Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

mercredi 2 novembre 2016

2 Novembre - Commémoraison de tous les fidèles défunts


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En ce jour, après avoir célébré tous les saints du Ciel, après avoir célébré tous ceux qui se sont laissé embraser et guider par l’Amour divin, nous nous tournons vers tous les fidèles défunts. Car nous le savons bien, tous les défunts ne sont malheureusement pas des saints, tous les défunts n’ont pas suivi le chemin de l’Amour divin et il est bon de nous rappeler qu’elles sont les réalités éternelles qui sont celles du genre humain.
Parmi ces réalités éternelles au nombre de trois, il y’a bien sûr le Paradis qui désigne cet état d’union à Dieu qui est celui des saints du ciel. Comment décrire le Paradis ? Cette question pourrait sembler inutile car on pourrait se dire que personne, en dehors du Christ, n’est revenu pour nous le décrire. Mais en réalité, nous pouvons pressentir la réalité du Paradis qui ne peut-être que cet état permanent d’être comblé par Dieu qui est Amour. J’aime employer cette image. En nos vies, nous vivons parfois des moments comblant, ces moments humain ou spirituel qui nous font désirer qu’ils ne s’arrêtent jamais, ces moments de plénitude et de bonheur qui sont tels que nous désirons ne jamais les voir passer. Et bien le Paradis c’est cela, c’est un moment de plénitude éternel qui nous comblera de bonheur, de douceur et de paix, qui nous comblera de Dieu. Ainsi nous n’aurons rien à faire si ce n’est d’être comblé, nous n’aurons rien à penser si ce n’est de nous laisser ravir par la connaissance divine. Le temps sera suspendu et nous serons comblés en Dieu, par Dieu. Et en considérant le Paradis, nous percevons bien que cette douce réalité nous est déjà accessible ici bas lorsque nous sommes ravi en Dieu, lorsque Dieu est source de notre bonheur et de notre joie. Ainsi le Paradis est certes une réalité éternelle mais une réalité que nous côtoyons parfois sans le savoir, une réalité que nous poursuivons en empruntant résolument le chemin de l’Amour divin ici bas sur cette terre.
L’autre réalité, antithèse du Paradis est celle de l’enfer. L’enfer, aujourd’hui beaucoup se disent qu’il n’existe pas mais cette affirmation qui relève de l’opinion rejette bon nombre des enseignements du Seigneur Jésus et rejette l’enseignement de notre Sainte Mère l’Eglise. L’enfer est une réalité et je dirais même une réalité nécessaire. Comprenez-moi bien, le Paradis est l’issue de ce chemin de l’Amour divin mais on ne peut et Dieu ne veut obliger personne à L’aimer car l’amour ne s’oblige pas, ne s’impose pas. Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Ainsi existe cette possibilité du refus de Dieu, refus conscient et volontaire de Dieu qui qualifie ce que nous nommons enfer. « Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : " Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui " [pouvons nous lire en la première lettre de St Jean]. Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot " enfer " »[1]. Ainsi « L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel ". La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire. »[2]. Mais nous savons que Dieu nous a donné le remède au péché mortel qu’est le sacrement de la confession, le sacrement de la miséricorde divine. Et nous percevons combien notre vie d’ici-bas constitue ce préambule orientant notre éternité et c’est nous qui composons ce préambule soit dans le refus de Dieu ou dans la quête de Dieu. Prenons bien conscience que Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin.
Enfer et Paradis s’opposent donc radicalement, les damnés d’un côté qui ont refusés Dieu par leur choix libre ou par leur action ; les bienheureux de l’autres qui ont choisi Dieu et ont cherché à l’aimer en leur vie. Mais entre les damnés et les bienheureux il y’a également « ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, [ils] souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés »[3].
Voici donc ces trois réalités éternelles : l’enfer d’un côté, le purgatoire et le paradis de l’autre. Mais considérer ces trois réalités c’est également se rendre compte de l’importance de notre prière. Car notre prière est importante pour tous ceux qui s’éloignent du bon Dieu car par elle nous demandons à Dieu de tout faire afin que cette âme ne se damne pas, cette prière est bien sûr relative à la liberté de la personne que l’on confie au Seigneur mais elle particulièrement importante. Ce pourquoi nous pouvons offrir des messes pour les vivants afin de les confier à la grâce divine. Notre prière est importante pour les défunts, qui est notre prière de ce jour, car par elle nous invoquons les mérites du Christ afin que les âmes de nos défunts qui seraient en purgatoire puissent entrer en Paradis. Ce pourquoi nous sommes invités à offrir des messes pour la délivrance de nos défunts. Notre prière est importante lorsque nous invitons les personnes mourantes à recevoir le sacrement des malades qui les préparent à l’Eternité en les plongeant dans la miséricorde.
Ainsi nous ne sommes pas les spectateurs impuissants ni de notre propre salut, ni de ceux qui nous entourent, ni de ceux qui nous ont précédés par delà la mort. Alors prions, prions avec zèle et confiance pour le repos de l’âme de tous les fidèles défunts, invoquons avec confiance Dieu de miséricorde et prions également le Seigneur afin que nous désirions Lui être uni dans l’éternité et que nous agissions en vue du Royaume céleste.
Amen.




[1] CEC n°1033
[2] CEC 1035
[3] CEC 1030-1031

1er Novembre - Toussaint


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En cette belle solennité de la Toussaint, alors que nos yeux en ce jour se lèvent vers le ciel pour y contempler la foule nombreuse de ceux qui sont établis dans la gloire divine, de ceux qui sont comblé dans la béatitude céleste, nous nous réjouissons pour tous ces saints du ciel c'est-à-dire pour tous ceux qui comme vous et moi ont vécu sur cette terre il y’a plus ou moins longtemps et qui se sont laissés consumer par l’amour divin, qui ont offert leur vie à cet amour divin et qui ont été accueillis à leur mort dans l’éternité bienheureuse et qui aujourd’hui, intercède pour nous auprès du divin maître.
Et j’ai bien dit comme vous et moi car les saints ne sont pas ces statues de plâtre preuve d’un idéal inatteignable, les saints sont bien des hommes et des femmes qui ont affrontés les mêmes difficultés que nous mais qui se sont laissés conduire par l’Amour de Dieu, Amour de Dieu qui peu à peu les à transformer jusqu’à la sainteté. Et bien ne nous y trompons pas, nous sommes sur le même chemin qu’eux, nous aussi vivons en cette vie terrestre affrontant les difficultés qui sont les nôtres et nous aussi nous sommes appelés à nous laisser saisir par l’amour divin jusqu’à devenir saint. Vous parents à l’image du saint couple Louis et Zélie MARTIN, vous veuf ou veuve à l’image de Ste Rita, vous jeunes à l’image de St José Luis martyr de 13 ans de 1928, moi prêtre à l’image du St curé d’Ars, vous célibataire à l’image de la bienheureuse Marguerite BAYS,  et ce ne sont que des exemples de belles figures de saints.
Ainsi, réaffirmons-le en ce jour, nous avons tous la possibilité de devenir des saints et ne sourions pas intérieurement en nous disant que c’est une réalité impossible à atteindre car la sainteté n’est autre que cet attachement amoureux au Seigneur au maximum de nos capacités et rappelons-nous que ce n’est pas nous qui nous ferons saint mais que c’est Dieu qui fait les saints et l’Eglise qui les reconnaît. Ainsi ce n’est pas tant la sainteté qui est à rechercher, la sainteté qui serait un trophée récompensant un quelconque chemin, parcours ou effort et qui ne serait dès lors qu’un orgueil masqué. Ce n’est pas tant la sainteté qui est à rechercher que l’Amour de Dieu car c’est bien sur l’Amour que nous serons jugés et c’est l’Amour qui qualifie les saints, Amour de Dieu et du prochain. Alors ne cherchons pas d’autre effort à faire que celui d’aimer mais d’aimer non pas n’importe comment comme le monde nous y invite, d’aimer pleinement en cet Amour qu’est Dieu. Et remarquons combien cela est plus séduisant, si je nous dis qu’il nous faut être saint on a presque l’impression d’avoir les jambes coupés, on est découragé avant même d’avoir commencé mais si je nous dis qu’il nous faut aimer comme Dieu qui est Amour alors là on se dit que c’est possible, c’est tentant et bien le voilà le chemin de la sainteté !
Et soyons certains que si plus de 10 000 saints et saintes sont reconnus par notre Sainte Mère l’Eglise, les saints sont beaucoup plus nombreux car plus nombreux sont ceux qui ont suivi le chemin de l’Amour divin. Nombreux sont les saints qui ont œuvrés dans leurs quartiers, dans leurs villes ou villages dans une vie humble et donnée et qui sont entrés dans la gloire céleste cachés aux regards humains. Nombreux sont ceux qui n’ont pas été reconnu mais que nous célébrons en ce jour. Et si nous les célébrons c’est bien sûr pour leur rendre honneur mais c’est aussi et surtout pour nous confier à chacun d’eux afin que tous les saints du ciel intercède pour nous, afin que tous les saints du ciel nous aide à suivre le chemin de l’amour divin qui fut le leur. Alors soyons dans la joie, contemplons la foule immense du Royaume céleste et reprenons conscience en ce jour que nous sommes nous tous appelés à faire partie de cette foule, que nous sommes tous appelés à être saint, que nous sommes tous appelés à suivre le chemin de l’Amour divin. Alors désirons le ciel ou bien plutôt désirons aimer le Seigneur toujours davantage et agissons en nos vies en fonction de ce désir du ciel, agissons en nos vies en nous laissant guider et embraser par l’Amour divin.

Amen.

30 Octobre - 31ème Dimanche du Temps Ordinaire


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Ce qui est étonnant dans l’évangile de ce dimanche c’est que la rencontre entre le Seigneur Jésus et Zachée n’est pas le fruit d’un dialogue ni même d’une rencontre décidée ou impromptue mais elle n’est le fruit que d’un désir. Zachée avait le désir de voir Jésus, c’est ce désir qui l’a conduit à grimper sur un sycomore, c’est ce désir qui a permis cet appel de Jésus à demeurer chez lui. Le désir spirituelle, voilà bien quelque chose qui doit nous rejoindre nous tous, lorsque nous considérons certaine vie de saint nous désirons leur ressembler davantage, lorsque nous entendons les paroles du Seigneur Jésus dans les évangiles nous désirons être saisi en nos vies par cette radicalité évangélique, lorsque nous allons nous confesser nous désirons poursuivre ce chemin de perfection signe de notre amour de Dieu, lorsque nous tombons nous désirons nous relever sans plus jamais retomber. Le désir spirituel est donc quelque chose de bon en soi car il nous fait rechercher les réalités célestes, car il nous fait rechercher une vie toujours plus conforme à l’appel divin. Mais le désir spirituel peut-être également mauvais s’il reste uniquement à l’état de désir sans produire aucun mouvement de la volonté.
Reprenons conscience que désirer sans agir cela revient à rêver mais que notre vie n’est pas un rêve, notre vie est un agir, notre vie à un sens porté par notre agir. Désirer sans agir c’est comme un malade qui voudrait la guérison mais qui ne fait pas appel au médecin ou qui ne prend pas ses remèdes. Désirer sans agir cela ne sert à rien si ce n’est imaginer une solution que l’on ne poursuivrait pas. Désirer sans agir conduit à la frustration comme on dirait aujourd’hui.
Mais ce n’est pas le cas de Zachée, lui il désir voir Jésus et il fait preuve d’ingéniosité pour parvenir à atteindre ce qu’il désire, il grimpe sur un arbre. C'est-à-dire que Zachée a fait des efforts, il a agi par volonté et sur son arbre, Zachée voit son désir plus qu’exaucé, lui qui désirait voir Jésus, voilà que Jésus Lui-même s’invite chez lui. Et bien voilà mis en œuvre la réalité de tout effort spirituel. Car oui, il nous faut le reconnaître, notre croissance spirituelle, l’accomplissement de nos désirs de proximité au Seigneur Jésus dans une vie donnée, la conversion patiente de nos vies pour le Seigneur Jésus, tout cela demande des efforts, tout cela demande un travail sur nous même pour la correction de tout mouvement intérieur contraire à notre attachement à Dieu, tout cela demande un effort d’organisation de chacune de nos journées afin de faire une place à la prière quotidienne, tout cela demande un effort d’attention à la grâce qui nous fera rechercher la miséricorde divine dans le sacrement de confession reçu régulièrement..etc. Redisons le en ce dimanche la vie chrétienne n’est pas une vie de divan, la vie chrétienne n’est pas une vie d’attente langoureuse dans un fauteuil confortable, la vie chrétienne est une invitation constante à l’effort mais tout comme Zachée, le peu d’effort que nous faisons est toujours accueilli par le Seigneur qui nous comble bien au-delà de l’effort consenti. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que le bon Dieu nous connaît mieux que nous même et qu’Il sait combien notre volonté est volubile et c’est ainsi qu’au moindre effort consenti pour Lui, le Seigneur se rend présent et nous comble de ses grâces. Ne pensons jamais notre vie spirituelle comme étant uniquement le fruit de nos efforts personnels, mais pensons toujours notre vie spirituelle comme cette relation essentielle entre nous et le bon Dieu c'est-à-dire que nous ne sommes pas abandonnés à nous même mais c’est bien avec le Seigneur Lui-même que notre vie spirituelle se construit et aussi peu que nous ouvrions nos bras au Seigneur et bien Lui nous comble au maximum de nos capacités.
Alors, bien chers amis, entretenons en nous nos désirs spirituels, entretenons en nous ce désir de nous rapprocher toujours davantage du Seigneur mais faisons de ces désirs spirituels un ressort à l’action, une force de volonté, un élan à l’effort. Dieu est là qui désire nous combler, alors chaque jour accueillons-le toujours un peu plus et tout comme pour Zachée Dieu Lui-même s’invitera en nos vies et en nos âmes.

Amen.

23 Octobre - 30ème Dimanche du Temps Ordinaire


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Je ne me lasse pas d’entendre cette parabole du publicain et du pharisien car cette parabole manifeste bien la grande différence qu’il peut y avoir entre l’être et la paraître, car cette parabole nous rappelle cet essentiel qu’est le degrés d’Amour qui doit habiter nos actes. Mais à chaque écoute, je perçois et très certainement vous avec moi, nous percevons combien nous sommes parfois le publicain et parfois le pharisien.
Le pharisien est celui qui fait plus que ce que prescrit la loi de l’époque, au lieu de jeûner une fois par an, comme le prescrivait la Loi (Lev., xvi, 26 ; Nombr., xxix, 7), il jeûne deux fois par semaine, et, au lieu de payer la dîme de tous les revenus que lui assurent ses animaux et ses terres, comme le demandait encore la Loi  (Deut., xiv, 22-28 ; Lev., xxvii, 30), il paye la dîme de tout ce qu'il acquiert, qu'il s'agisse de ses achats ou de son travail. Le pharisien estime en quelque sorte que Dieu est son débiteur, il estime qu’à la vue de ses bonnes œuvres Dieu lui doit reconnaissance et grâce. Et c’est bien là que se trouve la difficulté, ce ne sont pas ses bonnes œuvres qui le condamnent en quelque sorte, c’est bien plutôt l’orgueil qui l’éloigne du bon Dieu, c’est bien plutôt l’absence d’amour en toutes ses bonnes œuvres qui rendent ses œuvres presque méprisable. Et nous pourrions tout à fait actualiser cette figure du pharisien en considérant un ou une catholique qui irait à la messe ô non pas uniquement le dimanche mais aussi en semaine, qui participerait généreusement aux œuvres de charité mais qui de tout ça ne tirerait qu’une gloriole personnelle, qui de tout ça ne tirerait que l’aboutissement d’un désir d’être remarqué de par son semblant de générosité et de piété, je dis semblant car une générosité sans amour, une générosité qui n’aurait comme but que de satisfaire l’ego ce n’est plus vraiment de la générosité ; car une piété sans amour portée uniquement par le désir de paraître aux yeux des autres ce n’est plus de la piété. Ainsi, les bonnes œuvres ne sont plus portées par le désir ultime du bien et de la charité, mais les bonnes œuvres sont transformées en vue de satisfaire un orgueil valorisant. Et si nous devions nous poser une question ce serait bien de savoir ce qui nous fait agir, est-ce que nous agissons pour être bien vu, pour être reconnu, pour manifester combien nous serions meilleurs que les autres ou bien est ce que nous agissons par amour de Dieu, par désir de charité et donc sans intérêt si ce n’est de plaire au Seigneur et de vivre de sa vie. Ainsi oui, nous sommes tous invités à aller à la messe ô non pas uniquement le dimanche mais aussi en semaine, nous sommes tous invités à participer généreusement aux œuvres de charité mais nous sommes tous invités à faire tout cela par Amour de Dieu et non dans un égocentrisme voilé
Le publicain, quant à lui, au lieu d'attirer les regards, le publicain se dérobe à l'indiscrète curiosité des hommes. Il se tient loin du pharisien et en arrière. Il n'ose même pas lever les yeux au ciel. Il a le sentiment très vif de sa misère. Il est confus et repentant. Il se frappe la poitrine, et par ce geste, — qui fut toujours celui des âmes contrites, — il manifeste le fond de son cœur. « O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » dit-il, ne pensant qu'à ses fautes, sans se comparer à personne. C'est l'aveu confiant et humble, sans retour d'amour-propre, sans recherche de l'excuse par où l'orgueil, comme par une fissure, pourrait entrer. Le publicain ne met pas en avant ses bonnes œuvres mais face à Dieu il a conscience de sa petitesse, et il attend tout du Seigneur avec une humilité vraie. Nous ne pouvons pas présupposer la qualité morale de la vie du Publicain, même s’il était considéré comme pécheur publique car il appartenait au fisc de l’époque on ne sait rien d’autres que cela. Et si nous voulions actualiser cette figure du publicain, je serais tenté de dire qu’elle correspond à la majorité d’entre nous, elle correspond à celui ou celle qui essaye de vivre la radicalité évangélique tout en ayant conscience de ses propres déficiences et des progrès qui sont encore à venir. Les bonnes œuvres côtoient la misère et la personne s’avance humblement vers le Seigneur en implorant sa miséricorde. Ainsi ce n’est pas la qualité morale qui est ici louée, justifiée mais c’est bien l’attitude humble et confiante qui conduit à la justification par le bon Dieu.
Et Dieu accorde grâce et bonheur à ceux qui s’avancent humblement vers Lui porté non par leur suffisance, non par l’illusion que leurs bonnes œuvres feraient de Dieu leur débiteur mais porté par la reconnaissance de ses propres insuffisances et surtout porté par une confiance inébranlable en la miséricorde infinie du Seigneur, par un désir de Lui être toujours plus proche, par le désir d’offrir sa vie à la louange de sa gloire, par le désir d’être tout à Dieu malgré tout.
Ainsi, je serais tenté de dire qu’il nous faut garder une part du pharisien cette part qui désire vivre sa vie pleinement tournée vers le bon Dieu, qui désire aller toujours plus loin dans les bonnes œuvres, qui désire vivre sa vie dans la radicalité de l’évangile, dans une amitié toujours plus intense pour le Seigneur ; et, avec tout cela, il faut y joindre une part du publicain, celle qui consiste à s’approcher du Seigneur les mains vides, rendant grâce pour le bien qui a été permis et appelant la miséricorde sur tout le reste.
Et nous pourrons ainsi faire nôtre ce passage de l’acte d’offrande de Ste Thérèse de Lisieux : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ve vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !… »
Amen.



16 Octobre - 29ème Dimanche du Temps Ordinaire


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La parabole que nous livre le Seigneur Jésus en ce dimanche est une fabuleuse invitation à la prière car si ce juge inique fini par consentir à la demande de celle qui l’importune sans cesse combien plus Dieu Lui-même sera attentif et exaucera nos prières. Ainsi oui, Dieu est attentif à nos prières, c’est une certitude enseignée par le Christ Lui-même et pourtant, nombreux sont ceux qui considèrent que leurs prières sont vaines, que leurs demandes ne sont pas entendues, que le bon Dieu est sourd ou prie que le bon Dieu est indifférent. Et bien en réalité il faut tenir ces deux affirmations, tenir le fait que Dieu est attentif et en même temps qu’Il semble sourd. Je m’explique, le bon Dieu reçoit chacune de nos prières mais Dieu n’est pas un distributeur automatique, notre prière ne nous donne pas droit à être exaucé tout comme les pièces insérées dans un distributeur automatique nous donne droit à une cannette de coca. Dieu reçoit notre prière, cette prière qui porte une demande, invite à la résolution d’un conflit ou d’une difficulté, Dieu reçoit notre prière mais Il appartient à Dieu Lui-même dans sa science infinie, dans sa connaissance totale de notre histoire et de l’histoire en générale, il appartient à Dieu d’exaucer notre prière ou pas ô non pas d’une manière arbitraire mais Dieu exauce ces prières qui concourent à notre bien véritable, à notre salut. Et de plus, comme en second temps, il nous appartient à tous d’accepter ou de refuser sa grâce.
Et c’est bien là que se joue un profond enracinement dans la Foi. La Foi qui nous enseigne la bonté de Dieu, qui nous enseigne l’attention divine par rapport à tout ce qui fait notre vie humaine, qui nous assure de l’action divine lorsque celle-ci est permise et accueillie, qui nous assure que Dieu nous comble de ce qui est nécessaire à notre propre salut. Rappelons-nous que la volonté divine consiste à ce que nous soyons sauvés, à ce qu’ici bas nous soyons saisi par son Amour et que cet Amour nous comble dans l’éternité. Voilà la volonté divine et voilà ce qui doit porter le cœur de nos prières : notre salut et le salut du monde.
Cela ne signifie pas que Dieu ne se soucie pas du reste mais que notre salut est bien ce qui Lui importe le plus. Et, en ce sens, reprenons conscience que l’ensemble de la mission du Christ est porté par ce désir de sauver l’humanité, c’est la réalité de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, et c’est le signe le plus éminent de son Amour pour nous car par là Il nous ouvre à l’Eternité. Mais si la mission du Christ est de nous permettre de Le connaître et de L’aimer, de nous permettre d’être sauvé par Lui, le Christ n’est pas resté insensible aux difficultés humaines, les morts ressuscitent, les paralytiques se lèvent, les sourds entendent, les aveugles voient mais tous ces miracles sont bien second par rapport au miracle des miracles, au miracle de notre rachat et de notre salut. Et notre prière toute entière doit être portée d’abord par notre désir de Salut, par notre désir de Dieu pour ensuite se pencher sur les difficultés de l’existence.
Bien souvent, et c’est un réflexe humaine, lorsqu’une difficulté s’impose à nous, elle prend toute la place, occupe notre esprit, habite nos nuits, cette difficulté importante est bien sûr à résoudre et les solutions sont à chercher, à discerner mais face à l’éternité, cette difficulté perd bien souvent beaucoup de son importance et cette distance que la considération de l’Eternité permet invite à une prière confiante vers le Seigneur afin que Dieu qui nous sauve, qui nous aime, afin que Dieu nous aide à trouver l’issue la meilleure à cette situation. Ô combien il nous faut parfois nous rappeler que l’essentiel de nos vies nous a été acquis par le Christ ; que l’essentiel de nos vies qu’est cette éternité convoitée et désirée dans un amour ardent au bon Dieu nous est communiqué par Dieu Lui-même. Eclairée par cette certitude, éclairée par cette douce réalité, par cet amour comblant du Seigneur, toutes les difficultés perdent bien souvent de leurs poids c’est ce que nous dit le Christ Lui-même : « Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne » ; craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer en enfer.
Notre assurance en notre vie c’est le Christ Lui-même, c’est le Salut obtenu, c’est l’Amour infini de Dieu pour nous et c’est bien cette réalité certaine qui doit nous éclairer dans tous les affres de l’existence. Alors gardons toujours au cœur cette joie profonde que rien ni personne ne peut nous ravir, Dieu est là, Dieu nous aime, Dieu nous sauve.

Amen.

9 Octobre - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire


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En ce dimanche, que ce soit Naaman le syrien ou bien encore l’étranger de l’évangile, c’est bien l’action de grâce qui demeure l’objet de notre méditation de ce dimanche. Naaman est venu offrir un présent en signe de gratitude pour sa guérison, l’étranger de l’évangile a fait demi-tour pour retourner auprès du Seigneur Jésus et rendre ainsi gloire à Dieu. Ces deux attitudes sont bien celle de l’action de grâce, action de grâce qui dépasse en un certain sens le simple remerciement adressé à Dieu. Et que ce soit Naaman ou l’étranger de l’évangile, ils nous représentent nous tous, nous qui sommes appelés à être habité par l’action de grâce.
En effet, nous sommes tous invités à remercier le Seigneur pour tout ce qu’Il nous donne, que nous considérions l’ensemble de la création ou les grâces particulières qui nous sont données, le fameux « merci Seigneur » devrait faire partie intégrante de chacune de nos respirations. Mais il nous faut prêter attention à une interprétation quelque peu faussée de la réalité de l’action de grâce. En effet, le bon Dieu n’exige pas de nous ce remerciement  comme le font les parents ici-bas qui, lorsqu’ils éduquent leurs enfants, après que quelque chose leur a été donné, reprennent cette phrase qui a dû traverser les siècles et les ans : « et qu’est ce qu’on dit ? » appelant de fait et comme devoir de politesse ce merci quelque peu contrit ou contraint. Dieu après nous avoir comblé ne joint pas à ses grâces le fameux « et qu’est ce qu’on dit ? ». L’action de grâce à laquelle nous sommes tous conviés n’est pas ce merci de politesse, l’action de grâce va bien au-delà et elle procède de deux réalités qui la composent.
La première réalité de l’action de grâce est bien celle d’un remerciement, remerciement quant aux grâces reçues. Mais déjà cette simple étape n’est pas toujours évidente car certains ne savent pas pourquoi remercier le bon Dieu. Alors qu’ils sont peut être au fond du trou, affligés de soucis et de difficultés, ils ne voient pas en quoi ils pourraient remercier le bon Dieu ; la tentation étant plutôt d’accuser le bon Dieu d’être en parti responsable des soucis et difficultés. Mais je peux malgré tout affirmer qu’il y’a toujours matière à remercier le Seigneur même si parfois cette matière au remerciement n’est que le fruit de la Foi, la Foi qui reconnaît au milieu des affres des difficultés, qui reconnaît la présence et le soutient du bon Dieu même si la présence du Seigneur nous semble discrète elle n’en est pas moins réelle. Et ainsi, la première réalité de l’action de grâce est portée par la reconnaissance de l’action constante et bienveillante du Seigneur en nos vies et elle s’exprime par un merci adressé au bon Dieu, par une reconnaissance des bienfaits divin.
Quant à la deuxième réalité de l’action de grâce elle est concentrée dans le mot « action » en ce sens où notre merci doit nous conduire à agir, à agir en accord avec la réalité reconnue et remerciée.  Reconnaître la bonté du Seigneur en nos vies devrait, et doit, nous amener à reconnaître l’attention aimante que le Seigneur nous porte et doit ainsi produire en nous un élan d’amour toujours plus important, élan d’amour qui doit nous amener à agir porté par cet amour de Dieu. La reconnaissance de la bonté de Dieu pour nous doit nous conduire à produire nous même de la bonté.
Le remerciement et l’action « bonifiante » : ces deux réalités constituent l’action de grâce qui n’est donc pas simplement un merci adressé au bon Dieu mais qui est également et peut-être surtout un acte posé dans le sens de notre conversion personnelle. C’est ainsi que se dessine ce cercle vertueux de la grâce :
·        Dieu par amour pour chacun de nous nous comble de ses prévenances et de se grâces
·        La reconnaissance de ces attentions divines est, en nous, reconnaissance de l’Amour de Dieu à notre encontre
·        Cette reconnaissance provoque en nous l’action de grâce qui est l’embrasement de notre personne par l’Amour divin et ce, dans la gratitude des grâces reçues
·        Et cet embrasement de nos âmes consumées par la reconnaissance de l’Amour divin nous pousse à vivre toujours plus de cet Amour divin ce que l’on appelle communément la conversion.
·        Et la conversion de nos vies, nous dispose enfin à être comblée toujours davantage par le bon Dieu…
Et en ce dimanche, je nous propose de prendre quelques instants pour considérer nos vies et plus particulièrement ces quelques derniers jours, de les considérer afin de discerner les grâces que le Seigneur nous a donné. Même si nous n’en avons pas conscience, ces grâces divines dont nous avons été comblées se comptent non pas en dizaine mais bien plus en centaine ou en millier et pourtant nous aurons peut-être du mal à discerner une seule grâce mais qu’importe. Et si nous ne trouvons pas même une grâce, les grâces du Seigneur étant parfois bien silencieuse et bien nous pouvons rendre grâce pour le fait d’être ici et maintenant en cette église vivant cette eucharistie et nous apprêtant à recevoir Dieu Lui-même en communion.

Et ensuite, la ou les grâces étant discernées, remercions avec ardeur le bon Dieu et décidons quelque action pour manifester notre attachement au Seigneur, décidons une action qui rendra gloire à Dieu, une action qui nous rapprochera du Seigneur car rappelons-nous toujours que nous rapprocher du Seigneur voilà bien ce qui rempli le Seigneur d’une joie immense. En ce dimanche, rendons une véritable action de grâce au Seigneur en Lui faisant une place toujours plus grande en nos vies, en aimant le Seigneur toujours plus ardemment, toujours plus réellement. Amen. 

mardi 4 octobre 2016

2 octobre - 27ème Dimanche du Temps Ordinaire

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« Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir », cette finale de l’évangile de ce dimanche, nous pouvons la recevoir porté encore par la belle fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face que nous honorions hier. Ste Thérèse apparaît, dans l’ordre du monde, comme une servante inutile, elle qui est rentrée au Carmel dès son plus jeune âge et qui ne le quitta jamais. Entre les 4 murs du Carmel de Lisieux, sa vie s’écoula dans la vie religieuse faite de prières, de vie communautaire et du travail de ce temps. On peut tout à fait affirmer que Ste Thérèse n’a rien produit à l’image de tous ces contemplatifs qui aujourd’hui encore ont choisi d’être à part du monde. Mais si Ste Thérèse n’a rien produit dans l’ordre matériel, elle demeure celle qui est reconnue pour sa fabuleuse action et ce à travers sa prière hier au Carmel et aujourd’hui dans la gloire du ciel. Ainsi, elle nous rappelle une chose essentielle que la vie trépidante de notre modernité tend à nous faire oublier, elle nous rappelle que la plus grande force en notre monde est bien celle de la prière, elle nous rappelle que la consécration à Dieu peut-être une source de grâce pour l’ensemble du peuple chrétien mais aussi pour le monde. Il nous faut donc faire le deuil d’une vision trop matérialiste, trop productiviste de l’existence. L’essentiel en notre vie n’est constitué que par ce qui nous ouvre à l’éternité.
Mais si comme toutes les belles figures de saints, Ste Thérèse nous rappelle l’essentiel qu’est le ciel, Ste Thérèse est également reconnu comme docteur de l’église, c'est-à-dire que son enseignement tout entier est proposé au peuple chrétien car certifié comme étant une voie pour avancer sur la voie difficile de la sainteté, comme une voie qui conduit droit vers le ciel. Et nous connaissons pour la plupart l’essence de ce chemin thérésien, c’est celui de la petite voie, de la voie d’enfance. Cette voie d’enfance qui n’est pas fait que pour les enfants et qui nous invite à nous dessaisir de nous même afin de laisser toute la place au Seigneur, qui nous invite à construire notre relation avec le bon Dieu à l’image de la relation d’un enfant avec son divin Père. Et c’est bien là que nous pouvons tous éprouver de la difficulté, pour nous qui tenons à notre autonomie, qui répugnons à nous laisser faire même si cela signifie se laisser faire par le Seigneur Lui-même. Cette petite voie d’enfance doit nous conduire à incarner en nos vies cette belle phrase de St Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».
Mais par delà cette petite voie, l’enseignement de Ste Thérèse se déploie à chaque pages de ses nombreux carnets et c’est d’un de ses carnets qu’a jailli le chant que nous prendrons, ce chant qui débute par ces simples mots : « Moi si j’avais commis tous les crimes possibles je garderai toujours la même confiance ». Cette courte phrase, cette courte affirmation, peut-être reçue par bon nombre d’esprit moderne pour l’inverse de ce que Ste Thérèse désire enseigner. En effet, pour bon nombre, cela signifie que l’on peut être totalement maléfique en cette vie, la miséricorde divine sera toujours là et donc, et c’est dans ce donc que se trouve le nœud du raisonnement, et donc il ne sert à rien d’essayer d’éviter le mal, autant s’y plonger puisqu’il sera toujours temps de profiter de la miséricorde.
L’erreur de cette réflexion ne se trouve pas dans l’affirmation que la miséricorde peut effacer une multitude de péché, c’est un enseignement véridique car évangélique : « à où le péché a abondé, la grâce a surabondée ». Ainsi oui, la miséricorde est infinie et Dieu désire l’appliquer à toutes les âmes qui se tourne vers Lui dans la conscience d’un cœur contrit, porté par l’Amour de son saint Nom et le regret des péchés accomplis. L’erreur de cette réflexion se situe bien dans le donc car cette conjonction de coordination insinue que la pratique du bien et la recherche de la vie morale est un mal en ce sens qu’il est bien souvent plus facile d’agir selon ses passions, d’agir mal plutôt que d’agir bien. Et je vais vous dire que c’est bien vrai, il bien souvent plus aisé de mal agir et il est souvent plus éprouvant de rechercher le bien. Mais pourquoi est-ce que nous désirons bien agir ? Est-ce que nous désirons bien agir pour ne pas avoir besoin de la miséricorde divine ? Je ne crois pas, car la personne bien portante évite d’être malade parce qu’elle se désire en bonne santé et non pas parce qu’elle ne veut pas user du remède. Ou encore, est-ce que nous agissons mal pour avoir besoin de la miséricorde divine ? Je ne crois pas non plus car la personne malade est heureuse de trouver un remède et ne désire pas, après avoir retrouvée la santé, ne désire pas retomber malade.
La miséricorde est le remède, le péché est la maladie. Et remarquons que si en nos vies nous recherchons à agir d’une manière bonne c’est bien parce que cela nous conduit au bonheur ; le bien agir fait les bienheureux, le mal agir fait les malheureux. De plus, si cela est vrai pour tout homme, pour nous chrétien il y’a une réalité supérieur à cette simple quête du bonheur : c’est notre amour de Dieu. Car oui, c’est notre amour de Dieu qui doit nous conduire à rechercher la vie droite et juste, la vie sainte qui nous donnera de vivre dès ici-bas dans une proximité avec le bon Dieu que nous aimons. Si en nos vies nous recherchons à fuir le péché c’est certes parce qu’il induit un certain malheur mais surtout parce que le péché nous éloigne de Dieu et cela même si nous savons que sa miséricorde nous est acquise.
Et si nous prenions le temps d’y songer, serait-il possible qu’un homme profondément chrétien, animé d’un amour ardent pour le Seigneur, serait-il possible que cet homme sombre volontairement et librement, non par faiblesse mais bien volontairement et librement dans le péché, blessant cet amour divin qui le fait vivre en se disant que la miséricorde sera là ? Cela est impossible si l’amour est ardent, cela est possible si l’amour est tiède…
Alors oui, avec Ste Thérèse, il nous faut affirmer que la miséricorde divine est infinie, rejoignant tous les pécheurs qui se tournent vers Dieu avec un cœur contrit mais il nous faut également affirmer avec force que la miséricorde ne rend pas le péché insignifiant, ce péché qui peut blesser l’âme humaine jusqu’à la conduire à la géhenne, jusqu’à la conduire en enfer. La miséricorde est la plus belle manifestation de l’Amour de Dieu à notre encontre et elle ne peut se recevoir que dans une relation vraie qui ne peut admettre l’hypocrisie. Alors recherchons la vie droite et juste, recherchons la vie sainte non par devoir mais bien par amour, vivons de la miséricorde du Seigneur en reconnaissant notre faiblesse, annonçons à tous la miséricorde infinie du Seigneur qui ouvre à l’éternité et ne cessons jamais de combattre le péché qui est négation de Dieu.

Amen.