Paroisses de La Bouilladisse – La Destrousse – Peypin – Belcodène

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Centre paroissial : 7, Bd. Francis CAPUANO - Place Notre Dame 13720 La Bouilladisse

lundi 6 avril 2015

2 avril - Jeudi Saint



Ce soir nous célébrons le dernier repas, la cène du Seigneur et il nous faut recevoir cet instant comme essentiel dans l’ensemble de la mission du Seigneur Jésus. Ce soir, tous les apôtres entourent le Seigneur Jésus, tous car Juda est parmi eux. Le Seigneur sait que son supplice approche, le Seigneur connaît celui qui le livrera, le Seigneur sent cette présence diabolique dans l’âme de Juda mais le Seigneur n’affronte pas tout cela, bien au contraire, Il pose des gestes essentiels que la liturgie nous rappelle.
Le premier est celui du lavement des pieds et en considérant cet instant nous ne pouvons qu’être interrogé par ce geste tout comme St Pierre le fut en son temps. Comment Dieu peut-il se mettre à genoux devant nous pour nous laver les pieds ? Ou bien plutôt, qui donc est Dieu pour se mettre à genoux devant nous pour nous laver les pieds ? Dans ce geste est englouti toutes les visions autoritaires d’un dieu esclavagiste du genre humain, d’un dieu condescendant de la misère humaine. Ce geste-là manifeste étonnamment l’humilité de Dieu envers chacun de nous. Dieu est humble, quelle leçon ! Quelle leçon pour nous qui tendons bien souvent à faire de Dieu ce que nous voulons, qui tendons à faire de Dieu un serviteur de nos intérêts, de nos désirs, de nos rêves d’avenir. Dieu est humble face à nous de cette humilité qui ne se traduit que par cette quête d’amour qui L’anime. Dans ce geste, Dieu signe ce visage d’Amour qu’Il nous a révélé à travers chacun des gestes, chacune des Paroles du Seigneur Jésus.
Mais Dieu ne fait pas uniquement que nous montrer son visage, Dieu va plus loin, Dieu se donne à nous. Quel mystère immense que celui-ci, Dieu se fait nourriture, Il se fait pain de la route qu’est l’existence humaine, Il se fait si petit qu’Il tient dans la paume de la main, Il se fait si petit qu’Il se cache sous le voile du pain qui cache sa présence bien réelle. Ô combien nous devrions révérer ce sacrement de l’eucharistie, ô combien à chaque messe nous devrions être saisi par tant d’abaissement. Parfois on entend dire que l’on s’ennuie à la messe tout ça parce que le mystère n’est pas accueilli, parce que les sens ne laissent pas la place à cette vision de l’âme qui perçoit, elle, l’infini mystère. Dieu est là, Dieu se donne voilà la réalité, voilà l’essentiel ! Y’aurait-il quelque chose de plus grand en ce monde que cela ? Dieu est là, Dieu se donne, Il se donne à nous et l’habitude nous fait parfois le recevoir sans attention, sans présence à ce mystère, sans la révérence du cœur et de l’âme qu’Il mérite ô combien. Si nous avions conscience de la réalité de l’eucharistie nous demeurerions immobile, incapable de bouger, happé par le mystère. Dieu est là et nous n’en ferions pas cas ?
Usons si vous le voulez bien de notre imagination. Imaginons-nous en cette église, seul, l’obscurité naissante et le silence nous abîme dans la prière. Les yeux fermés nous goûtons de la présence divine, notre âme est transporté en Dieu, paix et joie inonde notre âme. Ouvrant les yeux, nous voyons le Seigneur se tenir devant nous, juste là. Son regard nous transperce de cet amour indicible et infini. Le temps s’arrête. Aucun geste n’est possible, aucun mouvement ne vient brouiller cet instant. Et le Seigneur disparaît comme aspiré par notre âme. Le silence est de nouveau palpable, l’obscurité plus insistante, tout a repris sa place, tout semble comme avant mais en se penchant sur notre âme nous y découvririons le Seigneur présent, aimant, comblant. Et bien c’est cela, la messe, c’est cela la communion, Dieu est là, Il nous regarde, Il nous aime, Il se donne à nous, rien de plus beau ni plus essentiel.
Et avec cette conscience aigue de la présence du Seigneur nous pourrions avoir une tentation, celle de se juger indigne d’un si grand honneur, celle de se juger indigne de recevoir Dieu Lui-même et bien laissons-nous enseigner par St Jean-Marie-Baptiste Vianney dit le curé d’Ars, il disait :
« Ne dites pas que vous n’en êtes pas dignes. C’est vrai, vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin. Si Notre Seigneur avait eu en vue votre dignité, Il n’aurait jamais institué son beau sacrement d’amour ; car personne au monde n’en est digne, ni les saints, ni les anges, ni les archanges… mais Il a en vue nos besoins, et nous en avons tous besoin. Ne dites pas que vous êtes pêcheur, que vous avez trop de misères et que c’est pour cela que vous n’osez en approcher. J’aimerais autant vous entendre dire que vous êtes trop malades et que c’est pour cela que vous ne voulez point appeler le médecin »
Dieu se donne à nous car nous avons besoin de Lui malgré et à cause de notre indignité, ne refusons pas ce don qu’Il nous fait de Lui-même, accueillons-Le tel le Roi de l’Univers qu’Il est, cherchons à L’aimer comme Lui nous aime, recevons Le non pas dans la tiédeur de l’habitude mais dans l’exceptionnalité de ce don infini qui nous est accessible chaque jour.

29 Mars - Dimanche des Rameaux



Aujourd’hui, ce sont les rameaux à la main que les foules ont acclamés le Seigneur. Lui qui est accueilli à Jérusalem tel un roi qu’il est. Les cris de liesse accompagnent sa progression, et c’est un tapis qui lui est donné pour pénétrer dans la ville. Que de joie dans cet instant, que d’acclamations, que de reconnaissance de la grandeur de celui qui avance monté sur un petit d’âne. Mais la liturgie ne nous a pas laissé demeurer dans ces cris de joie et ces acclamations, la liturgie nous a projeté dans ces jours sombres qui ont vu le Christ accueilli dans la joie être condamné à la mort infamante de la croix. En une poignée d’heure, les cris de joie se sont transformés en cris de haine, les acclamations se sont transformées en condamnations, le bois des rameaux s’est transformé en bois de la croix. En une poignée d’heure tout est bouleversé.
Comment est-ce que cela a pu se passer ainsi, comment ce bouleversement a pu s’opérer ? Ce comment nous échappe car il demeure mystérieux mais le pourquoi nous pouvons le recevoir du Seigneur Lui-même. Car Jésus savait. Alors que la foule l’acclamait, Jésus savait que chaque claquement de sabot de l’âne sur lequel Il était monté égrenait ce temps qui le conduirait au supplice. Alors que la foule l’acclamait, Jésus savait que la croix se dessinait dans cet avenir si proche. Et pourtant, et pourtant le Seigneur n’a pas rabroué la foule, Il n’a pas essayé de prévenir cette foule qui l’acclamait à son entrée à Jérusalem et si le Christ n’a pas fait cela c’est parce que ces acclamations étaient vraies, la foule n’a pas jouée une comédie morbide, non, la foule a reconnu en sa personne ce messie tant attendu et chaque acclamation était comme une profession de foi.
Mais malgré cela, malgré cette foule de fidèle, une autre foule parviendra à prendre le premier rôle pour écrire le drame de la crucifixion du Seigneur, une autre foule le condamnera, une autre foule l’assassinera tandis que les fidèles pleureront le Christ qu’ils ont reconnu. Et le « pourquoi » de ce drame ne sera donné que le saint jour de Pâques, ne sera donné que par la victoire du Christ sur cette mort implacable qui atteint chacun des membres de notre humanité. Oui le Christ est accueilli, oui le Christ est condamné, oui le Christ est exécuté mais à travers tout cela le Christ nous délivre l’essence même de son message, le Christ nous montre par son sacrifice consenti de quel amour Il nous aime, le Christ nous montrera par sa résurrection que cet amour dont Il nous comble nous appelle à entrer avec Lui dans l’éternité.
Et pour nous qui sommes rassemblés en ce jour, nous sommes de ceux qui acclamons le Seigneur mais il faut que nos acclamations soient vraies, qu’elles soient pour nous tous de véritables professions de Foi en la personne du Seigneur Jésus et que ces professions de Foi nous conduisent à vivre en laissant une véritable place au Seigneur dans nos vies c'est-à-dire en redonnant au Seigneur la possibilité d’agir en nos vies et cela par les sacrements, par la messe du dimanche, par le sacrement de la confession, par une vie de prière. N’abandonnons pas le Seigneur que nous accueillons en ce jour mais accueillons le véritablement en chacune de nos vies et que ces rameaux dont nous allons orner nos demeures puissent nous rappeler cet accueil quotidien du Seigneur qui doit être le nôtre. Que ces rameaux puissent nous rappeler que le Seigneur nous attend chaque jour, chaque dimanche à la messe, et bien souvent dans le sacrement de confession. Alors accueillons le Seigneur dans la joie et avançons avec Lui dans nos vies. Lui qui nous a tout donné, accueillons-Le pleinement, totalement.
Amen

jeudi 26 mars 2015

Semaine Sainte 2015


29 Mars

Dimanche
des
Rameaux
Les Célébrations
Samedi
18h30 à Peypin
Dimanche
9h à La Destrousse
10h45 à La Bouilladisse
2 Avril

Jeudi Saint
Célébration
19h à La Bouilladisse
3 Avril

Vendredi Saint
15h Chemin de  Croix
à La Bouilladisse, La Destrousse & Belcodène

Célébration
19h à La Bouilladisse
4 Avril

Samedi Saint
Veillée pascale
à 21h à La Bouilladisse
5 Avril

pâques
Les Célébrations
9h à La Destrousse
10h45 à La Bouilladisse

22 mars - 5ème Dimanche de Carême



Tel un couperet, la parole du Seigneur nous l’affirme, l’heure est venue. L’heure est venue, cette heure attendue et redoutée, cette heure qui demeure malgré tout emprunte de mystère pour les apôtres, cette heure qui verra la mort du grain du blé, cette heure qui verra le prince de ce monde jeté dehors, cette heure qui verra le Christ élevé de terre. Le mystère est immense et les jours à venir feront très certainement perdre toute illusion aux apôtres qui devaient attendre un triomphe immense, résonnant aux sons des cymbales et des trompettes.
Les jours à venir nous rappelleront comment le Christ va glorifier son Père. Seul le Christ sait, nous aussi nous savons, nous qui vivons après ce temps et nous pouvons saisir combien le trouble devait habiter le Seigneur, combien l’angoisse devait enserrer son cœur mais malgré tout le Seigneur va poursuivre sa route, va poursuivre son ascension jusqu’à Jérusalem. Pourquoi ? Pourquoi ne fait-il pas demi-tour, pourquoi ne poursuit-il pas sa mission loin de cette ville ?
Comme des parents voyant son enfant aller vers le danger, nous voudrions retenir le Seigneur mais nous ferions une grande erreur et le Seigneur ne nous laisserait pas l’écarter de ce danger. Ce danger qu’Il sent, qu’Il pressent, qu’Il connaît. Et bien plus que cette préscience, il nous faut recevoir cette affirmation qui nous vient du Seigneur : « c’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ». C’est pour ces heures sombres qui approchent que le Seigneur est venu en notre humanité. Bien sûr le Seigneur est venu pour nous enseigner, pour se révéler à nous mais bien plus que tout cela le Seigneur est venu pour nous sauver, pour nous acquérir ce salut qui est le fruit de la semaine sainte qui approche, qui est le fruit de cette heure qui dure encore, cette heure qui nous rejoint dans ce salut qui nous est offert.
Et en cet instant, Il nous faut percevoir combien l’amour du Seigneur est grand pour chacun des membres de notre humanité car ce n’est pas un sentiment héroïque qui conduit ses pas, ce n’est pas le courage qui lui permet d’avancer, seul l’amour est sa force, cet amour infini qui l’unit à son Père, cet amour infini qu’Il a pour chacun de nous. C’est pour nous que le Seigneur avance, qu’Il poursuit sa route qui le conduira jusqu’au Golgotha. C’est pour nous que le Seigneur va affronter les affres de la douleur et de la mort. C’est pour nous que Dieu va aller jusqu’au bout.
Ô combien nos âmes devraient déjà s’embraser d’amour en voyant le Seigneur s’avancer pas après pas, seconde après seconde vers le supplice qu’Il connaît. Dieu ne se dérobe pas, Il ne se détourne pas, Dieu avance pour nous. Rendons-nous compte, pour nous, pour moi, pour vous.
Amen.