seigneur, sa miséricorde, sa patience, en un mot son amour. Car Dieu aurait pu tout arrêter, Il aurait pu se lasser des infidélités, il aurait pu se lasser de notre inconsistance et pourtant, Dieu persévère, il persévère par volonté et par amour. Comme des parents s’exaspèrent parfois des erreurs de leurs enfants mais qui, malgré tout, demeurent à leurs côtés, par amour.
Et aujourd’hui, nous, peuple chrétien, enfants de l’Eglise, nous devons prendre conscience de la mission qui est la nôtre, nous devons prendre conscience que c’est à nous que le Seigneur a confié sa vigne, que nous avons comme mission de faire porter du fruit à la Parole que le Seigneur nous a confiée. Mais ne nous y trompons pas, ne nous égarons pas en pensant que ce sera par volontarisme que nous y arriverons. Nous ne sommes que des instruments entre les mains du Seigneur qui agît à travers nous, qui nous guide si tant est que nous nous laissons faire par le bon Dieu.
C’est bien ainsi qu’il nous faut recevoir l’appel de St Paul en la première lecture : « ne soyez inquiets de rien ». N’être inquiet de rien non par aveuglement ou par naïveté, mais n’être inquiet de rien car comptant sur l’action et la présence de Dieu, n’être inquiet de rien en travaillant dans le monde comme si tout dépendait de nous tout en sachant que tout dépend de Dieu. Au contraire, l’inquiétude, tel est un des maux de notre modernité qui se fait illusion en pensant tout maîtriser et qui est terrassée lorsque la réalité de son impuissance lui est cruellement rappelée. Une piqure de moustique peut signer la fin de l’aventure avec Ebola, la grippe aviaire, les maladies de toute sorte sans parler des catastrophes naturelles tout cela peut mettre un terme à notre vie et pourtant nous vivons bien souvent en pensant que nous sommes immortels jusqu’au moment où l’illusion s’efface pour laisser place à une inquiétude dévastatrice.
Dernièrement j’évoquais avec un prêtre africain cet épisode dramatique du virus Ebola et il a eu cette réponse pleine de sagesse : « la vie de l’africain est dans la main de Dieu ». Mais et nous, et notre vie à nous, elle est certes plus préservées qu’en terre africaine mais nous ne sommes pas plus grand, ni plus fort qu’eux simplement nous avons oublié que l’existence humaine ne fait que passer et ne fait que passer vite, très vite. Cet appel de St Paul « ne soyez inquiets de rien » est un appel à poser un regard sur nos vies et sur le monde en le fondant sur Dieu Lui-même, dont la bonté nous est révélée, dont la miséricorde nous est acquise, dont l’amour est infini. C’est un appel à nous rappeler que notre vie à tous est dans la main de Dieu. C’est un appel à nous rappeler que si notre vie d’ici-bas passe vite, très vite elle est appelée à l’éternité. C’est seulement en Dieu que tout peut être ébranlé autour de nous sans que nous perdions la paix.
Cela me fait penser au Cardinal Van Thuan qui fut arrêté en 1975 et emprisonné par le régime vietnamien et ce pendant 9 années dont cinq en isolement. Le Cardinal écrivait en prison : « Dans ma nuit peuplée de silence et de solitude, je pense à vous tous, à chacun, et je vous offre tous à Dieu. Dieu m’a donné les heures les plus belles de ma vie. Jamais prières n’avaient été plus ardentes, ni messes plus ferventes, ni plus favorables les occasions de s’unir à l’amour de Dieu pour manifester l’amour où il y a la haine et semer l’espérance dans le désespoir. On peut tout perdre matériellement, mais si Dieu reste, on a encore tout. Dieu est Amour. L’amour m’encourage à aimer comme Dieu aime. Je n’ai plus rien. Mais chaque jour, j’offre à tous l’amour de Dieu dans le cœur de Jésus et Marie ».
Alors ne soyons inquiet de rien, on peut tout perdre, mais si Dieu reste, on a encore tout et c’est ce tout que nous allons recevoir dans quelques instants en l’hostie consacrée, c’est ce tout qu’il nous faut annoncer au monde qui se perd. Ne soyons inquiet de rien, on peut tout perdre, mais si Dieu reste, on a encore tout.
Amen.

lundi 29 septembre 2014

28 septembre - 26ème Dimanche du Temps Ordinaire



Comme à son habitude, le Seigneur nous enseigne par parabole, par ce récit imagé qui nous révèle la profondeur de l’identité divine. Et en entendant la parabole de ce dimanche, je suis certains que nous voudrions tous être un troisième fils, c'est-à-dire être celui qui  à l’écoute de la question du père : « Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne », répondrait : « Oui Seigneur » et qui y irait ensuite. Nous aimerions tous être à l’image de ce troisième fils. Mais ce troisième fils n’apparaît pas dans la parabole, non pas qu’il n’existe pas mais parce que le Seigneur désire nous enseigner autre chose.
Le premier fils dit oui j’irai mais en définitive n’y va pas. Et peut-être avons-nous déjà fait cela dans notre vie, dire oui, oui pour ne pas rentrer dans une discussion quelconque, dire oui, oui tout en pensant que nous ferons à notre idée, que nous ferons ce que nous voudrons.
Le deuxième fils à l’inverse dit non mais répond à la demande de son père. Et là encore, peut-être avons-nous tous déjà agit ainsi, peut-être avons-nous répondu non par colère ou par principe mais la conscience travaillant nous sommes revenus sur notre décision et avons accédé à la demande qui nous était faite.
Ces deux fils dans la parabole ne sont donc pas des pures inventions mais bien l’expression d’agissements que nous connaissons et qui parfois nous appartiennent. Mais alors que désire nous faire comprendre le Seigneur.
Remarquons que le Seigneur distingue la parole proférée et l’action, le dire et le faire, ces deux niveaux qui normalement ne doivent faire qu’un. Dire et faire ce que l’on dit voilà l’idéal, dire et ne pas faire ce que l’on dit voilà le pire, ne pas dire et faire quand même est déjà un bien.
En effet, le Christ à la fin de l’évangile, loue ce fils qui avait dit non mais qui revenant sur sa parole avait agi malgré tout. Et le Seigneur de conclure « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu ». Bon les publicains n’appartiennent plus à notre réalité, les prostitués oui, malheureusement. Mais si le Seigneur les mets en avant c’est parce que les publicains et les prostitués ont cru en la Parole de Dieu et qu’ils ont ensuite cherché à se convertir. Ce n’est bien sûr pas parce qu’ils sont publicains ou prostitués qu’ils rentreront dans le Royaume des cieux mais bien parce qu’ils auront cru en la parole de Dieu.
Les pécheurs publiques malgré la parole qu’ils peuvent dire par leurs vies, malgré ce non qu’ils semblent dire à Dieu par leur conduite, si ces pécheurs publiques croient en la Parole de Dieu et que par leur foi ils cherchent à se convertir alors le ciel les accueillera. Au contraire de celui qui extérieurement semble juste et pieux mais qui en son âme ne croit pas en la Parole de Dieu.
Pour nous tous, il nous faut chercher à unifier nos paroles et nos actes, à dire par nos paroles et par notre agir notre attachement au Seigneur. Et en considérant le monde et particulièrement ceux qui agissent parfois contre Dieu et ses commandements il ne nous faut pas être prompt à les condamner car ils peuvent changer, ils peuvent croire et se convertir et devenir peut-être bien mieux que nous ne le serons jamais.
Regardons par exemple St Paul, lui qui a participé aux massacres des premiers chrétiens, à la lapidation de St Etienne était condamnable mais c’est bien lui qui sur le chemin de Damas crut en la Parole de Dieu et devint un des apôtres du Seigneur les plus zélés. C’est bien pour cela que St Paul nous exhorte : « Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres ». Tout cela n’est possible que si nous considérons que la miséricorde du Seigneur peut rejoindre chaque homme et faire des merveilles qui dépassent tout ce que nous pouvons imaginer.
Peut-être connaissez-vous l’histoire de Jacques FESCH le dernier condamné à mort de notre terre de France, condamné en 1957. Fils d’une riche famille, il tenta un hold-up à Paris et tua un policier. Arrêté et condamné à mort il redécouvrit le Seigneur dans sa prison, il disait d’ailleurs : « Entre un moine et un détenu croyant et pratiquant, il n’y a qu’une différence de nom ». C’est dans sa cellule qu’il fit l’expérience de la miséricorde infinie du Seigneur, il disait : « Dieu ne retient pas la faute du pêcheur. Personne n’est jamais perdu, s’il s’ouvre à Sa miséricorde ». Cinq heures avant son exécution il s’écriait : « dans cinq heures je verrais Jésus ». Et cinq heures plus tard, peut-être, je dis peut-être car même si sa cause de béatification est introduite elle n’a pas encore aboutie, et donc peut-être cinq heures plus tard un meurtrier converti entrait en paradis…
Et pour nous même, avec un peu d’humilité et de réalisme nous pouvons remarquer que dans nos vies nous n’agissons pas toujours comme nous devrions et bien ce que le Seigneur nous dit c’est que tout est possible, que son amour pour nous est indéfectible, que son attachement pour chacun de nous ne peut être anéanti par notre péché. Le Seigneur nous dit qu’il nous suffit de revenir à Lui de cœurs et d’âmes pour le retrouver, pour retrouver sa miséricorde, sa communion, sa présence. St Paul, Jacques Fesch et tant d’autres nous témoignent de cet amour infini du Seigneur, nous témoigne de la capacité que Dieu donne à l’homme de revenir à Lui où qu’il en soit.
Alors en ce dimanche, rendons grâce au Seigneur pour son amour, pour sa patience envers le genre humain, présentons-nous humblement devant Lui, laissons-nous irradier par sa présence aimante et confions-lui également toutes ces âmes égarées qui vivent sans Dieu et s’égarent sur ces chemins de traverses.
Rien n’est impossible à Dieu, pour nous même et pour tout homme. Rien n’est impossible à Dieu.
Amen.